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Les autochtones dans les pensionnats - Les excuses et les indemnités n'ont rien réglé

Bahador Zabihiyan   13 juin 2009  Société
Un an après les excuses du premier ministre Stephen Harper aux anciens élèves autochtones des pensionnats et à leurs descendants, les problèmes socioéconomiques des autochtones sont toujours les mêmes, ont affirmé des représentants de ces communautés, jeudi, lors d'une table ronde à Montréal.

Accès aux soins difficile, non-respect de leurs terres par certaines entreprises, violences conjugales, les difficultés sont toujours aussi nombreuses. Ghislain Picard, le chef régional de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, ainsi qu'Ellen Gabriel, présidente de Femmes autochtones du Québec inc., étaient tous deux présents lors de la discussion. «Je ne serai pas le premier à allumer la chandelle pour fêter cet anniversaire-là», a déclaré M. Picard qui revenait d'une réunion avec les chefs des différentes assemblées autochtones du Québec.

Et tous deux ont estimé que pas grand-chose n'avait changé sur le terrain malgré l'indemnisation s'élevant à 1,9 milliard de dollars reçue par les survivants et les descendants des anciens élèves.

Violence

Mme Gabriel a tenu des propos très durs sur les pensionnats: «Tuer les Indiens et leurs enfants, c'est un acte de génocide, pas juste une politique d'assimilation», a-t-elle déclaré, faisant référence aux enfants autochtones décédés au cours de leur séjour dans ces écoles.

La directrice de la section locale d'Amnistie internationale, Béatrice Vaugrante, a par ailleurs dénoncé le manque de programmes sociaux adaptés. «Il y a peu de refuges pour les femmes autochtones», a-t-elle expliqué, déplorant au passage le manque de formation des policiers pour élucider les disparitions de femmes autochtones.

Le ministre des Affaires indiennes et du Nord canadien, Chuck Strahl, a de son côté reconnu que l'indemnisation n'allait pas suffire à régler tous les problèmes, mais il s'est dit confiant en l'avenir. «Nous continuerons de travailler étroitement avec les anciens élèves, leurs familles et leurs collectivités dans un esprit de réconciliation et de guérison», a déclaré M. Chuck dans un communiqué hier.






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