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Commission du BAPE sur le développement durable de l'industrie porcine - Les producteurs tentent de protéger leur jardin

Louis-Gilles Francoeur   16 avril 2003  Société
La Fédération des producteurs de porcs du Québec (FPPQ) a demandé hier à Québec que «soit exclue et interdite toute nouvelle installation de production porcine considérée sans sol» dans la province.

La fédération a adressé cette demande dans son mémoire présenté hier à Sainte-Marie, en Beauce, à la commission du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) chargée d'évaluer la pertinence et les modalités du développement durable de la production porcine au Québec.

Le président des producteurs de porcs, Clément Pouliot, a expliqué qu'il était nécessaire à ce stade-ci d'interdire tout équipement de production à rejet zéro, odeurs et lisiers compris, «parce qu'il faut mettre toutes les énergies disponibles à rendre conformes les entreprises existantes en milieu rural plutôt que d'en encourager de nouvelles. Sinon, on ne passera pas au travers.»

Toujours pour privilégier les établissements existants, la fédération a proposé à la commission du BAPE que soit aussi interdite l'implantation de nouveaux sites d'élevage dans les bassins versants en surplus, à moins — et c'est là une contrainte que seuls les plus riches peuvent rencontrer — que les producteurs ne possèdent en propre 100 % des surfaces d'épandage. Et, selon les producteurs, ces nouveaux établissements devraient respecter «maintenant» la norme de 2010, plus sévère. Même chose pour les établissements actuels qui voudraient utiliser des systèmes de traitement pour réduire leurs besoins en surface d'épandage. On devrait exiger qu'ils se conforment aux normes de 2010, selon la fédération, qui semble craindre la concurrence des producteurs versés en technologies de pointe.

La fédération se dit prête globalement à accélérer la cadence afin d'atteindre plus rapidement que prévu l'équilibre entre la capacité de support des sols en phosphore et les quantités épandues. Elle assigne un double objectif à sa politique de rapprochement avec le milieu rural offusqué en plusieurs endroits de ses pratiques: «la conservation du paysage et la gestion des surplus de fumier». Elle se dit d'accord pour qu'on exige l'installation de toitures sur les structures d'entreposage et de haies brise-odeurs pour les établissements situés à un demi-kilomètre de périmètres urbains. Elle accepte une politique de protection des boisés et des bandes riveraines à condition que le trésor public compense la perte de production.

La fédération se dit d'accord avec le principe d'écoconditionnalité, mais, comme l'UPA, à condition qu'il accorde des avantages économiques en compensation de meilleures pratiques environnementales, sans retirer toutefois l'aide gouvernementale ordinaire aux mauvais producteurs. L'écoconditionnalité traditionnelle exige par contre, reconnaît le mémoire, le respect des normes environnementales pour avoir droit à l'aide de l'État. Les producteurs porcins voudraient que ces normes en question ne soient pas celles de l'État, ni régies par ses agents, mais liées à une certification environnementale privée.






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