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La hiérarchie du malheur

Gil Courtemanche   27 décembre 2008  Société
Les difficultés, les crises et les malheurs rendent bien souvent aveugles. On ne perçoit que sa douleur, ses problèmes. On se referme sur soi et on marche le regard bas fixant le trottoir, étranger à tout ce qui nous entoure. Cela est vrai pour l'enfant, pour l'adulte, pour les groupes et les pays.

Rappelez-vous enfant comment la plus petite écorchure du genou devenait le plus grand malheur de votre vie. Nul réconfort de la mère ou du père ne parvenait à relativiser la douleur. L'enfant blessé était le plus malheureux des êtres humains et personne ne pouvait le convaincre du contraire. Il semble qu'il existe une sorte de hiérarchie du malheur dont l'échelon suprême est soi.

L'amoureux éconduit, le travailleur licencié voit difficilement ou évite l'itinérant qui dormira dehors. Ils sont installés dans leur malheur, dans leur crise existentielle, même s'ils dormiront au chaud, un peu plus pauvre, beaucoup plus triste, certes, mais au chaud quand même. Ils ne regardent pas et conservent leurs pièces de monnaie comme si elles pourraient leur procurer le bonheur qui leur échappe.

Les classes sociales adoptent le même comportement. En temps de crise comme aujourd'hui, pour maintenir leur niveau supérieur de vie, elles rechignent contre l'aide sociale, vilipendent les assistés sociaux, se plaignent des étrangers et des fonctionnaires paresseux. Elles transfèrent leur malheur sur les autres. Les entreprises et les gouvernements qui font face à des difficultés font de même. C'est l'inutile et le superflu qui feront les frais de leur malheur. On coupe en rase motte, des petites choses qui ne coûtent pas beaucoup mais qui paraissent luxueuses. La culture par exemple, l'aide à l'étranger, en un autre temps, les prestations d'assurance-emploi, comme si transférer son malheur sur plus petit que soi, sur plus malheureux que soi, allégeait la douleur.

La communauté internationale, qui en fait est la communauté des pays riches et un peu riches, n'échappe pas à cet aveuglement et à ce retournement sur soi que provoquent le malheur et la difficulté.

Nos pays sont en état de choc, quasiment tétanisés par l'ampleur du désastre financier qu'ils ont eux-mêmes provoqué par laxisme, insouciance et foi absurde dans le pouvoir autorégulateur du marché.

Alors, on sort la pompe à billets pour relancer l'économie qu'on a mise à mort. On fait la respiration artificielle à un cadavre financier qui est pourtant encore bien portant si on le compare aux itinérants et aux démunis de la planète. Dans cette course à la reconstruction de la planète financière, ce sont les plus dépourvus et les plus démunis qu'on laisse à leur sort misérable en attendant que chez nous les choses s'améliorent. Le monde riche, englué dans son infortune, ne se préoccupe plus des laissés-pour-compte de la planète. Non pas qu'il s'en occupait beaucoup avant, mais maintenant, c'est la dèche. Nada.

***

Certes, notre malheur est grand et dans les familles la crise provoque des difficultés souvent tragiques, les pays font face à de douloureuses restructurations, mais nous demeurons dans le domaine du gérable et du vivable. L'Occident continue à vivre, même s'il se sert la ceinture. Ce n'est pas le cas pour beaucoup de pays qui, crise oblige, ont disparu plus ou moins des préoccupations des pays riches.

La Somalie, dirait-on, semble avoir été classée dans la colonne des pertes irrécupérables. On lutte contre la piraterie qui fait parfois les manchettes, mais rien n'est tenté contre l'anarchie et la pauvreté qui transforment les pêcheurs en pirates. Objet de tous les ressentiments l'été dernier, Robert Mugabe laisse son pays pourrir de la famine et du choléra. Nous laissons faire, tout occupés que nous sommes à sauver l'industrie automobile ou les prêteurs d'hypothèques douteuses. Je ne dis pas qu'il ne faut pas le faire, j'essaie seulement de dire que notre malheur n'est pas si grand et qu'il ne nous affranchit pas de notre devoir de justice, ni de nos engagements.

L'Europe s'était engagée à envoyer une force armée pour stabiliser la situation en République démocratique du Congo, qui depuis une dizaine d'années est une sorte de génocide permanent. On attend toujours. Ils attendent toujours. Les Congolais sont un peu comme l'itinérant que l'homme triste ignore. L'homme triste, c'est nous, obnubilés que nous sommes par nos problèmes de richesse incertaine et fragile. Cinq millions de morts depuis vingt ans, des millions de déplacés, des tueries atroces, le viol comme arme systématique, les enfants soldats, toute la panoplie de l'horreur. Une horreur qui ne dérange pas les grandes entreprises, dont beaucoup sont canadiennes, qui s'enrichissent de l'or, des diamants, du coltan, ce métal inconnu qui fait fonctionner les téléphones portables. Voilà bien une façon de lutter contre la crise chez nous: se nourrir de la misère des autres.

Depuis deux mois, la reprise des affrontements entre le Congrès pour la défense nationale du peuple de Laurent Nkunda et les forces gouvernementales de la RDC a fait plus de 300 000 déplacés. Le Rwanda, protégé des Américains et des Britanniques, attise et alimente la rébellion. Mais quand on passe nuit et jour à sauver des banquiers que l'appât du gain a mené à la faillite, quand on entend la grogne des petits épargnants, comment s'inquiéter de plus malheureux que soi? Et comment peut-on penser qu'un peu d'attention pour l'autre ne nous rend pas plus pauvre ni plus malheureux?

Je vous souhaite une meilleure année que celle que j'aurai. Et si jamais je peux faire quelque chose, dites-le moi. Bonne année.






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  • Jean-Philippe Delorme
    Abonné
    samedi 27 décembre 2008 05h28
    Être informé de ce qui fait mal et le rester
    « Je persiste à me réjouir de vous lire malgré la teneur de vos propos; que je me résigne à considérer comme plutôt justes... Calvaire! Je m'engage à continuer à vous lire en 2009.

    Merci.....

    Meilleure année possible!

    Jean-Philippe Delorme »

  • Roger Lapointe
    Abonné
    samedi 27 décembre 2008 06h08
    Commentaire tout à fait juste: la consommation à outrance comme...
    « signe de prospérité. Le système capitaliste est en train de se suicider, laissons le crever car il est irrécupérable. En un mot: il a fait son temps.
    Les exemples les plus percutants de cette agonie du système, les milliards de $ dans des entreprises financières et économiques à fond perdu qui ne font que colmater momentanément la brèche sans rien stopper de l'hémorragie. Les chroniqueurs financiers en général pour ne pas dire en totalité, font semblant de ne pas constater l'ampleur du désastre.C'est triste à mourir! »

  • Lise Trottier
    Abonnée
    samedi 27 décembre 2008 08h03
    Bravo!
    « Tout à fait réaliste comme analyse, en accord à 100%, très pertinent, bien vu. »

  • Lise Trottier
    Abonnée
    samedi 27 décembre 2008 08h04
    Bravo!
    « Tout à fait réaliste comme analyse, en accord à 100%, très pertinent, bien vu. »

  • Brun Bernard
    Inscrit
    samedi 27 décembre 2008 09h13
    Grave...
    « ...nos conditions inhumaines d'existence. On croirait M Courtemnanche partir vers l'enfer total: "Je vous souhaite une meilleure année que celle que j'aurai." Il sait par avance qu'elle lui sera terrible: Récession, morts, guerres, génocides, banksters, racisme, nationalisme, religionisme meurtriers, bis repetita, de quoi remplir sa gamelle car on profite du malheur du monde sinon, tintin...rien. Comment allez-vous payer votre logement à Montréal s'il n'y avait plus de malheur à parler/écrire? Ne vous plaignez donc pas, soyez heureux. Cette nouvelle année sera encore très belle pour vous, vous allez nous montrer votre compassion pour les affamés/brutalisées/violés de la terre.
    "Ça va être pire qu'avant, c'est sur, vous me lirez, n'est-ce pas? je vous dirai avec mon intelligence tous les malheurs, je ne suis pas prophète mais tout de même, car je suis le seul à le savoir, à avoir de la compassion." Nous dit M Courtemanche. C'est de l'hypocrisie petite-bourgeoise bonne conscience tant haï par Flaubert. Une manières de pensée des "Assis" tant haïs par Rimbaud. Il y a comme une répétition du même qui en devient lassant. Il faut nous dire Adieu M le journaliste, ce serait plus juste puisque vous allez arrêter d'écrire pour aller aider les misérables de la terre, eux, ils ne lisent pas vos articles parce qu'ils ne savant ni lire ni écrire. Pour eux, vous ne servez à rien; pour nous, encore moins. Ce serait plus sincère, plus authentique. Bon, l'année commence mal puisqu'il y a toujours les mêmes articles dans le journal comme dans les vieux, juste à changer les dates, ça reste pareil. Faites-en l'expérience, des Courtemanche, vous allez en trouver plein dans les journaux du début du 20ième siècle jusqu'à aujourd'hui. étonnant. »

  • Fernand Turbide
    Inscrit
    samedi 27 décembre 2008 09h40
    Ce que tu peux faire...
    « Ce que tu peux faire c'est de continuer a nous senbiliser a la misère humaine par des chroniques de grande qualité, d'une grande profondeur. Ce n'est pas donné a tous d'avoir ce potentiel critique d'une telle intégrité.
    Je te souhaite la santé, une foule de petits bonheurs et je nous souhaites un grand nonbre de tes critiques qui réveillent et sensibilisent.

    Fernand Turbide »

  • JM
    Abonné
    samedi 27 décembre 2008 10h48
    Quand o nous annonce une misère, sommes-nous en fait plus portés à aider surtout ceux qui sont déjà tout en haut de la hiérarchie? Il semble que oui!
    « Au Canada et aux États-Unis, nous sommes en train de donner des milliards à des grandes entreprises, des banques et des compagnies d'assurance. Ce qui veut dire, en somme, que les gros riches dans le malheur sont les premiers à bénéficier des bateaux de sauvetage? Que dès que les ballons de leur opulence semblent un peu dégonflés, tout de suite on pompe l'air de partout où on peut pour les regonflés. Pour faire court, c'est le socialisme à l'envers...

    JM (Montréal) »

  • André-Jean Bordeleau
    Abonné
    samedi 27 décembre 2008 11h07
    Savoir et ne savoir quoi faire !
    « Monsieur Couremanche termine son texte de la façon suivante: "Et si jamais je peux faire quelque chose, dites-le moi."
    Avec toutes les informations que nous recevons via Internet, la télévision, les journaux,etc. nous arrivons tous à cette même conclusion désolante de savoir beaucoup de choses, de constater plein de dommages presque irrécupérables sur cette petite planète gérée par l'argent et le pouvoir. Nous nous rendons compte que le pouvoir de la connaissance,celui de savoir, ne nous aide pas à trouver des solutions. Nous ne sommes que toujours plus informés et désolés. Que ce soit l'environement, le gouvernement, la langue,l'économie, la guerre,etc. Nous constatons notre impuissance à faire changer les choses et les comportements des décideurs. Et comme Monsieur Courtemanche, qui lui a le pouvoir d'écrire et de sensibiliser les petits intellectuels que nous sommes, nous ne pouvons que dire nous aussi...."Et si jamais je peux faire quelque chose, dites-le moi" »

  • Raymonde Létourneau
    Abonnée
    samedi 27 décembre 2008 11h21
    note de fin en douceur...
    « Vous me surprendrez toujours ! Mais j'avoue que ce matin vous vous surpassez. Merci. »

  • Michel Leclaire
    Abonné
    samedi 27 décembre 2008 11h37
    La vie vs l'humanitée
    « J'ai ''passé'' par le congo belge en 1960, ou Patrice Lumumba a été assasiné par les intérèts financier de l'occident.J'en ai encore la révolte au coeur.J'en suis venu à 65 ans ,avec la haine de l'humanitée, a désirer profondément la disparition de mes semblables.
    Les individus ont oblitérés la MORT qui les attend.Ce qu'il ont entre les deux oreilles ne leur permet pas de prendre fait de la ''finitude'' absolus de leur pauvre existance. »

  • Luce Prévost
    Inscrite
    samedi 27 décembre 2008 12h52
    La colère
    « Merci M. Courtemanche d'être un tout petit peu en colère. On en a tellement besoin! Luce Prévost »

  • loiselet
    Abonné
    samedi 27 décembre 2008 13h33
    Heureux Noël!
    « Très bon texte, M. Courtemanche! Et faute de fêter un joyeux Noël, essayons d'en vivre un avec un peu de bonheur. Un bonheur entaché de tristesse et qui n'a rien de joyeux. Nous sommes vraiment, nous terriens, de bonnes poires à qui l'on a passé plus d'un sapin. Les deux pieds en enfer, le ciel nous est acquis! »

  • François Gerin
    Inscrit
    samedi 27 décembre 2008 13h35
    Bravo
    « Bravo pour ce texte qui remet les choses en perspective.

    Je me permettrai d'y ajouter ce dialogue,lu quelque part :

    -- L'être humain est une pourriture, lance Melpomène.

    -- Oui et non. Il y a parmi vous des êtres très bons, mais ils sont rarissimes. Il existe également des êtres très mauvais, rares eux aussi, mais en nombre croissant. Les autres sont un peu bons, un peu mauvais, selon les circonstances ou leurs émotions.

    -- On ne peut pas être tous des saints, proteste Melpomène.

    -- Un saint n'est pas une personne qui n'est jamais tombée. C'est quelqu'un qui s'est toujours relevé. Votre problème, vous autres êtres humains, c'est que vous êtes dénués de raison. Vous ne fonctionnez qu'à l'instinct et n'agissez que sous le coup de l'émotion...

    Bonne année à tous.

    Pour cette nouvelle année, la devise pourrait être : « En cette année 2009, on recommence à neuf. » »

  • Nadeau Béa
    Inscrite
    samedi 27 décembre 2008 15h37
    En écrivant...vous faites ce qu'il faut
    « Un petit clin d'oeil pour votre article et vos souhaits formulés au bout de ce que je nomme une crise de solidarité ...par les mots...qui bien sûr ne guérissent pas tous les maux et malheurs planétaires. M'enfin...et à mon tour Bon début d' An neuf !!! 2009....les jeux sont faits pour l'économie sportive 2010....
    La pauvreté ....se serrer la ceinture....sans oublier de faire de nouveaux trous pour un plus petit format...à force de perdre du poids!!!! »

  • Georges Paquet
    Abonné
    dimanche 28 décembre 2008 02h53
    Ce que nous pouvons faire?... Ce que nous devons faire!
    « Pour tenter de répondre à la question de savoir ce que nous pouvons faire quand des évènements nous heurtent, quand des situations nous paraissent intolérables, je propose que chacun de nous écrive rapidement et brièvement à son député, au ministre responsable, ou même au premier ministre s'il y a lieu, pour exprimer son opinion, sa colère, son appui (si nécessaire).

    J'ai déjà entendu dire que le ministre ou le député qui reçoit une lettre (ou un courriel) sur une question importante en arrive à la conclusion que cette opinion représente aussi celle d'une centaine de citoyens qui ne se donnent pas la peine d'écrire.

    Alors, au travail.

    Ce n'est pas très dificile de trouver les adresses qui nous intéressent. Il suffit d'aller sur les sites web de nos gouvernements. Pour le gouvernement du Québec: www.gouv.qc.ca, pour le gouvernement fédéral: www.gc.ca On y trouve ensuite tous les noms de ministères, des ministres et des députés.

    Pour rejoindre directement le ministère des Affaires étrangères: www.international.gc.ca

    Pour écrire à un député, on peut trouver son nom et son adress dans les sites des gouvernements, mais on peu généralement trouver son adresse de courriel en inscrivant son nom dans le rectangle de Google qui se trouve généralement en haut à droite de notre écran. On peut le trouver également sur le site de l'Assemblé nationale: www.assnat.qc.ca Pour un député au fédéral: www.parl.gc.ca

    Voilà. Le plus difficile, maintenant c'est de se décider. Vous souvenez-vous des paroles de la chanson popularisée par Robert Charlebois, mais écrites par Pierre Bourgault, "Entre deux joints... tu pourrais te bouger..." Alors on sait ce qu'il nous reste à faire. Moi le premier, bien sûr. »

  • Jean-Philippe Delorme
    Abonné
    dimanche 28 décembre 2008 03h50
    @ M. Brun
    « Quel MISÉRABLE plaidoyer! Quel cynisme! Ça fait peine à voir. »

  • Louise Brunet-Gagnon
    Abonné
    dimanche 28 décembre 2008 07h56
    Merci encore...
    « de nous remettre les choses en perspective .Bien sûr j'ai de plus en plus de difficultés à croire que comme lorsque j'avais vingt ans ,on puisse refaire le monde ,mais votre façon de nous sensibiliser face à cet égocentrisme planétaire des classes aisées vs les plus démunies et les plus abusés par ce système de capitalisme à outrance qui est en train de se ridiculiser de plus en plus et peut-être finalement de s,auto-détruire ,me donne tout de même à réfléchir ... Le journaliste lucide ,honnête et sensible que vous êtes ,en fait déjà beaucoup pour nous lecteurs ...Merci ! »

  • Roland Berger
    Abonné
    dimanche 28 décembre 2008 09h07
    La gauche au cachot
    « À lire monsieur Brun Bernard on pourrait conclure que les intellectuels de gauche doivent aussi se taire, pour laisser toute la parole aux médias contrôlés par les néolibéraux. Triste critique !
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • Marie LAMOUREUX
    Inscrite
    dimanche 28 décembre 2008 09h34
    Vous nous demandez ce que vous pouvez faire pour nous
    « Je vous en prie, monsieur Courtemanche, continuez ces chroniques de vérité. La vôtre j'en conviens, mais combien éclairante. Vous, l'empêcheur de tourner en rond, avez ce regard sur le monde qui dit l'indicible. Vous nous rappelez ce qu'on amerait bien oublier, remettez en contexte la relativité de notre malheur/bonheur.
    Que cette année soit bonne pour vous. Par vos écrits de conscience, vous réajustez notre regard sur cette folle planète.
    Merci
    Marie Lamoureux »

  • Élodie Gagné
    Abonné
    dimanche 28 décembre 2008 10h25
    Mille BRAVOS
    « »

  • Élodie Gagné
    Abonné
    dimanche 28 décembre 2008 10h34
    De nouveau : un grand merci
    « Un grand merci pour si bien exprimer et votre colère et la mienne. Sans doute, celle de millier d'autres ! Mais je ne sens pas votre colère comme petite, comme le dit Luce Prévost, mais comme immense, sans fond, désespérante comme la mienne. Comme vous le dîtes, ce n'est pas nous qui souffrirons le plus,(bien que je pense que nous allons y gouter...) mais bien ces gens qui n'ont déjà presque rien et qui perdront ce que représente de "presque". Espérons que Obama saura inspirer le monde entier et provoquer un retour à la conscience de l'autre. »

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    dimanche 28 décembre 2008 11h22
    Admirable.....
    « La terre est peuplée de bonnes intentions et nos chroniqueurs n'y échappent pas d'autant que ça ne coûte rien. C'est facile de dénoncer ce qu'on ne peut corriger. La misère existe partout depuis des millénaires et rien jusqu'à ce jour n'a réussi à l'endiguer.

    Ce sont les journalistes et les chroniqueurs qui nous servent maintenant les sermons antérieurement dispensés par les curés, du haut de leur chaire, à la messe du dimanche.

    Ces derniers devraient se concentrer plutôt sur ce qui se passe actuellement en Palestine et dénoncer, s'ils en ont le courage, l'extermination systématique du peuple palestinien pratiquée par Israel, sous le couvert de la légitimité....

    Ce qui est légitime pour eux, ne l'est pas nécessairement pour les autres comme, par exemple, accepter de se faire voler son pays sans réagir. »

  • Sophie Chauvineau
    Inscrite
    dimanche 28 décembre 2008 12h18
    Qui a raison qui a tort?
    « Je viens de terminer l'article de votre collègue, Monique Durand, qui écrit aujourd'hui ce qui suit:

    ''Radegonde avance avec l'impression de vivre des moments historiques. Car le Rwanda change à vue d'oeil, en train de faire peau neuve et de devenir le chouchou des bailleurs de fonds internationaux qui admirent le volontarisme de son président Paul Kagamé.

    Celui-ci a décidé de faire avancer son pays à marche forcée s'il le faut. C'est lui qui a exhorté son peuple à porter des chaussures et des vêtements propres! C'est son gouvernement qui a décrété une journée par mois de grand ménage: sous peine d'amende, les citoyens sont donc tenus ce jour-là de nettoyer routes, écoles et lieux publics. C'est encore sous sa férule qu'ont été adoptées des mesures sociales parmi les plus progressistes en Afrique. Haro sur la polygamie, les mariages précoces et les familles nombreuses''

    SVP éclairez-nous.
    Merci
    Sophie »

  • Gerry Pagé
    Inscrit
    dimanche 28 décembre 2008 18h30
    Les malheurs du banditisme monarchiste.
    « C'est dans la plus déshonorante des «noblesses empruntées et astiquées» qu'accueillent les loggias des titans d'une bourgeoisie crasse et abjecte, ignoble et infâme, que LES BANDITS DE LA MONDIALISATION, CES COSTUMÉS, LÉCHÉS ET CRAVATÉS MONARQUES DE L'ESCROQUERIE, portent très haut les fanions de leur immunité et de leur impunité. Si j'avais à définir LE BANDITISME INTERNATIONAL ET/OU NATIONAL, j'emprunterais, avec quelques ajouts, votre paragraphe :

    « NOS PAYS SONT (DANS UN) ÉTAT DE CHOC (ORCHESTRÉ), QUASIMENT TÉTANISÉS PAR L'AMPLEUR DU DÉSASTRE FINANCIER QUE (LEURS DIRIGEANTS ET MÉGALOMANIAQUES HOMMES DE MAIN) ONT EUX-MÊMES (CONCOCTÉ ET), PROVOQUÉ PAR LAXISME, INSOUCIANCE ET FOI ABSURDE DANS LES POUVOIRS AUTORÉGULATEURS (CONSTRICTEURS ET STRANGULATOIRES) DU (PLUS MAFIEUX DES) MARCHÉS. »

    En passant « ceux » du Québec comme « ceux » du Canada n'y échappent pas et leur apparent angélisme ainsi que leur puriste jactance, en cette période des «sapins» qu'ils nous passent quotidiennement, sont des trompe-l'oeil et asticots de farfadets ...

    Ce sont les sangs de ces bandits à cravates, les nôtres en tout premier lieu, que votre lucidité et votre souci d'intégrité devraient glacer. Mais non ! Les obus de l'honnêteté et de l'intégrité ajoutés aux roquettes de l'honorabilité et de la respectabilité de vos attaques n'atteindront jamais les remparts des rapaces de la corruption systémique, terrés dans leurs caches.

    Bravo pour votre franc-parler et merci de tenter, par vos justes et courageux constats, d'assainir l'air de notre vitalité et de notre vivacité, qui se raréfie, jour après jour.

    Pour 2009 que je vous souhaite sous le signe de la santé, faites bonnes provisions, puisque votre encrier risque de se vider.

    Gerry Pagé
    Ville de Québec »

  • Brun Bernard
    Inscrit
    lundi 29 décembre 2008 11h35
    @Jean-Philippe Delorme
    « Ce n'est pas moi qui est cynique, c'est l'époque et leur médiacres de la presse qui répète sans cesse la même chose. Si vous aimez la "bonne conscience" celle qui donne illusion qu'on agit, c'est votre choix. Le monde actuel est le reflet du cynisme et du m'en foutisme généralisés alors il faut dire, crier, hurler, cyniquement oui cyniquement depuis les Grecs, que tout ça n'est qu'une réelle mascarade. "Avoir pitié" c'est déjà cynique alors? Seulement pitié en mangeant tranquillement dans son salon de la bonne bouffe chère et ceci en regardant ou lisant des journaux télévisés ou papierisés, c'est pas cynique ça? Ne vous inquiétez pas, vous allez lire plein d'articles estampillés "bonne conscience", vous serez content, continuez à lire les journaux. »

  • Bernard Brun
    Inscrit
    lundi 29 décembre 2008 14h25
    À un autre Bernard Brun
    « À un autre Bernard Brun.

    Cher homonyme,

    Heureusement que l'homonymie n'implique pas l'identité de vues, car si votre opinion au sujet de la chronique de Gil Courtemanche a le mérite d'être formulée avec franchise, elle ne contient que des propos désolants, méchants et même incohérents dont le seul but consiste à faire un procès d'intention à un chroniqueur qui a le coeur et le courage de dénoncer une réalité que nous oublions trop souvent.

    Ayez par ailleurs la gentillesse de vous abstenir de citer des auteurs tels que Flaubert et Rimbaud qui doivent se retourner dans leur tombe tant vous les évoquez à mauvais escient, et détrompez-vous, il y a beaucoup de misérables dans le monde qui savent lire et écrire.

    Bernard Brun
    <bernard@brun.com> »

  • Brun Bernard
    Inscrit
    mardi 30 décembre 2008 17h03
    @ bernard@brun.com
    « Que veut dire « ...le courage de dénoncer une réalité que nous oublions trop souvent » dans notre contexte occidental? Les camps chinois, russes, Guantanamo? Avoir du courage alors que notre journaliste aura gentiment sa retraite lorsqu'elle sonnera. Il y a un totalitarisme médiatique apparu pendant la Première guerre mondiale, quand la presse des nations combattantes est devenue une arme psychologique. Depuis, à la différence de tous les autres secteurs de l'industrie militaire, la presse n'a jamais désarmé. Les médias ont continué à pratiquer le style totalitaire de la communication et ont conservé le privilège de pouvoir prendre les populations en otages par l'information. On a préféré la moutonnerie à la mutinerie en somme saupoudrée de "bonne conscience". Jadis, on allait s'inscrire dans les Brigades Internationales au prix de sa vie pour la liberté e vous et M Courtenanche? Oui, Rimbaud, Flaubert mais aussi Crakauer, Adorno, Breton, Benjamin, Heidegger et une foule d'autres sont les témoins de ce que je me permets de dire sans esprit de moutonnerie mais plus, contre les médias, de mutinerie. Merci des conseils d'un "Assis" tel que vous êtes. »

  • Michel Thibault
    Abonné
    samedi 3 janvier 2009 12h15
    Affranchissement...
    « La hiérarchie des malheurs est intéressante. G Courtemanche a écrit :< j'essaie seulement de dire que notre malheur n'est pas si grand et qu'il ne nous affranchit pas de notre devoir de justice... > Au Québec comme au Canada, on retrouve son propre Tiers-Monde. Son affranchissement ne pourra se faire contre sa volonté. »

  • Robert Daoust
    Inscrit
    mercredi 14 janvier 2009 13h09
    Parler du malheur en étant informé de l'algonomie
    « Des gens comme vous, Gil, et comme nous, vos lecteurs, devraient en 2009 pouvoir enfin aborder les questions relatives à la souffrance dans le cadre d'un nouveau domaine qui s'intéresse à la souffrance elle-même, plutôt qu'à ce qu'elle signifie pour la politique, l'économie, la religion, etc. Peut-être saurons-nous mieux, à partir de l'algonomie, ainsi que j'appelle ce domaine qui s'occupe de la souffrance, de toute la souffrance, et de rien que la souffrance, peut-être saurons-nous mieux revenir de notre cécité causée par la douleur, revenir de notre égocentrisme exacerbé par la douleur, revenir de notre injuste hiérarchie du malheur. Sans le développement d'une algonomie, l'intérêt pour la souffrance va simplement continuer, je pense, à fournir d'abord et avant tout un terrain fertile pour les voeux pieux et les illusions qui profitent d'abord à soi. Alors ceux et celles qui veulent faire quelque chose, je vous invite à considérer ce que vous pouvez recevoir de l'algonomie, et ce que vous pouvez lui apporter, en ce qui concerne la souffrance dans le monde. »

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