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L'obésité n'est pas l'apanage des pauvres - Les riches mangent trop riche

Fabien Deglise   18 décembre 2008  Société
Hamburger de surlonge et de foie gras, servi avec des frites dans de l’argenterie. Un mets préparé par le chef Daniel Boulud, dans son bistro new-yorkais.
Photo : Agence France-Presse
Hamburger de surlonge et de foie gras, servi avec des frites dans de l’argenterie. Un mets préparé par le chef Daniel Boulud, dans son bistro new-yorkais.
Remettre souvent la préparation de ses repas dans les mains d'un autre peut rendre gros. À preuve: le monde de la restauration, rapide ou non, est à l'origine de l'augmentation des cas d'embonpoint et d'obésité au pays... surtout chez les hommes riches, indique Statistique Canada dans un document rendu public hier.

Sur la base des données de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2004, les spécialistes de la statistique constatent en effet que, contrairement aux idées reçues, la prévalence de l'embonpoint augmente elle aussi «de manière significative» dans les ménages déclarant des revenus élevés, et ce, uniquement chez les hommes. Les femmes sont épargnées par cette corrélation, poursuivent-ils.

Menée pour Statistique Canada par Stephan Kuhle et Paul Veugelers de l'École de santé publique de l'Université de l'Alberta, cette analyse confirme que, dans l'ensemble de la population, le mâle canadien est plus enclin à composer avec l'embonpoint (65 % des hommes) et avec l'obésité (23 %). À titre comparatif, ces taux sont respectivement de 53 % et de 23 % chez les femmes.

Or, même si les ménages à haut revenu se révèlent être globalement en meilleure santé que ceux à faible revenu, les chercheurs indiquent que, «depuis le début des années 80, l'augmentation la plus forte de la prévalence de l'obésité a été observée chez les hommes des groupes de revenu élevé», peut-on lire. En 2004, par exemple, cette couche de la population était deux fois plus à risque de développer une surcharge pondérale que ceux ayant déclaré des revenus plus faibles.

Dans la ligne de mire: la consommation de repas à l'extérieur, précise Statistique Canada, qui souligne que cette activité est significativement plus élevée chez les Canadiens riches. Elle s'accompagne aussi d'un constat sans équivoque: «Les personnes qui vont souvent au restaurant ont tendance à consommer plus de calories et à avoir un indice de masse corporelle [indice servant à mesurer l'obésité] plus élevé que celles qui prennent habituellement leurs repas à leur maison.»

Le constat dressé par Statistique Canada n'a pas étonné hier la diététiste Nathalie Jobin, de l'Université de Montréal, qui explique au Devoir qu'au restaurant les consommateurs «n'ont pas le contrôle sur ce qu'ils mangent». Quant aux hommes nantis, ceux-ci sont effectivement plus touchés par des problèmes de poids puisqu'au «restaurant ils doivent prendre plus d'alcool et avoir des repas plus copieux».

Cette tendance serait toutefois difficile à inverser puisque, malgré un niveau d'éducation plus élevé et une connaissance des clefs de la santé et de la nutrition, «ils sont moins intéressés à les écouter et à passer à l'action», poursuit Mme Jobin.

La chose ne semble toutefois pas se produire chez les femmes appartenant à ce type de ménages, lesquelles ne sont «ni plus ni moins susceptibles d'avoir de l'embonpoint», précise Statistique Canada, et ce, même si elles fréquentent les mêmes restaurants que les hommes. Restaurants qui, de 1990 à 2006, ont vu leurs revenus plus que doubler, passant de 16,5 milliards de dollars à 34,4 milliards, ce qui en fait désormais «une variable à laquelle» il faut «accorder une attention croissante en tant que facteur éventuel de l'augmentation de la prévalence de l'obésité», souligne l'organisme fédéral.






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  • Parisien Jaque
    Abonné
    jeudi 18 décembre 2008 05h50
    Obésité, tabac, exercices, c'est le délire!
    « Je vous jure que j'en ai marre de ces statistiques qui nous disent que l'on mange trop, que l'on se parfume trop, que l'on fume trop, que l'on boit trop, que l'on ne s'entraîne pas assez et j'en passe. Cette quête frénétique de la santé «idéale» au prix d'une forme d'ascétisme social me rend dingue.

    Depuis la montée en flèche de ce genre d'études révélant un prétendu excès dans tous les domaines liés au «plaisir», on en est rendu à se sentir coupable de se payer du bon temps. Étrange que l'on n'insiste pas outre mesure sur le fait que l'on travaille trop et qu'on ne gagne pas assez. Pensez-y. Quelqu'un qui travaille trop n'a pas le temps de cuisiner, est trop fatigué pour faire de l'exercice ou estime justifié de prendre un verre et fumer une cigarette après une dure journée de labeur, question de renouer avec lui-même.

    Bref, pour être en meilleur santé, réduisons le temps de travail et, surtout, augmentons les salaires. On pourra alors prendre le temps de se cuisiner des petits plats maison contenant les meilleurs aliments et on pourra s'inscrire au club de santé du coin. Autrement, qu'on nous foute la paix une fois pour toutes. »

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