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Technologie - Plus portables que les portables

Bruno Guglielminetti   29 septembre 2008  Société
Pendant que toute l'attention de la presse techno se tourne vers la guerre des géants Google et Microsoft, que le fabricant Apple fait craquer les consommateurs avec son iPhone, que le BlackBerry se renouvelle en différents modèles et que les fabricants de consoles de jeux rivalisent d'ingéniosité pour nous vendre leurs produits, leurs jeux et leurs périphériques, un autre monde est en mutation, celui des ordinateurs portables.

Selon la maison de recherche ABI Research, le marché de l'ultraportable, ces ordinateurs portables de très petite taille, passera de 10 millions d'unités vendues cette année à 200 millions d'unités vendues en 2013. Certains fabricants optimistes vont même jusqu'à affirmer que les ventes des ultraportables devraient grimper jusqu'à 25 millions d'unités l'an prochain. Chez la firme Gartner, on estime que les ultraportables devraient décrocher 70 % du marché dans la catégorie «grand public» d'ici quelques années.

Asus a ouvert la marche

Mais pour comprendre l'engouement entourant ce petit ordinateur, il faut reculer d'un an alors que le fabricant d'ordinateurs taïwanais Asus présentait aux consommateurs un appareil qui allait inspirer plus d'un concurrent dans l'industrie. Pour 245 dollars, Asus proposait un tout petit ordinateur portatif équipé d'un écran de 7 pouces, d'une petite mémoire vive, d'un petit disque dur et d'une petite webcam. Son utilité: permettre d'accomplir les tâches rudimentaires pour lesquelles nous utilisons un ordinateur et permettre à son propriétaire de se brancher sur Internet pour profiter de toutes les ressources disponibles en ligne plutôt que d'installer des dizaines de logiciels sur son ordinateur. Dans le milieu des utilisateurs précoces, le coup de foudre était instantané.

Depuis, les mois ont passé et, aujourd'hui, tous les fabricants d'ordinateurs, à l'exception d'Apple, proposent une version ultraportable dans leur collection d'ordinateurs portatifs. Et pour cause, les consommateurs peuvent enfin mettre la main sur un ordinateur de petite taille, à un prix raisonnable qui sert à effectuer la majorité des tâches pour lesquelles la majorité des gens achètent un ordinateur.

Évidemment, on aura toujours besoin d'ordinateurs portables pour le marché des ingénieurs, des graphistes ou des joueurs de jeu vidéo. Mais il n'en reste pas moins que la très grande majorité des consommateurs payaient trop cher jusqu'à maintenant pour l'utilisation qu'ils faisaient de leurs appareils. Entre nous, pourquoi acheter un ordinateur qui pourrait servir à la mise à feu d'une fusée alors que nos besoins se limitent à la rédaction et à l'envoi de courriels?

Les ultraportables, ou netbooks dans la langue de Shakespeare, permettent de rédiger, communiquer par courriel ou autre outil Internet, naviguer sur le Web, retoucher une photo et, pour certains modèles équipés d'un disque dur plus généreux, servir d'appareil de divertissement en conservant musique et vidéo sur le disque dur.

L'avantage de la légèreté

Mais un des principaux avantages de ces appareils, c'est évidemment l'espace, l'avantage du poids et de la taille. À titre d'exemple, alors qu'un superbe ordinateur «portatif» doté d'un super écran de 17 pouces peut peser 4,25 kg, un ultraportable pèsera généralement moins d'un kilo avec sa batterie.

Si vous avez récemment pris l'avion, vous avez probablement remarqué que même les gens d'affaires s'y mettent. Essayez de déployer convenablement un ordinateur portatif de 15 ou 17 pouces à bord d'un appareil avec leur nouvelle configuration plus rentable pour le transporteur et vous verrez comment un ordinateur de petite taille peut s'avérer la solution parfaite pour cet environnement. Même chose pour ceux qui voyagent en autobus. Le train demeure probablement le seul endroit ou le mastodonte de 17 pouces demeure agréable d'emploi.

Si les fabricants Asus, Acer, HP, Sony, Dell et même Commodore arrivent à nous offrir ces appareils à un prix abordable, c'est d'abord et avant tout grâce au système d'exploitation Linux qui, dès le départ, a permis aux fabricants de réduire les frais d'acquisition de licence de système d'exploitation demandés par Microsoft. Mais même Microsoft a dû s'adapter devant le phénomène et revoir sa politique de tarification pour ne pas perdre de parts de marché devant Linux. Aujourd'hui, la plupart des fabricants offrent un modèle de base équipé du système Linux et un modèle équipé du système d'exploitation Windows XP pour cent dollars de plus, en moyenne.

Adaptation nécessaire

Personnellement, le mois dernier, j'ai fait le grand virage. J'ai cédé mon mastodonte de 17 pouces à ma conjointe pour passer à du plus petit. Les heures passées à bord d'avions pendant l'été m'ont finalement convaincu de faire le passage vers plus petit et moins lourd. Bien sûr, si vous utilisez fréquemment votre ordinateur, il y aura une période d'adaptation. La tendance étant généralement de passer à toujours plus grand, prenez l'exemple de la télévision, il n'est pas toujours de passer d'un écran de 17 pouces à celui de 9 pouces, mais on s'habitue. Le fait de ne plus porter une masse à l'épaule a également son avantage et puis, en prenant le temps de choisir, on arrive à trouver un appareil dont le clavier convient mieux que les autres à notre façon de travailler.

Pendant ce temps, le fabricant chinois HiVision va mettre sur le marché le mois prochain un ultraportable de 7 pouces au coût de 100 dollars. Évidemment, à ce prix, ça ne sera pas une bombe qui permettra de faire du montage vidéo, mais l'essentiel y sera pour accomplir les tâches classiques. Avant longtemps, vous aurez un ordinateur ultraportable qui pourra faire rougir d'envie votre entourage.

***

Bruno Guglielminetti est réalisateur et chroniqueur nouvelles technologies à Radio-Canada. Il est également le rédacteur du Carnet techno(www.radio-canada.ca/techno)






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Vos réactions

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  • Marc Lavallée
    Inscrite
    lundi 29 septembre 2008 07h48
    Et le XO?
    « C'est peut-être Asus qui a "ouvert le marché" (vous en parlez comme de Moïse ayant séparé les eaux), mais c'est le XO du projet OLPC qui a parti le bal, en innovant. Surveillez le XO-2 qui sera en vente aux États-Unis dans les prochains mois via Amazon. »

  • Marie-Hélène Parant
    Inscrite
    lundi 29 septembre 2008 10h32
    Et OQO depuis 2004
    « Et cette compagnie qui développe OQO, un ultra portable très puissant depuis au moins 2004 (si ce n'est avant). OQO Model 02 disponible. »

  • Helene Sylvain
    Inscrite
    lundi 29 septembre 2008 22h02
    et les accents?
    « je fais partie des utilisatrices precoces qui ont "saute" sur l'occasion de l'ultrapotable EeePC surtout pour mes voyages. tres satisfaite du produit... sauf que mon enthousiasme a diminue a l'usage quand j'envoie des messages. ou finalise un texte... sans accents...comme vous pouvez le constater ici meme! avec Linux...
    impossible de trouver ou telecharger un clavier francais qui me permette d'utiiser ce portable pour mieux soutenir mon boulot... dommage... bref il faut parfois attendre une 2e generation, ce qui est arrive quelques semaines apres mon achat...
    a moins que vous n'ayez une solution! »

  • G. Léonard
    Inscrit
    mardi 30 septembre 2008 19h31
    Pour les accents (suite)
    « @ Helene Sylvain

    Est-ce que le truc de ALT+130 = é, ALT+133 = à fonctionne avec ces mini-portables? »

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