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Recul de dix ans pour les produits du terroir

Fabien Deglise   15 janvier 2009  Société
«Je suis convaincu que le ministère veut rayer les fromages québécois au lait cru de la carte», dit un fromager.
Photo : Jacques Nadeau
«Je suis convaincu que le ministère veut rayer les fromages québécois au lait cru de la carte», dit un fromager.
Le coup a été dur. La crise de la listériose qui s'est abattue sur le milieu fromager québécois il y a près de six mois n'a pas juste entraîné la destruction hautement médiatisée de plusieurs tonnes de fromage. Elle a aussi fait reculer l'ensemble des terroirs du Québec d'environ dix ans, estiment aujourd'hui artisans et groupes de défense de la ruralité.

Et ce recul se déroule dans la plus grande indifférence du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ), pourtant responsable de la débâcle, dénoncent-ils aujourd'hui en choeur.

«L'intervention du MAPAQ [qui à la fin de l'été 2008 a ordonné la saisie et la destruction de plusieurs tonnes de fromages soupçonnés d'être contaminés à la bactérie Listeria monocytogenes] a fait mal», résume Claire Bolduc, présidente de Solidarité rurale du Québec. «Oui, le ministère a un mandat de santé publique avec lequel on ne peut pas faire de compromis. Mais la façon dont il a agi a été démesurée par rapport au danger, ajoute-t-elle. Ç'a jeté le discrédit sur les terroirs, sur l'industrie fromagère, et ça nous a fait reculer de dix ans.»

L'organisme dit recevoir depuis quelques mois des signes inquiétants en provenance des campagnes, où plusieurs producteurs pourraient être amenés à mettre la clef dans la porte dans les prochains mois. «Les consommateurs sont devenus soudainement très nerveux par rapport aux produits du terroir, estime Mme Bolduc. Cela ne touche pas seulement les fromages, d'ailleurs, mais aussi les produits carnés. Ce n'est pas très rassurant et, en février ou mars, nous allons sans doute entendre parler de disparition de produits et de fermeture d'entreprises.»

Cette crainte, Jacob Lehmann, propriétaire de la fromagerie du même nom à Hébertville, au Lac-Saint-Jean, la partage d'ailleurs. «Je ne suis plus dans l'inquiétude de voir disparaître les terroirs du Québec, je suis dans la certitude de cette disparition prochaine», a indiqué au Devoir cette semaine le producteur, qui dit encaisser difficilement le contre-coup de la crise de la listériose.

Et pour cause. Ses fromages au lait cru attisent en effet depuis la fin de l'été dernier une certaine «paranoïa» de la part du MAPAQ, dit-il, qui multiplie les inspections et bloque la mise en marché de ses produits en raison de normes «plus sévères qu'en Europe», résume l'artisan. «Je suis convaincu que le ministère veut rayer les fromages québécois au lait cru de la carte».

La situation est d'ailleurs paradoxale, selon lui, en raison d'une réalité bactérienne très simple: la bactérie Listeria monocytogenes ne se retrouve jamais dans les fromages au lait cru. Les rappels d'aliments effectués dans plusieurs fromageries du Québec l'été dernier visaient d'ailleurs des fromages composés de lait pasteurisé et «élevés» dans des environnements pourtant aseptisés, ce que les inspecteurs du MAPAQ semblent avoir oublié, ironise M. Lehmann.

«Tous ceux qui produisent des fromages au lait cru sont sur le gros nerf parce que nous ne savons pas quand tout ça va péter, poursuit-il. Nos entreprises sont en jeu. On n'en dort plus. Les inspecteurs du MAPAQ nous font vivre harcèlement et intimidation.»

Le fromager en veut pour preuve le fait qu'en 2006-07 à peine 4,7 % des toxi-infections alimentaires recensées par le gouvernement provincial ont été induites par la consommation de lait et de produits laitiers, indique un rapport du ministère. Les produits de la viande sont à l'origine de 35,7 % de ces maladies de la bouffe liées à des bactéries comme la Listeria monocytogenes. «Or, moi, je dois composer avec une inspection par semaine alors que les boucheries sont visitées une fois tous les deux ans, poursuit M. Lehmann. C'est de la folie.»

Terrible retour en arrière

Pour éviter la fermeture, le fromager avoue avoir abandonné sa production de fromages au lait cru, en décembre dernier, remplacés désormais pas des produits moins typés au lait pasteurisé. «C'est triste, mais c'était une question de survie», dit-il.

Cette décision inquiète Nancy Portelance, présidente de Plaisirs Gourmet, qui distribue plusieurs fromages artisanaux du Québec et qui voit dans ces pertes annoncées ou effectives de produits au lait cru un «important recul» pour la gastronomie régionale du Québec. «Les terroirs ont fait naître des saveurs exceptionnelles sur une courte période de temps, dit-elle. Si on devait les perdre, ce serait un terrible retour en arrière.»

L'attitude du ministère de l'Agriculture envers les terroirs du Québec est d'ailleurs difficile à comprendre pour elle, surtout à un moment où le milieu des produits régionaux essaie de remonter la pente de l'après-crise de la listériose et demeure toujours un peu fragile.

«La confiance des consommateurs et des détaillants est de retour, c'est vrai», dit Mme Portelance, qui confirme que les ventes de fin d'année n'ont pas été aussi mauvaises que ce qui avait été envisagé. «Mais il y a encore du travail. Les clients convaincus, ceux qui appuient les terroirs depuis 10 ans, ne nous ont jamais lâchés. Mais les derniers à être entrés dans le cercle des amateurs de fromages fins, eux, nous les avons perdus à cause de la crise. Or ils ont été difficiles à séduire et ils vont être difficiles à reconquérir. Et dans ce contexte, tous les acteurs des terroirs devraient unir leurs forces, y compris le MAPAQ qui doit agir pour et non pas contre les producteurs.»

Solidarité rurale du Québec le croit aussi. L'organisme a d'ailleurs fait part de ses craintes au ministre de l'Agriculture, Laurent Lessard, à la fin de l'année dernière, précise Claire Bolduc. «Quand un fromage artisanal disparaît, ça ne laisse pas juste un vide sur la tablette d'une fromagerie, dit-elle. C'est toute une communauté et le développement de la ruralité qui sont interpellés. L'enjeu est donc important et le ministre doit prendre sérieusement le parti des terroirs, avec une obligation de résultats.»

Dans la foulée de la crise de la listériose, Québec a présenté en octobre dernier un plan d'aide des fromagers et détaillants touchés. Ce plan est doté d'une enveloppe de 8,2 millions sur trois ans pour alimenter, entre autres, des prêts sans intérêt. «C'est de la foutaise, résume Jacob Lehmann. Dans le contexte, accepter les prêts du MAPAQ, c'est suicidaire, parce que de toute façon il va falloir les rembourser et, pour ça, il faut générer des revenus.»

Ironiquement, en juillet dernier, un mois avant le premier rappel de fromages soupçonnés d'être contaminés à la Listeria monocytogenes, Québec annonçait en grande pompe l'entrée en vigueur de sa nouvelle réglementation visant à stimuler le développement des fromages au lait cru au Québec. Cette modernisation entraînait entre autres l'abolition d'une contrainte d'affinage, mesure applaudie par le milieu des fromagers. À l'époque, Laurent Lessard qualifiait d'ailleurs la chose de «véritable révolution». «Nos artisans seront à même de mettre à profit leur savoir-faire reconnu pour créer une toute nouvelle génération de fromages au lait cru qui répondent aux goûts des consommateurs», disait-il à l'époque.






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  • Yvon Roy
    Abonnée
    jeudi 15 janvier 2009 00h36
    menaces
    « À 50$ le kg, il n'y a pas que la listériose qui menace les fromages fins. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    jeudi 15 janvier 2009 06h58
    Qui le cave responsable ?
    « C'est qui le patron des inspecteurs du MAPAQ qui ont fait vivre harcèlement et intimidation et fait détruire tout le fromage au Québec comme un cave paniqué ?» Est-ce qu'il travaille encore là ? Est-ce que le ministre Libéral très provincial était au courant avant la destruction sauvage et massive sans raison et/ou son sous-ministre, qui ? »

  • André Chevalier
    Abonné
    jeudi 15 janvier 2009 07h03
    La bureaucretie spectacle
    « Le MAPAQ a voulu se montrer en spectacle dans cette histoire pour montrer à la population qu'ils veille au grain. Ils l'a fait au mépris du sens commun et, en bout de compte, de sa crédibilité. C'est le cas de toute la bureaucratie gouvernementale depuis quelques années qui, tout en nous faisant accroire qu'elle le fait pour notre santé, se soucie d'abord d'éviter aux politiciens d'avoir à répondre à la panique de leurs électeurs excités par certains médias. »

  • JM
    Abonné
    jeudi 15 janvier 2009 07h24
    Le ministère de l'Agriculture est-il vraiment neutre dans tout ça?
    « Je fais partie des sceptiques qui croient que le ministère de l'Agriculture n'est pas vraiment neutre dans tout ça. Je suis enclin à penser que les méchants corporatismes de l'alimentation ont le bras assez long pour chercher à piper les dés de la politique interventionniste du ministère de l'Agriculture. Comme si la bonne fée du ministère de l'Agriculture, afin de répondre de bon aloi à des souhaits que les gros méchants corporatistes de l'alimentation lui ont fait, essaie de jeter un mauvais sort au milieu des fromages artisanaux.


    Bref, le ministère a un mandat de santé publique et il veut peut-être le faire passer ailleurs que par les produits des terroirs et de la solidarité rurale. Le ministère et ses fonctionnaires obéissants, dans leur tour de Babel, se pètent les bretelles en disant d'un ton guindé aux gens des terroirs: "Hey! la gang d'hurluberlus, on est en ville icitte!" Le plus contradictoire, c'est que parmi ces mêmes fonctionnaires, certains sont des amateurs qui apprécient les saveurs de ces produits des terroirs qu'ils cherchent à condamner.


    Jacques Morissette (Montréal) »

  • André Michaud
    Inscrit
    jeudi 15 janvier 2009 08h31
    Dans la bureaucratie publique , JAMAIS de responsable...!!!!
    « Les bureaucrates dirigeant les ministères (sous-ministres) et ayant leur poste plus par politique que par compétence camouflent systématiquement les gaffes qui dilapident les fonds publics et nuisent aux services aux citoyens...AUCUNE TRANSPARENCE!!! JAMAIS DE RESPONSABLE!!!!

    C'est ça l'administration PUBLIQUE, qui s'en fout car elle n'a pas de compétition et les citoyens sont donc prisonnier de l'incompétence crasse!! Vivement la privatisation!

    Autre exemple, un abris bus à Québec qui a pris 9 mois pour le construire et a couté 400,000$, alors qu'une maison coûte la moitié du prix et est construite en quelques semaines!! Un animateur radio questionnait ce matin le responsable du RTC (réseau transport de la capitale) qui refusait systématiquement de non seulement blâmer quelqu'un mais de donner les noms des responsables...AUCUNE TRANSPARENCE!!

    Les administrateurs publics sont non seulement incompétents mais ils protègent d'autres incompétents et après on se surprends de la piètre qualité de services.Les administrateurs en plus se payent des bonus...au frais des citoyens!!

    Les employés de l'état n'ont pas le droit de dénoncer publiquement les incompétents, et sont suspendus si ils osent critiquer l'incompétence! C'est un employé de l'état depuis plus de 35 ans qui vous l'affirme ici! J'en ai vu des conneries administratives. Si je n'étais tenu au silence de l'Omerta Publique je pourrais vous en conter.. »

  • Cécilien Pelchat
    Abonné
    jeudi 15 janvier 2009 08h35
    À M.Gilles Bouquet... C.Pelchat....tahcl@axion.ca
    « Mon cher Gilles,ta question contient la réponse. Dans la fonction publique en général et au Québec aussi.il ne faut pas poser cette question qui n'est pas oiseuse,mais bien essentielle;pourtant,il ne peut y avoir de réponse,car...ces gens ne sont pas responsables,i.e.ils sont irresponsables.
    Maintenant,qui ou quoi en ont fait des irresponsables ? Il faudrait une étude faite par des fonctionnaires...
    C.Pelchat
    Lac-Mégantic »

  • Bernard Gervais
    Abonné
    jeudi 15 janvier 2009 08h47
    L'attitude plutôt étrange du ministère de l'Agriculture dans ce dossier
    « Pas de doute que la couverture presque hystérique de la crise de la listériose par les médias - pas Le Devoir - ait incité le Gouvernement à agir de façon drastique pour résoudre ce problème.

    Cependant, comme M. Jacques Morisette, je m'interroge. Les mesures démesurées prises par le ministère de l'Agriculture contre les petits producteurs de fromages du terroir et l'indifférence que celui-ci affiche maintenant à leur égard me laissent songeur. Le Gouvernement se serait-il fait acheter par les grandes entreprises alimentaires dans ce dossier ? »

  • Michel Samson
    Abonné
    jeudi 15 janvier 2009 09h49
    Irresponsables bureaucrétins...
    « Si le MAPAQ, pour faire la démonstration qu'il n'a pas les deux pieds dans la même bottine lorsque la santé publique est menacée d'une listériose appréhendée ou de toute autre danger, peut se permettre de poser des actions aussi ridicules et radicales que celles auxquelles nous avons été témoins à l'égard des fromagers du Québec, il devrait aussi en contrepartie prévoir des moyens permettant aux intimés de contester ses actions et de compenser ces gestes intempestifs qui mettent en péril toute une industrie québécoise remarquablement productive.

    Le gouvernement Charest s'en est lavé les mains après les saccages du MAPAQ et a mis le temps avant de promettre une aide aux fromagers qui risquaient la faillite à la suite de ces exactions bureaucratiques.

    Les actions du MAPAQ aurait mérité qu'une Commission d'enquête vienne fouiller la logique, les motifs et les moyens mis en place par ses fonctionnaires dans cette crise qu'il a créée bien inutilement, causant des pertes telles qu'on en est encore à se demander comment l'industrie québécoise du fromage affiné réussira à survivre à des comportements administratifs aussi extrêmes. L'arbitraire ne devrait pas être une attitude acceptable pour un service public, quelqu'il soit. »

  • réal rodrigue
    Inscrit
    jeudi 15 janvier 2009 10h21
    Une gouvernance anti-citoyenne
    « Chaque fois que nous allons au lac St-Jean, nous passons à la fromagerie de M.Lehman. Nous n'avons cessé d'apprécier ses produits absolument remarquables. Or, le témoignage qu'il donne des officiers du Ministère m'attriste profondément. Une seule conclusion s'impose: par incompétence ou par obéissance à une directive injustifiable, notre gouvernement sabote une entreprise exceptionnelle. Plus généralement, on doit le soupçonner d'agir pour d'autres intérêts que ceux des citoyens et citoyennes du Québec. Dire que le « bon peuple » a reporté au pouvoir une pareille équipe dirigée par l'inénarrable M.Charest.
    Réal Rodrigue
    montagneux@distributel.net »

  • jean-marie francoeur
    Inscrit
    jeudi 15 janvier 2009 11h00
    Recours collectif
    « Les artisans victimes du Mapaq devraient le poursuivre. C'est la meilleure solution. Rien ne prouve que ces fonctionnaires ne vont pas recommencer dès la prochaine occasion. Cette opération a été bâclée. En plus de détruire des aliments sains, ils ont miné la confiance du public. Leur panique n'était pas justifiée. De plus, en détruisant les fromages, ils ont raté une belle occasion de se faire une idée nette de la propagation de la listériose. Si on les avait analysés, on aurait eu une vision précise du tableau, donc on aurait été mieux informés en cas de récidive. Mais non. Tout a été détruit. Seul un recours collectif pourrait modérer l'intempestivité du Mapaq.

    Jean-Marie Francoeur »

  • Pierrette Hudon
    Abonnée
    jeudi 15 janvier 2009 11h41
    Les gens du MApaq.......
    « Pas besoin d'être super intelligant pour constater que le gouvernemt à l'intention de nous faire manger du KRAFT....."yeurk".......et du Saputo souvent pas mieux que l'autre.....De quoi est fière de notre ruralité.....! ! !
    Le lobbying au Québec est plus fort que tout.....et dans tout. Et nous allons encore voter...??? justement M.Charest à été élu parceque nous avons votés à 50% et cela MONSIEUR la sait très bien »

  • Marie Francine Bienvenue
    Abonnée
    jeudi 15 janvier 2009 12h01
    Merci M. Deglise
    « Le gouvernement libéral n'a pas d'excuses, il aurait dû dédommager complètemeent + une campagne publicitaire dénonçant l'ampleur de 'l'erreur'. Il est évident que le gouvernement libéral a voulu délibérement tuer ces petits concurrents des gros fromagers.

    C'est décougeant et épeurant: tous les secteurs de l'agriculture vivent des difficultés ET ON RééLIT MAJORITAIRE CEUX QUI TRAVAILLENT À NOUS DÉTRUIRE

    Continuez votre beau travail, les quelques journalistes intègres

    Marie Francine Bienvenue
    Québec Solidaire »

  • JM
    Abonné
    jeudi 15 janvier 2009 12h36
    Changeons la donne: Une grosse compagnie parmaceutique fait circuler un médicament à problème pour notre santé.
    « J'ai vu dans un documentaire les témoignages de trois chercheurs scientifiques au fédéral qui ont perdu leurs emplois à Santé Canada pour ne pas avoir voulu approuver un certain médicament d'une grosse compagnie pharmaceutique.

    Appelons ça du capitalisme d'entreprise. Quand les grosses compagnies sont super protégées par des intérêts gouvernementaux (apparemment pour soi-disant protéger des emplois) même si parfois c'est au détriment de notre santé. Des aberrations et des contradictions, en voulez-vous, il y en a plein dans notre société.

    Jacques Morissette (Montréal) »

  • Brun Bernard
    Inscrit
    jeudi 15 janvier 2009 15h07
    @Jacques Morissette
    « Mon pauvre monsieur, vous vous faites berner par la propagande jounalistique et vous ne savez rien des régulations pharmaceutiques. Informez-vous mieux, ça ira mieux aussi. »

  • Jeanne Desaulniers
    Inscrite
    jeudi 15 janvier 2009 23h43
    Sauvegardons nos fromagers fermiers!
    « Je suis évidemment scandalisée de la brutalité avec laquelle les représentants du MAPAQ ont réagi face à la crise de la listériose. Il est impossible que du jour au lendemain cette dangereuse infection soit apparue sans donner de signes précurseurs. Il y avait sûrement un laisser-aller de la part du ministère qui a été ravalé par d'autres. Ceux qui ont payé ont été les pauvres fromagers fermiers pour qui j'ai tellement de respect. Je me sens mortifiée de la façon dont ils ont été traités et je voudrais qu'ils aient de l'aide pour se réhabiliter face à leur profession et leur estime de soi.

    J'ai été une fromagère fermière du début au Québec et je suis très ébranlée et compatissante avec mes amis fromagers fermiers que j'encourage toujours. »

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