Plus rien ne bouge au 2-22

Le 2-22 doit être érigé d’ici le 31 mars 2011 au plus tard, comme le stipule la condition de financement du gouvernement du Canada. <br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le 2-22 doit être érigé d’ici le 31 mars 2011 au plus tard, comme le stipule la condition de financement du gouvernement du Canada.

La construction de l’édifice culturel du 2-22, Sainte-Catherine, est stoppée par des difficultés liées à la bureaucratie gouvernementale. Après avoir confirmé le financement du projet au printemps, Ottawa et Québec sont maintenant incapables d’arrimer leur vision, créant du coup l’inquiétude.

Comme l’a appris Le Devoir, à peine deux semaines après le lancement officiel des travaux le 3 mai dernier, le chantier s’est arrêté net. Pourtant, chacun des organismes à vocation culturelle que doit abriter le 2-22, Sainte-Catherine (la radio communautaire CIBL, la Vitrine culturelle, la galerie Vox, le Projet Imago et Artexte) avait reçu une confirmation écrite de la ministre de la Culture pour l’aide financière des gouvernements fédéral et provincial. Ainsi, une aide de 2,5 millions est promise à CIBL et une autre de 4,1 millions pour le Projet Imago.

«Forts de la lettre ministérielle, les conseils d’administration des organismes ont donné leur aval pour signer l’offre d’achat avec le promoteur, qui a ainsi pu signer un contrat de construction sans inquiétude avec un entrepreneur», raconte Christian Yaccarini, p.-d.g. de la Société de développement Angus (SDA), le promoteur du projet.

Le projet semblait donc être sur les rails. Mais voilà que l’aide en espèces sonnantes et trébuchantes n’est jamais arrivée, ce qui a rendu impossible le paiement des travaux amorcés. Résultat: plus rien ne bouge à l’angle de la rue Sainte-Catherine et du boulevard Saint-Laurent.

«Il reste des fils à attacher. On doit trouver un terrain d’entente. On y travaille», a confirmé Annie Legruiec du ministère de la Culture.

Le financement fédéral provient du Fonds de stimulation des infrastructures qui fait l’objet d’un protocole d’entente entre Ottawa et Québec. Mais les modalités administratives du programme restent toujours à déterminer. Avec les vacances estivales, l’espoir d’un règlement rapide s’amenuise.

«On commence à être très inquiet. Si on ne reprend pas les travaux après le congé de la construction, on aura des problèmes, dont un risque de poursuites judiciaires en cascade.» Pour l’instant, heureusement, l’entrepreneur et les sous-traitants se montrent patients, explique M. Yaccarini.
Selon ce dernier, «le problème est dans la cour fédérale», et pas au niveau des fonctionnaires, précise-t-il. «On a soumis des propositions pour régler la situation, mais il n’y a pas vraiment d’empressement plus haut dans la hiérarchie», ajoute Christian Yaccarini.

Le 2-22 doit être érigé d’ici le 31 mars 2011 au plus tard, comme le stipule la condition de financement du gouvernement du Canada. Le directeur général adjoint de CIBL, Gilles Labelle, se montre tout de même optimiste de voir se réaliser le 2-22 dans les délais, puisque ce ne sont pas les premiers obstacles auxquels se heurte la SDA pour concrétiser ce projet.

«Il y a eu des ralentissements, des arrêts et des reprises depuis le tout début. On ne s’énerve pas pour l’instant. Notre déménagement est toujours prévu en septembre 2011», affirme-t-il. Pour lui, les problèmes actuels sont «une question de paperasse». «Le financement est là, mais les différents paliers de gouvernements doivent s’entendre sur la façon de l’écrire. Vous savez, on est pointilleux parfois sur le libellé», constate M. Labelle.

L’année dernière, d’importantes difficultés financières avaient surgi et obligé la SDA à revoir de fond en comble le 2-22. Du coup, l’architecte français Paul Andreu avait été poussé à repartir ses plans sous le bras. Les critiques avaient été nombreuses à ce chapitre.

Dans sa nouvelle version, l’édifice compte moins d’étages et le concept se veut plus modeste et mieux intégré à ce quartier fondateur de Montréal. On conserve toutefois l’idée que l’édifice soit lui-même un diffuseur d’art. En effet, la paroi de verre enveloppant l’édifice permettra la projection d’images.

Après tout ce brasse-camarade, la structure financière et juridique du projet a été modifiée. La SDA a créé une société en commandite qui poursuit le projet. En conséquence, le 2-22 sera divisé en copropriétés. Chacun des organismes culturels qui y logera sera propriétaire de son espace. Dans cet esprit, la Ville de Montréal a cédé gratuitement le terrain en avril dernier à la SDA qui bénéficiait jusque-là d’un bail emphytéotique. En contrepartie, la vocation culturelle de l’édifice doit être maintenue, à défaut de quoi des pénalités financières seront imposées au promoteur.

L’édifice du 2-22 fait partie d’un ensemble plus large de développement immobilier à vocation culturelle au centre-ville, appelé le Quartier des spectacles. La place des festivals inaugurée il y a quelques mois et l’actuelle construction de la salle de concert de l’Orchestre symphonique de Montréal en sont d’autres éléments importants. Le Quartier des spectacles vise à maintenir au cœur de Montréal la création, la diffusion et la production culturelles. Ces projets sont issus d’engagements que les différents partenaires, dont la Ville et les gouvernements, ont pris lors du Rendez-vous 2007, voué à consolider le rôle culturel de Montréal.
6 commentaires
  • Sanzalure - Inscrit 7 juillet 2010 08 h 24

    Amendes et pénalité

    Quand les fournisseurs ne livrent pas la marchandises à temps, il y a des pénalités. Quand les fonctionnaires ne livrent pas la marchandise à temps, il devrait aussi y avoir des pénalités proportionnelles aux frais occasionnés par les délais. Et ces pénalités devraient être payées par les fonctionnaires eux-mêmes, pas par les contribuables.

    Serge Grenier

  • Benjamin Trottier - Abonné 7 juillet 2010 11 h 26

    Dédoublement ridicule

    Tout deux paliers de gouvernement, c'est vrai que c'est tellement plus pratique !

    Surtout que la culture, comme tout le monde le sait, c'est la priorité numéro un du gouvernement conservateur du pays voisin qui décide de ce que le Québec doit faire avec la moitié de ses impôts !

  • Maxime Plamondon - Inscrit 7 juillet 2010 11 h 36

    Autre parfait exemple de l'encrassement bureaucratique

    Voilà un autre parfait exemple de l'encrassement bureaucratique qui souille notre société. «Le financement est là, mais les différents paliers de gouvernements doivent s’entendre sur la façon de l’écrire. Vous savez, on est pointilleux parfois sur le libellé»

    Il n'y a pas 30 000 manière d'écrire un octroi de financement pour un projet. Sans toute la paperasse dont s'encombre nos ministère, et la société occidentale en général, tout roulerait bien mieux. Prenont simplement l'exemple de l'agrandissement du CHUQ, qui fait la manchette depuis au moins les deux dernières années. Tout irait bon train sans la paperasse.

    Mais bon, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué!

  • Jean-Pierre Plourde - Inscrit 7 juillet 2010 22 h 49

    Le Québec n'existe plus, c'est Ottawa qui décide.

    Québec avec Charest est devenu la succursale d'Ottawa.

    Commentaire en deux parties:

    Tous les postes clés du Québec sont occupés par des fédéraux.

    Québec est déjà sous tutelle.

    Nos territoires sont transférés aux Amérindiens, cad, moins de 1% de la population. Cela se fait dans un nouveau traité dit de l'Approche commune négocié entre fédéraux assis des deux côtés de la table de négociation, voir: http://www.ameriquebec.net/actualites/2008/09/24-m

    Avec ce traité anti-démocratique, tout ce qui bouge ou grenouille sur nos territoires sera soumis au dictat et veto d'Ottawa sans droit de recours.

    Nous tombons sous une dictature ou la majorité paiera des taxes sans droit de représentation. Le chef de l'état sera Amérindien et nommé en vase clos.

    Déjà, tous les grands projets sont approuvés par Ottawa, exemple le développement hydroélectrique de la Romaine sur la Côte-Nord fut annoncé en sourdine par Ottawa et non plus par Québec.

    Pour nous mettre en boite, l'électricité produite à la Romaine nous coûtera $0.12 du kilowatt à produire et le prix de vente a été fixé à $0.11 le KW. C'est qui le cave qui va payer la différence,,,, devinez.
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