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Discrimination au quotidien

Jeanne Corriveau   30 septembre 2008  Société
Une photo d’élèves de l’école Henri-Bourassa tirée du documentaire La Couleur du temps
Une photo d’élèves de l’école Henri-Bourassa tirée du documentaire La Couleur du temps
Quand il a entrepris de tourner un documentaire sur la communauté haïtienne de Montréal, il y a deux ans, Ronald Boisrond ne se doutait pas de l'ampleur du choc sismique qui allait ébranler Montréal-Nord. Le regard qu'il pose sur l'exclusion et la pauvreté que vit la communauté noire, avec son documentaire La Couleur du temps, lève davantage le voile sur les tensions qui ont précédé l'émeute du 10 août dernier. Son film sera présenté le 12 octobre prochain sur les ondes de Canal D.

Lorsque sa famille est arrivée au Québec, dans les années 70, il n'y avait pas de Noirs au Québec, relate Ronald Boisrond, d'origine haïtienne. Un jour, une dame lui avait donné des bonbons, attendrie par ce «beau petit Noir» si unique. Plus de trois décennies plus tard, les temps ont bien changé. «Les jeunes Noirs n'inspirent pas l'admiration, mais la méfiance, la peur et la crainte. Comment l'image du gentil petit Noir a-t-elle pu se transformer en celle d'un nègre menaçant?», s'est demandé Ronald Boisrond en parcourant les quartiers de Montréal-Nord et de Saint-Michel au cours des deux dernières années.

Dans les années 80, la prison de Bordeaux ne comptait aucun détenu de race noire. Aujourd'hui, les Noirs forment 40 % des effectifs de cette prison, bien qu'ils ne représentent que 1 % de la population québécoise.

Pourquoi? Les raisons se résument à la pauvreté et à la discrimination, mais elles empruntent des chemins tortueux. Au-delà du racisme primaire, il y a cette subtile ségrégation qui fait en sorte qu'un jeune Noir est plus fréquemment signalé à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), pas parce qu'il a un «comportement déviant», mais parce que sa boîte à lunch n'est pas assez garnie ou parce que ses vêtements ne sont pas adéquats. Certains parents démissionnent trop vite quand la DPJ intervient, note le psychologue-criminaliste Emerson Douyou, qui dénonce le «racisme systémique» des institutions.

La pauvreté, la petite délinquance et la méfiance du regard de l'autre entraînent les jeunes dans un engrenage dont ils ont peine à se libérer. Ronald Boirond s'est d'ailleurs intéressé à Kasheem, arrêté alors qu'il s'apprêtait à lancer son album de rap qui lui aurait permis de donner à sa petite fille un avenir meilleur. Des échanges avec un agent double, qui lui avait passé une commande de drogue, l'ont conduit derrière les barreaux. D'un coup, ses rêves se sont brisés. Le cinéaste aurait voulu assister à sa réintégration dans la société, mais quelques mois après sa sortie de prison, Kasheem a passé un test qui a révélé la présence de cannabis dans son sang. Il est aujourd'hui de nouveau derrière les barreaux. Retour à la case départ.

«Notre 11-Septembre à nous»

Ronald Boisrond a terminé le tournage de son film en juin dernier. Le 9 août, Fredy Villanueva tombait sous les balles d'un policier dans le parc Henri-Bourassa. On connaît la suite: le lendemain, une émeute a éclaté dans le secteur de la rue Pascal, dans Montréal-Nord. Des voitures ont flambé, et les images d'un quartier en feu ont fait le tour du monde.

«Ç'a été un petit peu notre 11-Septembre à nous; une perte d'innocence collective, a raconté hier M. Boisrond, en marge de la projection de presse de son film. Tout à coup, on réalisait qu'il y avait toute cette tension sous la marmite. Il y a eu un événement et ça a pété.» Mais il n'a pas eu envie de retoucher son film, non seulement parce que ses ressources financières ne le lui permettaient pas, mais aussi parce qu'il avait le sentiment d'avoir fini son travail. «Et ces images-là [de l'émeute], on les a vues en boucle», dit-il.

La tension, il l'a sentie sur le terrain. Il croit d'ailleurs que la présence envahissante des policiers dans Montréal-Nord au cours des derniers mois et le profilage racial ont contribué à faire sauter la marmite. L'approche plus communautaire des forces policières dans Saint-Michel lui font dire qu'une émeute aurait été peu probable dans ce quartier.

Bien qu'il n'existe aucune solution miracle, M. Boisrond croit que l'État devrait se préoccuper en priorité de la discrimination et de l'exclusion: «Il y a en aura toujours, des croches. Les prisons et la police sont là pour ça. Mais pour ceux qui veulent et peuvent, il faut qu'on leur facilite la tâche. Pas en quémandant des jobs ou des subventions, mais en leur offrant cette ouverture.»

D'autres émeutes sont-elles possibles dans Montréal-Nord? Ronald Boisrond en doute, car «les gens sont pacifiques à Montréal», mais sait-on jamais.

La Couleur du temps, un documentaire de 45 minutes, sera diffusé le dimanche 12 octobre à 21h dans le cadre de l'émission Docu-D sur les ondes de Canal D.






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  • jacques noel
    Inscrit
    mardi 30 septembre 2008 07h19
    "les Noirs forment 40 % des effectifs de cette prison"
    « "bien qu'ils ne représentent que 1 % de la population québécoise"

    En fait c'est 2,4% de la population du Québec. Alors qu'il n'y avait que quelques milliers de Noirs au Québec dans les années 60, on est maintenant rendu à 188,000, ce qui fait du Québec le 22e État noir du continent.

    La ville Québec dit la blanche, compte 6,000 Noirs, soit deux fois plus que dans tout le Montana, plus que dans 5 États américains.

    Les statistiques par contre sur la criminalité noire sont rares comme de la m.... de pape. Tout est censuré fait qu'il est difficile de la mesurer. Une fois de temps en temps on apprend que dans telle prison ou tel centre d'accueil, la moitié des pensionnaires sont noirs. »

  • Yvon Montoya
    Abonné
    mardi 30 septembre 2008 09h29
    Bonne nouvelle M Noel.
    « Cela veut dire qu'il ya 60% de non noirs dans les prisons. Ils ne sont pas majoritaires. Bonne nouvelle. Quand les premiers europeens arriverent au Canada, il n'y avait pas non plus de blancs. Ce sont des vagues migratoires naturelles de l'humanite depuis des milliers des milliers d'annes (seulement pour les blancs par pour les autres meme si ce fut pour le meme motif: guerre de religion, pauvrete, misere, aventure...). A moins que vous fassiez comme Palin pour les dinosaures, de dire que les blancs etaient la depuis bien avant les amerindiens. J'ai vu des enfants courir pour sauver leurs peaux en Roumanie dans les annees 70 parce que c'etait le 1ere fois qu'ils voyaient des personnes d'origines africaines noires, ils pensaient que c'etait le diable. Il y en a encore qui pensent pareil de nos jours. L'obscurantisme est tres fort encore meme en 2008.
    La question est celle de savoir que faire avec elles, toutes ces personne aux couleurs et moeurs si differentes de nous: des camps, une extermination, un renvoi illico-presto d'ou ils viennent...Il est vrai qu'une ville avec des couleurs humaines differentes, cela ne fait pas tres propre. Nous pourrons bientot aller voir les Autrichiens pour laver plus blanc, ils ont deja eu de bonnes idees il y a au moins 70 ans maintenant. Ils inventerent le terme de "solution finale" dans un club de cyclismes a Linz. Il ne suffit pas de grand chose...Ce n'est pas complique. »

  • Normand Chaput
    Abonné
    mardi 30 septembre 2008 10h10
    la capacité de s'intégrer ou pas
    « Il me semble évident que si on avait jugé les blancs dès leur arrivée à l'aune des lois autochtones, ils auraient manqué de prison (ou dû en construire c'est selon) assez vite. Et les statistiques sur leur taux d'emprisonnement auraient été astronomiques. Les blancs ne se sont jamais adaptés è la majorité autochtone et leur immigration massive les en dispensait. C'est une question de masse critique. PLus on est nombreux, moins il est nécessaire de s'adapter. Alors j'aimerais qu'on arrête de compter les noirs en prison et qu'on me présente qui est ce fonctionnaire chargé de calculer la capacité d'acceuil du Québec et qu'elle est sa méthode de calcul. Ce doit être révolutionnaire parce que dans tous mes cours de géo, je n'ai jamais vu cela. Quand Charest dit que que la capacité d'acceuil cette année est de tant d'individus et que nous sommes loin de ce compte, il sort cela d'ou? »

  • Jean St-Pierre
    Inscrit
    mardi 30 septembre 2008 10h55
    Très bonne initiative, ce documentaire
    « Bravo pour réaliser un documentaire sur toute cette question!

    J'ai grandi à Ville St-Laurent, où toutes les communautés se cotoyaient à la polyvalente, et en repensant parfois à cette époque, je suis bien content qu'il ne soit jamais arrivé des trucs très grave, ni à moi ni à mes proches, ni même à «ceux de l'autre côté».

    Il y a eu des bagarres, mais personne de blessé gravement, du moins dans mon entourage.

    Je crois que la tolérance et l'acceptation des différences sont bien la clef d'une bonne entente; profiter justement de ces différences pour acquérir une culture globale! »

  • liliane turcotte
    Inscrite
    mardi 30 septembre 2008 14h33
    haitiens
    « on nous énerve avec ces problemes les ptits blancs aussi ont des problemes moi je dis tout le monde ensemble pas de couleurs ce sont les journaux qui font les problemes ca va etre rendu que les noirs vont passer avant les blancs ségrégation a l envers on passe notre temps a nous dire qu on est raciste c est pas vrai a emploi quebec il y a des cours ect... qu il suive la filiere et qu il travaille comme tout le monde on voit les problemes en haiti ils emmenent ca ici c est pas nous autres le probleme vous essayez essayez de nous dire que c est nous c est eux autres le probleme qu il s integre et qu il fasse comme tout le monde aller voir dans les hlm ils les ont tous et les blancs crevent dans de vieux loyers ils peuvent meme plus y entrer mais les noirs eux avec leur racistes ils les ont tous pris moi on me donnerais pas un hlm en haiti ils font toujours pitié et faut tout leur donner ca commence a suffir demander a des haitiens responsables ils ont honte »

  • Linda Hart
    Inscrite
    mardi 30 septembre 2008 18h10
    Mme Turcotte et la négritude
    « Mme Turcotte, la honte c'est vous. D'abord, avant de nous mettre dans la face votre «supériorité» raciale, allez prendre un cours d'orthographe et de grammaire. Le racisme madame il existe, vous en êtes la meilleure preuve. Ce sont les petites teignes dans votre genre qui obligent une société à tenter de donner des chances à l'emploi et au logement aux minorités visibles, comme on l'a fait avec les femmes au niveau de l'emploi. Quand nous vivrons dans une société civilisée, ces mesures ne seront plus nécessaires. Cela risque d'être long et en attendant, peut-être qu'on devrait mettre au point un cours d'intégration de la différence pour les gens comme vous, tous ces barbares pour lesquels la radio poubelle et les lieux communs tiennent lieu de cerveau. »

  • Pierre Toussaint
    Inscrit
    mardi 30 septembre 2008 20h03
    Louverture
    « Il est temps que les Québécois se montrent plus acceuillant envers les noirs et arrête de les exclure ou tenter de les assimiler systématiquement. Eux-mêmes portent encore les stigmates de de la domination anglaise et ne devrait pas faire subir le même sort à d'autres.
    Les gens ont une peur profonnde de perdre leur identité en se mélangeant à d'autres cultures : on ne peut que s'enrichir de la sorte. Ceux qui s'obstinent à tenir à l'écart ceux à qui ils ne sont pas familiers font du tort à la société en l'anémiant.
    Il faut être vigilant pour contrecarrer ceux qui déjà à la cour d'école ignoraient savamment ce qui n'était pas leur copain pour former des équipes. L'intervention du surveillant faisait paraitre l'exclus encore plus ridicule mais elle ne devrait être gênante que pour ceux qui à compétence égale décident infantilement en fonction des racines égales aux leurs. »

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