Les fêtes du 400e de Québec - Retour sur une catastrophe évitée
Photo : Jacques Nadeau
Le spectacle de Paul McCartney sur les plaines d’Abraham, le 20 juillet, fut l’un des événements qui, à la suite du redressement effectué par Daniel Gélinas, ont contribué au succès des fêtes du 400e.
Québec — Le 400e a connu tant de succès cet été que l'on a presque oublié la catastrophe qu'il a failli devenir. Pour la première fois depuis des mois, l'un des administrateurs du 400e lève le voile sur la crise qu'a traversée l'organisation avant l'arrivée de Daniel Gélinas.
Au lendemain d'une série de départs au sein de l'équipe de direction, dont certains membres étaient soupçonnés de conflit d'intérêts, M. Gélinas avait dit aux médias que des explications seraient fournies une fois la fête terminée. Or, à l'approche de la clôture, on nous dit qu'une telle rétrospective n'est pas prévue.
La responsable des communications, Luci Tremblay, assure qu'un bilan administratif sera remis aux bailleurs de fonds — les trois ordres de gouvernement —, mais pas question de revenir sur les problèmes du passé. «Ce ne sera jamais couvert. Oui, s'il y avait eu un gouffre financier, un flop ou un problème grave. Là, on n'a pas à expliquer, ça a tellement été un succès.» Et si les gouvernements le réclamaient? «Ça n'arrivera pas. C'est eux qui ont sonné la sonnette d'alarme. C'est à leur satisfaction. Donc tout est beau, on tourne la page.»
Toutefois, au bureau du maire de Québec, Régis Labeaume, on nous dit que ce dernier est très «sensible» à cette question et qu'il compte en discuter avec le président du conseil d'administration, Jean Leclerc.
Par ailleurs, Le Devoir a pu obtenir certaines explications d'un des membres de ce même conseil, l'homme d'affaires Daniel Gauthier. D'après lui, si le 400e a éprouvé de graves problèmes jusqu'à l'arrivée de Daniel Gélinas, c'est que l'ancienne équipe de direction n'avait pas d'expérience en production d'événements.
«Moi, dès le départ, j'avais préconisé qu'on aille au maximum en sous-traitance, qu'on travaille avec les gens qui sont déjà dans l'industrie; le 400e avait décidé de réaliser à l'interne beaucoup de productions, et je pense que c'est ce qui a été difficile. Tu ne peux pas bâtir ce genre d'expérience en si peu de temps», a déclaré le président du Groupe Le Massif et ex-p.-d.g. du Cirque du Soleil.
«Tu fais affaire avec les boîtes qui font ça à l'année. Tu fais affaire avec le Cirque du Soleil, avec Ex Machina, avec le Festival d'été. [...] Les meilleurs, ils travaillent tous, ils sont déjà dans des boîtes.» Témoin de la difficulté de l'organisation à recruter du personnel compétent, l'administrateur dit avoir vite compris «qu'ils n'arriveraient pas à trouver une équipe suffisamment forte».
Créée en 2000 par les trois ordres de gouvernement, la Société du 400e, une organisation à but non lucratif, s'est fait confier un budget totalisant 90 millions de dollars. Or, les Fêtes semblaient se diriger tout droit vers un désastre avant le redressement effectué début 2008 par Daniel Gélinas.
M. Gauthier soutient qu'à son arrivée au conseil d'administration en 2005, l'organisation avait déjà décidé de miser sur des productions à l'interne et qu'un changement d'approche semblait alors impossible.
«L'idée n'était pas mauvaise sauf que monter une équipe de production du calibre que ça prenait, ce n'est pas évident.» Une situation compliquée, dit-il, par le «jeu de tous les intervenants, le politique, la Ville, les gouvernements.»
Entre 2001 et 2008, quatre hommes se sont succédé à la tête du 400e: Roland Arpin (2001-2004), Raymond Garneau (2004-2005), Pierre Boulanger (2005-2008) et Daniel Gélinas (2008).
Rappelons en outre qu'à son arrivée, M. Gélinas a remplacé presque tous les membres de la direction de l'organisme. De plus, l'organisme a changé quatre fois de responsable des communications en moins d'un an.
Toutefois, Daniel Gauthier insiste pour ne blâmer personne en particulier. À son avis, le prédécesseur de Daniel Gélinas, Pierre Boulanger, a fait ce qu'il pouvait dans les circonstances. «Pierre Boulanger a fait un excellent travail à la limite de ses connaissances et de ses compétences dans le show-business. À un moment donné, le show-business l'a rattrapé.»
Quant à Danny Pelchat, malgré son expérience notamment au Cirque du Soleil, il manquait à son avis d'enracinement local et de contacts. «Danny, ça faisait trop longtemps qu'il était en Europe. Manque de ressources, manque de contacts. Daniel [Gélinas], lui, il savait à qui parler à Québec.»
Dressant des parallèles avec les fêtes de Québec 84 et le 350e anniversaire de la fondation de Montréal, Daniel Gauthier estime que ce genre d'organisation est en quelque sorte destiné à éprouver des difficultés.
«Ce sont toujours des missions impossibles», lance-t-il à propos de ces «grosses organisations aux mandats éphémères». Dès lors, M. Gauthier croit que le 400e s'en est plus que bien sorti. «Les gens disent que ça a été dur: c'est normal. [Dans] ce genre d'organisation d'événements, c'est normal qu'il y ait des dommages collatéraux.»
Au lendemain d'une série de départs au sein de l'équipe de direction, dont certains membres étaient soupçonnés de conflit d'intérêts, M. Gélinas avait dit aux médias que des explications seraient fournies une fois la fête terminée. Or, à l'approche de la clôture, on nous dit qu'une telle rétrospective n'est pas prévue.
La responsable des communications, Luci Tremblay, assure qu'un bilan administratif sera remis aux bailleurs de fonds — les trois ordres de gouvernement —, mais pas question de revenir sur les problèmes du passé. «Ce ne sera jamais couvert. Oui, s'il y avait eu un gouffre financier, un flop ou un problème grave. Là, on n'a pas à expliquer, ça a tellement été un succès.» Et si les gouvernements le réclamaient? «Ça n'arrivera pas. C'est eux qui ont sonné la sonnette d'alarme. C'est à leur satisfaction. Donc tout est beau, on tourne la page.»
Toutefois, au bureau du maire de Québec, Régis Labeaume, on nous dit que ce dernier est très «sensible» à cette question et qu'il compte en discuter avec le président du conseil d'administration, Jean Leclerc.
Par ailleurs, Le Devoir a pu obtenir certaines explications d'un des membres de ce même conseil, l'homme d'affaires Daniel Gauthier. D'après lui, si le 400e a éprouvé de graves problèmes jusqu'à l'arrivée de Daniel Gélinas, c'est que l'ancienne équipe de direction n'avait pas d'expérience en production d'événements.
«Moi, dès le départ, j'avais préconisé qu'on aille au maximum en sous-traitance, qu'on travaille avec les gens qui sont déjà dans l'industrie; le 400e avait décidé de réaliser à l'interne beaucoup de productions, et je pense que c'est ce qui a été difficile. Tu ne peux pas bâtir ce genre d'expérience en si peu de temps», a déclaré le président du Groupe Le Massif et ex-p.-d.g. du Cirque du Soleil.
«Tu fais affaire avec les boîtes qui font ça à l'année. Tu fais affaire avec le Cirque du Soleil, avec Ex Machina, avec le Festival d'été. [...] Les meilleurs, ils travaillent tous, ils sont déjà dans des boîtes.» Témoin de la difficulté de l'organisation à recruter du personnel compétent, l'administrateur dit avoir vite compris «qu'ils n'arriveraient pas à trouver une équipe suffisamment forte».
Créée en 2000 par les trois ordres de gouvernement, la Société du 400e, une organisation à but non lucratif, s'est fait confier un budget totalisant 90 millions de dollars. Or, les Fêtes semblaient se diriger tout droit vers un désastre avant le redressement effectué début 2008 par Daniel Gélinas.
M. Gauthier soutient qu'à son arrivée au conseil d'administration en 2005, l'organisation avait déjà décidé de miser sur des productions à l'interne et qu'un changement d'approche semblait alors impossible.
«L'idée n'était pas mauvaise sauf que monter une équipe de production du calibre que ça prenait, ce n'est pas évident.» Une situation compliquée, dit-il, par le «jeu de tous les intervenants, le politique, la Ville, les gouvernements.»
Entre 2001 et 2008, quatre hommes se sont succédé à la tête du 400e: Roland Arpin (2001-2004), Raymond Garneau (2004-2005), Pierre Boulanger (2005-2008) et Daniel Gélinas (2008).
Rappelons en outre qu'à son arrivée, M. Gélinas a remplacé presque tous les membres de la direction de l'organisme. De plus, l'organisme a changé quatre fois de responsable des communications en moins d'un an.
Toutefois, Daniel Gauthier insiste pour ne blâmer personne en particulier. À son avis, le prédécesseur de Daniel Gélinas, Pierre Boulanger, a fait ce qu'il pouvait dans les circonstances. «Pierre Boulanger a fait un excellent travail à la limite de ses connaissances et de ses compétences dans le show-business. À un moment donné, le show-business l'a rattrapé.»
Quant à Danny Pelchat, malgré son expérience notamment au Cirque du Soleil, il manquait à son avis d'enracinement local et de contacts. «Danny, ça faisait trop longtemps qu'il était en Europe. Manque de ressources, manque de contacts. Daniel [Gélinas], lui, il savait à qui parler à Québec.»
Dressant des parallèles avec les fêtes de Québec 84 et le 350e anniversaire de la fondation de Montréal, Daniel Gauthier estime que ce genre d'organisation est en quelque sorte destiné à éprouver des difficultés.
«Ce sont toujours des missions impossibles», lance-t-il à propos de ces «grosses organisations aux mandats éphémères». Dès lors, M. Gauthier croit que le 400e s'en est plus que bien sorti. «Les gens disent que ça a été dur: c'est normal. [Dans] ce genre d'organisation d'événements, c'est normal qu'il y ait des dommages collatéraux.»
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