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Les médias et la crise - Les raisons d'un aveuglement général

Jean-Claude Leclerc   24 novembre 2008  Société
À en croire le discours qui prévaut, la crise du crédit serait un phénomène «imprévisible», et la récession, un mouvement «cyclique» de l'économie, qu'une mondialisation a rendu plus dévastateur. En somme, un double «tsunami», que des capitalistes cupides et des gouvernements laxistes n'auraient su endiguer à temps.

Plusieurs accusent, certes, la déréglementation, l'hégémonie de Wall Street, l'abdication de l'État. Rarement toutefois ose-t-on demander où était la presse, notamment la presse d'affaires, dans les mois qui ont précédé. Pourtant, à l'approche d'une catastrophe, reporters et critiques ne forment-ils pas la première ligne d'alerte?

Au reste, nombre de médias avaient un intérêt vital à suivre de près les pratiques de la finance, car en cas de déconfiture, ils allaient eux aussi en subir, avec la chute des revenus publicitaires, un sérieux contrecoup. En Amérique du Nord, en effet, la finance et l'automobile comptent parmi les principaux annonceurs.

D'après un article récent du Columbia Journalism Review, il n'a pas manqué de journalistes aux États-Unis pour débusquer les pratiques néfastes répandues ces dernières années dans les entreprises de crédit. Mais la presse d'affaires n'a pas su comprendre ces pratiques ou les dénoncer alors qu'elles impliquaient jusqu'à des maisons réputées de Wall Street.

Le chroniqueur Dean Starkman, un journaliste versé dans la finance et les affaires, a passé en revue les travaux de ses collègues du pays. Le Wall Street Journal, par exemple, ou Vanity Fair, ont publié des séries remarquables sur les pratiques qui avaient alors commencé d'entraîner la chute de géants de la finance. Mais l'on y voyait comme une fatalité.

Bien sûr, la presse d'affaires, comme bientôt la grande presse, allait être débordée par les secousses et les drames engendrés par la déconfiture du système. Elle allait elle-même devoir réduire, au pire moment, ses ressources journalistiques. Pourtant, bien avant la débandade, il était devenu évident, pour qui voulait les voir, que les ventes sous pression et les contrats frauduleux étaient devenus monnaie courante.

Ces pratiques d'exploitation de gens démunis et vulnérables ou de consommateurs de classe moyenne étranglés par les cartes de crédit faisaient déjà l'objet de procès de la part des autorités en Illinois, en Californie et en Floride. Des reportages ont aussi paru au Los Angeles Times. L'émission This American Life à la radio publique de Chicago en a dressé un dossier éclairant.

Les informations que l'on y trouve, comme les témoignages recueillis de victimes mais aussi de courtiers «formés» pour les pousser à la ruine, laissent peu de doute. La piste menant à Wall Street aurait pu également être confirmée si de grands quotidiens s'y étaient engagés résolument. Or, note Starkman, même après l'éclatement de la crise, la presse d'affaires échoue à fournir cet éclairage.

Le rôle des médias

L'effondrement de Wall Street aura causé plus de tort aux États-Unis que l'attaque du 11 septembre 2001, et non moins sapé la confiance des Américains. Comment pareil scandale a-t-il pu échapper à des médias même avides d'histoires chocs, de tragédies personnelles, d'affaires criminelles? Le critique du Columbia Journalism Review ne l'explique pas.

Plusieurs raisons pourtant peuvent expliquer le comportement des médias. La plupart d'entre eux vivent des annonces qu'ils diffusent. Non seulement ont-ils le plus souvent renoncé à critiquer les produits et services qu'ils contribuent à répandre, mais ils sont devenus insensibles au «viol des foules» que constitue une publicité de plus en plus outrancière.

La plupart des journalistes, il est vrai, en sont venus à répudier la cigarette ou les pesticides. Mais les médias sont encore loin de mettre le public en garde contre de faux produits de santé qu'ils annoncent à profusion. Pire, aux États-Unis, des fabricants de pilules incitent à la consommation, mais la presse a renoncé à l'éthique réservant les ordonnances à la médecine.

L'industrie du prêt vise, du moins en principe, à répondre à la demande du client qui a besoin d'argent. Elle ne vise pas à l'endetter, encore moins à l'écraser sous des prêts qu'il sera incapable d'honorer. Les sociétés prêteuses ont certes le droit de faire la publicité de leurs services, et de rechercher le plus de clients possible. Mais il y a un monde de différence entre le service du client et son exploitation éhontée.

Or, apprend-on, plusieurs maisons de crédit ont offert de l'argent à des gens qui ne comprenaient pas les conséquences du prêt. Elles l'ont fait à des conditions onéreuses tout à fait impossibles à respecter. Des courtiers ont été sommés de ne pas vérifier la solvabilité des clients. Et ces contrats mensongers et léonins ont été «promus» par des techniques de marketing de masse.

Des millions d'Américains ont été ainsi pris au piège. Et ils n'allaient pas être les seules victimes d'une arnaque dont la mafia elle-même eût été fière. Des banques ont prêté les milliards nécessaires à ces financements, et les contrats de prêts «appuyés» sur du vent ont été recyclés sur le marché sous des appellations indéchiffrables.

Que les journalistes spécialisés de la presse d'affaires aient passé outre à la mutation de l'éthique dans une industrie passée aux vampires, ou à la banqueroute inévitable du système pyramidal à laquelle ces «innovations» allaient mener, cela n'est pas impossible. En tout cas, trop de gens dans la finance étaient en conflit d'intérêts pour qu'ils éveillent chroniqueurs et patrons de presse au pandémonium qui s'en venait. Mais il faut chercher ailleurs les raisons de l'aveuglement des médias.

On se plaît à louer le professionnalisme et l'indépendance du New York Times, du Washington Post et d'autres titres qui illustrent la presse américaine. Ces journaux ont parfois tiré l'alarme, mais ils n'ont pas autant d'influence qu'on le dit, surtout depuis que les médias de masse, notamment la télévision, ont imposé une information de divertissement et de faits divers. Sauf à de rares émissions, les arnaques financières n'ont pas la cote.

Les vraies affaires

Voici dix ans, l'Université Columbia publiait un ouvrage de D. J. Krajicek, Scooped!, montrant comment les médias des États-Unis avaient raté les vraies affaires de crime en pourchassant plutôt des histoires de couchette, d'entourloupette et de vedette. Depuis, certes, ils n'ont pu rater les arrestations de chefs d'entreprises fermées pour fraude. Mais ils n'auront pas su découvrir que toute une industrie était devenue criminelle.

Il y a eu de vraies enquêtes journalistiques, mais l'ensemble des médias allait fermer les yeux sur ces découvertes. Pourquoi? Pour ne pas encourager ces concurrents trop compétents? Peut-être. En tout cas, le journalisme d'intérêt public fut ainsi isolé et marginalisé, alors qu'il aurait pu, repris par les médias de grande écoute, secouer les pouvoirs publics et faire juguler l'hémorragie avant qu'elle ne vide le corps social.

À leur décharge, des médias invoqueront le risque financier qu'ils courent quand ils s'en prennent aux agissements de puissantes institutions. Les petites publications ne sont pas les seules, en effet, à subir l'intimidation judiciaire. Mais les grands journaux et les réseaux, devenus eux-mêmes des puissances financières, ne sauraient, pour une telle raison, fuir cette responsabilité.

La situation est-elle plus rassurante ici?

***

redaction@ledevoir.com

Jean-Claude Leclerc enseigne le journalisme à l'Université de Montréal.






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Vos réactions

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  • Sylvain Martel
    Inscrit
    lundi 24 novembre 2008 07h38
    Aveuglement ou impuissance
    « Bonjour,

    Pour reprendre les mots de Madame Marois, serions-nous tous devenus ce qu'elle croit être devenu le Premier Ministre Charest c'est-à-dire des impuissants ?

    On dit que les affaires c'est le château fort de l'entreprise privée. Justement parce qu'elles veulent que celles-ci demeurent privées.

    Les entreprises ont beaucoup de difficulté à instaurer des systèmes de gestion basés sur les faits, justement parce que d'admettre un fait signifie Le Devoir ou l'obligation de s'en occuper par la suite.

    En suivant ce raisonnement, cela m'amène à soulever une question, ou une réponse. Comment les universités comme celle de Montréal, s'assurent-t-elles que leurs diplômé-e-s en journalisme, joueront adéquatement leur rôle, d'apporter un éclairage suffisamment intense pour contrer cet aveuglement afin de donner des ailes à la collectivité pour qu'elle puisse se sortir de cette impuissance ?

    Sylvain »

  • Monique Bonneau
    Abonnée
    lundi 24 novembre 2008 07h46
    Merci...
    « ...de m'avoir si bien rappelé le caractère indispensable d'un journal indépendant.
    Je m'abonne immédiatement afin d'avoir accès à tout votre journal.
    Vos collègues Jocelyn Maclure et Marie-Michelle Poisson peuvent partager ce remerciement. »

  • Marc Gendron
    Abonné
    lundi 24 novembre 2008 08h10
    Un journalisme digne de confiance
    « Merci à vous et aussi à votre collègue Cauchon.

    Une chance que le journalisme ne sert pas toujours à colporter des insignifiances ou des mensonges.

    Je lis Le Devoir depuis 1963. Continuez longtemps. »

  • william morris
    Abonné
    lundi 24 novembre 2008 08h52
    Excellent article !
    « Bonjour,

    Ici même, au Québec et au Canada, les grands journaux ont-ils repecté leurs obligations morales ? Il semble bien que non.

    On dirait ques les grands brasseurs d'argent sont au-dessus de la critique. Comme le dit l'auteur de l'article, les grandes entreprises peuvent priver de leurs annonces les journaux qui semblent les critiquer.
    Notre gouvernement <<national>>, c'est à dire québécois, n'a rien fait pour éduquer la population parce qu'il est <<libéral>>, donc, qu'il ''laisse faire'' les gens d'affaires
    sans intervenir.

    Les dirigeants québécois n'ont de leçons à donner à personne.

    Qu'on est donc bien au Québec !

    À la prochaine !
    William Morris
    www.lemont.canalblog.com »

  • Zach Gebello
    Inscrit
    lundi 24 novembre 2008 10h53
    Les médias par les couilles.
    « Bravo M. Leclerc pour votre courage d'entrouvrir cette petite fente de lumière.

    Malheureusement, l'information de nos médias actuels ne compense pas du tout son travail de désinformation.

    Les monopoles; Cisneros (Amérique du Sud et latin), Murdoch (USA), et ici Thompson et Gesca, sont intimement liés au même groupe puissant devant lequel ils se sont "agenouillés" devant les préparations de l'invasion de l'Iraq et la préparation de cette "crise" qui n'est qu'une répétition de la consolidation des pouvoirs financiers en 1930.

    Comme le dit la FPJQ ; "pour informer le citoyen sur le "monde dans lequel il vit".

    Pas le monde qu'il se fait. »

  • Guy Fafard
    Inscrit
    lundi 24 novembre 2008 11h41
    Le Devoir fait ses devoirs
    « Merci pour cet article de réflexion. »

  • Cécilien Pelchat
    Abonné
    lundi 24 novembre 2008 11h49
    À suivre...à suivre. C.Pelchat..........tahcl@axion.ca
    « Cet article aidera sûrement ceux qui veulent saisir une partie des aléas de la finance régionale,nationale ou mondiale.Dans les circonstances,votre exposé s'imposait;et quel quotidien autre que le Devoir,malgré ses moyens limités,aurait pu ou dû l'écrire.Il mérite d'être conservé,car c'est un aspect de la crise qui n'a pas du tout été traité au Québec et qui va rebondir bientôt lorsque la récession nous frappera de plein fouet. Car ce qui se passe depuis un an,non seulement aurait pu être prévu,mais même annoncé.Je me rappelle de nombreux échanges que j'ai eu avec des personnes sérieuses,formées en cette matière,depuis au moins cinq ans qui me répétaient que le système financier allait flancher.Que la voracité des prêteurs,des banques avec leur rendements vraiment indécents, ainsi que des actionnaires qui pressuraient les conseil d'administration
    pour obtenir eux aussi une quote-part rehaussée sur leurs investissements(quitte à désembaucher des centaines de travailleurs)allait déboucher sur une crise sans précédent.
    Depuis vingt-cinq ans et plus particulièrement depuis les dix dernières années,les circuits financiers ont inventé de nouveaux ``produits``qui ont littéralement servi
    à allonger le crédit par milliards et au fond,à créer de l'argent fictif.L'extension de ce crédit COLOSSAL a servi en grande partie à enrichir ceux dont je parlais plus haut et à permettre à des emprunteurs insolvables de devenir temporairement propriétaires.Dès que l'économie a cessé de rouler,la débandade financière a atteint les plus vulnérables et les faillites en chaine sont arrivées avec leur
    spirale infernale qui a remonté la chaine de tous intervenants qui vivaient et s'enrichissaient avec le crédit.
    Il ne faut pas oublier que celà s'est produit dans le pays (E.U.) qui a le plus profité de la stratégie du crédit dans l'histoire du monde et ce n'est pas un hasard si cette méga crise a éclaté chez-lui.Car la richesse des É.U.est due en grande partie à cette pratique,eux qui avaient appris,il y a longtemps à ``FAIRE ROULER L'ARGENT``
    Mais,ce que M.Leclerc a si bien exposé ce matin n'explique pas tout.Au delà d'un manque d'étique et du silence des grands médias coincés entre leur intérêts propres et des entreprises qui leur permettent de vivre,il y a une cause profonde du système financier mondial qui est à l'origine du désastre qui fondra sur nous et que nous refusons de regarder sérieusement.Actuellement,(Sarkozy dixit)``il faut refonder le capitalisme``.je ne sais pas vraiment si le bonhomme est conscient de ce qu'il avance,mais,son affirmation est minimalement juste.Je crois que nous allons forcément vers un bouleversement financier et monétaire sans précédent. Qui s'y attaquera et comment et avec quelles conséquences ? Bien malin est celui qui le sait en ce moment.Mais les populations devront être tenues renseignées de l'endroit où on veut les amener et avoir d'une facon ou l'autre leur mots à dire dans les changements qui s'imposeront. Car,il ne faudrait pas que l'avenir de la planète soit décidée uniquement par ceux qui ont jusqu'ici su manipuler le médium des rapports économiques entre nations et individus.
    L'écart entre riches et pauvres n'a jamais eu une si
    belle occasion d'être entendue. Que cette crise sans précédent ait servi à examiner de près les rapports économiques entre les humains pour éradiquer en grande partie
    la pauvreté,celle-ci aura paradoxalement rendu un grand service à la JUSTICE et à l'humanité.
    GARDONS LES DEUX YEUX OUVERTS,ce qui s'en vient est crucial pour chacun.
    C.Pelchat
    Lac-Mégantic »

  • Monique Bonneau
    Abonnée
    lundi 24 novembre 2008 12h32
    Merci...
    « ...de m'avoir si bien rappelé le caractère indispensable d'un journal indépendant.
    Je m'abonne immédiatement afin d'avoir accès à tout votre journal.
    Vos collègues Jocelyn Maclure et Marie-Michelle Poisson peuvent partager ce remerciement. »

  • Pierre Brosseau
    Inscrit
    lundi 24 novembre 2008 12h41
    Compter sur l'angélisme des puissants?
    « "... les grands journaux et les réseaux, devenus eux-mêmes des puissances financières, ne sauraient, pour une telle raison, fuir cette responsabilité", concluez-vous. C'est de l'angélisme. C'est tout le contraire qui arrive et qui se perpétuera puisque justement, faisant partie de la famille des grands financiers (pensons aux Desmarais et au 70% des journaux québécois qu'ils contrôlent), ils n'ont aucun intérêt à mettre en pleine lumière ce qu'ils cachent depuis toujours: la puissance secrète de leurs propriétaires et leur recherche incessante par tous les moyens d'un maximum de pouvoir, y compris dans les choix politiques. Pourquoi pensez-vous que Paul Desmarais tient tant à ses médias, qui sont à peu près les seuls investissements qu'il détienne encore au Québec ? Lire à ce sujet le récent livre de Robin Philpot, "Derrière l'État Desmarais: Power". »

  • Jean Laflamme
    Abonné
    lundi 24 novembre 2008 12h58
    Un peu de lumière SVP!
    « L'aveuglement général peut expliquer bien des égarements crées par des vendeurs d'idéologies ou de produits. Dans ma jeunesse; plusieurs sont devenus communistes ou fascistes, tout le monde fumait et les pesticides étaient incontournables. Un peu plus tard tous se sont mis à prendre plusieurs pilules pour le bonheur et la santé. La médecine elle-même est devenu aveugle et joue le jeu de l'industrie du profit. Les vendeurs de crédit facile ont rendu la finance semblable à la médecine du désir, qui donne au client ce qu'il veut sans se sentir responsable. Les médias sont impuissants contre cet aveuglement général qui nous pousse à consommer. Il nous reste Le Devoir, Internet et les rares universités indépendantes dont les recherches ne sont pas financées par l'industrie. Merci pour la splendeur de vérité de votre article! Jean Laflamme, Saint-Bruno-de-Montarville, 450-653-3314, jean.nlaflamme@videotron.ca »

  • Jean-Serge Baribeau
    Abonné
    lundi 24 novembre 2008 14h55
    Le problème, c'est, en grande partie LA COM'
    « Jean-Claude Leclerc (tout comme Martin Cauchon dans un autre article) présente une perspicace analyse susceptible d'expliquer certains des errements des médias. À certains égards l'analyse de Leclerc se rapproche de celle du fameux Noam Chomsky qui, lui aussi, présente la publicité et l'emprise de la publicité comme constituant des facteurs susceptibles de provoquer le silence et la distorsion chez bien des journalistes. Il y a aussi l'idée de savoir à qui appartiennent les médias. Il y a aussi plusieurs facteurs parmi lesquels nous retrouvons l'attitude de certains journalistes qui, souvent paresseux, se fient à la documentation officielle des entreprises et institutions, ce qui ouvre la porte à des données tronquées et distordues, à des analyses partiales et partielles.

    En ce qui me concerne j'ai enseigné, pendant plus de vingt ans, la sociologie des communications. Et c'est l'engouement pour cette vague entité appelée LA COM' qui, dans une large mesure, explique bien des errements. Savoir communiquer, c'est bien et c'est nécessaire. Mais je ne communique pas de la même manière si je suis dans la publicité, dans la propagande, dans les relations publiques ou dans le journalisme, pour ne prendre que ces exemples. Il ne faut pas oublier que publicité et propagande, c'est, à peu de choses près, la même chose. Mais informer en déployant de nombreux efforts exigeants pour maintenir de la rigueur, de l'éthique et de l'intégrité, c'est là une toute autre paire de manches.

    Alain Rey a bien défini cette situation lorsque, dans un livre intitulé LEXI-COM', il a écrit: «Quant à la communication, en devenant massive, grossière, brutale, propagandiste, tyrannique, organisée, instrumentalisée, elle est devenue la com'». Rey parle aussi des «deux rhétoriques qui gouvernent les peuples: publicité et propagande».

    Je termine en remerciant Jean-Claude Leclerc qui, somme toute, nous rappelle l'importance d'une presse indépendante, d'une presse qui ne soit pas soumise aux commanditaires ou aux propriétaires capitalistes, souvent avides de sensationnalisme et de profits rapides (et non mérités).

    Et je souligne que, quant à moi, je me méfie systématiquement de la com'. Enseigner la sociologie des médias a développé chez moi cette prudence essentielle!

    JSB, sociologue des médias »

  • Patrick Lavoie
    Abonné
    lundi 24 novembre 2008 16h08
    Bravo!
    « Bravo pour votre intelligente analyse! Vive le journalisme indépendant! La démocratie tient à deux choses: l'éducation des électeurs (apprendre à penser librement) et l'information libre (sans contrainte financière et l'obligation de faire du profit par la publicité ou le sensationnalisme) et ce dans un contexte de liberté individuelle ET d'égalité entre les individus.
    On a tendance à l'oublier...

    Ce n'est malheureusement pas le cas de nos sociétés dites évoluées... »

  • Maurice Monette
    Abonné
    lundi 24 novembre 2008 16h15
    Juste faire remarquer certaines choses qu'on occultent continuellement...
    « Tout fonctionnait relativement bien avant juin 1989, avant que karol wojtyla alias jean-paul II ne cède la SAINE gestion du pécule mondial aux divers gouvernements démocratiques, sous de futiles arguments que la fin du monde arriverait avec le passage au nouveau millénaire. En effet, un certain personnage politique canadien était allé LUI rendre visite à la fin de mai 1989 pour le convaincre de dilapider une dernière fois les montants dont l'Église Catholique se faisait répartiteure depuis la dernière Guerre Mondiale. Ce, dans le but d'éviter d'éventuels conflits entre les pays qui monopolisaient les richesses du monde. Ainsi, après chaque période de quatre années, depuis cette dernière période conflictuelle, toutes les sommes dépassants l'équivalent d'un million de dollards canadiens ou toutes autres "espèces monétaires", était récupérées par des nonces catholiques, ramenées dans le giron de Rome et redistribuées justement entre les pays démocratiques de la planète terre. Certains pays incrédules des bienfaits de cette répartition régulière n'y participaient pas. C'était entre autres le cas des États-Unis d'Amérique.

    Comme mentionné ci-avant, après être allé fomenter l'arnaque avec son frère de sang Irlandais alors Président de ce Pays, à la fin de mai 1989, ce premier ministre canadien a obtenue une rencontre avec karol wojtyla, ou le pape jean-paul II, qui subissait une altération de plus en PLUS sévère de ses capacités cognitives, à cause de la maladie d'Alzheimer.

    Donc, il LUI a fait peur avec la prétendue apocalypse qui devait anéantir la planète lors du passage à l'an 2000 et l'a convaincu de répartir le pécule mondial une dernière fois, afin que les gens puissent vivre leurs dernières lubies, puisque qu'après ce passage, la terre était sensée être anéantie, selon celui-ci.

    Mais, dans les faits, ÇA ce déroule comme à chaque passage à un nouveau cycle d'environ 2000 ans sauf que, les richesses n'étant plus réparties régulièrement, certains(es) personnes peu évolués(es) se sont "construits" des montages financiers qui ont toutes engouffrés les richesses mondiales et la récession, comme aux temps qui ont précédée de la première Guerre Mondiale ou même, avec une amplitude différente, la deuxième qui ont été causée par de telles récessions.

    Alors, ne voient-on pas que toute la récession qui se pointe pourrait être résolue, si on avait la LUCIDITÉ de revenir aux normes fiscales qui avaient été mises en place au cours des années 50, justement pour éviter de replonger dans un marasme comme une Guerre mondiale...?

    Merci de votre ATTENTION & ce serait si simple pourtant...!

    Votre Ami, SAGE, lui,
    MAURICE MONETTE
    Biologiste #939
    Grande Rivière »

  • Frank Siminski, Fils De Jeanne Audette
    Inscrit
    lundi 24 novembre 2008 16h27
    crise financière mondiale: les vrais raisons et quoi faire ???
    « Si la Fed. bank des É.U.A. aurait maintenu les taux d'intérêts à 12% au lieu de les descendre à 3 %: nous ne serions pas dans une crise financière mondiale;

    Les maisons se vendent trop cher à 400,000.00 $ aux lieux de 100,000.00 $;

    La différence des 300,000.00 $ payé en trop pour l'achat d'une maison, au É.U.A. ils sont 4 millions, où est allé ces 300,000.00 $ dans les poches du gouvernement fédéral et dans les poches des banques;

    Suggestion: dévaluer la monnaie mondiale par dix : les maisons vont se vendre à 40,000.00 $ et de maintenir les taux d'intérêts à 12% ce qui empêchera l'inflation hors de proportions la valeur des maisons:

    400,000.00 $ x 12% = 48,000.00 $ intérêts par année;

    100,000.00 $ x 12% = 12,000.00 $ intérêts par année;

    300,000.00 $ de trop payés a cause des taux d'intérêts à 3%;

    Merci de m'avoir lu;

    Frank Siminski, (68 ans) fils de Jeanne Audette, de Montréal, Québec, »

  • Gerard Donaldson
    Inscrit
    lundi 24 novembre 2008 16h41
    Gestion casinoïdale du Québec.
    « La gestion pour le rendement de la Caisse,tel que préconiser par Jean Charest, etait une gestion casinoïdale.

    La Caisse rêvait en couleur... pourquoi pas des pis test.

    Il y en a beaucoups qui voyaient claire......

    http://www.flutrackers.com/forum/showthread.php?t=4322&page=2

    et


    KRACH 2007 : LA VAGUE SCELERATE DES SUBPRIMES », André-Jean
    Locussol-Mascardi, Le Manuscrit, novembre 2007

    Le livre : « KRACH 2007 : LA VAGUE SCELERATE DES SUBPRIMES », paru en
    novembre 2007 concluait en ces termes : « Il ne s'agit plus
    actuellement de savoir si une grave crise financière aura lieu ou pas,
    mais plutôt de savoir quand elle se produira ? Les lignes qui suivent
    ont été écrites en octobre 2006 : « Les risques d'une crise économique
    majeure suite à l'effondrement des marchés financiers se fait de plus
    en plus précise. En dehors, des déclarations de personnalités du monde
    de l'économie, de la finance et d'organisations internationales citées
    précédemment sur l'imminence d'une crise financière grave, suite à la
    spirale infernale de l'endettement croissant des pays et aux dérives
    incontrôlées des marchés financiers, d'autres voix s'élèvent, celles
    plus confidentielles de « hauts dignitaires » des régimes libéraux
    comme celui des Etats-Unis ou d'autres en Europe pour évoquer
    clairement un prochain krach au crépuscule de 2007. Il ne s'agira pas
    uniquement d'une crise des marchés boursiers ou financiers, mais aussi
    et surtout d'une crise systémique. C'est le résultat de la dérive
    fondamentale de notre politique et de notre système financier, qui
    favorise de plus en plus le casino financier au détriment de
    l'investissement dans la production ». Une bourse de Paris à moins de
    3 à 4000 points, Wall Street à moins de 7 à 8000 points,
    un euro à
    trois dollars : des chiffres qui relevaient il y a encore quelques
    semaines du délire paranoïaque, sont maintenant des scenarii possibles
    voire probables si on en juge par les déclarations de plus en plus
    alarmistes des ténors et des majors de la finance internationale... »
    Depuis ces lignes l'auteur a eu l'occasion d'écrire une vingtaine
    d'articles (http://bellaciao.org/fr/spip.php?article72269#forum269282)
    mettant en garde sur l'aggravation de la crise des subprimes, qui
    allait se transformer en crise économique puis en crise systémique. Il
    a même proposé des solutions pour faire face à l'effondrement des
    marchés financiers et de la confiance face au système. Rien n'y a
    fait. La suffisance de nos politiques, des banquiers, des analystes
    financiers et de certains chef économistes a occulté la gravité des
    évènements.
    Ce livre qui se veut pédagogique retrace chronologiquement les moments »

  • Claude L'Heureux
    Abonné
    lundi 24 novembre 2008 20h59
    Le Devoir, GESCA-Radio-Can et Robin Philpot
    « J'invite les lecteurs du seul quotidien indépendant à s'en convaincre davantage en lisant: Derrière l'État Desmarais: Power de Robin Philpot ($19.95) où l'on apprend qu'il y a entente secrète entre GESCA et Radio-Can et que, par hasard, l'on a beaucoup, beaucoup, parlé (à Radio-Can i tou...) de Norbourg (84 millions de $) et très, très peu parlé du "market timing" impliquant les fonds communs de placement gérés par Paul Desmarais dans Investors, CIBC et MacKensie qui ont (parmi les cinq gestionnaires impliqués au Canada) spoliés 2 milliards aux canadiens, à raison d'une perte de 2 % par année sur leurs fonds. En avez-vous entendu parler ? Si oui, faites-le moi savoir. Ça c'est en plus des pertes énormes de la dégringolade actuelle. J'avais prévu le coup en retirant tous mes fonds communs lorsque l'on a commencé à parler de la crise hypothécaire aux États-Unis... Par contre, à Radio-Can, l'on a pas invité Robin Philpot à Tout le monde en parle, convergence oblige !

    Claude L'Heureux, Québec »

  • Michelle Bergeron
    Abonné
    lundi 24 novembre 2008 22h07
    Bravo pour votre article
    « Le genre confondu
    Les médias ont un grand rôle à jouer dans cette crise et que les journalistes compétents intègres avec un sens éthique sont si peu nombreux comparativement aux autres déviants et à la quantité de fausse information sorti du contexte ou véhiculer en quelques mots que la nouvelle devient fausse.
    Les médias électroniques avec une plus grande côte écoute diffuse la plus courte nouvelle, information sans nuance, souvent sans enquête, du copier-coller d'un article, nous servent à grands coups de clichés, de journalistes vedettes voir même des vedettes là prêt pour dire leur opinion qui sera diffusé croisé avec d'autres médias allant même sur la rumeur faire le tour des médias du Québec comme vérité. Pendant ce temps les espaces médiatiques sont consacrés toujours à un groupe restreint prêt à répondre à tout, souvent sans compétence ou mal informer. S'en remettre dans les mains d'un journaliste qui lui, a ses contacts en permanence et passe rapidement les mêmes avis qui souvent deviennent les propagandistes de groupe de pression, qui eux ont des intérêts au même titre que les corporations, les syndicats, partis politiques etc. Accepte peu la critique, refuse d'aller à l'encontre de ses convictions et refuse souvent même la vérité pour diverses raisons comme les subventions ou publicités des compagnies.
    Ce comportement affecte autant l'aspect financier, politique et surtout la démocratie de là à oser prétendre que ce pouvoir atteint le deuxième rang si non le premier.
    Le journaliste doit être un travailleur du peuple et pour le peuple cherchant à transmettre de façon indépendant les faits, les enquêtes, les vérifications etc.
    Souvent on site les USA pour différents dossiers mais ce n'est guerre mieux au Québec la concentration des médias est devenu scandaleuse même criminel dans les main de fraudeur.
    Un fraudeur comme Lacroix on a taper sur le clou mais ceux de l'entourage? Les plus gros à grand coup de milliards? Les commandites jamais on a fait la lumière sur les enveloppes qui circulaient au Québec parce que c'était hors mandat selon M. Gomery. Seulement Gagliano a tout orchestré? Un diplôme honorifiques pour les autres?

    Sommes-nous dans un monde trop corrompu pour laisser entre les mains de vautours financiers le pouvoir sur les humains et la planète? »

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