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Une solution pour sauver Anticosti: les exclos

Louis-Gilles Francoeur   15 novembre 2008  Société
Dans un même parterre de coupe forestière, une végétation feuillue, parsemée de sapins et d’arbustes divers, reprend immédiatement dans l’exclos, dont les cerfs sont exclus. À l’extérieur (à droite), seules les épinettes blanches surviven
Dans un même parterre de coupe forestière, une végétation feuillue, parsemée de sapins et d’arbustes divers, reprend immédiatement dans l’exclos, dont les cerfs sont exclus. À l’extérieur (à droite), seules les épinettes blanches surviven
Quand Henri Menier a introduit les premiers cerfs de Virginie dans l'île d'Anticosti, en 1896, il ne se doutait pas qu'il allait modifier en profondeur cet écosystème insulaire et principalement sa végétation. Les cerfs broutent tout au point que les sapins de l'île sont aujourd'hui menacés de disparition. Pour les sauver, une solution: les «exclos».

Québec a acheté l'île d'Anticosti à la Consolidated Bathurst en 1974 pour un montant de 23,7 millions, et ce, pour deux raisons: assurer son développement économique afin de ne pas fermer un autre village, Port-Menier, et damer le pion à Ottawa qui voulait ajouter ce patrimoine au parc fédéral de Mingan. Jusque-là, Anticosti avait été exploitée pour ses forêts abondantes. Les cerfs, chassés par les riches invités des propriétaires forestiers, étaient considérés comme une sorte de bénéfice marginal.

Mais la délimitation par le gouvernement québécois de secteurs de chasse dans l'île et le tirage au sort des places pour assurer un accès égal à tous ont progressivement recentré l'exploitation forestière en fonction des cerfs. De quelques dizaines de cerfs introduits à la fin du XIXe siècle, l'île en compte aujourd'hui plus de 166 000, selon l'inventaire aérien de 2004.

À leur arrivée, explique Denis Duteau, un biologiste incrusté dans l'île au point d'être devenu le maire de sa «capitale», Port-Menier, les cerfs ont proliféré en profitant d'une végétation variée. Mais à partir de 1930 environ, l'intensité du broutage a totalement empêché la reproduction des sapins. Les repousses ont été systématiquement broutées et n'ont pu croître. Les sapins nains qui ont survécu ne dépassent pas 30 centimètres malgré leur âge souvent élevé. Les gens de l'île les appellent des «broutzaï».

«Depuis 1930, explique Denis Buteau, la place occupée par le sapin en forêt est passée de 40 à 20 %. Chaque fois qu'un sapin tombe, il n'est pas remplacé par un semblable.»

Le sapin risque fort d'avoir totalement disparu de l'île «dans quelques dizaines d'années, au plus 50 ans», privant la population de cerfs d'une de ses principales sources de protéines en hiver, écrit Alex Laprise, un technicien de la faune du ministère des Richesses naturelles et de la Faune (MRNF) dans une synthèse sur l'avenir de la population de cerfs, qui circule dans l'île et dont Le Devoir a obtenu copie. «Nous arrivons, poursuit-il dans cette synthèse, près du point de disparition d'un élément important pour nos chevreuils: les sapinières. La baisse de population permanente qui s'ensuivra pourra atteindre et même dépasser 50 %».

Mais ce n'est qu'une partie du problème, car les cerfs broutent aussi toutes les essences feuillues qui osent encore sortir du sol, comme le peuplier et le bouleau, les arbustes, les noisetiers, les cormiers, les cerisiers, les saules et même les framboisiers et les fraisiers sauvages.

Une seule espèce survit au broutage: les épinettes blanches, ce qui crée une gigantesque monoculture naturelle. Les cerfs se nourrissent de leurs repousses fraîches en été, mais leur ingestion en grandes quantités pourrait s'avérer toxique selon des observations récentes, nous confie le maire d'Anticosti.

Les «exclos»

Les spécialistes de la faune ont jonglé avec plusieurs solutions avant d'accoucher de ce qui pourrait bien être aujourd'hui le programme de gestion écosystémique et intégrée de la forêt le plus avancé du Québec.

D'abord, l'idée de ne rien faire a été envisagée, explique Alex Laprise en entrevue. Mais elle a été repoussée car toute dégradation importante de l'habitat des cerfs «débouchera sur une baisse importante de la population, une réduction de l'utilisation et de la rentabilité des équipements de plein air de l'île, privés et publics, et peut-être même menacera ultimement la survie du village», ajoute Dave Boulet, le jeune directeur de la Société des établissements de plein air du Québec (SEPAQ). Cette société d'État gère sur Anticosti la plus importante pourvoirie de toute l'Amérique du Nord, qui accueille annuellement plus de 4000 chasseurs ayant droit à un maximum de deux cerfs chacun.

Autre hypothèse: on pourrait introduire des prédateurs dans l'île, qui n'en compte plus aucun aujourd'hui, mais le résultat serait encore plus problématique pour les activités de pourvoirie. Même le coyote, qui a pourtant réussi à atteindre Terre-Neuve, a épargné Anticosti jusqu'ici. Depuis toujours, les chiens sont formellement interdits dans l'île de peur que certains ne retournent à l'état sauvage et menacent le cheptel de cervidés.

Il y avait bien quelques ours dans le passé, mais ce prédateur a été finalement rayé de la carte par sa proie elle-même, un phénomène sans équivalent ailleurs. Les gros gourmands, qui se nourrissent des faons peu rapides au printemps, ont en effet disparu avec leurs réserves de petits fruits, broutées jusqu'à la quasi-extinction par les cerfs qui ont ainsi eu la peau de leur unique prédateur.

On a bien essayé par la suite de suivre les approches classiques en sylviculture pour restaurer les anciennes forêts (coupes partielles, coupes par bandes, coupes totales, etc.), mais aucune n'a réussi à reconstituer le capital végétal du XIXe siècle.

C'est en 1980 qu'on a eu l'idée de construire un premier «exclos», raconte Alex Laprise, car plusieurs se demandaient ce qui pousserait dans un espace protégé contre le broutage intensif des cerfs. On a donc isolé des surfaces allant de 5 à 30 kilomètres carrés, entourées de clôtures de quatre mètres de hauteur.

Des années plus tard, le résultat coupe littéralement le souffle. Lors d'une récente visite à l'île, à l'invitation de la SEPAQ, nous avons pu constater l'étonnante différence, sur un même parterre de coupe, entre une section clôturée en exclos et le territoire accessible aux cerfs. D'un côté, une forêt mélangée de feuillus, d'arbustes et de sapins, soit des dizaines d'espèces végétales dormant dans le sol et qui n'attendaient qu'une protection minimale pour exploser de vitalité. De l'autre, une monoculture d'épinettes blanches.

Laprise souligne qu'il faudra garder la nouvelle végétation dans les «exclos» une bonne dizaine d'années si on veut que les arbres puissent résister au broutage lorsque les cerfs auront accès à ces nouvelles réserves de protéines. Selon Dave Boulet, il faudrait globalement garder en permanence sous «exclos» 4 % du territoire environ de façon à doter tous les secteurs de l'île de ces nouvelles réserves de nourriture et y recréer un écosystème plus diversifié.

Un aménagement inusité

À Anticosti, ajoute le directeur de la SEPAQ, toute l'exploitation forestière se fait en fonction du cerf, alors qu'ailleurs au Québec l'aménagement faunique est une fonction accessoire de l'aménagement forestier.

La SEPAQ joue un rôle dans cet aménagement car il faut limiter le nombre des cerfs emprisonnés dans les «exclos» pour y réduire le broutage. La SEPAQ a donc créé des permis spéciaux pour les chasseurs, qui sont invités à donner les cerfs abattus là aux gens de l'île qui ne chassent pas ou aux plus démunis. Cependant, malgré les efforts des chasseurs, il est à peu près impossible de vider totalement ces «exclos» où, malgré le confinement, certains cerfs parviennent à survivre grâce à la ruse et à une diète particulièrement riche.

Même si elle est principalement axée sur la survie des cerfs, l'exploitation forestière d'Anticosti a fait perdre à l'île le statut d'aire protégée que Québec voulait lui conférer pour atteindre son objectif de protection de 8 % du territoire québécois. Nature-Québec, par exemple, voit fondamentalement dans cette exploitation forestière, même axée sur la protection d'une espèce, une opération de nature commerciale. Des écologistes ont même déjà qualifié les cerfs d'Anticosti d'espèce «étrangère», mais personne n'a utilisé encore le terme «indésirable»...

Paradoxalement, à Anticosti, dans 50 ans, c'est dans le parc national, où la végétation est protégée par la loi, que la nourriture sera la moins abondante, et les cerfs s'y feront plus rares qu'ailleurs.

Quant à la population de l'île, dont une bonne partie était opposée à l'idée des «exclos» au profit d'une approche consistant à laisser faire la nature, elle se réconcilie avec cette stratégie parce que les «exclos» offrent de nouveaux territoires de chasse et qu'on y retrouve maintenant fraises, framboises et autres petits fruits que tous pensaient disparus à jamais de l'île.






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  • Henri-Bernard Boivin
    Abonné
    samedi 15 novembre 2008 09h54
    Et une chasse plus intensive?
    « Si le problème est qu'il y a trop de cerfs pour la capacité du milieu végétal à se régénérer, pourquoi ne pas permettre une chasse plus intensive? Bien sûr, il y a un juste milieu à respecter, mais ça m'étonne que cette solution fort simple n'ait pas été évoquée, du moins dans cet article. Je ne suis pas moi-même un chasseur, beaucoup s'en faut (je préfère observer les animaux plutôt que les abattre) mais je reconnais que dans certaines circonstances la chasse peut avoir du bon. On ne pourra donc pas m'accuser de prêcher pour ma paroisse...

    Henri-B. Boivin

    Henri-B. »

  • André Doré
    Abonné
    samedi 15 novembre 2008 11h51
    En réponse au commentaire de M. Boivin
    « Votre solution est trop simple, M. Boivin.
    Pour avoir travaillé pendant 25 ans comme fonctionnaire fédéral, les solutions les plus simples venant de la base, ou des gens ordinaires, souvent, sont rejetées d'emblée par les supérieurs hiérarchiques...
    Ils vous répondent alors que le problème est beaucoup plus complexe...
    Traduction: nous, les patrons (et c'est pourquoi on nous paye nos gros salaires), avons une vision plus globale du phénomène qui implique bien plus de paramètres. La problématique est telle qu'on ne peut... et bla-bla-bla et bla-bla-bla... Ils nous disent, autrement dit, que si nous avions leur capacité d'analyse, nous ne proposerions pas de solutions aussi simplistes... »

  • roy jocelyn
    Inscrit
    samedi 15 novembre 2008 18h08
    C'est encore plus simple que ça!
    « Les tarifs pour se rendre à la Mecque du chevreuil sont tout sauf bons marchés et, disons-le, prohibitifs pour une majorité de chasseurs.

    Néanmoins, parmi ceux qui en rève, la SEPAQ organise un tirage. On peut donc penser que la pression de chasse pourrait être augmentée. Ce n'est pas l'orientation choisie!

    De l'aveu même de la direction, jusqu'à l'aménagement forestier est destiné à perpétuer la réputation de l'endroit comme territoire ultra giboyeux et relativement exclusif. En définitive, ce n'est pas la diversité de la flore qu'on cherche à préserver avec les exclos mais bien la pérennité du cheptel à un niveau artificiellement élevé. »

  • Richard Thibault
    Abonné
    dimanche 16 novembre 2008 01h16
    On s'en criss tu du sapin...
    « Il y a deux ans, j'ai été chassé le cerf de virginie sur l'île,secteur de l'ours dans la région de Natiscotec,nous étions en carré de tente comme ils appellent ce qui signifie une cabane sans électricité,sans eau ,une vraie semaine de rêve qui nous a couté la modique somme de $5,000.00 pour quatre personne...
    8 chevreuil récolté...
    Combien raporte un chevreuil?
    Combien raporte un sapin?
    Donc on s'en criss tu du sapin...
    Et dans cinquante ans quand le chevreuil aura disparu de l'île et que le sapin y reprendra sa prédominance,nous entreposerons nos carabines et ressortirons nos scies mécaniques pour assuré notre survivance...
    Bonjour chez vous et bonne chasse,cette année j'ai abattu un beau neuf pointes dans la sapinières chez moi à Tremblant;-)) »

  • Léo Boyer
    Abonné
    dimanche 16 novembre 2008 09h09
    sauvons Anticostie
    « le monde de l'ile vive de quoi ont ne l'entend jamais parler il na pas de premiere nation il na pas de vent?le secteur eolien pourquois pas il na pas de populace sa ne derangera pas les gens Pour un territoire qui raporte quasi rien qui mange non impots Les mines il na rien en province Anticostie s'est tu une ile secrete chevreuil ne me fait pas vivre il y a plein de gens qui son roi et metre dans nos prisons si le steak est pas cuit a leur gout il le garoche la vrais place pour eux .Ces une place qui n'est pas sens resource naturel sans detruire l'environnement .Pour y revenir a mes petits( mom) qui coute chere a la population la meilleur place pour eux Et pour ceux qui preche pour les drois des detenus emmener les avec eux S'il son asser (boucher) pour prechee pour ces pauvres eux.ILS reflechirons avent de gacher la vie de millier de gens.C'est pas un cadeau eux pourquoi ne pas sens faire un" Les beans dans leur assiette y von les trouver bonne.Les chevreuils non rien afaire la y en avais pas avent nos fermiers ont du boeuf qui coute moin chere que le chevreuil .J'aimerais avoir de la documentation sur l'ile Merci »

  • Gaétan Laprise
    Abonné
    dimanche 16 novembre 2008 10h08
    Quelques réponses
    « M. Boivin
    Bien sûr que l'option d'augmenter la chasse a été envisagée. C'est la première qu'on a essayé. Mais il faudrait en prélever 30 000 à 50 000 la première année et ensuite 20 000 à 30 000 les années suivantes pour maintenir la population de chevreuils. La réalité ; capacité d'accueil des pourvoiries, transport aérien $, succès de chasse en baisse (les chasseurs sont prêts à payer cher pour un très bon succès de chasse. Mais s'il baisse ?), rendent l'opération infaisable.

    M. Doré
    Je ne suis pas patron, et tous ceux; biologistes, techniciens et ingénieurs, chercheurs, spécialistes et chasseurs qui ont travaillé à ce projet non plus. Juste des gens qui, devant un problème, ont tâché de mettre sur pied des solutions.

    M. Roy
    Le but n'est pas de maintenir les chevreuils à un niveau artificiellement élevé, mais ASSEZ élevé pour assurer la survie d'une chasse de grande qualité, et ainsi celle des emplois et de Port-Menier. La population de chevreuils va baisser. Par ces aménagements nous espérons qu'elle baisse moins vite et moins bas.

    Je suis d'accord avec vous que les coûts pour se rendre à Anticosti sont élevés (j'y vis depuis 25 ans) mais j'ai peu d'espoir qu'ils baissent beaucoup.

    M. Thibault
    Un sapin mature coupé vaut pas mal de $, puis on attend 75 ans qu'il pousse pour le couper de nouveau. La récolte d'un chevreuil, orignal, caribou, etc. rapporte moins. Mais peut être répété à chaque année ! Calculez le rendement sur 75 ans...

    M. Boyer
    La grande majorité des emplois à Port-Menier provient de l'industrie de la pourvoirie et de la coupe forestière. Notre plus grande ressource renouvelable est le chevreuil. Et ce n'est pas parce qu'on le chasse qu'on ne l'aime pas, surtout en brochette.

    L'activité de la chasse crée plus de 200 emplois, des gens de la Côte-Nord, Gaspésie, Bas St-Laurent, etc. qui paient leurs impôts. Les 2 500 américains qui viennent chasser paient au gouvernement 300$ par permis (1/2 millions de $). Sans compter les hôtels, restos et services sur place. Les retombées de la chasse sont de plus de 15 millions, partout au Québec. C'est ça les ressources des régions.

    Alex.
    Anticosti. »

  • François Brassard
    Abonné
    dimanche 16 novembre 2008 20h22
    Le risque d'une économie basée sur la surpopulation du cerf de Virginie
    « Le cerf à Anticosti est un cas classique de biologie 101. Introduction d'une espèce dans un écosystème qui lui est étranger, croissance incontrôlée de la population en l'absence de prédateur naturel. Sur-utilisation des ressources disponibles, dans ce cas les sapinières boréales. Allez chers étudiants : dans combien de temps la population de cerfs frôlera-t-elle la disparition ? Quel sera son impact sur les écosystèmes de l'île ? Savanisation des forêts, «monoculture d'épinette blanche» ? Etc. Mais, le cas d'Anticosti n'est pas théorique. C'est pourquoi une batterie de chercheurs et praticiens l'étudient et expérimentent des solutions. L'économie de la petite communauté de Port-Meunier dépend du maintien de cette situation de surpopulation. Mais peut-on maintenir une économie longtemps sur la base d'un déséquilibre écologique ?

    M. Francoeur fait une description détaillée des impacts de la surpopulation de cerfs sur la biodiversité de l'île, où la proie a fait disparaître le prédateur naturel, l'ours noir (faut le faire!...) Mais la solution retenue qui vise à restaurer la biodiversité grâce aux exclos tout en maintenant la surpopulation de cerfs ne peut être qualifiée d'aménagement écosystémique. Elle maintient artificiellement le déséquilibre écologique. C'est le beurre et l'argent du beurre.

    Une question demeure : même avec les plus ingénieux systèmes d'«exclos», pendant combien de temps pourra-t-on tenir ce beau pari sur cette île de près de 8 000 km2? Cette question est fondamentale pour les habitants de Port-Menier qui devraient aussi imaginer un plan B...

    Voir suite de cette réflexion sur Silva libera :

    http://silvalibera.blogspot.com/2008/03/cerf-de-virginie-et-amnagement.html »

  • Vincent Gerardin
    Abonné
    dimanche 16 novembre 2008 20h58
    Gestion écosystémique?
    « Le travail d'aménagement forestier intégré qui a cours sur l'île d'Anticosti mérite réellement notre attention, car c'est certainement, comme vous le dîtes, la seule véritable expérience au Québec de gestion intégrée des ressources forestières dont un des objectifs majeurs, et peut-être même prioritaire, est le maintien d'une population de cerfs de Virginie en santé et en équilibre avec son milieu.
    Cependant, ce n'est pas forcément un bel exemple d'aménagement écosystémique, car dans tout système écologique équilibré, on retrouve naturellement un équilibre entre tous les maillons de la chaîne trophique (chaîne alimentaire). Or à Anticosti, un maillon manque notoirement, celui des prédateurs; et tout comme vous le faites, derrière ce projet de contrôle de l'habitat, les chercheurs escamotent très rapidement cette question, pour des raisons qui pour nous demeurent obscures. Et ce d'autant plus, quand on sait que le grand parc états-uniens de Yellowstone a récemment réintroduit le loup; là on peut certainement parler de gestion écosystémique.
    Nous avons développé cet argumentaire écosystémique dans un article publié il y a deux ans dans le quotidien «Le Soleil» sous le titre «Anticosti : les loups pour sauver les cerfs», article que nous avons ensuite rapatrié dans notre blogue Silva libera : http://silvalibera.blogspot.com/2008/03/cerf-de-virginie-et-amnagement.html. Je vous invite à le lire, et éventuellement, si cela vous intéresse, de réagir en ligne sur Silva libera : en tous cas, nous sommes très intéressés par votre opinion.

    Vincent Gerardin
    Silva libera
    http://silvalibera.blogspot.com/ »

  • Gaétan Laprise
    Abonné
    lundi 17 novembre 2008 22h05
    Biologie 101
    « Monsieur Brassard

    C'est drôle, mais je ne suis pas convaincu que vous ayez fait votre biologie 101. Parce que le cerf ne frôlera pas la disparition à Anticosti. Pensez-y 2 secondes ; lorsque la population diminuera, la régénération s'améliorera, les cerfs, moins nombreux, en profiteront et survivront mieux. Ça s'appelle des équilibres multiples. C'est de la biologie 201.

    Oui l'ours noir est un prédateur « potentiel » du cerf, occasionnel préciserai-je. Le fait qu'il ait été éliminé par un herbivore demeure unique dans les annales, mais c'est lui-même un herbivore (frugivore plutôt) à 75 % ; biologie 101.

    Je le répète; le but des exclos n'est pas de maintenir la population au niveau actuel mais de ralentir sa chute et permettre aux gens et entreprises de s'adapter à ce changement.


    Monsieur Gerardin

    Votre article dans le Soleil n'a pas suscité beaucoup de réactions, je le comprend. Une fois énoncé comment ce serait important d'introduire le loup à Anticosti (introduction toute aussi artificielle que celle du Cerf de Virginie) et qu'on y jongle plus de 2 minutes, l'idée se révèle plutôt creuse.

    L'introduction du chevreuil a eu des résultats inattendus et spectaculaires. De celle du loup, la seule chose dont on soit certain c'est la catastrophe qu'elle susciterait. Pour la population de chevreuil et la population humaine.

    Anticosti, comme la plus grande partie de l'Amérique du nord, a été modifiée par l'être humain et ses actions. Penser revenir à un état antérieur « d'équilibre » est utopique. Aucun système en équilibre n'est statique. Il passe d'un état à un autre, plus ou moins long, plus ou moins stable. La stabilité, la normalité d'un système naturel sont des vues de l'esprit.

    Comme beaucoup de gens qui se prétendent « écologistes » vous semblez oublier le rôle de la plus importante espèce animale dans la majorité des écosystèmes de la planète...

    Je vous signale qu'il y a dans les exclos d'Anticosti un prédateur extrêmement important : Il se nomme Denis, Danièle, Bernard, Joël ou André...

    L'un d'eux;
    Alex. »

  • François Brassard
    Abonné
    mercredi 19 novembre 2008 19h55
    Un nouvel équilibre écologique est nécessaire sur Anticosti
    « Alex,

    C'est justement la recherche de ce nouvel équilibre, votre bio 201, que l'on discute depuis un certain temps notamment dans notre article publié dans le Soleil en août 2006, repris par Silva libera. Ça ne prend pas des études doctorales sur la dynamique des populations d'espèces invasives pour comprendre qu'il y a un sérieux problème écologique sur Anticosti. D'ailleurs, je crois qu'il y a un consensus sur ce fait : la surpopulation de l'espèce introduite est problématique sur plusieurs points dont celui de la biodiversité, de sa propre survie et de l'économie qu'elle supporte.

    C'est plutôt sur les moyens choisis pour résoudre le problème que la discussion porte. Sur ce point, il est important que les praticiens et scientifiques qui supportent la solution exclusive des «exclos» soient capables d'accepter la critique et d'échanger avec civilité sur le sujet.

    Plusieurs solutions sont possibles et peuvent être combinées pour ramener la population de cerfs de Virginie en équilibre avec le milieu. Nous ne prétendons pas avoir trouvé la ou les bonnes solutions, mais nous questionnons sérieusement l'efficacité des «exclos» vis-à-vis l'ampleur du problème. Ce choix maintient les écosystèmes forestiers d'Anticosti sous «respirateur artificiel». »

  • Michel Thibault
    Abonné
    jeudi 20 novembre 2008 16h52
    Bris de l'équilibre naturel
    « Anticosti est un bel exemple de ce qui risque d'arriver à un écosystème lorsqu' une espèce étrangère y est introduite.

    La végétation subit l'assaut de l'espèce introduite comme dans un enclos d'élevage. L'équilibre de la nature y est rompu.

    La seule rentabilité économique prend le dessus. L'homme vient en compétition avec la nature et son imagination (exclos) est nécessaire pour conserver ses privilèges. »

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