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Non au «fast-food funéraire»

Des changements sociaux s'imposent, estiment les thanatologues, qui ne se sentent pas écoutés à Québec

Kathleen Lévesque   2 mars 2009  Société
Un cimetière en Gaspésie. Le deuil devrait être reconnu au Québec comme une valeur importante, estiment les thanatologues.
Photo : Jacques Nadeau
Un cimetière en Gaspésie. Le deuil devrait être reconnu au Québec comme une valeur importante, estiment les thanatologues.
Le deuil d'un proche devrait être l'occasion d'un temps d'arrêt pour le recueillement plutôt qu'un fardeau qui s'apparente souvent à un exercice de «fast-food funéraire», estiment les entrepreneurs de pompes funèbres.

Par la voix de leur corporation, les thanatologues ont donc entrepris de convaincre le gouvernement du Québec d'apporter des changements sociaux, comme la hausse du nombre de jours de congé lorsque la mort frappe, l'augmentation de la prestation de décès et l'établissement d'un registre québécois des préarrangements funéraires.

Il n'y a rien d'étonnant à ce que l'industrie de la mort s'intéresse aux vivants, affirme Nathalie Samson, directrice générale de la Corporation des thanatologues du Québec, qui rappelle que l'une de ses missions est d'«améliorer le quotidien difficile des personnes endeuillées». «On parle beaucoup depuis quelques années de conciliation travail-famille, mais on oublie que le mot famille entraîne aussi des événements de famille, et le décès en est un majeur. Comme société, on devrait peut-être reconnaître le deuil comme une valeur importante», lance-t-elle.

Depuis deux ans, la Corporation des thanatologues ambitionne de convaincre les différents ministères du bien-fondé de ses demandes qui pourraient bousculer les balises sociales en place. Celles-ci ne correspondent plus aux besoins de la population, croient les thanatologues.

Peu de congés

La Loi des normes du travail prévoit qu'un travailleur peut s'absenter une journée avec salaire et quatre autres à ses frais pour le décès de son conjoint, de son père ou de sa mère, d'un enfant ou d'un frère ou d'une soeur. Les travailleurs syndiqués bénéficient habituellement de plus de congés que ce minimum établi par l'État.

Avec peu de congés, les membres de beaucoup de familles font reporter les funérailles pour satisfaire tout le monde et, surtout, en permettre l'organisation. «Le deuil est de plus en plus escamoté, et le manque de congés n'est pas étranger à cette situation. Les thanatologues font face à des familles éclatées, reconstituées, dispersées ou de très petites familles. Un décès demande beaucoup de temps, d'énergie et parfois des déplacements. Et tout ça, avant de vivre le deuil», soutient Nathalie Samson.

Mais au gouvernement, la Corporation ne semble pas recevoir une oreille très attentive. «On a bien senti que ces dossiers, qui représentent une hausse de coûts sociaux, ne sont pas une priorité», souligne Mme Samson.

Les thanatologues proposent également que la prestation de décès de 2500 $ versée par la Régie des rentes du Québec soit augmentée afin de couvrir les frais funéraires réels. Une aide de 2500 $ ne couvre que le transport du corps, son incinération et la remise des cendres à la famille.

Seuls et non réclamés

L'aide prévue pour quelqu'un qui meurt sans avoir cotisé au régime des rentes du Québec s'établit également à 2500 $, somme à laquelle il faut retrancher la valeur des avoirs au moment du décès. Mais il y a un problème plus grave, selon Mme Samson, soit les «individus non réclamés».

Il y a un exemple patent actuellement à Montréal où le corps d'une vieille dame décédée est entreposé dans une maison funéraire. Sans enfant, la dame avait été prévoyante. Elle possède un lot payé dans un cimetière en Outaouais. Mais voilà, ses frères et soeurs, tous très âgés, sont incapables d'organiser ses funérailles et ne peuvent régler la succession puisque la dame avait un compte en banque. Sa meilleure amie a beau vouloir tout prendre en main, elle n'en a pas le droit. Résultat: la dame fait partie de la catégorie des individus non réclamés comme on en retrouve quelque 300 par année au Québec et dont la mise en terre dans une fosse commune est payée par l'État (350 $ sont prévus).

«Ça se voit de plus en plus parce qu'il y a beaucoup de gens seuls. C'est pathétique. On a vraiment une réflexion à faire comme société», estime Nathalie Samson.

Les démarches de la Corporation des thanatologues ne s'arrêtent pas là. On tente de faire reconnaître les arrangements préalables de services funéraires et de sépulture, communément appelés les préarrangements, comme un placement hors impôt au même titre qu'un REER. La Corporation évalue qu'entre 25 et 35 % des défunts de l'année dernière avaient déjà un contrat de préarrangements.

De plus, des «discussions embryonnaires» sont menées avec l'Office de protection des consommateurs afin d'établir un registre unique des arrangements funéraires pour tout le Québec. Une personne qui achèterait aujourd'hui des préarrangements aurait ainsi l'assurance qu'ils seraient utilisés le temps venu, même si ses proches ignorent tout de ce contrat ou qu'elle-même a déménagé à l'autre bout de la province. À l'Office de protection des consommateurs, on se dit intéressé.

Mais il reste beaucoup de chemin à parcourir pour amener un débat social sur les questions délicates entourant la mort, croit Mme Samson.











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  • André Michaud
    Inscrit
    lundi 2 mars 2009 08h13
    Le racket de la mort
    Pour m'être occupé de 4 successions , je peux vous affirmer que la mort est un gros racket pour vider les poches des survivants...Les coûts sont ASTRONOMIQUES, même dans les coop funéraires.

    Il serait cependant possible d'avoir une vrai concurence. Ici à Québec, une entreprise (M. Michel Gravel) peut donner les mêmes services à presque moitié prix...donc c'est faisable.

    Si cette entreprise pour 1,000$, peut aller chercher le corps, l'incinérer et vous le remettre dans une boite de carton, comment se fait-il que les autres vous chargent le double?

    On profite de la peine des gens pour les arnaquer et on joue sur leur orgeuil pour leur vider les poches....dégeulasse!

  • Gilles Desrochers
    Abonné
    lundi 2 mars 2009 09h06
    Les croque-morts
    Ils peuvent avoir une influence considrable sur les coûts,une influence déterminante. A eux d'agir. Mais c'est beaucoup demander.. quoique qu'en ces temps de récession le rapport rendement/investissement pourrait peut-être changer. Dans quel sens ? Si quelqu'un parie...qu'il le fasse dans le bon sens...autrement,à coup sur, il perdra. Gilles Desrochers

  • Yvon Bureau
    Abonné
    lundi 2 mars 2009 10h30
    Des changements sociaux s'imposent. Oui, mais...
    Les finissants de la vie vont arriver de plus en plus à leur mort beaucoup mieux préparés.
    Sauf les grands accidentés; et encore.

    Ils auront décidé bien avant et ils verront au respect de leur volontés, en mandatant des personnes fiables.

    Ce sont les corporations funéraires qui vont changer, en étant beaucoup plus humbles et au service de ces finissants de la vie et de leurs proches, et moins gourmandes $$$.

    Aux Écoles de thanatologie, les étudiants devront y penser 2 fois avant de croire que les gens vont vouloir ce que les autres voulaient auparavant. La famille voudra avoir du temps et garder le contrôle sur l'après-mort, sur le corps. À raison.

    Ils devront surtout apprendre à être des facilitateurs/animateurs auprès de familles pour préparer de belles célébrations d'hommages et d'adieux.
    Ces célébrations pourront avoir lieu quelques semaines après le décès, pour permettre aux proches de se préparer.

    Les funérailles rapides servent beaucoup trop souvent aux intérêts de la compagnie funéraire.

    Bref, que le finissant de la vie prenne en main son après-la-mort. Qu'il donne ses volontés, qu'il mandate, et qu'il unisse sa famille par le respect de ses volontés.

    OSER une fin de vie préparée !

  • Raymond Ouimet
    Inscrit
    lundi 2 mars 2009 11h05
    Étonnant
    Les thanatologues m'étonnent. Dans les années cinquante, les travailleurs n'obtenaient guère plus qu'un journée non payée pour la mort de leur conjointe, de leurs parents ou de leur enfant. Nous avons oublié.

    Si les vivants expédient rapidement les rites funéraires c'est que les coûts associés à la mort sont devenus prohibitifs. En Outaouais, j'ai été témoin, l'an dernier, d'une incinération, de l'inhumation dans une petite concession d'une urne très simple, marquée par une toute petite pierre tombale placée à plat pour le prix total de 7 000 dollars !

  • Christian Lalande
    Abonné
    lundi 2 mars 2009 11h29
    et les amis?
    On oublie les amis qui ont souvent beaucoup plus de chagrin que la famille... c'est pour cela qu'il vaut mieux y voir de son vivant!
    P.S. Je suis d'accord avec messieurs Michaud, Desrochers et Bureau.

  • Thanatologue Québec
    Inscrit
    lundi 2 mars 2009 12h05
    Une autre époque, même tourmente.
    Malheureusement, la mort demeure ce qu'elle est, et je pense restera ce qu'elle est. Cependant, au moment d'un décès nous voilà dans une tourmente. Lorsque vous téléphonés l'entreprise funéraire de votre choix (Privé, Multinational, Coopérative, Société, Regroupement). Il y'a toujours quelqu'un qui est près pour vous recevoir, à condition d'être en mesure d'assurer le paiement.

    Peu importe le type d'entreprise. Dans le passé, les abus fut nombreux. Certains types d'entreprise (Coopératives Funéraires du Québec) essaient de nous faire croire qu'ils ont d'autres missions, apparemment plus humaine, plus quoi ??? Au fond je ne sais pas trop.... Pour autant que l'argent entre....

    Pourtant, ils offrent tous les mêmes services et pas moins chère. Les contraintes pour les endeuillés sont les mêmes que dans une autre entreprise. Il s'agit selon moi d'une mésentente interne du milieu funéraire. Puisque certains groupe du milieu s'attaquent continuellement par le biais de publicité locale et provincial.

  • Thanatologue Québec
    Inscrit
    lundi 2 mars 2009 12h36
    La mort est ce qu'elle est...
    Malheureusement, la mort demeure ce qu'elle est, et je pense restera ce qu'elle est. Cependant, au moment d'un décès nous voilà dans une tourmente. Lorsque vous téléphonés l'entreprise funéraire de votre choix (Privé, Multinational, Coopérative, Société, Regroupement). Il y'a toujours quelqu'un qui est près pour vous recevoir, à condition d'être en mesure d'assurer le paiement.

    Peu importe le type d'entreprise. Dans le passé, les abus fut nombreux. Certains types d'entreprise (Coopératives Funéraires du Québec) essaient de nous faire croire qu'ils ont d'autres missions, apparemment plus humaine, plus quoi ??? Au fond je ne sais pas trop.... Pour autant que l'argent entre....

    Pourtant, ils offrent tous les mêmes services et pas moins chère. Les contraintes pour les endeuillés sont les mêmes que dans une autre entreprise. Il s'agit selon moi d'une mésentente interne du milieu funéraire. Puisque certains groupe du milieu s'attaquent continuellement par le biais de publicité locale et provincial.

  • Louis Martel
    Inscrit
    lundi 2 mars 2009 13h41
    Les Coopératives Funéraires...non mais...
    Bonjour, depuis plus de cents ans, les personnes qui perdent un proche dans la mort, sont victimes d'excès et d'abus. Depuis quelques années Les Coopératives essai de nous faire à croire : Qu'ils sont moins dispendieux... plus humains... plus flexible... bla bla bla.... Malheureusement ils ont le même profil que tout autres entreprises de services funéraires. Et non, ils ne sont pas moins cher. En plus le prix varie d'une coop à l'autre...

    Je pense, si le gouvernement veut vraiment intervenir dans le dossier. De façon à réellement aider le public. C'est de former une commission d'enquête publique et générale sur les frais funéraires au Québec. Puisque la plupart des entreprises cachent leurs frais et que c'est frais peuvent varier considérablement d'une entreprise à l'autre. Après autant d'années il est temps que la lumière soit faite et que justice soit rendue.

    C'est "professionnel du deuil", s'efforcent à mettre en place, des mesures facilitent à disproportionné les coûts relier aux funérailles.

    Assez, c'est assez... Ne pensez surtout pas que les Coopératives Funéraires Québécoises sont là pour vous aider. Où pour maintenir un marcher juste et équitable. Puisque ceux-ci tirent profit tout autant que les autres... Leurs discours est différent, mais le paysage est le même....

    Monsieur Louis Martel
    Laurentides

  • Lucette Claveau
    Inscrite
    lundi 2 mars 2009 14h47
    Le rendement des ces entreprises... en dis long...
    Bonjours lecteurs et lectrices,

    Le rendement de ces entreprises m'interpelle beaucoup. Je suis au Saguenay.

    Dans mon coin de pays, une entreprise est à la réalisation d'un projet d'un peu plus de 4 millions de dollars, selon les journaux locaux. Le but du projet, réaliser un "Méga complexe funéraire" quel beau terme... Il s'Agit selon moi d'une "Méga Machine à fabriquer de l'argent"

    Réfléchiser un instant, dans le contexte de crise économique. Peu ou aucune, PME ont ce pouvoir monétaire en ces temps de crise. Imaginer le rendement de cette seule entreprise afin de financer un tel projet. Les profits doivent être d'ordre faramineux. Plusieurs entreprises, sont à fermés leurs portes dans c'est temps difficiles.

    Alors, si vous doutez encore de la l'efficience monétaire du domaine funéraire poser vous des questions ???

    Ils est donc essentiel pour eux d'optimiser leurs investissements. Ils trouvent à peu près n'importe quoi d'imaginable, afin de faire grimper la facture totale. Je trouve qu'il est diificile de valider l'exactitude des prix et d'en comprendre le sens réel auprès de ces entreprises. Les termes sont fabriqués sur mesure par eux-mêmes. Ce qui à pour effet d'engourdir davantage les gens.

    Je demande à Monsieur le Premier Ministre Jean Charest, d'intervenir dans ces pratiques barbares. Je trouve que le temps est approprié, puisque eux-mêmes en font la demande.
    Il est temps de clarifier ces pratiques et d'y mettre plus de transparence. Afin que l'exploitation diminue.

  • Claude L'Heureux
    Abonné
    lundi 2 mars 2009 16h22
    Que de cynisme
    Je peux bien croire que ces entreprises font de l'argent mais la Corporation des thanatologues soulève des questions de société entourant notre fin de vie qu'il est important de se poser et les thanatologues sont bien placés pour en parler en cherchant l'aval de... l'Office de protection des consommateurs ! La solution avancée (les pré-arrangements) par la Corporation est intéressante et respectueuse des proches du défunt et de ses... héritiers.

    La mort bien préparée coûte moins cher et est plus belle pour nous les vivants. Celà d'autant si elle était davantage Québécoise.

    Claude L'Heureux, Québec

  • Mitchel Fortin
    Inscrit
    mercredi 4 mars 2009 15h28
    Méchant forum!
    Méchant forum!


    Tout un article qui démontre bien la culture... devrais-je dire la connaissance de certains par rapport au domaine funéraire. Un article concis, juste et même optimiste pour l'avenir de notre société de valeurs. Mais à en lire les réactions écrites jusqu'à présent, ça me déconcerte. J'appellerais ça un « forum de frustrations monétaires ». À la base, l'écrit faisait état de mesures qui viseraient à aider les familles, à apporter un soutien supplémentaire, une plus-value, mais pourtant, les réactions sont à l'opposé. Oui, chaque réaction est personnelle. Je le conçois bien. La mienne risque de ne pas faire l'unanimité non plus mais je l'assume totalement !

    Tout d'abord, merci à la journaliste Kathleen Lévesque pour avoir rapporté les faits tels qu'ils le sont. Fort agréable de lire un article qui ne tient pas seulement qu'au sensationnalisme. Aussi, merci à Nathalie Samson, directrice générale de la CTQ qui prouve à la population, par son engagement, qu'il y a une réelle volonté de faire avancer les choses.

    En fait, on fait état dans cet article de plusieurs points importants, qui oui, pourraient changer le courant de bien des histoires. Les thanatologues concentrent leurs efforts afin que le gouvernement et ses différentes instances se penchent davantage sur ce qu'eux, les professionnels des services funéraires, vivent quotidiennement. Inutile de dire que pour travailler dans ce genre de milieu, il faut que ça soit une passion, un besoin d'aider et d'accompagner, d'écoute et évidemment d'utilité. Si ces gens affairés auprès des familles endeuillées multiplient leurs efforts et leurs revendications, ce n'est sûrement pas dans un seul but pécuniaire, car croyez-moi, il existe bien d'autres moyens plus efficaces et plus rapides.

    Le titre est bien choisi, car lorsque l'on parle de fast-food, on fait référence aux mauvais côtés de ce type de consommation. Obésité, problèmes de santé, calories vides. Une belle analogie aux rites et coutumes funéraires escamotés. Qui dit manque, dit problème.

    On fait état du peu de congés accordés lors d'un décès selon la Loi du travail, de la prestation de décès de 2 500 $ accordée par la Régie des rentes du Québec, d'arrangements préalables de services funéraires hors impôt, des dépouilles seules et non réclamées et d'un registre central des arrangements planifiés d'avance. Certaines personnes ont réagi. J'y vais selon...

    Les commentaires déjà transmis me portent à réfléchir. On propose des choses pour l'avancement, mais les gens en ressortent du négatif, sauf quelques personnes. Premier point. La prestation de décès de la RRQ de 2 500 $. Les thanatologues proposent que la prestation soit augmentée. Certains y verront une volonté de vouloir encaisser davantage tandis que d'autres percevront la juste rétribution d'une cotisation de toute une vie. Est-ce trop demander pour une personne qui a contribué durant sa vie active au régime de recevoir en fin de compte plus qu'un maigre 2 500 $ ? Ça représente combien d'années de cotisation ?! Pas tant que ça vous conviendrez. Rappelons aussi que la prestation est versée au nom de la personne qui acquitte les frais funéraires ou au nom de la succession. Qui en bénéficie en fin de compte? Les survivants qui pourront en disposer comme bon leur semble, soit en gardant l'argent pour leur propre besoin ou en choisissant certaines options de valeur supérieure pour les funérailles. Tout est une question de choix.

    Un certain monsieur parle de racket de la mort... est-ce qu'une entreprise qui offre différents services et différents biens est plus profiteuse qu'une autre ? Si ce monsieur écrit qu'après s'être occupé de 4 successions, que la mort est pour vider les poches des survivants, je crois sincèrement qu'il n'a rien compris après ces multiples expériences en planification funéraire. Il ne faut tout de même pas détenir un baccalauréat en administration pour comprendre les faits communs de toute entreprise ; les prix seront relatifs aux obligations et aux services. Une entreprise est sur le marché pour être rentable et serviable. Je m'explique. Il est clair qu'une entreprise qui possède plusieurs succursales, une flotte imposante de voitures, de nombreux employés, verra ses obligations financières plus élevées que celle qui n'a qu'un salon et quelques employés. Imaginez la charge salariale, les assurances, les frais d'entretien, etc. Donc, pas surprenant que les coûts diffèrent. À vous de faire votre choix. Prenez par exemple si je décide d'aller acheter un nouveau sofa. Mon premier magasin se trouve à être au centre-ville, chez Roche B-Bois. Le hall du magasin est majestueux, le sol couvert de marbre, un foyer réchauffe l'entrée... tandis qu'en allant trouver un sofa « similaire » chez Brick, pensez-vous réellement que le prix payé pour le sofa m'embarquera dans un « racket » ou le prix demandé justifiera la raison ?! Ce même monsieur parle d'aller chercher le corps, l'incinérer et le « remettre » dans une boite de carton pour 1 000 $ et ajoute que les thanatologues profitent de la peine des gens pour arnaquer et jouer sur leur orgueil... peut-on m'expliquer où se trouve l'orgueil avec le carton ??? N'ai-je pas déjà entendu quelque part qu'une personne qui cherche à s'informer est signe d'intelligence ? Après s'être renseigné, et ce, plus d'une fois... n'aurait pas évité cette impression d'avoir été arnaqué ?!

    Un autre monsieur trouve ÉTONNANT qu'en 2009, on discute d'obtenir plus qu'une journée d'absence au travail lors du décès d'un proche. Il faisait mention que dans les années cinquante, les travailleurs n'avaient guère plus qu'une journée et qu'ils... avaient oublié. Ce que je trouve étonnant à mon tour c'est qu'en cinquante ans d'évolution (j'ose espérer !), il y ait encore des gens qui ne comprennent pas le besoin de certains, d'avoir du temps supplémentaire pour « prendre le temps ». On a tous un rythme de vie, des obligations, un rendement à donner, des contraintes. Alors il est où le mal à vouloir donner la chance aux gens de s'offrir un temps d'arrêt dans ce cycle. S'offrir quelque chose que l'on a les moyens de s'offrir car oui, il existe le 4 jours de congé mais est-ce tout le monde qui peut se le payer ?! Si je perds ma mère demain, pensez-vous qu'après une journée de congé, je vais être en forme pour revenir au travail ? D'humeur à fonctionner ? En ces temps d'incertitude économique, quel est le nombre de personnes qui peuvent prendre quatre journées à leur frais ? Et puis, on a oublié dit-on... pourtant ! Ne voulons-nous pas le contraire, se souvenir. Prendre le temps de vivre ses moments et d'enrichir nos vies de ces passages. Quand je suis sur la route et que je vois ces croix de bois qui ont été placées là où un accident a causé le décès, cela me rappelle pourtant que les gens veulent s'en souvenir encore. Que tout va trop vite mais que finalement, on ne peut oublier par manque de temps, et ce... malgré le temps.

    À la suite, certains propos concernent l'argent, les coûts. Personne n'est insensible au sujet et moi le premier. Il y a-t-il quelque chose de gratuit dans la vie ? Il y a-t-il de l'argent facilement gagné ? Chose certaine, elle est tellement vite dépensée. Mais si je fais des choix responsables et que je les assume, qui sera à blâmer ou à féliciter ? Moi. Tout est une question de choix et même lorsque cela devient une obligation, il y a toujours une partie décisionnelle. Par exemple, je n'ai pas le choix d'aller chez le dentiste, mais j'ai tout de même le dernier mot sur ce que l'on va me faire ou me mettre dans la bouche. Le salon funéraire, je n'ai pas le choix. L'argent et les émotions ne vont pas de pair mais je n'ai pas le choix, il faut « disposer ». Par contre, je choisis ce qui convient à mon budget et à mes valeurs. En toute confidence, mes parents veulent être, à leurs décès, ce que l'on appelle du « direct ». Pas d'exposition, crémation, service à l'église et c'est tout. Est-ce que j'approuve leurs choix ? Non. Est-ce que je vais les respecter ? Oui, à part entière. Selon les dires de ma mère et je cite : « Gardez l'argent pour vous, vous viendrez nous voir à l'hôpital avant l'incinération ». Ha oui... les hôpitaux nous allouent tellement de temps après le décès !!! Faut faire vite ! L'argent, si vite arrivé si vite parti. Quand je pense que je dépense 3 000 $ pour des vacances en Europe et qu'à mon retour, il ne me reste qu'une tête remplie de souvenirs, des photos et quelques bricoles, je ne peux imaginer que je ne dépenserais pas une somme similaire pour avoir le souvenir des derniers instants avec mes parents, et notre famille (et amis) réunie pour l'occasion. Sans hésitation, j'investirais la somme pour l'événement. 1 000, 2 000, 5 000 $ selon mes choix, je ferais de ce moment une occasion unique d'avoir des souvenirs qui vont me durer toute une vie. Aucun argent ne pourrait remplacer le bien-être que me procure l'entourage des miens, de mes amis, de la famille pendant ce genre de moment. Si je dépense de l'argent pour des souvenirs de voyage, je ne peux pas croire qu'il n'en serait pas autant pour les souvenirs d'un être cher. Méchante différence de valeurs ! Et d'ailleurs, l'argent qui sert à régler les frais funéraires des services et des biens que j'ai choisis provient de la prestation de décès de la RRQ et des assurances... alors elle est où la perte ? Au contraire, je me trouve gagnant.

    Finalement, il y a des divergences d'opinions sur le sujet de la mort et il y en aura encore tant que nous continuerons à mourir ! Mais chose certaine, il sera dans le mieux-être à tous de se donner les outils pour traverser cette étape de la vie. N'est-ce pas le plus beau legs que l'on peut recevoir et faire à nos descendants ? Bravo à ceux qui tentent d'améliorer nos vies, à protéger nos têtes, nos coeurs, notre santé financière, notre santé morale. Faites des choix qui vous appartiennent et qui resteront profitables pour votre mieux-être. Soyez des « consommateurs » avertis, intelligents et aidez les acteurs du changement qui veulent offrir un apport supplémentaire (journées de congé payées, prestation plus élevée, imposition diminuée, facilité...) à nous les vivants du présent. Après tout... nous n'avons rien qu'une vie à vivre !


    Mitchel Fortin, simple citoyen et thanatologue.

  • Thanatologue Québec
    Inscrit
    jeudi 5 mars 2009 12h15
    Québécoises et Québécois...
    Chère Madame Claveau, chers Messieurs Martel, Pierre, Lalande, Ouimet, Bureau, Desrochers et Michaud :

    Lorsque la mort viendra malheureusement près de vous, surtout ne téléphoner pas une entreprise de services funéraires. Cette dernière vous embarquera immanquablement dans quelque chose. Tellement, que vous ne pourriez ne pas en comprendre le sens...

    Usez plutôt d'audace et de savoir-faire. Puisque vous devrez faire vite. Premièrement, prenez immédiatement arrangement avec le centre de santé pour récupérer la personne décédée. Je doute Monsieur Bureau que le centre vous accorde un délai de quelques semaines... Avant de vous y rendre, n'oubliez pas d'enlever les sièges à l'arrière de la mini-van. Vous n'avez pas de véhicule assez long pour y allonger une personne décédée.... Pas grave, vous userez d'astuce et plierai les jambes et le cou de votre maman, papa, fille, fils ou peut-être votre conjoint, conjointe... qui sait la mort ne fait aucune distinction.... Cela vous permettra de mieux refermer la porte arrière de la voiture, une fois le corps accroupis sur la banquette arrière. Maintenant, vous avez plein contrôle sur l'après mort et surtout sur le corps. Peut-être que ce dernier est devenu votre propriété privée... Vous êtes maintenant libre d'aller là où bon vous semble. Puisque vous avez plein contrôle. Dernier conseil : un sac de couchage avec fermeture éclair pourrait être utile...

    Peut être irez vous à la maison...probablement... Alors qu'est-ce qu'on fait avec le corps... Il fait au-delà de 30 degrés ou bien il fait 30 degrés sous zéro. Nous sommes au Québec après tout.

    C'est l'été il fait chaud, alors vite creusons. Toute la famille, ce qu'il en reste du moins... Un trou de cette ampleur vous faudra au moins quelques heures... Puisque les services d'excavation serait beaucoup trop onéreux en ces temps de crise économique. Creuser... creuser.... Creuser.... Profondément..... Sinon, Fido pourrait vous faire la surprise de vous ramener un fémur humain... Où encore vous seriez témoin d'une réapparition au moment d'une inondation.

    Moche comme scénario, oubliez ça.... Le soir venu allumer dans la cour arrière un méga feu de la St-Jean.... Vous pourrez par la suite procédez à la crémation du corps dont vous avez pris possession plutôt dans la journée. Ayez un extincteur près, puisqu'il y'a interdiction de faire des feux à ciel ouvert. Et les voisins, se plaindrons sûrement d'une odeur inhabituelle....

    C'est l'hiver, aucun problème, enfermer le corps dans la remise afin que le corps gèle bien dure. Attendez tout simplement au printemps. Prenez garde au période de dégel...

    C'est fou comme la journée aura rapidement pris fin. Demain matin, c'est le retour au travail. Puisqu'il s'agissait de votre seule journée allouée par l'employeur pour vivre votre « deuil »
    Vous n'avez sûrement pas accompli le quart de vos objectifs de la journée... C'est pas grave...ainsi va la « vie »...

    Le weekend approche. Merveilleux, puisqu'il faut aller à Québec. Il faut trouver Le Directeur de l'État Civile. Quelqu'un vous a dis entre les branches qu'il faut déclarer le décès ???




    Pendant ce temps, la seul et vraie amie d'enfance, les autres amis, les autres membres de la famille, les collègues de travail, les anciens collègues, les anciens voisins, les chums du chalet... se posent milles et une question, inutile de leurs répondre, inutile de les écoutés.... Ils n'ont rien de bon à dire....

    Aussi rapidement que la mort aura frappée, aussi rapidement la vie aura repris son cours normal. Une fois encore, l'accumulation de choses non réglées, prendra le dessus de votre vie et vous guidera vers.... Je ne sais trop ou......mais certainement pas vers un monde meilleur.

    La ville elle, aura perdue encore une fois en ces temps de crise des revenues. Des travailleurs, des payeurs de taxes, des consommateurs. Comme bien d'autres, ils auront perdu leurs emplois suite à la fermeture de l'entreprise. Puisque maintenant les gens enterrent eux-mêmes les personnes décédées. Dômage, puisque le nouveau « Méga complexe » qui avait été construit rapportait beaucoup de taxes municipales.... Et qui par la suite retournait sous forme de services aux citoyens. De plus, ces derniers alimentaient d'autres commerces environnants.

    Demain matin en vous rendant chez le boulanger acheter votre pain. Méfiez-vous, puisqu'il a fort a parier qu'il essai de gagner son pain à profit. Il ambitionne sûrement à construire une nouvelle boulangerie. Son rêve : devenir la plus belle et peut-être la meilleure boulangerie en ville...
    Vos poches seront vides....mais au moins votre vente sera plein...


    Un thanatologue du Québec

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