Le profilage racial existe, reconnaît le SPVM

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) reconnaît du bout des lèvres que ses patrouilleurs commettent parfois des gestes de profilage racial. Il s'agit d'un problème touchant «une minorité d'interventions» que le Service s'emploie à corriger.

«Quand on parle de profilage, on parle de stéréotypes, de filtres qui peuvent opérer. Des fois, ce sont des gestes inconscients. C'est long avant d'arriver à 100 % [de succès]», affirme l'assistant directeur du SPVM, Denis Desroches, un spécialiste des questions de profilage.

M. Desroches refuse de jeter le blâme sur les policiers. L'écrasante majorité des interventions se déroulent sans anicroche, précise-t-il. «C'est difficile pour les policiers, car on leur demande d'être exemplaires», dit-il. Dans une société cosmopolite comme Montréal, où un habitant sur deux revendique des origines autres que «de souche», les policiers affrontent des défis considérables. Leurs interventions prennent souvent la forme d'une interaction avec l'autre, l'étranger, dans un contexte tendu.

«Le profilage racial, c'est à la limite du savoir-être et des compétences», affirme M. Desroches. Les apprentis policiers reçoivent déjà une formation sur la diversité au cégep. Selon M. Desroches, les programmes de techniques policières devront en faire plus à cet égard.

De son côté, le SPVM a procédé à certains ajustements. Il prépare une mise à jour de son plan d'action sur les relations avec les citoyens, qui sera présenté en janvier.

L'escouade Éclipse, chargée de réprimer les gangs de rue, ne fonctionne plus de la même façon depuis l'automne 2008. Les interventions de groupe étaient privilégiées par Éclipse lors de sa création, ce qui donnait l'impression d'un déploiement de force exagéré. Ces interventions de groupe ont cédé le pas à des interventions plus discrètes de deux à quatre policiers à la fois.

Par ailleurs, les patrouilleurs d'Éclipse discutent toutes les semaines avec la direction des postes de quartier, les analystes et les agents de renseignements, afin d'ajuster leurs interventions à la réalité locale.

«Éclipse doit être présente dans les environnements à risque. Le défi, c'est que cette prestation soit intégrée dans les situations locales.»

N'empêche, les policiers doivent rester présents dans les parcs et les espaces publics, même si cela est perçu comme une forme de harcèlement par les jeunes dans les quartiers chauds de Montréal. Selon Denis Desroches, il faut «faire en sorte que les endroits publics ne deviennent pas des zones de non-droit que les gangs criminels vont s'approprier».
2 commentaires
  • - Inscrite 20 novembre 2009 14 h 28

    1 sur 100

    Non seulement il existe, le profilage racial au SPVM, mais pour un cas dont nous entendons parler, il en existe 99 gardés sous silence de la part des victimes car elles savent que leur cause ne sera même pas entendue, sinon jugée d'avance.

    Les policiers de Montréal proviennent en grande majorité des régions; ils font partie d'une culture homogène et arrivent ici -précédés de leurs préjugés sur la différence- en croyant pénétrer dans les enfers.

    À quand l'embauche prioritaire de policiers Montréalais ?

  • steve morales - Inscrit 18 janvier 2012 18 h 40

    bravoo Messieurs

    je profite de cette occasion pour donner mon opinion et je voudrais dire que le problème ne se trouve pas seulement dans la grande région de montréal mais aussi dans les banlieux , pour avoir rencontré ou cotôyer des policiers je peux vous dire que j'ai eu de bons souvenirs en tant que noir ,mais cela n'empêche pas que j'ai du avoir vécu du profiage racial , pour ceux et celles qui pensent que je dis ça pour chialer loin de là , je vais me présenter ,je suis un jeune entrepreneur ,je suis diplômé en commerce international et je suis étudiant en droit pour garder une certain anonymat je ne dirai pas le nom de l'université, je suis aussi professeur , est ce que c'est écrit dans mon front mon background ? alors imaginez que je reviens de voyage après 1 mois à l'extérieur du pays pour me sauver de l'hiver et la même journée je me suis ramassé avec un policier qui m'a suivi pendant près de 5 minutes pour tout simplement me demander monsieur qu'est ce que tu fais ici?sortez moi vos cartes à 10 h am , ,je suis content de cette ouverture d'esprit de la police car on est ici au Canada et au Québec et on a une tradition pacifique à respecter . Pour avoir vécu ailleurs je crois qu'on a une différence à faire et il faut travailler là dessus pour garder cette tradition là ,il y a de très bons policiers que j'ai même passé la fête de noêl dans leur famille il y a des policiers très intelligents mais il faut aussi faire l'éducation de certains en ce qui attrait au profilage racial et leur dire que j'ai pas toujours le veston sur le dos et la cravate dans le cou en tant que noir et je ne m'asseois pas tous les jours en arrière de mon bureau ,que je me promène aussi avec une casquette en arrière de la tête ,que oui quand je circule en auto ,j'aime écouter du hip hop, que chez nous j'écoute du jazz du bleus et aussi du Luciano Pavaroti