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L'État voilé?

Christian Rioux   15 mai 2009  Société
Récemment à Montréal, j'ai été frappé par le nombre femmes voilées qu'on y voit. J'arrivais pourtant de Paris, qui est l'une des premières villes musulmanes d'Europe. La France abrite en effet la plus grande communauté musulmane du continent européen. Comment expliquer qu'au grand marché de la Place des Fêtes, dans un arrondissement populaire de Paris, on ne voit pas plus de femmes voilées qu'au marché Jean-Talon de Montréal?

L'an dernier, j'avais constaté la même chose aux Pays-Bas. Dix ans plus tôt, j'y avais à peine remarqué quelques femmes voilées. Aujourd'hui, elles sont partout. Avec pour conséquence que le pays vit une crise profonde et qu'il est aux prises avec une extrême droite parmi les plus radicales en Europe.

S'il y a si peu de voiles en France, c'est probablement à cause de l'opinion publique. Les Français, et cela comprend des millions de Maghrébins, sont réticents à l'affichage des convictions religieuses dans le domaine public. Résultat, le voile, qui est pourtant autorisé dans tous les lieux publics, se fait discret et les minorités religieuses respectent sans trop rechigner cette règle non écrite.

On sait par ailleurs que la France a choisi en 2004 d'interdire le port du voile à l'école et de tout signe religieux ostentatoire. Le débat avait été virulent. Comme d'autres, je m'étais alors opposé à une mesure qui me semblait trop radicale. Trois ans plus tard, je dois cependant admettre que cette loi approuvée par une majorité d'enseignants a réglé le problème. Elle n'a évidemment pas intégré les immigrants d'un coup de baguette magique. Mais précisons que les problèmes des banlieues françaises ne revêtent jamais un caractère religieux.

La loi a mis fin à l'escalade intégriste. À l'époque, certaines familles allaient jusqu'à réclamer l'exclusion de leur fille des cours d'éducation physique et de sciences naturelles. Ce débat est clos. La première année d'application de la loi, à peine 639 familles ont protesté. Le problème a été réglé par la discussion dans l'immense majorité des cas. En 2005, on ne recensait plus qu'une douzaine de cas litigieux. Les musulmans n'ont pas quitté l'enseignement public ni fondé de nouvelles écoles privées comme je le craignais. L'infime minorité d'intégristes concernée s'est simplement pliée à la volonté de la majorité.

Au fond, cette loi fait aujourd'hui l'affaire de l'écrasante majorité des musulmanes qui ne portent pas le voile. Sans oublier celles à qui on aurait voulu l'imposer. La loi fait d'ailleurs des petits, notamment en Belgique, où de nombreuses écoles interdisent le voile. Malgré une tradition juridique très différente, le Conseil d'État belge affirmait récemment que l'interdiction du voile ne contredisait nullement le principe d'égalité et de fraternité.

La France interdit aussi aux employés de l'État le port de signes religieux ostentatoires. Contrairement à la précédente, cette règle n'a jamais fait débat. Je ne connais pas un Français qui ne considère pas qu'un État laïque doit être neutre dans ses gestes comme dans sa représentation. Les Français ne sont d'ailleurs pas les seuls à penser ainsi puisque plusieurs länder allemands ainsi que de nombreuses écoles belges et suisses interdisent aussi le port de signes religieux aux enseignants.

Servir l'État implique en effet des devoirs qui posent nécessairement certaines limites aux droits de l'individu. Au Québec, cela implique par exemple l'obligation de parler français. On présume aussi qu'un policier n'a pas le droit d'afficher ses convictions politiques sans retenue. Les fonctionnaires doivent avoir une tenue et un langage corrects. Pourquoi ces devoirs ne comprendraient-ils pas l'obligation de demeurer discret sur ses convictions religieuses?

Ce devoir de réserve est particulièrement important dans l'administration de la justice. Imagine-t-on un juge portant la kippa qui condamne une femme voilée, ou une policière voilée arrêtant un jeune juif? L'école est un lieu tout aussi délicat. C'est d'ailleurs la Cour européenne des droits de l'homme, pas vraiment du genre laïciste, qui affirmait en 2004: «Aussi semble-t-il difficile de concilier le port du foulard islamique avec le message de tolérance, de respect d'autrui et surtout d'égalité et de non-discrimination que dans une démocratie, tout enseignant doit transmettre à ses élèves».

Il est stupéfiant de constater à quel point la Fédération des femmes du Québec, qui vient de se prononcer pour le port du voile par les employés de l'État, refuse de se poser ces questions. Obnubilée par la seule religion des droits, érigés en absolu, la FFQ va jusqu'à renier ses propres convictions féministes en refusant même d'admettre que le voile islamique est un symbole d'oppression des femmes. Il n'y a pas le moindre mot là-dessus dans le communiqué qu'elle a émis le 9 mai dernier!

Ce faisant, la FFQ défend la vision d'une société multiculturelle de type néerlandais ou britannique, où la laïcité de l'État et l'égalité entre les hommes et les femmes doivent s'effacer devant l'expression des particularismes religieux. L'expérience montre pourtant que cette façon d'agir encourage au contraire l'expression de ces particularismes.

Faudra-t-il attendre de ressembler aux Pays-Bas pour le comprendre?

***

crioux@ledevoir.com






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  • Guy Archambault
    Abonné
    vendredi 15 mai 2009 06h07
    L'acte de foi : un acte privé.
    « La foi est un acte psychologique où on déclare croire en la parole de quelqu'un compte tenu de l'incapacité de savoir par soi-même. Ainsi, comme je n'ai jamais pu constater par moi-même l'existence de l'Australie, je fais confiance aux géographes et je les crois quand ils me disent que l'Australie existe bel et bien.

    Si un rabbin me déclare que Yahwé a remis en mains propres à Moïse un code moral absolu et définitif pour le genre humain, je peux le croire ou non. Si un imam me déclare que Allah a remis en mains propres à Mahomet un code moral absolu et définitif pour le genre humain, je peux exercer cet acte mental de la confiance en sa parole. Ça demeure un acte privé. Et si le pape déclare être le représentant personnel de Dieu sur terre, je peux le croire ou non. Je suis libre d'exercer cet acte psychologique, intime et privé.

    Pourquoi rendre publics ces actes privés ? N'y-a-t-il pas là une dérivation vers la propagande, vers le combat politique, une recherche d'alliés pour transformer l'acte privé en un acte de recherche de pouvoir ?

    Afficher des signes ostensibles de croyances religieuses est un acte de propagande politique au même titre que l'affichage de banderoles et de macarons à l'occasion des congrès de partis politiques. L'affichage ostensible des croyances religieuses personnelles est une trahison de son caractère privé, de son intimité et est aussi grotesque que ces loufoques grands-messes folkloriques que sont les courses à la chefferie dans les partis politiques.

    Afficher ostensiblement en public ses croyances religieuses, c'est trafiquer et transformer un acte personnel de foi en une adhésion aveugle à des gourous en quête de pouvoir ; c'est participer à la construction et au maintien du pouvoir politique autocratique de ces derniers sur la conscience de leurs partisans.

    Guy Archambault »

  • Alain Lavallée
    Abonné
    vendredi 15 mai 2009 07h03
    Le multiculturalisme canadien et son implantation au QUébec
    « Le gouvernement du Québec vient de se prononcer pour le port du voile islamique et les autres insignes religieux dans la fonction publique, les écoles et les hôpitaux. (malgré des avis contraires du Conseil du Statut de la femme )

    C'est une autre étape du multiculturalisme canadien qui vient d'être appliquée au Québec. Nous avons à notre tête deux premiers ministres canadiens, Harper et Charest. De fait l'interculturalisme québécois est mort sous Jean Charest. Le Québec est à pleine vitesse dans le multiculturalisme canadien.

    Comme vous le montrez dans votre chronique il y aura un prix à payer à moyen terme....

    les religions sont des organisations publiques et leurs militants vont se réjouir de ces comportements ostentatoires qui à terme divisent une société. »

  • A/s Gilles Beaudet Maison Marie-Victorin
    Abonné
    vendredi 15 mai 2009 08h06
    le voile étendard politique
    « Le voile islamique n'a rien de religieux: c'est un étendard politique qui affirme le désir des Musulmans de dominer le monde.est comme signe de relliement politique qu'il doit être banni. Parce qu'util de propagande qu'on veut imposer sous les fausses raisons de religion par le biais de notre maudite charte. »

  • Jean Martinez
    Inscrit
    vendredi 15 mai 2009 09h11
    Modèle à suivre
    « Lorsque la France avait courageusement décidé de suivre cette voie, je pensais que plusieurs pays occidentaux la prendraient comme modèle. La France connaît bien les musulmans et elle a suffisamment de maturité pour ne pas se laisser impressionner par les accusations de racisme. Malheureusement, le Québec n'a pas cette maturité.

    Et bien sûr, le Canada anglais ne manquerait pas l'occasion de critiquer le Québec, comme il l'a fait entre autres avec la loi 101.

    Le Québec doit penser son avenir dans la durée et choisir d'interdire les signes religieux dans l'espace public. Comme avec la loi 101, avec le temps, tous seront d'accord pour dire que c'était le meilleur choix collectif à faire. »

  • Robert Henri
    Inscrit
    vendredi 15 mai 2009 09h23
    Bande d'énervés intolérants
    « Je lis les commentaires depuis le début de la commission sur les arrangements raisonnables à aujourd'hui et j'ai de plus en plus honte des Québécois mes concitoyens.

    Le voile musulman, celui des religieuses, la voilette des années cinquante début soixante ne sont pas tous des signes religieux. Ce ne sont que des bouts de chiffon.

    Il faut permettre tous les signes religieux qui ne sont pas également un moyen de rester anonyme ou une arme.

    Un Kirpan est une arme. Symbole religieux ou pas.

    La برقع , burqa, est un signe religieux mais également un masque intégral empêchant l'identification de qui le porte.

    La burqa et le Kirpan doivent donc être interdits. (Il y a des femmes en Kirpan au Québec, j'en ai croisé une près de Montréal l'an dernier).

    Sinon, tous les signes religieux doivent pouvoir être portés et vus comme on le désire. C'est une question de liberté individuelle et collective et ma liberté, j'y tiens.

    Dès aujourd'hui, je porte une croix et une étoile de David.

    Bande d'énervés! »

  • Claude Archambault
    Inscrit
    vendredi 15 mai 2009 10h14
    La burka
    « Pour ce qui est de la Burka, c'est une autre histoire. Elle représente un retrait de la société et un rejet de cette dernière. De plus il y a une question de sécurité, toute personne doit être identifiable en tout temps. »

  • Marc Gagnon
    Inscrit
    vendredi 15 mai 2009 11h07
    Un vieux problème
    « Dès qu'un état englobe plusieurs confessions paritaires, il ne peut plus être un état religieux, sans faire tord à l'une des confessions religieuses particulières, sans être une église qui condamne comme héritique d'adepte d'une autre confession, une église qui fait dépendre de la foi le moindre morceaux de pain et érige le dogme en lien entre les divers individus et l'existence civique.
    Un état rationel à une matrice philosophique, mais aucun substrat religieux.
    Karl Marx, 1810 »

  • François Beaulé
    Abonné
    vendredi 15 mai 2009 11h50
    Les Pays-Bas, un modèle à suivre ou à fuir
    « N'est-ce pas Gil Courtemanche qui écrivait, il y a quelques mois, que les Pays-Bas étaient une démocratie dynamique alors que le Canada est de plus en plus ennuyeux?

    Voici maintenant que M.Rioux agite l'épouventail des Pays-Bas. Il serait bien que Le Devoir nous renseigne mieux sur ce qui se passe là-Bas. »

  • Claude Archambault
    Inscrit
    vendredi 15 mai 2009 12h09
    Qui est le plus oppresseur? Celui qui oblige et force ou celui qui interdit?
    « Qui est le plus oppresseur? Celui qui oblige et force ou celui qui interdit?

    Ceux qui s'opposent au port du voile, et ici on ne parlent pas de la burka, le font sous prétexte que le port du voile est un signe d'oppression de la femme. Car oui, il est vrai que dans certaine société ou le port est obligatoire et forcé il y a oppression de la femme. Mais est-ce le port du voile qui est l'oppression ou le fait d'y être forcé?
    Ici on est dans une société de droit et libre, et les femmes qui portent le voile le font de façon libre et volontaire. Porter le voile pour elle dans notre société de liberté et de droit est une expression de leur choix. Nous y opposer serait tout aussi grave sinon pire que ceux qui l'imposent car nous avons la prétention d'être une société de droit et libre. Et même si le voile représente en soit une forme d'oppression des droits de la femme par l'homme ou la religion, les femmes qui le portent font ce choix en toute liberté, que l'on soit d'accord ou non avec leur choix. Nous n'avons pas à leur imposer nos choix comme ils ne nous imposent pas les leurs. À ce que je sache il n'y a pas une femme voilée qui a demandé à ce que les autres femmes se voilent?
    Et ne pas accepter qu'elle exprime leur choix est ce que l'on appelle de l'intolérance.
    Oui j'admets que certaine femme porte le voile pour exprimer une opinion politique, mais nous en tentant de l'interdire ne faisons nous pas aussi ce même geste, le leur ne touche en rien ma liberté mais le notre est une atteinte directe à nos libertés. Il y a déjà trop d'atteint par le gouvernement à nos droit individuel au nom du fameux choix de société pour lequel personne n'a été consulté.
    L'interdire aussi grave que de l'imposer et les deux sont une atteinte au droit de la femme et des individus.

    Si pour ceux que l'argument est que la société québécoise est laïque et que tous doivent ci conformer, alors ils devront accepter et aussi supporter les autre pays qui prennent les même décisions, qui disent qu'eux sont des sociétés religieuses et que tous doivent ci conformer. Car la laïcité en soit est une forme de religion, la religion étant un mode de vie et des règles de vie crée pour et par l'homme. »

  • Christian Rioux
    Abonné
    vendredi 15 mai 2009 12h15
    L'échec du multiculturalisme néerlandais
    « Le Devoir
    PERSPECTIVES, samedi, 28 juin 2008, p. c1

    L'échec du multiculturalisme néerlandais
    Après deux assassinats politiques, quelque chose s'est cassé dans le modèle des Pays-Bas

    Rioux, Christian
    La Haye - «C'est ici qu'est né et a grandi Mohamed Bouyeri», dit Sita Koenders. Malgré son sourire désarmant, cette femme dans la quarantaine est aux avant-postes de la lutte que mènent les Pays-Bas contre le terrorisme islamiste. Après quelques années à travailler dans les communications, elle a choisi de reprendre l'uniforme à Slotervaart. Cette banlieue multiethnique de l'ouest d'Amsterdam est tristement connue à travers le monde pour avoir vu grandir le jeune d'origine marocaine qui a poignardé sauvagement le cinéaste Theo van Gogh le 2 novembre 2004 pour un simple film qui dénonçait l'islam.
    Quatre ans plus tard, la rue principale de ce quartier de 45 000 habitants, que les Néerlandais classent parmi les «quartiers noirs», est toujours aussi cosmopolite. On y vient de toute la Hollande pour acheter des produits du Pakistan et du Maroc. Les clients ne semblent pas entendre le bruit assourdissant des gros-porteurs qui survolent le quartier avant de se poser à l'aéroport Schiphol. Jour et nuit, Sita et ses collègues arpentent le quartier, où ils connaissent presque tout le monde. Ils font partie du dispositif sécuritaire destiné à prévenir la radicalisation des minorités ethniques et les émeutes comme celles qui ont éclaté en octobre 2007 lorsqu'un déséquilibré a été abattu après avoir tenté de poignarder deux policiers. En avril, les autorités ont aussi craint le pire lorsque le député de droite Geert Wilders, dont le Parti de la liberté a fait élire neuf députés, a diffusé sur Internet un court métrage assimilant le Coran à Mein Kampf.
    Régulièrement, Sita s'habille en civil pour rendre visite aux femmes du quartier, des Marocaines qui ne parlent souvent pas le néerlandais mais avec qui elle est devenue amie. Elle s'est même fait imprimer des cartes de visite non identifiées à la police pour ne pas éveiller l'attention des maris, qui ne voient pas toujours d'un bon oeil une policière entrer chez eux. «Pendant des années, nous avons fait l'erreur d'accueillir des immigrants sans les intégrer à notre société, dit-elle. On ne leur apprenait même pas le néerlandais.»
    Il n'y a pas si longtemps, on venait pourtant du monde entier pour admirer les Pays-Bas multiethniques. Le pays est toujours officiellement un paradis du communautarisme où fleurissent les associations, les écoles, les universités, et même bientôt un hôpital islamiques. Mais, après les assassinats de Theo van Gogh et de Pim Fortuyn, le leader de droite abattu par un militant animaliste, quelque chose s'est cassé dans le modèle néerlandais. «Contrairement à la France ou au Québec, longtemps nous n'avons pas eu une idée claire de ce que signifiait devenir Néerlandais, dit Wendy Asbeek Brusse, conseillère au ministère du Logement, des Communautés et de l'Intégration. Aujourd'hui, il faut écouter nos concitoyens qui s'inquiètent des ratés de l'intégration. Nous ne pouvons pas nous contenter de les traiter de racistes.» Et pour cause. En 2006, 65 % des Néerlandais jugeaient que la plupart des musulmans ne cherchaient pas à s'intégrer et la moitié estimaient leur mode de vie incompatible avec celui des Pays-Bas.
    Tolérance ou indifférence
    Dans les rues d'Amsterdam et de La Haye, on croise beaucoup plus de femmes voilées qu'à Paris ou à Francfort. Pourtant, ces dernières villes comptent plus de musulmans. Les Néerlandais découvrent sur le tard que leur vertu cardinale, la tolérance, peut aussi rimer avec indifférence. Comment expliquer autrement que la terre d'asile des huguenots et des juifs ait été pendant la Seconde Guerre mondiale le pays où sont morts le plus de juifs après la Pologne? Fondés jusque dans les années 60 sur un régime de stricte ségrégation religieuse, les Pays-Bas ont cru qu'ils pouvaient se contenter d'accueillir des immigrants sans se préoccuper d'en faire des Néerlandais. Selon une enquête réalisée en 2006, deux immigrants turcs sur trois disent qu'après le travail, ils ont principalement des contacts avec d'autres Turcs. Un sur trois n'a de contacts qu'avec des Turcs!
    «Quand j'étais enfant, mes parents allaient à l'église catholique, ils m'envoyaient à l'école catholique, ils avaient des assurances catholiques et faisaient même le détour pour acheter dans des magasins catholiques, dit le ministre des Affaires européennes Frans Timmermans. Nous n'avons jamais développé de conscience nationale à propos de la citoyenneté. [...] Mais nous disons aujourd'hui qu'il est inacceptable qu'un immigrant ne respecte pas la loi et qu'il ne parle pas néerlandais. Le seul slogan qui rallie tout le monde aujourd'hui, c'est: "Les nouveaux venus doivent parler notre langue."»
    Depuis quelques années, les rapports se sont empilés décrivant l'évolution d'un régime ressemblant parfois à une forme d'apartheid où les femmes immigrantes sont souvent enfermées à la maison et ne parlent pas un mot de néerlandais. Le gouvernement a lancé de vastes programmes destinés à assurer l'intégration des immigrants. Une quarantaine de quartiers ont été désignés à la rénovation urbaine. Au coeur du dispositif, les Pays-Bas exigent dorénavant de tous les nouveaux venus qu'ils apprennent le néerlandais. Les politiques ont longtemps été incitatives, mais elles sont devenues obligatoires. Depuis 2007, un immigrant ne peut plus faire venir sa famille si celle-ci ne possède pas un minimum de connaissance de la langue et des coutumes du pays. Des cours sont aussi obligatoires pour les 250 000 étrangers âgés entre 16 et 65 ans qui vivent aux Pays-Bas depuis moins de huit ans. Une mesure dont l'application pose évidemment problème. Sans compter que de nombreux immigrants se demandent pourquoi, si les Néerlandais tiennent tant à leur langue, ils passent spontanément à l'anglais dès qu'ils parlent à un étranger.
    Un nouveau «pilier» musulman
    Malgré ces efforts récents d'intégration, certains immigrants s'inquiètent de voir les Pays-Bas reproduire avec les musulmans leur vieux système fondé sur la ségrégation religieuse. Arrivés aux Pays-Bas comme des Turcs ou des Marocains, ils s'étonnent de se retrouver tout à coup affublés d'une identité musulmane. «Je viens d'une famille laïque, et pourtant les responsables néerlandais ne cessent de me qualifier de musulmane, dit la journaliste d'origine turque Senay Ozdemir. Je ne m'étais jamais perçue à travers l'islam. À force d'être identifiés ainsi, les immigrants finissent par se définir comme des musulmans. Le multiculturalisme néerlandais va trop loin. Ça ne rend pas service aux immigrants.» La journaliste, qui a fondé le magazine SEN, en a notamment contre les campagnes de recrutement que mène la police aux portes des mosquées. «Les mosquées ne sont pas des centres communautaires. Recruter des jeunes immigrants dans les mosquées, c'est laisser croire que l'islam est une identité en soi. Il faut cesser d'identifier tous les immigrants à l'islam.»
    Telle n'est pas l'opinion de Job Cohen, qui demeure l'un des principaux défenseurs du multiculturalisme néerlandais traditionnel. Le maire d'Amsterdam, où l'homosexualité est devenue une identité au même titre que la religion ou la nation, va jusqu'à proposer d'intégrer les immigrants turcs et marocains à partir de leur religion en constituant un nouveau «pilier» musulman, comme cela existait dans les années 50 pour les catholiques, les protestants et les juifs.
    En réalité, ce «pilier» est déjà bien en place. En apparence, la petite école primaire Yunus Emre, dans le quartier du Transvaal à La Haye, est une école comme les autres. Logés dans des locaux temporaires avant d'aménager bientôt dans un immeuble neuf, les 286 élèves s'y tiraillent comme n'importe où ailleurs lorsque retentit la sonnerie de la récréation. Seule différence: les petites filles y portent un peu plus le foulard islamique que dans le quartier environnant, largement composé d'immigrants turcs et marocains. Yunus Emre est une des 45 écoles islamiques que comptent les Pays-Bas. Chaque jour, la journée commence et se termine par une prière et l'école respecte rigoureusement les fêtes musulmanes et le ramadan.
    Tout cela est normal, explique le directeur Abdelsadek Maas, puisque aux Pays-Bas chaque confession est libre d'avoir ses propres écoles. Financée à 95 % par l'État, Yunus Emre est tenue de respecter l'essentiel des programmes définis par le ministère de l'Éducation. «Mais nous pouvons les adapter, précise le directeur, un Néerlandais converti à l'islam. On n'apprendra pas ici la même histoire des croisades que dans les autres écoles. Les écoles religieuses ont le droit d'enseigner leur propre version de la création.»
    À chacun sa version des croisades et de l'origine du monde. Au lieu de choisir l'école laïque (fréquentée par seulement 30 % des élèves), les Pays-Bas subventionnent massivement des réseaux catholique, protestant, juif et musulman. Les musulmans ont déjà 45 écoles primaires, deux écoles secondaires, deux universités islamiques et même deux chaînes de télévision subventionnées par l'État. Sans oublier les organisations sociales et bientôt des hôpitaux. Nourriture halal, salles de prière, imams en permanence et médecins au choix selon le sexe du patient, voilà à quoi ressemblera l'hôpital islamique qui devrait ouvrir ses portes l'an prochain à Rotterdam. La banque Rabobank songe quant à elle à proposer des «prêts halal» sans intérêts afin de satisfaire aux exigences des musulmans orthodoxes. Les services sociaux s'organisent souvent autour des mosquées. «Dans les années 70 et 80, les fidèles venaient seulement pour prier, dit l'imam de la petite mosquée Oumma à Slotervaart. C'est aujourd'hui devenu un lieu de réunion et d'action communautaire.»
    «On parle trop de religion»
    Mohammed Cheppih dirige le projet de la nouvelle Mosquée des Polders, qui entend réunir les musulmans au-delà de leurs origines nationales. Pour l'une des premières fois, les prêches seront en néerlandais et non pas en arabe. C'est une sorte de Vatican II, dit-il. Cela, tout le monde s'en félicite. Dans un ancien immeuble à bureaux, il veut par contre faire de sa mosquée «un complexe où il y aura des cours et des services sociaux». Il se plaint d'ailleurs des réticences de l'État à subventionner des projets liés à l'islam. Des pressions auxquelles les municipalités résistent de moins en moins, déplore Senay Ozdemir.
    Dès l'an 2000, le sociologue Paul Scheffer avait fustigé un système de «vaste tolérance et de faible intégration, accroissant les inégalités et l'aliénation et menaçant la paix sociale». Aujourd'hui, le sociologue est devenu une référence. Héritiers d'un système où les confessions ne se mélangeaient pas, les Pays-Bas cherchent aujourd'hui désespérément à tisser des liens avec leur population immigrante. Dans les milieux musulmans, on pense même à créer des partis politiques islamiques. Certains évoquent la démocratie chrétienne. Une comparaison qui ne tient pas, dit le député libéral Jan Boekesteign. «Les chrétiens se sont depuis longtemps éloignés de la Bible alors que certains musulmans s'en tiennent à une interprétation stricte du Coran.»
    Sa collègue socialiste Sadet Karabulut n'hésite pas à dire que, dans son pays, «on parle trop de religion au lieu de parler d'intégration. On est en train de créer un nouveau pilier musulman. Les jeunes filles arrivent ici sans voile et elles s'en font une identité une fois aux Pays-Bas.» Son parti, qui prône depuis toujours l'assimilation des immigrants plutôt que le multiculturalisme, a aujourd'hui le vent dans les voiles.
    Plusieurs députés n'hésitent pas à remettre radicalement en question le modèle multiculturel néerlandais, un modèle qui a fait beaucoup de «dégâts», affirmait l'an dernier au Figaro le travailliste René Cuperus. «Au lieu de contribuer à faire accepter l'immigration, le concept de société multiculturelle alimente dangereusement le ressentiment et la xénophobie des autochtones, allant jusqu'à suggérer que ces derniers ne sont ni plus ni moins qu'une minorité parmi les minorités.»
    Il n'est pas certain que les Néerlandais aient trouvé la façon d'intégrer le million et demi d'immigrants qui ont défrayé la manchette ces dernières années. Mais ils s'entendent au moins sur une chose: le temps n'est plus à cultiver les différences mais au rassemblement. D'aucuns parleraient même d'identité nationale...
    ***
    Correspondant du Devoir à Paris

    Le Devoir
    PERSPECTIVES, samedi 28 juin 2008, p. c2

    Pays-bas
    Oss, une petite ville qui rompt avec le vieux modèle multiculturel

    Rioux, Christian
    Oss - À une centaine de kilomètres de La Haye, la petite ville de Oss possède toutes les caractéristiques traditionnelles des paisibles bourgades néerlandaises où le nombre de vélos dépasse de loin celui des voitures. Avec ses 76 000 habitants, cette prospère municipalité de la province du Brabant attire depuis longtemps des immigrants d'un peu partout. Les Turcs et les Marocains composent l'essentiel des nouveaux venus. Mais à Oss, on se targue d'avoir rompu avec la politique multiculturelle traditionnelle des Pays-Bas qui a toujours fait en sorte que les minorités vivaient dans des mondes parallèles. Au lieu de multiculturalisme, les responsables de la ville préfèrent parler de «melting pot» et ils n'hésitent pas à faire directement référence à la politique américaine qui a assuré l'intégration des immigrants dans ce pays depuis qu'il existe.

    D'ailleurs, pour ne laisser planer aucun doute, les responsables de la ville distribuent à tous leurs visiteurs un long article du sociologue américain Robert Putnam. Dans E Pluribus Unum, le célèbre professeur de Harvard révélait que, dans les quartiers qui avaient une forte concentration d'immigrants, les liens sociaux, l'altruisme et la solidarité sociale entre citoyens tendaient à diminuer. Selon Putnam, si la diversité ethnique est une richesse à long terme, elle peut aussi créer un sérieux déficit social.

    Voilà pourquoi, à Oss, les responsables ont mis l'accent sur les échanges entre groupes ethniques. «Au début, on pensait qu'il suffirait d'avoir de bons services sociaux, dit le maire socialiste, Chris Ermers. Mais nous avons constaté que les Turcs se retrouvaient presque toujours dans des clubs sportifs turcs et les Marocains, dans des clubs sportifs marocains.» En dépit de la politique nationale qui favorise les écoles catholiques, protestantes, juives et musulmanes séparées, la ville a entrepris de loger ces écoles dans les mêmes locaux afin de briser les ghettos.

    Depuis un an, la municipalité a incité l'école musulmane privée Mozaïek à déménager dans le même immeuble que l'école publique laïque Meteoor. Les cours sont séparés, mais les élèves et le personnel partagent les activités parascolaires, les services de garde et les infrastructures. «Mais il faut plus que des locaux en commun pour que les élèves apprennent à se parler», dit la directrice de l'école musulmane Jeanne van der Voort. À Oss, moins de 50 % des enfants vont à l'école publique laïque. Les autres étudient tous dans des écoles confessionnelles.

    Ces regroupements sont très récents aux Pays-Bas et il n'y a, pour l'instant, que six projets semblables à travers le pays. Ces initiatives sont nées de la prise de conscience qu'a provoquée aux Pays-Bas l'assassinat du cinéaste Theo van Gogh en 2004. Depuis, une partie des Néerlandais ont découvert que le pays était constitué de communautés qui ne se parlaient pas et qui vivaient chacune dans son coin.

    Pour accentuer les liens et briser les solitudes, la ville subventionne aussi le petit café De Binnenstad. On vient y prendre une bière ou un thé à la menthe, on y joue aux échecs ou au billard. Anya van Lieverloo, une Néerlandaise blonde dans la trentaine, anime l'endroit où se rassemblent tous les clubs sportifs de la ville. Autour de la pièce sont exposées les coupes et médailles des vainqueurs. «Avant, dit Anya, les clubs sportifs ne se rencontraient que sur le terrain de football.»

    À quelques pas de là se trouve l'association marocaine fondée en 1979. Oss compte assez peu de Marocains, ce qui n'a pas empêché la petite communauté d'être ébranlée lorsque Theo van Gogh est mort. «Le jeune Marocain qui l'a assassiné était un pur produit des Pays-Bas, dit Akouzdame Benaïssa. Il avait grandi dans ce pays. C'est ici qu'il est devenu extrémiste. Nous, on dit à nos enfants qu'ils doivent être néerlandais.» Ce Marocain de 59 ans dirige la petite association culturelle. Il tient à expliquer que son association fait une stricte distinction entre les activités culturelles et religieuses. «Les activités religieuses sont organisées séparément», dit-il. Pas question d'ailleurs qu'elles soient financées par la Ville.

    Depuis l'assassinat de Van Gogh, les Marocains ont pris conscience de l'urgence de s'intégrer à la majorité, dit Benaïssa. «Le modèle de Oss est celui qu'on devrait étendre à tous les Pays-Bas.»

    ***

    Correspondant du Devoir à Paris »

  • Michel Gélinas
    Abonné
    vendredi 15 mai 2009 13h25
    Faisons l'autruche...c'est plus facile!
    « Entièrement d'accord avec M. Rioux pour interdire les signes religieux ostentatoires chez les fonctionnaires et employés de Services publics. L'Etat doit demeurer laïc et les intégristes musulmans(ou les ultra-orthodoxes juifs) doivent cesser de dominer l'espace public avec leurs exigences religieuses alors que les catholiques acceptent de rendre l'Etat et toutes les administrations publiques laïcs. Le voile va nuire à l'intégration de ces femmes dans notre société d'accueil. Ces musulmanes doivent s'adapter à notre culture, notre façon de faire laïc dans l'espace administratif et ne pas essayer de remettre le religieux bien en vue pour diviser, séparer «eux et nous». Nous accepterons ces musulmanes en autant qu'elles s'adaptent à nos moeurs. Ou qu'elles aillent vivre dans les pays arabo-musulmans où souvent elles sont forcées de le porter! »

  • Louise Saint-Pierre
    Abonné
    vendredi 15 mai 2009 13h33
    Non au prosélytisme dans la fonction publique!
    « Je crois que le voile islamique représente plusieurs symboles à la fois. Un symbole religieux (la personne qui le porte pratique la religion islamique); un symbole politique (dans les pays musulmans, l'état et la religion vont de pair); le voile est aussi le symbole de la soumission de la femme.
    Or, les fonctionnaires, qui sont les représentants de l'État ne doivent pas afficher leurs croyances religieuses, quelles qu'elles soient, ni leurs allégeances politiques. Tout signe ostentatoire doit être banni, autant le voile islamique que le macaron d'un parti politique.
    Les personnes qui ne peuvent pas se soumettre à ces principes devraient chercher un emploi en dehors de la fonction publique. »

  • Rodrigue Tremblay
    Inscrit
    vendredi 15 mai 2009 15h10
    Un simple morceau de tissu.....
    « Ayoye! Le voile c'est l'emblême des islamistes, des gens qui vomissent sur l'Occident.
    Le voile c'est le refus de s'intégrer à la société québécoise et occidentale.
    Le voile c'est le Moyen Age »

  • Pascal Barrette
    Abonné
    vendredi 15 mai 2009 16h07
    Mieux ou pire?
    « L'interdit du voile. Question: cette mesure a-t-elle contribué dans ces pays qui l'ont décrétée à rendre de facto les femmes plus égales aux hommes? Leur a-t-elles aidées à changer favorablement les moeurs de leur milieu familial et culturel, ou au contraire, par effet de repliement, les a-t'elles encore plus enfermées dans leur état de soumission à la maison? Beau sujet de reportage, Monsieur Rioux.

    Pascal Barrette
    Ottawa »

  • Claude Daigneault
    Abonné
    vendredi 15 mai 2009 23h01
    Les spaghettis mous
    « Vous connaissez sans doute cette célèbre maxime de Lord Acton : « Le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument ». Elle a été utilisée à plusieurs sauces récemment par les chroniqueurs politiques. Et souvent à bon escient pour parler des gouvernements en place.

    Mais à mon avis, même si elle décrit bien l'actuel gouvernement libéral, c'est une autre image qui conviendrait mieux à ce qui nous sert de gouvernement à Québec : celle du spaghetti mou. Même dans une sauce piquante, le spaghetti trop cuit demeure indigeste, insipide et non appétissant.

    Le propre du gouvernement de type spaghetti mou, c'est celui de faire de l'esbroufe à l'Assemblée nationale, de monter sur ses grands chevaux, de faire semblant de déchirer sa chemise sur un faux ton indigné et surtout de prendre un air de vierge offensée pour dénoncer ceux qui s'opposent à son principe directeur : « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. »

    On a eu un exemple de cela hier (mercredi le 13 avril) en écoutant les réponses de la ministre Christine St-Pierre aux six questions des deux chefs de l'opposition qui lui demandaient si elle appuyait le Conseil du Statut de la Femme ou la Fédération des Femmes du Québec sur la question du port du voile islamique dans la fonction publique.

    Mme St-Pierre, ministre de la Culture et de la Condition féminine, a éructé beaucoup de mots mais sans jamais dire clairement ce qu'elle pensait. J'ose croire que ce n'est pas ainsi qu'elle a exercé le métier de journaliste à Radio-Canada, il n'y a pas encore si longtemps.

    Plus on se refuse à prendre position entre le blanc et le noir, plus on devient soi-même gris. Et cette grisaille est ce qui qualifie le mieux la vie politique du Québec présentement. Nos gouvernements depuis Jean Lesage me semblent responsables de cette incapacité de prendre position. « Maître chez nous », (mais pas trop trop) « Égalité ou Indépendance » (on n'est pas sûr sûr encore de ce qu'on veut), « Un Québec fort dans un Canada uni » (autrement dit, laissez-nous faire semblant, mais ne vous inquiétez pas, vous pourrez continuer de nous passer des sapins) et l'expression de la grande peur québécoisée dans la « Souveraineté-Association » des Péquistes de la première heure : « On part, mais on reste ».

    Quarante années de tiraillements ont fait de nous des têteux. Pierre-Elliot Trudeau nous traitait de pleutres et personnes n'avait le courage de lui aplatir une tarte à la crème dans son visage arrogant.

    Aujourd'hui, une poignée de sectaires religieux manigancent avec n'importe quel mouvement social et réussissent à faire accepter des prises de position lamentables comme celle de la Fédération des Femmes du Québec qui, plutôt que de combattre pour les femmes que des mâles machistes maintiennent dans un état de sujétion, propose d'accepter que ces femmes imposent à tous les contribuables québécois l'image de leur fichu foulard.

    Parce qu'elles portent un foulard, ces femmes auront-elles le droit de faire passer un examen de conduite automobile à des hassidiques ou continuera-t-on de laisser les hassidiques les rejeter parce qu'elle ont le malheur d'être « des personnes du sexe » comme on le disait jadis ?

    Chaque fois qu'un gouvernement cède aux pressions des groupuscules sectaires et aux extrémistes religieux, il contribue à perpétuer l'image d'un spaghetti mou. On dirait que, par manque de culture, le gouvernement Charest confond le « roseau qui plie mais ne rompt pas » au spaghetti mou qui ne peut plus plier et est en voie de se décomposer à chaque « fourchettée ».

    Plus que jamais, on donne raison au grand poète Alfred Desrochers qui disait : « Je suis un fils déchu de race surhumaine... »

    Nous nous sommes trop longtemps battus pour obtenir notre société laïque pour laisser une bande de « zoufs » la diluer dans la niaiserie et la stupidité.

    La velléité des accommodements à tous prix est le signe d'une tendance inquiétante : la peur de faire de la grosse pepeine si on ose défendre le droit des Québécois à maintenir la culture qui devrait tous nous unir. Les religions divisent et nous en avons la preuve des dizaines de fois chaque jour. La vision d'une société sans passe-droit pour quiconque devrait nous animer collectivement. Un peuple majoritaire a le droit de ne pas se laisser engluer dans l'inanité et les bons sentiments sans fondements.

    Rappelez-vous enfin le vers du poème de Claude Péloquin que Jordi Bonnet a gravé dans sa murale au Grand Théâtre de Québec : "Vous êtes pas tannés de mourir bandes de caves ? C'est assez !" »

  • Brun Bernard
    Inscrit
    samedi 16 mai 2009 09h01
    Tiens...
    « ...on ne met plus les commentaires? Intéressant. »

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    samedi 16 mai 2009 15h36
    Tiens...à qui le dites-vous
    « Vous ne le saviez pas. Au Devoir, il existe une forme de censure dont les règles sont quelques fois nébuleuses. »

  • Gerry Pagé
    Inscrit
    dimanche 17 mai 2009 00h21
    Vestiges de l'halloween !
    « Au sommet des inconséquences stupides, des absurdités dont se panachent des irresponsables sans vision ; au sommet des complaisances étriquées, des aplaventrismes tordus et des accommodements déraisonnables auxquels donnent lieu les chevauchements du féminisme et du femellisme québécois, aux prises avec les peurs, les stupeurs et les horreurs du sexisme à rebours, du racisme à rebours et de toutes les formes de l'extrémisme et du «bashing» des us et coutumes historiques de la société d'accueil qu'est le Québec, trône notre Brigitte Bardot nationale, la radio-canadienne et ménestrel libérale Christine St-Pierre.

    Voilà que les envoilées musulmanes vont faire la loi. Ces emmouchoirées se cachent derrière les barreaux de leur emprisonnement coranique et subissent le réducteur mépris des machos intégristes qui les esclavagisent, vont porter le voile, dans l'exercice de leurs prestations de travail, dans la Fonction publique. Comment le «signe» de l'esclavagisme peut-il être classé «religieux» ? Comment ce voile réducteur et signe de la ghettoïsation musulmane, peut-il devenir un objet de fierté et de distinction ? N'a-t-on pas autre chose à faire, de plus intelligent et de plus constructif, que de tergiverser sur une nouvelle émergence de la discrimination et de la marginalisation des femmes pour lesquelles une pseudo liberté dite religionnaire, n'est rien d'autre qu'une autre forme de provocation et de confrontation «traditionaliste et ouvertement réactionnaire». Une provocation du même type que les tentatives répétées d'instaurer (Ontario) des tribunaux islamiques et d'allumer les mèches d'une charia dont les Québécois de souche, de sève, d'écorces, de branches et de bourgeons n'accepteront jamais.

    Ça n'a rien de religieux. C'est carrément une manifestation de détresse COMMANDITÉE!

    C'est le retour du totémisme primaire du temps des sauvages qui cachaient leurs visages sous d'épais coloris et plus récemment, des autochtones qui s'emmouchoirent la face, pour échapper aux photos de repérage et d'identification, lors de leurs ravages insolites et criminels.

    C'est aussi l'absolution prochaine que revendiqueront à leur tour les crâneurs et casseurs des manifs et du cassage tout azimut qui se masquent, pour échapper, eux aussi, aux photos de repérage et d'identification, lors de leurs ravages insolites et criminels. Sous de nombreuses commandites dont celles d'Al-Qaïda, les îlots de l'islamisation, au Québec, forment presqu'îles et excroissances urbaines de tous acabits. Pourquoi faut-il ajouter les SANS-VISAGES, aux SANS-NOMS, aux SANS-PAPIERS, aux SANS-EMPLOIS, aux SANS-AVENIR, aux SANS-GÉNIES, aux SANS-ABRIS et aux SANS-VOIX ?

    «Le multiculturalisme canadien» est un dénominateur commun propagandiste et caché sous les encens de la vénération d'Allah, aux fortes concentrations «orientalistes» et «pro islamistes». De ce même Allah que vénèrent Ben Laden et ses suppôts. De ce même Allah qui prône les châtiments les plus inhumains (volées et lapidations) et la mise à mort (exécutions sommaires) des «infidèles». Il faut lire et relire certains écrits de Syed Mumtaz Ali, un avocat de Toronto et président de la «Canadian Society of Muslims». Comme exemple du statut de la femme (modèle du couple), il cite, en référence, la dernière partie du célèbre verset 34 de la sourate 4 du Coran, INSTRUISANT LES HOMMES sur le traitement qu'ils doivent réserver à leurs femmes: «Admonestez celles dont vous craignez l'infidélité; reléguez-les dans des chambres à part et frappez-les. Mais ne leur cherchez plus querelle si elles vous obéissent. Dieu est élevé et grand.» En cas de persistance du comportement répréhensible chez la femme, le divorce est bien sûr l'arme que détient toujours l'homme.

    Est-ce que de telles folies peuvent se réclamer de RELIGION?

    Qui d'autre que l'employée de la fonction publique pourrait et pourra profiter du visage voilé, méconnaissable et non identifiable, pour s'infiltrer dans l'appareil gouvernemental et le réseauter ? Avec les mollusques et les acteurs sans échine, parmi les actuels majoritaires qui ne vivent que pour leurs intérêts personnels, que pour les intérêts des leurs et pour le pouvoir lucratif, avant tout, les magouilles (CDPQ - FIER - ETC), les fricotages des pions libéraux de l'ingénierie des infrastructures ainsi que les grenouillages des marginaux et fomenteurs de troubles tous azimuts, toutes provenances et toutes croyances confondues, vont se multiplier et risquer de faire du Québec, un bien étrange et fort inquiétant Québékistan. Inquiétude marquée, que n'a pas manqué de rappeler et de souligner, avec force élaboration, en décembre 2004, Vida Amirmokri que l'actuelle Ministre girouette, Christine St-Pierre semble ne pas connaître et n'avoir jamais lue. Madame Amirmokri est auteure d'origine iranienne, titulaire d'une licence en droit de l'Université de Téhéran et d'une maîtrise en droit de l'Université Laval (Prix d'Excellence du meilleur mémoire de maîtrise décerné par l'Association des professeurs de droit du Québec) et qui poursuivait, en 2004, de brillantes études de doctorat à l'Institut des hautes études internationales de Genève.

    Gerry Pagé
    Ville de Québec »

  • Jean-François Leclerc
    Inscrit
    dimanche 17 mai 2009 13h33
    Entre le respect, la perplexité et l'irritation
    « Il y a deux semaines à peine, j'ai vu monter dans le métro de Montréal un couple qui s'est installé dans le fond du wagon bondé où j'étais, sans susciter de réactions particulières, sinon certainement, ces regards à la dérobée qu'on a l'habitude de lancer dans les lieux publics des grandes villes. Le bel homme au teint blanc était habillé de la tunique et du bonnet musulmans, et portait une assez longue barbe rousse. La femme, toute menue, avait non seulement la chevelure et le front couverts du châle traditionnel mais portait une tunique, un voile lui couvrant le visage et...des gants noirs masquant ses mains. À peine si une mince fente lui permettait de voir tout autour. L'homme debout était tout à fait détendu et jasait amicalement avec la femme en se penchant vers elle, assise.

    Ils revenaient probablement de la mosquée, où ils avaient prié un Dieu qui demande justice, amour et charité à ses croyants comme le font bien des religions à leur manière. Pour eux, il n'y avait manifestement pas de contradiction entre ces exigences fondamentales et l'obligation faite à la femme uniquement de vivre enfermée dans une cage tissu.

    Moi qui comme bien des Montréalais adore la diversité de cette ville, qui vit dans un des quartiers les plus multiethniques de Montréal, qui y croise des musulmans pakistanais, des sikhs, des hindous et tant d'autres gens qui arborent plus ou moins discrètement des signes de leur foi et de leur culture, j'ai été saisi, comme si je venais d'assister à un geste agressif et antisocial. J'avais beau rationaliser cette perception, en me remémorant les mots d'amis plus relativistes que moi, j'ai vécu ce petit événement comme une brûlure, avec un grand sentiment d'impuissance. Comment ne pas associer cette image forte aux marquages en tout genre des exclus dont l'histoire du 20e siècle nous a donné des exemples douleureux.

    Je sais, ce couple peut bien choisir ce qu'il veut pour lui-même et sa communauté aussi. La femme, peut-être arrivée d'ailleurs récemment, ne peut se transformer radicalement par la magie de nos exigences et de nos valeurs; peut-être ce sera l'affaire de ses enfants et petits-enfants, comme cela se produit souvent. Et puis, me disais-je, une ville n'est-elle pas le lieu de tous les excès, de la libération des contraintes sociales, de l'expression de soi envers et contre tous, ce qui souvent la dynamise?

    Mais de voir afficher en public d'une manière aussi ostentatoire une vision radicale et éminemment criticable de valeurs religieuses en contradiction avec un certain consensus social québécois moderne avait de quoi me troubler.

    Comme devant toute apparence d'injustice ou de méfait, j'aurais eu envie d'intervenir. Je me suis retenu pour ne pas aller parler calmement à ce couple, et les mettre en contradiction avec mes arguments probablement un peu candides et peu convaincants. Ai-je au tort de ne pas traverser ce wagon bondé pour discuter avec l'homme et la femme?

    Les Montréalais et Montréalais doivent souvent se poser les mêmes questions. Ils choisisent le plus souvent, et souvent avec raison, de s'enfermer dans leur bulle ou de prendre le tout avec philosophie, indifférence ou curiosité. Cela donne à cette ville une qualité de vie indéniable et sauf exception, une harmonie sociale qu'on nous envie. La cohabitation des groupes sans contact profond et réel, voilà ce qui a longtemps caractérisé l'histoire sociale de la ville: les franco-catholiques avec les Franco-catholiques et leurs institutions, dans leurs quartiers, les Anglo-irlandais avec les anglo-irlandais, les Chinois avec les Chinois, les Juifs avec les Juifs etc., etc., etc. Les frontières aujourd'hui sont plus perméables, le brassage plus grand que jamais, pourtant, le réflexe du vivre et laisser vivre demeure le plus spontané.

    L'État ne doit pas intervenir pour tout réglementer. Nous avons chacun à négocier nos relations sociales à chaque jour dans plein de situations inédites ou dérangeantes, en cherchant un équilibre entre le respect de l'autre, le civisme et la juste colère. Mais là où l'État doit agir, c'est en établissant des balises claires qui nous éviteront de nous perdre dans des micro-combats qui empoisonneraient quotidiennement notre vie et celle des autres. Et de travailler activement à le rappeler.

    Il l'a fait pour la prédominance du français. Cela ne règle pas le problème de l'attrait de l'anglais et de sa force à Montréal notamment, qui exige des francophones une certaine fermeté, mais cette intervention légitime les demandes qui vont dans le sens du respect de cette langue et du peuple qui le parle, dans les services, les commerces et même, jusqu'à un certain point, dans les rapports interpersonnels, en autant que les personnes concernées y consentent.

    Pour cette question du voile et de l'oblitération de l'image physique de la femme, l'État et les autres groupes qui représentent la collectivité doivent aussi être clairs: c'est une pratique privée, pour l'espace privé et comme toute pratique privée, chacun a le droit d'y adhérer. Quant à la manifestation publique de ces pratiques, libre aux gens de l'afficher par le port d'un vêtement religieux(soutane, tuniques, turban, croix etc.). Il faut faire confiance à la rue qui, même pour la plus colorée, force un conformisme involontaire qui finit toujours par s'imposer.

    Toutefois, il doit être clair que si un choix religieux semble se fait dans le contexte d'une relation de pouvoir, privée ou publique, et d'une contrainte, il ne peut être regardé avec indifférence. On doit s'en occuper comme de tout autre question sociale préoccupante. Divers moyens sont disponibles, à court, moyen et long terme: sensibilisation, lois, interventions sociales, échange et débats. L'évolution des droits des femmes le démontre bien: tout ne s'est pas fait en un jour mais sous la pression constante et par un travail critique et public qui a fini par imprégner les mentalités et influencer les modes de vie et la législation.

    Évidemment, l'équilibre et le tact sont de mise afin que le message ne crée pas plus de problèmes qu'il n'en règle (en ce sens, ceux qui craignent de donner des excuses aux employeurs de ne pas embaucher les femmes portant le hijab ont peut-être raison.) Il ne faut pas oublier que la question du port du hijab et du voile doit engager les musulmans québécois eux-mêmes à faire leurs propres devoirs. Comme le montreait l'historien Micheal Gauvreau dans un ouvrage récent, "Les origines catholiques de la Révolution tranquille", ce grand mouvement social qui a donné naissance à notre actuel consensus social, a émergé d'abord au sein de l'Église catholique québécoise. Ses combats ont d'abord confronté les diverses visions du catholicisme au sein même de l'Église qui n'était donc pas monolithique, en dépit de l'imagerie populaire. Ces débats religieux ont probablement permis cette étonnante transition en douce vers la laicité publique après 1960. Or, bien des observateurs du monde musulman ont souligné le blocage politico-idéologique qui a empêché les divers courants de l'Islam de débattre entre eux et d'évoluer, ouvrant la voie à leur propre révolution tranquille. Ce travail de l'intérieur revient donc d'abord aux musulmans d'ici . Il faut donc souhaiter que les croyants québécois de cette religion se sentent concernés et en débattent entre eux et avec nous.


    En somme, malgré les émotions que le spectacle de la femme voilée a pu susciter en moi, je veux croire que le tact est de mise. Cependant, ce que Christian Rioux nous rappelle, c'est qu'il ne faudrait pas confondre cette saine attitude avec un candide aveuglement que nous pourrions regretter.

    J.-F. Leclerc »

  • Guillot Sophie
    Inscrite
    mardi 19 mai 2009 10h17
    Voile, religions et lois
    « Oui monsieur Rioux vous avez raison, la France a tranché sur le port du voile dans les institutions publiques et notamment pour les filles qui viennent suivre une scolarité dans les établissements publics.

    La question que je me pose cependant à la lecture de votre article est complexe. Je suis partagée voyez vous, entre le fait que pour moi, il est inadmissible en effet d'imaginer de tolérer le port du voile par des femmes occupant n'importe quel poste public. Une enseignante donne une certaine image à ses élèves filles ou garçons en portant ainsi de façon aussi ostensible le voile.

    Je pense que la difficulté à laquelle le Québec se trouve aujourd'hui confronté est liée au fait que la laïcité est chez vous bien plus jeune que chez nous en France. La séparation de l'Eglise et de l'Etat date de plus d'un siècle ça fait toute une différence. L'importance des religieux catholiques chez vous a été jusqu'à il y a peu tellement impliquée dans toutes les sphères de votre société que bien évidemment ce débat suscite bien des controverses.

    Parlant du droit des femmes, il est clair aussi pour moi que l'on ne peut pas accepter que des femmes portent le voile, cependant, en faisant le parallèle avec le problème de l'excision qui est une atteinte encore plus cruelle définitive et violente faite aux corps des fillettes, la France a choisi aussi sur ce sujet un point de vue clair : l'excision est interdite et toute personne pratiquant un tel acte, le favorisant ou le faisant pratiquer sur son enfant est passible du tribunal et de la prison, que l'acte ait été commis ou non sur le sol Français. Nombreuses fillettes Maliennes en effet subissent cette horreur lors d'un séjour dans leur pays, mais ces enfants sont nées en France le plus souvent, sont donc Françaises, leur famille résidant en France, la loi tente de les protéger en condamnant donc sévèrement ce genre de choses. Dans le cas de l'excision, cela me semble tout à fait justifié parce qu'en plus le plus souvent, cet acte est pratiqué dans des conditions telles d'hygiène que nombreuses sont les fillettes qui en meurent tout bonnement.

    Ma position sur le voile est tiraillée parce que il y a tout de même aussi des cas dans lesquelles certaines jeunes filles subissent de telles pressions sociales et familiales que ne pas le porter revient pour certaines à subir des sévices assez monstrueux. Par exemple, je pense à cette jeune fille qui a été brûlée vive... Dans ce cas précis, il n'est bien évidemment pas question de parler de "libre choix" ou de "choix librement consenti", elles ne peuvent pas choisir, la naissance du mouvement Ni putes ni soumises a été une réponse de ces jeunes femmes et on ne peut que souligner leur courage et leur dignité.

    Je crois cependant que interdire purement et simplement n'est pas suffisant et pas toujours efficace. Interdire, légiférer, réprimer, c'est une chose. Éduquer, échanger, expliquer en est toute une autre.

    En Afrique noire, sur le sujet de l'excision, il commence à y avoir des mouvements de femmes qui s'opposent à l'excision, et c'est important parce que bien des excisions sont décidées par des femmes, pratiquées par des femmes. Ces femmes qui commencent à réaliser que l'excision n'est pas nécessairement une obligation pour que leurs filles reste une épouse convenable potentielle, ces femmes font le vrai travail sur le terrain, qui donnera à long terme de biens meilleurs résultats que la seule répression.

    En parallèle pour ce qui a trait au voile, je pense qu'il faut songer aussi à la même chose. Par exemple, décider d'une façon claire et ferme que dans l'exercice de son métier, si une femme est fonctionnaire elle ne devrait porter aucun signe religieux ostentatoire comme le voile, mais aussi je pense à la kippa pour les hommes juifs, au voile des bonnes soeurs, des robes pour les curés.... etc, je le répète dans l'exercice de fonctions professionnelles publiques d'état. Mais par ailleurs, si il n'y a pas d'explications, de pédagogie, de dialogue respectueux, d'enseignement des valeurs de la laïcité, je crains fort que ce genre de loi ne soient éternellement vécue comme injuste, brimante, irrespectueuse de la foi de chacun, alors qu'il n'en est rien.

    En tant que femme, si je me rends demain en Arabie Saoudite, je me devrai de porter une burka, cet état étant religieux et islamiste. Je n'aurai pas le droit de conduire un véhicule. Donc je me conformerai à la loi de ce pays; je pense que les musulmans sont tout à fait capables d'entendre cet argument, le voile n'était bien entendu pas qu'un simple bout de tissu, mais tout un symbole.

    Mais si nous érigeons cette règle, j'irai jusqu'au bout du raisonnement, pourquoi donc en France continuons nous diable à avoir des jours fériés qui sont des fêtes religieuses catholiques ???

    A part pour les rares catholiques pratiquants, Pâques n'est plus significatif pour la plupart d'une fin de semaine de 3 jours, le lundi étant férié, idem pour pentecôte ou l'ascencion....

    Je pense que nous devrions quant à nous admettre pour chaque religion des jours fériés qui seraient dépendants de ses propres pratiques. Celui qui se dirait athé aurait libre choix d'un nombre défini de journées de congés payés dans les calendriers musulmans, juifs et chrétiens, par exemple, et tous les pratiquants auraient libre choix donc de prendre des jours de congé au moment des fêtes les plus marquantes de leurs rites. ( le tout serait de mettre d'accord les différentes confessions sur un nombre maximum de jours par an, nombre qui serait identique pour tous les français )

    J'ai revisionné récemment l'excellent film Gandhi avec Ben Kingsley... il me semble que chacun devrait s'inspirer de ce que Gandhi disait dans l'Inde Anglaise, avant la formation de l'Inde indépendante et du Pakistan. Son message était de respect mutuel et de vivre en commun, toutes religions confondues.

    Si seulement ce message avait pu être entendu et réalisé, nous n'en serions probablement pas là entre le Pakistan et l'Inde, à propos de conflits qui ont fait depuis la mort de Gandhi des millions de morts... et ce n'est pas fini. »

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