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Pour enfants ou pour chiens?

Jeanne Corriveau   1 novembre 2008  Société
Malgré les apparences, le parc Percy-Walters n’est pas ce qu’on appelle un «parc à chiens». Il s’agit plutôt d’un espace vert que se sont appropriés les amis des chiens il y a des décennies.
Photo : Jacques Nadeau
Malgré les apparences, le parc Percy-Walters n’est pas ce qu’on appelle un «parc à chiens». Il s’agit plutôt d’un espace vert que se sont appropriés les amis des chiens il y a des décennies.
Milo, un labrador chocolat, traverse en trombe le parc Percy-Walters, ivre de liberté. Comme ses congénères, il gambade sans laisse dans cet oasis de verdure situé à deux pas du centre-ville de Montréal. Mais ces courses sans contraintes sont tout à fait illégales car, malgré les apparences, le parc Percy-Walters n'est pas ce qu'on appelle un «parc à chiens.» Il s'agit plutôt d'un espace vert que se sont appropriés les amis des chiens il y a des décennies. Le règne canin tire à sa fin car l'arrondissement de Ville-Marie s'apprête à réaménager l'endroit afin, notamment, d'y installer une aire de jeu pour enfants. Les chiens seront dès lors confinés à un enclos.

Situé au pied du mont Royal, à proximité de l'université Concordia, le parc Percy-Walters s'étend sur 7000 mètres carrés de terrain en pente douce. Ceinturé d'un mur de brique et de clôtures, l'endroit est devenu un paradis pour les chiens et leurs maîtres qui viennent parfois de loin pour laisser leur bête s'ébattre en toute liberté. Aux trois entrées pourtant, des écriteaux installés bien en vue rappellent que le parc est destiné aux enfants et aux familles, et que les chiens doivent être tenus en laisse en tout temps.

«C'est un endroit unique à Montréal car c'est un des rares lieux où on a accès à une aire d'exercice pour les chiens avec un boisé et la superficie est intéressante», explique Natalie Bussière, la maîtresse de Marcel, un habitué des lieux. Il y a des gens qui viennent de partout dans la ville pour venir y promener leur chien.» Les propriétaires sont respectueux de l'endroit, assure-t-elle. Au fil des ans, ils ont même pris en main l'entretien des lieux, repeignant les bancs publics et plantant arbres et fleurs.

Les autorités municipales tolèrent la situation et les policiers sévissent rarement dans le parc. Mais une menace plane sur la gent canine. L'arrondissement de Ville-Marie a élaboré des plans qui sèment l'émoi chez les amoureux des chiens. D'ici à 2010, les autorités entendent réaménager le parc pour y installer deux aires de jeux pour enfants, l'une pour les 2 à 5 ans et l'autre pour les 6 à 12 ans, auxquelles se greffera une place publique destinée à accueillir des activités culturelles. Le projet prévoit également l'aménagement d'un espace planté d'arbres et de végétaux. Les chiens disposeront pour leur part d'un enclos d'une superficie de 2500 mètres carrés afin de s'ébattre en toute légalité cette fois.

Contestation

Lors d'une réunion publique mardi soir dernier, les amis des chiens ont manifesté bruyamment leur opposition au projet. Certains d'entre eux ont chahuté le conseiller municipal de Vision Montréal dans le district Peter-McGill, Karim Boulos, venu présenter le projet en compagnie de sa collègue d'Union Montréal, Catherine Sévigny. L'agressivité de plusieurs participants, qui tiennent mordicus à ce que le parc reste tel quel, a laissé une forte impression de malaise, ont confié quelques témoins de la scène. Moins nombreux, des parents de jeunes enfants ont exprimé leur souhait de pouvoir profiter d'un parc sécuritaire doté de jeux adaptés à leur progéniture. «C'est une honte de vouloir confiner les chiens dans un petit enclos. Montréal n'est pas une ville accueillante pour les chiens, et il n'y a pas suffisamment d'endroits pour leur permettre de s'ébattre», commente Rika Bohbot, rencontrée hier au parc avec son chien Milo.

Le président de l'Association des amis du parc Percy-Walters, Paul Singer, soutient que le nombre limité d'enfants dans le quartier ne justifie pas l'ambitieux projet de la Ville. Au fil des décennies, rappelle-t-il, le secteur s'est densifié, les tours se sont multipliées et les familles ont quitté le quartier. «La fréquentation du parc a évolué comme celle de la population puisque les enfants ont fui le centre-ville pour se retrouver dans de nombreuses banlieues, explique-t-il. La démographie du centre-ville a favorisé les mieux nantis et les étudiants, de telle sorte que peu d'enfants utilisent le parc aujourd'hui. Non pas qu'ils en soient exclus d'aucune façon, mais on retrouve maintenant surtout des étudiants et des gens plus âgées qui n'ont plus d'enfants à la maison.»

Don à la Ville

Pour bien comprendre la complexité du litige qui opposent les propriétaires de chiens aux autorités municipales, il faut remonter dans le temps. C'est en 1943 que Percy Walters, un homme d'affaires d'origine britannique, a fait don du terrain à la Ville de Montréal. Dans l'acte de cession, il insiste sur la vocation familiale du parc: celui-ci est destiné aux enfants, mais il ne doit comporter aucun équipement de jeu bruyant, comme des balançoires ou des glissoires, une condition qui peut paraître inusitée aujourd'hui. L'idée du donateur était de préserver la quiétude des lieux.

Paul Singer précise que le document original rédigé en anglais mentionne «les enfants, leurs parents et leurs compagnons». À cette époque, soutient-il, le terme «companions» renvoyait aux animaux de compagnie, soit les chiens.

Le conseiller Karim Boulos rejette cette interprétation. «On a fait des recherches. En 1943, connaissant l'aristocratique anglophone de Montréal, "companions" signifiait "nannies" », explique-t-il, tout en admettant qu'on ne peut être certain à 100 % de la signification des termes utilisés par M. Walters.

De minutieuses recherches

Conscientes du caractère explosif du dossier, les autorités n'ont négligé aucun détail. Trois avocats spécialisés en enquête ont eu pour mandat de retrouver les héritiers de M. Walters. Ils n'auraient trouvé qu'un neveu à Montréal, mais celui-ci serait décédé dans les années 90, indique M. Boulos.

L'arrondissement a également consulté le contentieux de la Ville. M. Boulos soutient que, selon la jurisprudence, lorsque plus de 60 ans se sont écoulés après la cession d'un terrain, la Ville peut utiliser l'endroit «selon son jugement», dans la mesure où elle respecte la vocation du parc. Malgré tout, l'arrondissement a voulu user de prudence. Les équipements pour enfants seront sobres: les grands pourront grimper dans des structures de cordes, tandis que les petits auront droit à une glissoire et à des équipement de petit gabarit.

S'il en restait, les héritiers approuveraient-ils le projet de la Ville? Karim Boulos croit que oui. «Je pense qu'ils seraient contents que, finalement, on fasse quelque chose pour les enfants. Pendant plus de 60 ans, personne n'a pensé à eux si ce n'est de les faire courir comme des fous sur une pente qui n'est pas vraiment sécuritaire», dit-il. Il indique que les enfants sont de plus en plus nombreux dans ce quartier du centre-ville. Le plus récent recensement révèle que, dans un rayon de 800 mètres, le quartier compte 750 enfants âgés de moins de 14 ans. «Il faut permettre à ceux qui veulent utiliser le parc de le faire. Pourquoi les besoins des uns seraient plus importants que les besoins des autres?, demande M. Boulos. Les chiens auront toujours accès au parc et ils auront même une aire de jeux où ce qu'ils feront deviendra légitime.»

Ce ne serait pas la première fois que la Ville tente de régler la polémique car les plaintes des parents ont été nombreuses au fil des ans. «C'est une patate chaude que tout le monde s'est passée de génération en génération», affirme M. Boulos. Dans les années 90, l'administration de l'ex-maire Pierre Bourque avait retiré les clôtures entourant le parc afin que cessent les gambades libres des chiens. «Il y a eu un tollé. Ç'a été la fin du monde. Et la Ville les a réinstallées, relate-t-il. Et ce n'est pas fini...»

Un compromis

Ce n'est pas fini parce l'arrondissement poursuivra les discussions avec les représentants des usagers du parc. Une rencontre est d'ailleurs prévue au cours de la prochaine semaine avec le président de l'association, Paul Singer. Celui-ci croit qu'un compromis est possible: «Je pense qu'il faut faire une place aux poupons, tout en respectant les voeux du donateur, de même que le caractère patrimonial et l'état naturel du parc», dit-il.

Si les propriétaires de chiens rencontrés hier matin au parc Percy-Walter étaient tous en faveur de l'aménagement d'une aire de jeux pour enfants, ils ont tous dénoncé les contraintes d'espace qui leur seront imposés. «À 8 heures le matin et à 17 heures, il y a environ 30 chiens qui s'ébattent ici. Comment cela va-t-il se passer dans un petit enclos?» s'est demandé Temzin Namgyal.

Un espace pour les enfants, d'accord, convenait Joanne Baril, mais il serait plus judicieux de songer à un aménagement plus modeste afin de consacrer le reste de l'argent à des dossiers plus pressants tels que la réfection des infrastructures.






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  • eric turenne
    Inscrit
    samedi 1 novembre 2008 07h10
    L'enclos
    « Pourquoi pas un enclos pour les enfants et le reste du parc pour les chiens! »

  • Michel Coron
    Abonné
    samedi 1 novembre 2008 08h14
    L'Arboretum Morgan de Baie d'Urfée: un autre cas d'envahissement canin.
    « Durant de longues années, j'aimais aller me promener dans ce splendide parc. Un espace aménagé pour les propriétaires de chiens en liberté d'un coté, un autre pour les promeneurs, joggers, jeunes enfants et...chiens en laisse de l'autre.
    Graduellement, les promeneurs solitaires et les parents avec enfants sont disparus pour faire place à l'envahissement à la grandeur du parc de meutes de chiens en liberté qui vous sautent dessus avec leurs pattes boueuses ou qui reviennent de leurs incusions dans les bois avec un animal égorgé ou un oiseau ensanglanté.
    De surveillance, point. Cela coûte trop cher, m'a-t-on expliqué. La vraie raison provient du Conseil d'dministration de l'Arboretum Morgan. Y siègent des propriétaires de chiens qui ne demandent pas mieux que de se sentir pleinement chez eux à la grandeur du parc.
    Il est regrettable que pour satisfaire des gens qui n'ont aucun sens du civisme, il faille leur laisser le champ libre. À plus de $100 par année pour s'inscrire, c'est payer cher la présence de cerbères mal élevés. Faudra-t-il se résoudre comme aux USA à inscrire sur des panneaux: "Dogs allowed. Children must be on a leash" !!! Pour ma part, je refuse ça. J'aime trop les enfants pour leur faire une vie de chien. »

  • Jean-François Lacerte
    Inscrit
    samedi 1 novembre 2008 08h31
    Un parc à partager
    « J'ai un chien de 50 kg, fringuant et revenu à la santé. Il est un grand utilisateur de parc canin, surtout à Villeray-Petite Patrie et Outremont. Je comprends la frustration des propriétaires de chien si on leur enlève tout, mais inutile d'être agressif! Un chien n'a pas besoin d'un parc complet pour se délier les muscles et faire ses besoins. Un enclos de plus ou moins 800 mètres carrés suffit largement pour 30 chiens. Sinon, que ces gens migrent vers le parc d'Outremont qui est le plus grand et le plus beau de Montréal et pas trop loin de la montagne. Certes, on parle de le déplacer lui aussi (ce qui est un autre problème...), mais ce n'est pas fait et en attendantm qu'ils en profitent! »

  • Normand Desjardins
    Abonné
    samedi 1 novembre 2008 11h07
    Il ferait bon de se rappeler...
    « ... que les chiens sont des animaux de ferme bons pour éloigner les loups du bétail. Il n'y a pas si longtemps, ces animaux vivaient dehors, dans des niches, comme il se doit. Cette folie dispendieuse pour les propriétaires et pour le public en général (enclos, entretien des parcs et des trottoirs, etc...) de garder et d'élever des chiens en milieu urbain devrait être tout simplement bannie.

    Ceux qui, comme M. Turenne, place le bien-être des chiens au-dessus de celui des enfants et de la population devraient aller se faire soigner. »

  • Andre Sirois
    Inscrit
    samedi 1 novembre 2008 12h57
    Parc n'est pas terrain de jeux
    « Il y a la un sérieux problème de sémantique a la Ville de Montréal. En français, et en France, il y a une nette distinction entre parc et terrain de jeux. Pour la Ville de Montréal il n'y en a pas. Pour cette raison, il n'y a pratiquement plus de parcs a Montréal. On les transforme en terrains de jeux ou y construit des projets d'aménagement de toutes sorte. Ce n'est pas le cas ailleurs: ou l'on respecte la distinction. Un parc est un parc.
    Quant aux chiens, doit-on sacrifier le peu d'espaces verts que nous ayons pour les propriétaires de chiens (je vise bien les "propriétaires de chiens" et non les chiens eux-mëmes, qui nous dépossèdent du peu d'espaces verts que nous ayons, sans respect de la loi ni des droits de propriété.
    Un exemple: le terrain vert de la Commission scolaire qui longe la rue Davidson, au sud d'Hochelaga. Il y a bien 20 ans que ce grand terrain, interdit a quiconque, a été accaparé par les propriétaires de chiens, et eux-seuls. La Commission scolaire a-t-elle les moyens de leur faire ce cadeau? Pourquoi n'en ferait-elle pas un parc en en permettant l'accès aux contribuables qui ont payé ce terrain? »

  • Pierre-E. Paradis
    Inscrit
    dimanche 2 novembre 2008 10h19
    L'industrie des animaux domestiques : une maladie sociale
    « Cet « amour » des animaux est typique de personnes immatures incapables de relations saines avec d'autres être humains. Leur agressivité dans les débats municipaux, qui est loin d'être exceptionnelle, est là pour le prouver.

    Et de manière plus globale, l'industrie des animaux domestiques est un tare héritée de la haute société française et britannique, et qui a passé aux classes populaires. Un « marché de niche» fait sur mesure pour des riches qui s'ennuient.

    Mais où est la logique? On aime les chats et les chiens, quitte à les croiser jusqu'à ce qu'ils deviennent des consanguins arthritiques, et on met les autres autres espèces dans notre assiette? »

  • Louis Horvath
    Inscrit
    dimanche 2 novembre 2008 12h45
    Avoir ou ne pas avoir de classe
    « Pour avoir travaillé dans le coin longtemps, je ne suis nullement surpris de cette nouvelle. Le coin regorge de gens qui ont une très haute estime d'eux-mêmes. Il est donc tout-à-fait normal qu'ils ne tolèrent aucune contrariété et que par conséquent, ceux qui ont préféré un enfant à un chien n'ont tout simplement pas la classe nécessaire pour aller au parc (sauf si, bien sur, ils ont un/du chien). Si un jour je lègue un parc (peu probable mais enfin) elle serait surplombée d'une grande affiche : "Réservé uniquement à ceux dont l'ego passe dans cette porte". »

  • Jacques Lafond
    Abonné
    dimanche 2 novembre 2008 18h10
    Chiens Vs enfants
    « La valeur marchande du terrain de 2500 mètres carrés en plein centre ville de Montréal que la Ville veut réserver officiellement aux chiens est d'environ $13 millions.

    Face à cette réalité, que les propriétaires de chiens se montrent agressifs à une réunion de la Ville, pour conserver la totalité d'un terrain dont ils n'avaient pas le droit d'utiliser de toute façon, relève de l'absurde !!

    Je connais très bien ce parc. Plusieurs résidents dans les alentours se plaignent des aboiements continuels très tôt le matin, et en fin d'après midi. Des centaines d'enfants n'utilisent pas ce parc à cause de chiens, justement.

    Les propriétaires de chiens doivent se compter très chanceux de la proposition de la Ville de Montréal; parce qu'est une proposition des plus raisonnable et des plus généreuse.

    Personnellement, moi, les chiens (et surtout leurs propriétaires), j'ai aurais foutu à la porte complètement de ce parc depuis très longtemps .... »

  • Sophie Breton
    Inscrite
    mardi 11 novembre 2008 01h56
    Montréal, une ville antichien ?
    « Je reviens tout juste d'un voyage et on m'apprend qu'un des seuls vrais parcs pour chien de Montréal deviendra une aire de jeux pour enfants! Eh oui, le parc Percy-Walters. Quel projet ridicule. La population entourant ce parc est assez bien nanti pour se payer nounous et autres pour envoyer leurs enfants jouer ailleurs qu'au centre-ville. D'autant plus que le parc en question comprend une pente prononcée qu'il faudrait niveler ou clôturer pour les bambins. Je n'ai absolument rien contre les enfants, bien au contraire.
    Seulement, la majorité des autres parcs de l'île sont minuscule, ne comprennent souvent pas d'abreuvoir, pas de poubelles ou encore sont ne sont pas entretenus ou couverts... de gravier. Le parc Percy-Walters est magnifique, on s'y croirait presque à la campagne avec ces bancs, ces arbres et sa verdure. Les gens y sont heureux et responsables, les crottes, elles sont ramassées. D'ailleurs, quiconque fréquente un tant soit peu le parc en question se rend vite compte qu'il est très fréquenté, par des gens venant parfois de loin. Je parle d'expérience. Pourquoi viennent-ils de si loin ? Pourquoi des gens ce sont-ils appropriés ce parc et en prennent volontairement soin ? Oui, oui, les fleurs, les bancs, le bol d'eau ne sont pas des dons de la ville !
    Avec la nouvelle loi qui empêche les locataires de posséder un chien, les propriétaires les acceptant étant plus que rares, l'interdiction des chiens dans les aires de jeu, la piètre qualité des parcs pour chien de la ville et l'absence ou presque de lieux officiels permettant aux chiens de se dégourdir les pattes, on peut dire que le Québec mérite bien la réputation que les sociétés et autres associations travaillant à la protection des animaux lui connaissent. En plus, il y a tout un tas de petits bourgeois qui perçoivent encore le chien comme un animal de la ferme! Et vous monsieur, êtes-vous toujours cultivateurs? Sans tomber dans les extrêmes, les chiens, comme les chats sont des animaux domestiques. Seulement, ils ont besoin d'aller à l'extérieur, de faire de l'exercice, de socialiser avec les leurs, bref d'être des chiens.
    Un parc pour chien, ce n'est pas un collier pour chien serti de diamants, c'est un endroit qui permet aux chiens comme à leur maîtres de socialiser, de se détendre et de prendre un bol d'air frais. Autrement dit, amener son chien au parc n'est pas une gâterie inutile ni le signe d'un amour maladif pour les animaux, mais bien une nécessité pour tous les propriétaires de chiens responsables. Les anglophones ont compris cela depuis longtemps. D'ailleurs, n'est-ce pas étrange (pour ceux qui croit encore qu'avoir un chien à la maison n'est pas normal) que les quartiers ayant justement un parc pour chien décent soient plus souvent qu'autrement les mieux nantis ? Enfin, c'est bien triste à dire, mais il se trouve qu'énormément de gens considère encore les animaux domestiques comme des choses et l'amour de ceux qui cherchent à les protéger, une lubie.
    Comment expliquer autrement le fait que le Québec détienne, proportionnellement à sa population, le plus grand nombre d'abandons d'animaux de compagnie en Amérique du Nord, sans parler des usines à chiots... D'ailleurs, pourquoi les trois quarts des refuges pour animaux montréalais sont anglophones ? Le dossier dont il question n'oppose pas les enfants aux chiens. Si ce parc est devenu ce qu'il est, c'est bien parce que les gens en avaient besoin. Ce n'est pas de l'envahissement, c'est le résultat d'une politique municipale faisant fi des besoins de ces citoyens. Des aires de jeux, il y en a déjà. De plus, les personnes qui détestent les chiens, comme M. Lafond et autre devraient se mêler des dossiers qui les concernent. Si vous ne fréquentez pas ce parc, ne connaissez ni le quartier ni le dossier, il vaut parfois mieux de passer le micro au suivant... »

  • Marc Savoie
    Inscrit
    mercredi 12 novembre 2008 00h00
    Le comportement des Montréalais à l'égard des chiens.
    « N'est-ce pas Gandhi qui disait qu'on reconnait la grandeur d'une nation à la manière dont elle traite les animaux? Je crois que les commentaires négatifs à l'égard des chiens publiés ci-bas sont le résultat de l'ignorance (qui confine parfois, il faut bien l'avouer, à la bêtise). Les chiens ne sont pas uniquement des animaux de ferme. On les utilise en zoothérapie, comme chiens policiers, de chasse, etc. Ce sont aussi des compagnons très utiles pour lutter contre la solitude ou simplement pour agrémenter notre existence. Ce sont également souvent des amis fort appréciés des enfants, ne l'oublions pas. Au Québec, malheureusement, le nombre de mauvais propriétaires de chiens, alarmant il est vrai, est loin de rivaliser avec le nombre de gens incapables de supporter leur présence, même lointaine. Je crois sincèrement que c'est encore plus vrai du côté francophone. Le parc dont il est question dans l'article, je le fréquente. Les gens qui y viennent et qui ont pris la liberté d'y faire courir leur(s) chien(s), je les admire (pour la plupart). Leur attitude a été négative? Pour les comprendre, il ne faut pas parler d'égo ou de je ne sais quoi d'autre, il faut simplement avoir été soi-même propriétaire d'un chien à Montréal (difficulté à se trouver un logement, enclos boueux sans aucune verdure, aucun parc à l'extérieur de la ville qui accepte nos bêtes, à part quelques terrains vagues, bref, une vraie honte). Vous croyez qu'il est anormal d'avoir un chien en ville? C'est amusant. Allez dire cela en France, en Angleterre, ou simplement à nos voisins, en Ontario. Mon Dieu! Mais tous ces endroits sont donc remplis d'anormaux??? Tsss.
    P.S. 500 000 animaux abandonnés au Québec par année pour une population de 7 000 000 vs 100 000 animaux abandonnés en France pour une population de 64 000 000! Gandhi ne serait pas très fier! Kundera non plus. »

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