Article Internet - Abeilles urbaines et miel de béton
Certains jours de la semaine, Mélanie Coates troque ces talons aiguilles d'attachée de presse de l'hôtel Royal York de Toronto pour enfiler sa coiffe métallique d'apicultrice afin d'aller rendre visite à des milliers de petites butineuses.
Pas besoin d'aller très loin pour rendre visite à ses nouvelles protégées. Au plus fort de l'été, près de 100 000 abeilles bourdonnent au coeur des gratte-ciel, sur le toit du célèbre hôtel Royal York de Toronto, dans l'une des quatre suites royales nichées au 14e étage.
Depuis l'an dernier, le Royal York, qui abrite un vaste jardin d'herbes et un petit potager sur son toit, a décidé de se convertir aux joies de l'apiculture urbaine. «Notre chef voyait des tonnes d'insectes et d'abeilles butiner ses plantes, même en plein centre-ville. Il s'est dit: pourquoi ne pas avoir nos propres ruches et produire notre propre miel?», raconte Mélanie Coates.
Ces abeilles urbaines, qui vont butiner jusque dans les îles de Toronto, sur les penthouses et les parcs environnants, ont produit pas moins de 160 kilos de miel à la fin de l'été dernier. Cette année, on prévoit en tirer 450 kilos. De quoi répondre à 70 % des besoins annuels en miel des cuisines du Royal York. Appelé «Rooftop Honey», ce miel de «béton», qui a remporté quelques prix, est maintenant servi avec l'assiette de fromage aux clients de l'hôtel. «Non seulement les abeilles ont survécu à l'hiver, probablement grâce à la chaleur du bâtiment, mais nous avons ajouté trois nouvelles reines cet été, ce qui accroîtra la production», ajoute Mélanie, qui se fait depuis apicultrice à temps partiel.
Pour veiller sur l'essor de la petite colonie, l'attachée de presse est devenue membre de la coopérative des apiculteurs du Grand Toronto, où elle peaufine ses connaissances sur les insectes mellifères. La chaîne d'hôtel Fairmount est à ce point ravie de l'expérience que des ruches ont été installées cet été sur les toits de ses hôtels à Halifax, à Vancouver, et que l'on projette d'en faire autant au Château Frontenac, à Québec. «Il y a un grand potentiel sur les toits des centres-villes, qui sont loin des citoyens. C'est aussi un bon moyen de conserver la biodiversité dans les villes en assurant la pollinisation des arbres et des fleurs», croit-elle.
Bannis dans la plupart des villes par des règlements municipaux, les ruchers urbains effectuent pourtant un retour en force, notamment aux États-Unis, où de nombreux citoyens tentent de faire changer les lois. Décimée par les insecticides, les virus et la culture de plantes génétiquement modifiées, la population des ruchers d'abeilles sauvages et domestiques connaît une forte décroissance. L'élevage d'abeilles urbaines est perçu comme une façon de lutter contre la disparition de ces petites bêtes, tout en produisant un miel local.
De la côte est à la côte ouest, les pressions se multiplient, de telle sorte que l'apiculture «d'arrière-cour» vient d'être légalisée à Denver, au Colorado, tandis que New York étudie un règlement qui autoriserait les ruchers sur les toits de Manhattan.
Idem pour les poules, que de plus en plus de citadins aimeraient voir picorer dans leur arrière-cour. Plusieurs élèvent déjà en cachette des poulettes, histoire de pouvoir avoir accès à des oeufs frais. À Vancouver, à Owend Sound et à Toronto, les autorités municipales se penchent sur la chose, tandis qu'à Niagara, à Guelph, à Brampton et à Victoria, les volailles urbaines ne sont plus hors la loi.
Pas besoin d'aller très loin pour rendre visite à ses nouvelles protégées. Au plus fort de l'été, près de 100 000 abeilles bourdonnent au coeur des gratte-ciel, sur le toit du célèbre hôtel Royal York de Toronto, dans l'une des quatre suites royales nichées au 14e étage.
Depuis l'an dernier, le Royal York, qui abrite un vaste jardin d'herbes et un petit potager sur son toit, a décidé de se convertir aux joies de l'apiculture urbaine. «Notre chef voyait des tonnes d'insectes et d'abeilles butiner ses plantes, même en plein centre-ville. Il s'est dit: pourquoi ne pas avoir nos propres ruches et produire notre propre miel?», raconte Mélanie Coates.
Ces abeilles urbaines, qui vont butiner jusque dans les îles de Toronto, sur les penthouses et les parcs environnants, ont produit pas moins de 160 kilos de miel à la fin de l'été dernier. Cette année, on prévoit en tirer 450 kilos. De quoi répondre à 70 % des besoins annuels en miel des cuisines du Royal York. Appelé «Rooftop Honey», ce miel de «béton», qui a remporté quelques prix, est maintenant servi avec l'assiette de fromage aux clients de l'hôtel. «Non seulement les abeilles ont survécu à l'hiver, probablement grâce à la chaleur du bâtiment, mais nous avons ajouté trois nouvelles reines cet été, ce qui accroîtra la production», ajoute Mélanie, qui se fait depuis apicultrice à temps partiel.
Pour veiller sur l'essor de la petite colonie, l'attachée de presse est devenue membre de la coopérative des apiculteurs du Grand Toronto, où elle peaufine ses connaissances sur les insectes mellifères. La chaîne d'hôtel Fairmount est à ce point ravie de l'expérience que des ruches ont été installées cet été sur les toits de ses hôtels à Halifax, à Vancouver, et que l'on projette d'en faire autant au Château Frontenac, à Québec. «Il y a un grand potentiel sur les toits des centres-villes, qui sont loin des citoyens. C'est aussi un bon moyen de conserver la biodiversité dans les villes en assurant la pollinisation des arbres et des fleurs», croit-elle.
Bannis dans la plupart des villes par des règlements municipaux, les ruchers urbains effectuent pourtant un retour en force, notamment aux États-Unis, où de nombreux citoyens tentent de faire changer les lois. Décimée par les insecticides, les virus et la culture de plantes génétiquement modifiées, la population des ruchers d'abeilles sauvages et domestiques connaît une forte décroissance. L'élevage d'abeilles urbaines est perçu comme une façon de lutter contre la disparition de ces petites bêtes, tout en produisant un miel local.
De la côte est à la côte ouest, les pressions se multiplient, de telle sorte que l'apiculture «d'arrière-cour» vient d'être légalisée à Denver, au Colorado, tandis que New York étudie un règlement qui autoriserait les ruchers sur les toits de Manhattan.
Idem pour les poules, que de plus en plus de citadins aimeraient voir picorer dans leur arrière-cour. Plusieurs élèvent déjà en cachette des poulettes, histoire de pouvoir avoir accès à des oeufs frais. À Vancouver, à Owend Sound et à Toronto, les autorités municipales se penchent sur la chose, tandis qu'à Niagara, à Guelph, à Brampton et à Victoria, les volailles urbaines ne sont plus hors la loi.
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