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Le Québec pourrait compter 9,2 millions d'habitants en 2056

Marco Bélair-Cirino   16 juillet 2009  Société
C’est la première fois depuis au moins 25 ans que les statisticiens de l’ISQ arguent que la population québécoise ne déclinera pas à moyen ou long terme.
Photo : Jacques Nadeau
C’est la première fois depuis au moins 25 ans que les statisticiens de l’ISQ arguent que la population québécoise ne déclinera pas à moyen ou long terme.
Si les tendances récentes en matière de fécondité et d'immigration se maintiennent, le Québec connaîtra un accroissement de sa population d'ici 2056, selon l'Institut de la statistique du Québec (ISQ). La population québécoise franchira le cap des 8 millions d'habitants en 2012 et s'établira à 9,2 millions dans moins de 50 ans.

C'est la première fois depuis au moins 25 ans que les statisticiens de l'ISQ avancent que la population québécoise ne déclinera pas à moyen ou à long terme.

Le taux de croissance annuel de la population devrait se maintenir au-dessus de huit pour mille jusqu'en 2012, et ensuite s'essouffler jusqu'à moins de un pour mille dans les années 2050, selon le scénario de référence de l'édition 2009 de Perspectives démographiques du Québec et des régions 2006-2056 dévoilé hier.

L'accroissement naturel du Québec restera positif jusqu'en 2029, selon les démographes de l'ISQ. Ils évaluent à 1,65 enfant par femme le taux de fécondité à partir de 2013.

Le scénario de référence de Perspectives démographiques du Québec et des régions 2003-2053 prévoyait un déclin de la population à partir de 2031. Le taux de fécondité stagnait à environ 1,45 en 2003. «On avait alors fait l'hypothèse que le taux de fécondité s'élèverait, puis se maintiendrait à 1,5», a indiqué au Devoir le démographe Dominique André. Avec 87 600 naissances, le taux de fécondité s'est néanmoins établi à 1,74 en 2008.

«C'est clair que les programmes ont produit leurs effets. Dès 2006, année de l'entrée en vigueur du Régime québécois d'assurance parentale, on a vu un changement», explique le démographe Frédéric Payeur. «Depuis ça se maintient et même ça continue d'augmenter.» La mise en place des garderies à cinq dollars aurait également contribué à gonfler le taux de fécondité, selon M. Payeur.

L'ISQ prévoit que le nombre de décès surpassera le nombre de naissances à partir de 2029. La migration internationale assurera alors la croissance démographique du Québec, et ce, jusqu'en 2056. Le Québec a accueilli 45 000 immigrants en 2008. Le ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles souhaite en admettre entre 52 400 et 55 000 en 2010. «Nous, on projette 47 500 immigrants par année, mais avant d'arriver à cette cible-là, on suit l'objectif minimal du ministère de l'Immigration», explique Frédéric Payeur. D'ailleurs, environ 70 % de ces immigrants internationaux s'établiront à Montréal, selon le scénario de référence de l'ISQ.

Le rapport de dépendance démographique s'accentuera

La population du Québec comptera, en 2056, 1,6 million de personnes de plus qu'en 2006. Le nombre de personnes de 65 ans et plus aura à lui seul augmenté de 1,5 million. «C'est comme si on prenait la société actuelle et qu'on rajoutait 1,5 million de personnes de 65 ans et plus», souligne Dominique André. Les aînés verront leur poids démographique doubler en 50 ans, soit passer de 14 % en 2006 à 28 % en 2056. L'âge médian, lui, passera de 40,5 ans en 2006 à 46,4 ans en 2056. Le Québec comptera par ailleurs quelque 19 000 centenaires en 2056, soit 19 fois plus qu'il y a deux ans.

D'ici 50 ans, le nombre d'individus en âge de travailler, soit le groupe des 20 à 64 ans, demeurera sensiblement le même, à quelque 4,8 millions de personnes, mais leur poids démographique passera de 63 % aujourd'hui à 52 % en 2056.

Alors qu'il y a actuellement 58 personnes dites «dépendantes» pour 100 personnes en âge de travailler, en 2056, il y aura 91 personnes «dépendantes» pour 100 travailleurs de 20 à 64 ans. «Le Québec a connu une situation semblable en 1971, mais c'était surtout des personnes de moins de 20 ans qui posaient le fardeau. Là, c'est complètement l'inverse», fait valoir M. André.

Onze des 17 régions administratives du Québec continueront de croître, au moins jusqu'en 2031. Lanaudière et les Laurentides connaîtront d'ailleurs les augmentations les plus marquées, soit respectivement 38 % et 34 %. Celles-ci sont attribuables à la migration de Montréalais, selon l'ISQ. Par contre, cinq régions administratives — Côte-Nord, Lac-Saint-Jean, Abitibi-Témiscamingue, Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Bas-Saint-Laurent — verront leur population décroître d'ici 2031. La population de la Côte-Nord diminuera de 11,6 %. «[Avec une croissance de plus de 10 % de sa population], Montréal s'en tire pas trop mal principalement à cause de l'immigration internationale», fait remarquer M. Payeur.

Deux autres scénarios ont été produits par l'ISQ

Une situation démographique moins favorable se traduirait par une croissance démographique qui plafonnerait en 2029 à près de 8,3 millions d'individus, suivie d'un déclin qui ramènerait la population du Québec à 7,7 millions en 2056, soit le niveau de 2008, indique l'ISQ.

Une situation de très forte croissance démographique porterait pour sa part la population du Québec à quelque 11 millions d'habitants en 2056. Ce scénario «fort» prévoit notamment l'accueil de 60 000 immigrants annuellement.






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