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Le CHUM laisse l'ophtalmologie au privé

Kathleen Lévesque   6 septembre 2008  Société
Le CHUM s'apprête à conclure une entente avec le Groupe santé Sedna, présidé par Michel Clair, afin de créer une clinique privée qui offrira les soins, l'enseignement et la recherche en ophtalmologie en lieu et place du CHUM, a appris Le Devoir.

Cette clinique devrait avoir pignon sur rue sur Viger, juste à l'arrière du CHUM, alors que le complexe médical projeté par le chanteur Garou sera situé en face, boulevard René-Lévesque, comme le révélait plus tôt cette semaine Le Devoir. Elle doit regrouper les 26 médecins spécialistes qui travaillent à l'heure actuelle en ophtalmologie dans les trois pavillons qui forment le CHUM, avec un équipement haut de gamme et une superficie de travail plus grande que ce que pourrait offrir le projet du futur CHUM.

Les négociations sont en cours depuis plus d'un an et demi entre le CHUM et le Groupe santé Sedna pour mettre sur pied ce centre médical spécialisé associé (CMSA), comme le permet la nouvelle Loi sur les services de santé. Ainsi, le CHUM emprunte la voie du privé tout comme l'a fait l'année dernière l'hôpital Sacré-Coeur avec le centre médical Rockland MD, qui offre des services chirurgicaux.

Le CHUM s'est borné hier à confirmer l'existence des pourparlers. Toute autre question, notamment sur l'ampleur du transfert budgétaire, est demeurée sans réponse. «C'est confidentiel», a-t-on soutenu.

Joint hier, Michel Clair a affirmé que le projet «de standard international» est «très avancé». Il a aussi expliqué que ce partenariat permettrait d'améliorer l'accessibilité des soins et de «faire faire un saut technologique important» à l'hôpital. Le centre médical spécialisé associé ne sera pas «un concurrent» mais bien «une partie intégrante du CHUM», a précisé son promoteur.

«Depuis le début, il est prévu que le CHUM se déleste de certaines spécialités dans le cadre de la relocalisation du CHUM. Les médecins se sont donc regroupés pour ne pas réduire leur volume de services et ne pas se retrouver avec des activités morcelées sur plusieurs sites», a affirmé Michel Clair.

Ce dernier est l'un des actionnaires de Groupe santé Sedna, dont il est le président. Cette entreprise est déjà un partenaire actif du réseau de santé public à travers ses filiales, notamment son centre de réadaptation, Villa Médica, et le Groupe Champlain qui gère 1443 lits de soins de longue durée.

Michel Clair, un ancien ministre péquiste sous René Lévesque, a présidé en 2000 la Commission sur le financement des services de santé au Québec. Son rapport proposait l'instauration de groupes de médecine familiale (GMF) et de cliniques affiliées aux hôpitaux. Sur ce dernier élément, M. Clair arguait à l'époque qu'avec ces cliniques affiliées, devenues aujourd'hui des CMSA, il n'y aurait qu'une seule liste d'attente pour désengorger les hôpitaux et que l'État demeurerait le seul payeur.

Alors que les négociations avec le CHUM était déjà avancées avec Sedna, le CHUM a créé en mai dernier un conseil consultatif afin de «favoriser et faciliter l'intégration du CHUM dans les différentes sphères de la société au plan de son développement». Or Michel Clair est l'une des personnes qui siègent à ce conseil. À ses côtés, on retrouve également Jacques Ménard, qui a présidé le Comité de travail sur la pérennité du système de santé et des services sociaux, qui a remis son rapport en 2005 et qui prônait une présence accrue du secteur privé. Il y a aussi le promoteur immobilier Philip O'Brien, qui a un projet de transformation de la gare-hôtel Viger avec un hébergement haut de gamme pour répondre notamment aux besoins de la clientèle du CHUM.

Selon Michel Clair, sa présence à ce conseil consultatif ne représente aucun problème. «J'essaie de faire ma part dans la société. Je suis déjà membre du conseil d'administration de l'hôpital Louis-Hippolyte Lafontaine. Il n'y a pas de conflit de rôles. Ce conseil consultatif n'a aucune autorité sur rien», a-t-il soutenu.

M. Clair refuse l'étiquette de clinique privée pour parler de son projet, comparativement à celui mené par le chanteur et homme d'affaires Garou (de son vrai nom, Pierre Garand). «C'est une vue de l'esprit que de penser qu'un centre hospitalier universitaire doit être physiquement dans un seul bâtiment. L'important, c'est que la cohésion soit déterminée par une même direction clinique et la même politique de contrôle et de qualité des actes médicaux. Nous ne sommes donc pas en train d'amoindrir la force du CHUM», a fait valoir Michel Clair.

Depuis deux semaines, la Fédération des médecins spécialistes du Québec s'inquiète toutefois que certaines activités du CHUM puissent se retrouver à l'extérieur de ses murs, dans la nouvelle construction prévue au centre-ville. Selon son président, Gaétan Barrette, un véritable centre hospitalier universitaire ne peut se limiter à des spécialités, sinon il contourne son obligation d'offrir une formation complète aux étudiants de médecine. Dans ce cas-ci, le CHUM est associé à l'Université de Montréal.

Le Groupe santé Sedna a rencontré à deux reprises des représentants de la Ville de Montréal, sans toutefois avoir déposé de projet concret.






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  • Marc Ringuette
    Abonné
    samedi 6 septembre 2008 05h13
    La Désise
    « Ainsi le dit M. Clair ci-haut: "C'est une vue de l'esprit que de penser qu'un centre hospitalier universitaire doit être physiquement dans un seul bâtiment ..."

    Ah Bon ... alors pourquoi tout ce temps et cet argent dépensés pour ce méga-hopital sur un seul site ?!?

    Je cherche des guerriers, fiers même la tête baissée
    Des déjoueurs de menterie, des aideurs de mal pris... Heille!
    MA GANG DE MALADES, VOUS ÊTES DONC OÙ ? (Daniel Boucher)

    À défaut d'être "caves" ou d'être "tannés de mourir" on peut toujours chercher les "malades" ... Ils ne sont peut-être pas là où l'on pense ! »

  • Rénald Marchand
    Abonné
    samedi 6 septembre 2008 08h43
    Quel est le bon dosage ???
    « Quel doit être le bon dosage entre le public et le privé ? L'arrivée du privé permet de lutter contre les déséconomies d'échelle et les effets pervers du public (rigidité, lourdeur de gestion, hyperstructuration, etc) Par contre le profit est toujours le danger du privé.

    Quel est le bon dosage ???
    Monsieur R »

  • Eric Barnabé
    Inscrit
    samedi 6 septembre 2008 08h46
    Manquons-nous vraiment autant de médecins au Québec ?
    « Rockland prouve que prendre les ressources très mal utilisés dans le réseau de santé pour les sortir de ce système permet d'augmenter considérablement le nombre de patients traités avec ces même ressources. C'est ce qui me fait demander si on manque vraiment autant de médecins et d'infirmières au Québec qu'on le croit.

    Avec le peu d'heures d'opérations offertes aux chirurgiens et les report constant d'opération, les médecins spécialistes ne travaillent à plein temps à soigner les gens. La grande partie de leur temps consiste à faire un suivi de leur liste d'attente.

    pourtant, c'est dans la région de Montréal que l'on retrouve le plus d'opposition à la vision de l'ADQ de laisser une place plus grande au privé en santé et c'est là que l'on retrouve les premières grosses annonces de centre privés qui prendront la place des hôpitaux au Québec.

    Eric Barnabé
    Québec »

  • Marc M. Davignon
    Abonné
    samedi 6 septembre 2008 10h01
    En catimini.
    « Encore une fois un bel exemple de la privatisation en catimini. Celui-là même qui présidait une commission sur la santé. Il devient un PDG d'une business de santé (des ressources en hébergement : Groupe SEDNA.)



    Imaginez, maintenant, un ancien ministre de la santé!

    On constate que tout ce joli monde ne fonctionne pas de façon impartiale. Il serait plus crédible si ces derniers optaient pour le privé en restant dans le public! Vous ne trouvez pas!

    Enfin, la business, c'est la business. Y faut faire du fric! Mais la santé, ce n'est pas une business comme les autres. Une opération à coeur ouvert, ce n'est pas un produit que nous achetons comme une laveuse ou un bâton de golf. Nous ne clissons pas d'être malade. Nous le devons, bien malgré nous. Nous ne magasinons pas pour un pontage, nous le subissons.

    Nous devenons une clientèle captive. Nous ne sommes plus libres de nos choix. C'est pour cela que nous devons avoir un système de santé qui n'a pas de parti pris (comme celui de faire de l'argent). »

  • Marc M. Davignon
    Abonné
    samedi 6 septembre 2008 10h07
    Mensonge et faussetés
    « Manque de médecins?

    Une autre fausse pénurie? »

  • Mi Po
    Inscrit
    samedi 6 septembre 2008 10h14
    Vive le privé, subventionné!
    « Pour faire suite au commentaire ci haut de Monsieur Barnabé:
    Je suis d'avis que le problème numéro un des services de santé est qu'ils sont gérés par des médecins plutôt que par des administrateurs. Chacun son métier et les vaches seront bien gardées.

    Parlant de vaches. J'avais rendez-vous avec un médecin spécialiste à Notre-Dame (Montréal). Il m'a convoqué à 13 heures 30 minutes comme me semble-t-il une bonne dizaine de patients. Je suis arrivé à 13h30 pile par respect pour lui. J'ai dû attendre deux heures avant de passer. Cela ne se serait jamais passé comme cela dans une boîte bien gérée qui considère que le patient est sa raison d'être. Le système actuel, mal administré et administré par des personnes qui ont des intérêts corporatifs, permet qu'on traite les patients comme du bétail, sans respect, parce que ces spécialistes font passer leurs intérets avant ceux du patient.

    On est rendu qu'on trouve ça normal d'attendre deux heures de retard avant de recevoir le service. Un interne à qui je partageais mon désarroi, m'a déjà dit: quand on va à l'hôpital il faut s'attendre à attendre. Je me suis dit on est pas sorti du bois si un jeunot qui entre dans le système part avec des croyances aussi fausses... »

  • Charlotte Dussault
    Abonnée
    samedi 6 septembre 2008 11h45
    Le privé n'est pas la solution
    « Contrairement à ce que prétend M Barnabé, "Rockland NE prouve PAS que prendre les ressources très mal utilisés dans le réseau de santé pour les sortir de ce système permet d'augmenter considérablement le nombre de patients traités avec ces même ressources."

    En effet, très peu de patients ont été traités à Rockland. Beaucoup moins que ce qui était prévu. C'est plutôt un fiasco.

    Pour ce qui est de ce cher M. Clair, voilà un autre ex-ministre souhaitant détruire notre système de santé. Il dit "L'important, c'est que la cohésion soit déterminée par une même direction clinique et la même politique de contrôle et de qualité des actes médicaux". Mais comment avoir ce même contrôle de la qualité quand la transparence n'y est pas. Et comme l'hôpital a répondu, «C'est confidentiel», comment peut-on croire que lorsqu'il y aura des problèmes, ça ne sera pas "confidentiel"?

    Nous allons vers un mur en criant de joie!
    Wow, quelle société évoluée! »

  • Daniel Francoeur
    Inscrit
    samedi 6 septembre 2008 11h49
    Concrétisation d'une dérive idéologique
    « Le bon docteur Couillard a bien préparé le terrain. C'est à qui mieux mieux pour obtenir les lucratifs contrats du gouvernement. Lorsque les dirigeants du réseau de santé pensent plus à leurs poches qu'aux intérêts de la population, nous ne sommes pas surpris que même les vedettes en veulent un gros morceau. La preuve n'a pas été faite que nous serons mieux servi par le privé en santé. Au contraire !

    On voit bien que le travail de fond d'idéologues de l'extrême droite (conservateurs, pseudo-libéraux) porte du fruit pour les amis du parti.

    Enfin la population a suffisamment été neutralisée pour pouvoir brader ce qui lui assure sa plus grande sécurité, soit son système de santé. Le réveil sera très douloureux dans quelques années, lorsque nous nous retrouverons dépossédés de nos soins de santé. Les riches se feront soigner et pour les autres il ne restera qu'à souffrir et à mourir en silence, en grand nombre, comme aux States.

    Mais heureusement, les amis du gouvernement se seront enrichis éhontément sur le dos des gagne-petits. Il y aura un prix très lourd (humain et monétaire) à payer pour ces dérives idéologiques qui mènent au dépouillement des Québécois.
    Le gouvernement ne sert pas nos intérêts en défendant la Wall-Martisation de notre système de santé. Car selon lui les monopoles (multi-nationales américaines ou autres) viendront nous sauver de notre marasme. Si on se fie au pétrolière, on a plus l'impression que ces multinationales pensent d'abord à se sauver avec le cash... »

  • Carole Lapointe
    Abonnée
    samedi 6 septembre 2008 15h10
    Les riches ont déjà la possibilité de voir plus clair, nous,, on nous bande les yeux !
    « Bravo !
    Les riches pouvaient aller se faire opérer pour ne plus porter de lunettes (souvent difficiles à ajuster pour avoir une vision nette).
    Nous, la classe moyenne, avons de la difficulté à nous payer des lunettes. Si en plus, on devait payer en clinique privée pour voir un ophtalmologiste au cas de maladies comme le glaucome,,, !
    Nos retraités déjà sans le sou ne pourront plus recevoir ces soins (opération de la cataracte, suivi de glaucome etc..)

    Bravo ! Cessons de travailler pour des salaires de misère et tous sur le bien-être social ! Nous pourrons au moins voir clair...si nos dirigeants n'arrivent pas à avoir une vision plus sensée de l'administration de nos soins de santé ! »

  • Carole Lapointe
    Abonnée
    samedi 6 septembre 2008 16h07
    Injectez lentement un virus dans le système... traitres !
    « Quelle traitrise !
    On est à nous vendre les entrailles à rabais.
    Bien sûr, la recette est simple :
    Injecter lentement un virus dans le système de santé. Augmenter les coûts en et la mal-gestion du système en le dépersonnalisant en mégapoles de la ''santé''. Bien brasser.
    Mijoter pendant ce temps des accords avec le privé.
    Laisser fermenter la population et sa rogne.
    Saisir à peu de frais l'avenir de la santé.
    Se servir à même les compétences et les fonds publiques.

    Ce plat se mange froid ! »

  • Pierre-Yves Pau
    Inscrit
    samedi 6 septembre 2008 21h18
    Inévitable
    « À force de refuser obstinément d'harnacher ce que le privé peut apporter de positif en santé, le Québec est en train de se retrouver avec le pire. C'était écrit... bienvenue messieurs-mesdames dans le système de santé à l'américaine, celui que les Couillard et consorts vous on concocté. »

  • JM
    Abonné
    dimanche 7 septembre 2008 05h50
    La médecine privatisée à outrance deviendra de plus en plus malade et imbue de l'idéologie capitaliste.
    « Pour répondre à l'idéologie du privé en santé, je souhaite une bonne santé à la population québécoise. En effet, que mon voeu se réalise pour qu'il y ait pénurie de malades. À la limite, on pourrait importer les malades et les maladies des autres pays de manière à faire de l'argent sur le dos des clients étrangers qui ont du cash.

    La médecine privatisée deviendra de plus en plus malade et imbue de l'idéologie capitaliste. Face à la maladie, le client et son argent aura de plus en plus de poids sur la balance. Quand le cash est sur la table, en effet, quoi de plus "plaisant" pour le bon docteur clinicien qu'un malade récidiviste de sa maladie, parce qu'incapable de se prendre vraiment en main.

    En privatisant la santé au Québec, on prend les malades en otage. Certains devront s'endetter pour retrouver leur santé alors que d'autres la perdrons faute de pouvoir se trouver l'argent (la rançon) qu'il faut pour retrouver leur santé perdue. Ainsi, la population québécoise sera soit endettée, soit grabataire. Ce n'est qu'une minorité qui pourra vraiment se payer tout ce luxe.

    JM »

  • Michel Bérubé
    Inscrit
    dimanche 7 septembre 2008 11h55
    Pornocratie
    « Si je comprends bien le CHUM, on le prend en position du missionnaire et en chevrette.
    Ah le bonheur de distribuer l'argent public à nos amis privés et s'assurer un bel avenir.
    Continuer le combat amis libéraux, péquistes et adéquistes. »

  • Hélène Paulette
    Inscrite
    dimanche 7 septembre 2008 13h13
    Bonjour les coûteuses assurances-santé!
    « On comprend pourquoi nos médias ne nous parlent pas du piteux état du régime de santé privé de nos voisins du sud, où le tiers de la population n'arrive pas à se payer une assurance décente. Comment aimeriez-vous avoir une demie chimio pour soigner votre cancer? C'est pourtant ce qui nous attend, libre-échange oblige! »

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