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Mobilisation - Des tambours pour faire l'appel des troupes

Pierre Vallée   16 mai 2009  Société
Les percussions, comme le tam-tam, ont toujours fait partie des sociétés humaines. Jadis moyens de communication et de célébration, les percussions gardent toujours leur attrait, comme en témoignent les séances hebdomadaires de tam-tam sur le mont Royal. Et depuis quelques années, elles servent aussi comme instrument de mobilisation en entreprise.

C'est grâce aux percussions que le Groupe Samajam est devenu le leader au Québec de la mobilisation d'équipe avec plus de 250 interventions en entreprise par année. La clientèle est très variée, allant de la grande à la petite entreprise en passant par les organismes publics. «Nous pouvons concevoir une intervention pour un groupe de dix participants comme de mille. Chacune de nos interventions est personnalisée et l'approche est toujours axée sur des thèmes de gestion», explique Louis Bellemare, président et fondateur du Groupe Samajam.

En plus d'intervenir en entreprise, le Groupe Samajam possède la plus importante école de percussions au Canada, avec plus de 800 étudiants, participe à la plupart des événements culturels d'envergure en y donnant des spectacles et s'est même doté d'un volet humanitaire.

Genèse d'une idée

Formé en finances, Louis Bellemare a d'abord travaillé comme gestionnaire et directeur de multiples entreprises culturelles. Il fut même un temps directeur du portefeuille d'investissements culturels de la Caisse de dépôt et placement du Québec. «Mais les percussions sont depuis longtemps mon passe-temps. Comme les gens m'en faisaient la demande, j'ai commencé à donner des cours à temps perdu. Ça m'a permis de développer mon approche, aujourd'hui celle de Samajam, qui consiste non seulement à enseigner comment jouer des percussions, mais aussi à développer l'écoute et la créativité.» Une approche qui a visiblement rejoint les gens puisque, à la suite d'une année sabbatique qu'il avait prise, Louis Bellemare s'est retrouvé à la tête d'une école de percussions. «Ça s'est passé très vite et le succès a été rapide.»

En homme d'affaires avisé, il structure d'abord l'école de percussions. «Comme je connaissais le milieu des affaires et que la réputation de l'école grandissait, on m'a rapidement approché pour organiser une activité dans une entreprise. Mais je ne voulais pas aller faire du tam-tam pour faire du tam-tam. J'ai alors suggéré à ce client de plutôt se servir de cette activité pour passer un message, les percussions servant à illustrer ce message.» Ainsi est née l'approche de mobilisation d'équipe en entreprise qui caractérise le Groupe Samajam.

Mobilisation d'équipe en entreprise

Chaque intervention en entreprise de Samajam est personnalisée et tient compte de l'entreprise et de sa culture, de la taille du groupe des participants et surtout du thème de gestion que l'événement doit mettre en avant. «Si nous ne sommes pas à l'aise avec le thème, nous préférons nous abstenir.» Fait important, la haute direction doit participer à l'activité. «C'est le président ou le directeur qui doit lancer l'activité. Pour mobiliser la tribu, il faut que le chef s'implique et un bon leader est celui qui donne l'exemple. Comme l'activité sort les participants de leur zone de confort, il doit poser le premier geste. Que l'on soit président ou secrétaire, on fait partie de la même équipe.»

Bien que les activités soient variées, on y trouve toujours un animateur ainsi que des musiciens professionnels. Louis Bellemare agit comme conférencier, lorsqu'il y a lieu. On remet à tous les participants un instrument de percussion. «Le rôle des percussions varie. Parfois, on fait seulement 15 minutes de percussions pour une activité de deux heures, d'autres fois, c'est moitié-moitié.»

Toujours, par contre, il y a création d'une pièce musicale. «C'est tout un défi collectif. Au départ, les gens répondent que c'est impossible, d'autant plus que la très grande majorité des participants n'ont jamais joué d'un instrument de percussion. Mais je leur réponds: pourquoi dire impossible avant d'essayer? Et on y arrive toujours, parfois de justesse, mais une fois l'exercice réussi, tous les participants sont fiers de ce succès collectif.»

Il existe évidemment d'autres méthodes de mobilisation qui permettent de souder une équipe autour d'un message ou d'un objectif commun, mais l'utilisation des percussions, selon Louis Bellemare, offre un net avantage, outre celui d'être festif. «Pour jouer de la percussion, pour entrer dans le rythme, il faut d'abord être à l'écoute des autres rythmes. Trop souvent les organisations ou les entreprises communiquent en silo plutôt qu'en réseau. Les percussions, en forçant l'écoute, brisent cette façon de faire en favorisant le contact entre les personnes. Notre méthode permet de passer un message sérieux de manière ludique.»

À venir, et autres activités

Pour le moment, Louis Bellemare n'ambitionne pas d'exporter hors frontières la méthode Samajam. «On va plutôt s'assurer de bien desservir l'ensemble du territoire québécois.» Il aimerait bien par contre voir son école devenir la première école nationale de percussions au Québec, un peu à la manière de l'École de l'humour. «J'aimerais former davantage de musiciens professionnels et redonner aux percussions leurs lettres de noblesse.»

Il tient aussi à développer le volet humanitaire et communautaire du Groupe Samajam. Déjà, tous les profits générés par l'école de percussions Samajam sont utilisés pour des activités communautaires, dont, entre autres, celles du Dr Julien auprès des enfants. «Notre méthode réussit, comme le prouve le succès que nous avons avec nos cours et nos interventions en entreprises. Et notre méthode réussit aussi dans le communautaire. Il faudrait à l'avenir en faire profiter davantage de personnes et d'organismes. »

***

Collaborateur du Devoir






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