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L'homosexualité des personnes âgées: briser le mur du silence

Caroline Montpetit   4 mai 2009  Société
Diane Heffernan, coordonnatrice du Réseau des lesbiennes du Québec, et Diane Bordeleau participaient hier à une conférence de presse sur la sensibilisation à l’homosexualité dans les centres d’accueil du Québec.
Photo : Jacques Nadeau
Diane Heffernan, coordonnatrice du Réseau des lesbiennes du Québec, et Diane Bordeleau participaient hier à une conférence de presse sur la sensibilisation à l’homosexualité dans les centres d’accueil du Québec.
L'homosexualité demeure un grand tabou dans les résidences pour personnes âgées. Et le ministère responsable des Aînés au Québec a décidé de les aider à briser le silence.

Un homme âgé n'ose pas poser la photographie de son conjoint sur sa table de chevet, par crainte du jugement de ses pairs. Une femme maquille son passé de lesbienne lorsqu'elle doit partager son repas avec les autres usagers du centre d'accueil où elle vit. Par peur de l'ostracisme ou du harcèlement, les aînés vivant en résidences pour personnes âgées cachent leur homosexualité, ce qui fait d'eux une population vulnérable à l'isolement.

C'est la conclusion à laquelle sont venus deux organismes de soutien aux homosexuels, Gai Écoute et le Réseau des lesbiennes du Québec, au moment de remettre leurs mémoires respectifs à la commission des aînés tenue en 2008.

Dans les faits, le tabou entourant l'homosexualité est tel que les deux organismes n'ont réussi à trouver aucun homosexuel avoué dans les centres d'hébergement pour personnes âgées du Québec. Lorsque le Réseau des lesbiennes du Québec a tenté d'organiser la diffusion d'une vidéo sur le mouvement de sensibilisation à la condition lesbienne dans ces centres d'hébergement, certaines personnes ayant assisté à la diffusion de la vidéo ont été ensuite étiquetées d'homosexuelles et harcelées par des membres de leur milieu. «Le curé avait dit aux résident(e)s de ne pas venir», souligne Diane Heffernan, coordonnatrice du Réseau des lesbiennes du Québec. Et aucun de ces centres d'hébergement n'a accepté d'accueillir la conférence de presse que la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, donnait hier sur la question.

Le ministère voulait tenir l'événement dans un milieu où il y aurait des personnes âgées, expliquait hier la ministre Blais, qui donnait sa conférence au centre Saint-Pierre à Montréal, mais les centres ont décliné l'invitation les uns après les autres, de peur d'être considérés comme étant des centres d'hébergement spécialisés dans les services aux homosexuels.

Dans l'ensemble des services réservés aux personnes âgées, qu'il s'agisse de la Fédération de l'âge d'or du Québec, des centres d'accueil, des facultés de gériatrie ou de l'université du troisième âge, il n'est jamais question d'homosexualité, déplore Laurent McCutcheon, président de Gai Écoute. Pourtant, on estime qu'environ 10 % de la population, tous âges confondus, est homosexuelle.

On sait que l'homosexualité n'a été légalisée au Canada qu'en 1969. La génération actuelle des aînés est donc sans doute encore stigmatisée par cette censure. Aujourd'hui, précise la ministre Blais, ce sont les baby-boomers qui vieillissent. Ils ont vécu dans une société largement libérée de ses tabous et veulent vieillir de la même façon.

De l'aide

Pour répondre aux préoccupations des deux organismes, la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, a annoncé hier le versement de deux enveloppes destinées à la promotion des projets de sensibilisation du personnel soignant à la réalité des aînés homosexuels. Gai Écoute recevra 400 000 $ sur quatre ans pour produire une trousse d'information sur la question destinée aux intervenants du réseau d'hébergement, de la santé, des soins à domicile, du milieu communautaire et aux aidants naturels. Les membres de l'organisme doivent également monter un site Internet «spécialisé sur la question du vieillissement des personnes aînées lesbiennes, gaies, bisexuelles et transgenres». Ces initiatives font partie du projet Pour que vieillir soit gai, visant la démystification de l'homosexualité chez les personnes âgées. Le regroupement des lesbiennes du Québec recevra pour sa part 120 000 $ sur trois ans pour diffuser et animer la vidéo intitulée Portraits de lesbiennes aînées, mettant en scène les expériences respectives de lesbiennes assumées.






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  • Bernard Gervais
    Abonné
    lundi 4 mai 2009 01h52
    La solution : créer des résidences pour les aîné(e)s gais et lesbiennes
    Les tabous contre les gais et lesbiennes sont encore trop forts dans les foyers pour personnes âgées.

    Par conséquent, il est préférable de créer des résidences spécialement pour les aînés de cette communauté. D'ailleurs, il me semble avoir lu quelque part qu'il y en a déjà une à Montréal.

  • jacques noel
    Inscrit
    lundi 4 mai 2009 07h06
    Est-ce que les vieux dans les C.A. ont l'Internet?
    "Les membres de l'organisme doivent également monter un site Internet «spécialisé sur la question du vieillissement des personnes aînées lesbiennes, gaies, bisexuelles et transgenres"

  • jacques noel
    Inscrit
    lundi 4 mai 2009 07h12
    Paolo Noel ne connait même pas le mot Homophobe
    Hier, à TLMP, Paolo Noel, 80 ans, ne connaissait même pas le mot homophobe! C'est dire à quel point le lobby en charrie un coup sur l'homophobie des vieux!

  • Pierre Marcotte
    Inscrit
    lundi 4 mai 2009 09h01
    Un problème qui se règlera tout seul
    Il y a 40 ans, l'homosexualité était un péché mortel. Aujourd'hui, malgré quelques réticences mal placées, les gais et lesbiennes sont consdérés comme étant "normaux" (autant que les hétéros peuvent l'être, en tout cas). Je ne crois pas que de construire des foyers gais et lesbiens soit la solution, s'ils se disent victimes de solitude. L'idée est de les faire socialiser, pas les ségrégationner. Les jeunes adultes d'aujourd'hui qui auront besoin d'un foyer dans 20-30 ans n'auront pas ces problèmes-là. À cette époque, l'homosexualité sera devenue banale et accepté par la société en général. Ne construisez pas de ghetto pour vieux gais, mais au contraire, ouvrez les portes.

  • alain lavoie
    Inscrit
    lundi 4 mai 2009 13h14
    question d'attitude
    Dommage pour tous ces gais et lesbiennes qui se cachent, ce qui est la meilleure façon d'entretenir le tabou. Pour ma part (j'ai 62 ans) j'ai toujours affirmé ma différence : si on ne m'acceptait pas, du moins on savait. En général, plus les gens en entendent parler, plus ils se montrent tolérants.

  • Bernard Gervais
    Abonné
    lundi 4 mai 2009 14h24
    Réponse à M. Marcotte
    Vous avez sans doute raison. Compte tenu du changement des mentalités, les préjugés contre l'homosexualité, avec le temps, diminueront.

    Cependant, étant donné que la question reste encore un tabou chez un grand nombre des gens, il vaut mieux, pour l'instant, créer des résidences où les aînés gais et lesbiennes. C'est le meilleur moyen pour que ces gens se sentent vraiment à l'aise et non obligés de « retourner dans le placard » !

    En passant, il est un peu normal que des personnes ayant des affinités communes veuillent se retrouver ensemble. Au parc près de chez moi, par exemple, un club de loisirs a été fondé spécialement pour les aînés de la communauté italienne afin que ceux-ci puissent se rencontrer et parler leur langue.

    Par ailleurs, les aînés de la communauté chinoise de Montréal vivent-ils isolés les uns des autres ? Non, on les retrouve souvent ensemble en train de bavarder dans le Quartier chinois ou au Complexe Guy-Favreau, à deux pas de là !

  • Raymond Savard
    Inscrit
    lundi 4 mai 2009 23h30
    Non aux ghettos !
    Je m'élève contre l'idée de monsieur Gervais d'ouvrir des centres d'accueil dits gais au Québec.Je ne puis supporter les ghettos. Il y en a trop au Québec. Je n'ai pas l'habitude, passez-moi l'expression, de porter ma queue comme un drapeau ! Que monsieur Gervais fasse confiance à la compréhension et à l'intelligence des Québécois et il ne pensera plus aux ghettos homosexuels.

  • André Gagnon
    Inscrit
    mardi 5 mai 2009 09h23
    Le déni de l'évidence
    En lisant ces commentaires, je suis fasciné par le déni de l'évidence qui s'en dégage. À les lire, l'homophobie disparaîtra d'elle-même. Nous n'avons, nous, homosexuels, citoyens théoriquement égaux en droits, qu'à supporter les préjugés et la discrimination jusqu'à la fin des jours des homophobes.
    Mais quand on regarde l'actualité, on se rend compte que même chez les enfants des écoles primaires et secondaires, on ostracise encore les jeunes qui pourraient peut-être devenir gais ou lesbiennes (ne parlons pas des transgenres!). Doit-on rappeler l'affaire David Fortin? Alors on en a pour longtemps à attendre de pouvoir vivre et vieillir dans la dignité!
    L'initiative du gouvernement qui laisse à des organismes communautaires de régler le problème d'isolement, n'est qu'une initiative encore bien timide. Il est de sa responsabilité, pas de celles des organismes gais et lesbiens, de s'assurer que nos droits soient respectés, est-il nécessaire de le rappeler.
    Le débat sur les résidences pour gais ou lesbiennes, soi-disant ghettos ou pas, est un faux-débat. Ce besoin n'existerait pas si l'homophobie (encore prêché par les grandes religions judéo-chrétiennes et islamiques) n'existait pas. C'est l'homophobie qui crée des ghettos, pas l'homosexualité.
    Il est tout à fait naturel que certains veuillent vivre avec des gens partageant leur orientation sexuelle et d'autres pas... tout comme des aînés anglophones, chinois, etc. ou autres préfèrent vivre dans des résidences anglophones, chinoises et d'autres pas.

  • Bédard Brigitte
    Inscrite
    mardi 5 mai 2009 11h21
    Encore des bidous!
    Pendant qu'on a des enfants qui crèvent de faim (littéralement), et des parents qui les assassinent, qu'on a plus d'infirmière, plus de médecin, que les écoles manquent de professionnels... on donne l'argent aux vieux gais et lesbiennes qui n'arrivent pas encore à s'assumer... Jusqu'à quand l'état devra-t-il jouer au thérapeute? C'est vrai que... électoralement parlant, les gais, c'est plus payant que les familles sur le b.s., et les personnes en détresse... Question: Pourquoi, sur les affiches publicitaires (de propagande?) les gais et lesbiennes ont-ils l'air toujours si... gais? (voir photo de M. Nadeau).. alors que dans le RÉEL, ils sont toujours en train de brailler qu'ils sont rejetés, jugés, etc.

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