Trop peu de femmes postulent aux prix, regrette la ministre St-Pierre

La table ronde organisée par la ministre Christine St-Pierre et animée par Sophie Durocher a rassemblé hier Clémence DesRochers, Paule Baillargeon, Marie-Éva de Villers, et Monique Mercure.
Photo: Marie-Hélène Tremblay - Le Devoir La table ronde organisée par la ministre Christine St-Pierre et animée par Sophie Durocher a rassemblé hier Clémence DesRochers, Paule Baillargeon, Marie-Éva de Villers, et Monique Mercure.

Dans l'ensemble, et malgré des percées significatives dans différents domaines, les femmes travaillant dans le domaine artistique demeurent moins payées que les hommes au Québec. Selon les données de l'Union des artistes, les revenus moyens des femmes artistes en 2005 équivalaient en moyenne à 78,1 % de celui des hommes. Les femmes sont aussi moins nombreuses à présenter leur candidature pour la remise de prix tels que les Prix du Québec.

C'est dans ce contexte que la ministre de la Culture et des communications et de la condition féminine, Christine St-Pierre, a décidé de réunir hier quatre lauréates des Prix du Québec passées pour discuter de la place des femmes dans le monde culturel et pour stimuler le dépôt de candidatures d'autres femmes pour la sélection des prix du Québec de cette année. Clémence DesRochers, Paule Baillargeon, Marie-Éva de Villers, et Monique Mercure, dirigées par la journaliste Sophie Durocher, ont donc témoigné hier de leur expérience au cours d'un brunch organisé à L'Usine C de Montréal.

La ministre St-Pierre relevait en effet hier qu'il y a trois ans, tous les lauréats des Prix du Québec étaient des hommes. À l'analyse des dossiers, force lui a été de constater que peu de femmes avaient posé leur candidature pour ces prix. Dans l'histoire, seulement un lauréat sur dix du prix de cinéma Albert-Tessier par exemple, était une femme, et cette proportion monte à un lauréat sur quatre dans le cas du prix Denise-Pelletier, attribué à une personne s'étant démarquée dans les arts de la scène.

Cela dit, les quatre lauréates invitées hier ne semblaient pas pour autant mécontentes de leur sort. Affirmant qu'elle gagnait un salaire supérieur à celui de ses collègues masculins, la comédienne Monique Mercure a relevé que tous les théâtres de Montréal sauf un étaient dirigés par des femmes. La linguiste Marie-Éva de Villiers, qui a défendu la féminisation des titres au Québec et qui travaille en milieu universitaire, a aussi souligné que 66 % des étudiants inscrits à l'université au premier cycle étaient des femmes, que cette proportion descendait à 50 % à la maîtrise et à environ 48 % au doctorat. «Ne nous inquiétons pas», a-t-elle dit au sujet de l'avenir des femmes dans le monde du travail.

Pourtant, l'an dernier, le regroupement des «réalisatrices équitables» relevait le fait que bien qu'elles comptent pour la moitié des effectifs des écoles de cinéma, les femmes n'accaparaient que 10 % des budgets accordés aux cinéastes dans la vie professionnelle. Dans l'assemblée, la directrice du programme français de l'ONF, Monique Simard, a aussi soulevé le fait, hier, que les femmes étaient très mal représentées dans certains domaines émergents du cinéma, comme celui du cinéma interactif, qui devrait pourtant attirer beaucoup de fonds dans les prochaines années. Quant à elle, la cinéaste Paule Baillargeon a reconnu la présence croissante des femmes dans le domaine de la réalisation de courts-métrages.
2 commentaires
  • Sebas - Inscrit 22 février 2010 13 h 18

    Selon un article de R-C concernant une étude

    Les différences salariales s'expliqueraient peut-être par ceci et je cite:

    "Ces différences pourraient s'expliquer par des cheminements de carrière différents ou la maternité, a souligné le chercheur Benoît Allaire, responsable de l'étude."

    Voir Google:
    Radio Canada Pas payant d'être femme et artiste
    12 février 2004

  • Hermil LeBel - Inscrit 22 février 2010 15 h 18

    L'autre moitié de la société

    C'est quoi l'obsession à l'égard des femmes ?

    Est ce que Madame la ministre est préoccupée par le déficit masculin dans le système élémentaire d'éducation ? Les rares hommes qu'un visiteur égaré risque de croiser dans les corridors de nos écoles primaires a de bonnes chances d'être proposé à l'entretien tant ce milieu de travail est hostile à la présence des hommes… et des garçonnets. Dans ce contexte, rien d'étonnant à constater que les garçons décrochent en grand nombre de l'école, jusqu'à 40% par endroit, et décident d'aller poursuivre à l'école de la vraie vie l'apprentissage offert à travers un prisme féminin dans le système moderne d'éducation.

    Cette réalité souvent qualifiée d'alarmante dans les médias ne semble pas être un sujet digne d'intérêt pour Mme la ministre du département de la misandrie institutionnelle. Alors que « 66 % des étudiants inscrits à l'université au premier cycle étaient des femmes, que cette proportion descendait à 50 % à la maîtrise et à environ 48 % au doctorat. «Ne nous inquiétons pas», a dit la linguiste Marie-Éva de Villiers au sujet de l'avenir des femmes dans le monde du travail. Est-ce à dire que l'avenir des hommes dans le monde du travail devrait nous laisser indifférent ?