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Des paniers pas si bios

Fabien Deglise   25 août 2008  Société
Pour mettre en marché des aliments avec l’attribut «biologique», commerçants, agriculteurs ou restaurateurs doivent posséder une certification délivrée par un des organismes reconnus par Québec.
Photo : Jacques Nadeau
Pour mettre en marché des aliments avec l’attribut «biologique», commerçants, agriculteurs ou restaurateurs doivent posséder une certification délivrée par un des organismes reconnus par Québec.
Du faux bio dans les paniers bios. Plus d'une ferme sur 10 qui participent cette année au réseau d'agriculture soutenue par la communauté (ASC) de l'organisme Équiterre contrevient aux lois du Québec en matière de produits biologiques, a découvert Le Devoir. Du même coup, ces exploitations agricoles trompent les consommateurs en vendant à prix fort sur ce marché de distribution parallèle des légumes bios alors qu'elles ne disposent pas des certifications complètes obligatoires pour pouvoir le faire.

Des 95 «fermiers de famille» qui animent en 2008 le grand réseau d'approvisionnement en fruits et légumes biologiques d'Équiterre, 12 ne sont en effet pas habilités à prendre part à un réseau de distribution d'aliments biologiques puisque leur certification est soit incomplète, soit totalement inexistante, selon les vérifications effectuées dans les dernières semaines autant auprès des organismes de certification que du Conseil des appellations réservées et des termes valorisants (CARTV), la police du bio au Québec. Ces fermiers contrevenants sont en activité dans l'ensemble des régions du Québec. Ils offrent aux consommateurs des paniers bios, par l'entremise du réseau d'ASC, depuis une période allant d'un an à douze ans.

Un privilège

Or, en vertu de la Loi sur les appellations réservées, depuis 1996, pour avoir le privilège de présenter sur le marché des aliments avec l'attribut «biologique», commerçants, agriculteurs ou restaurateurs doivent posséder une certification délivrée par l'un des certificateurs officiellement reconnus par Québec. Cette démarche vise à protéger ce secteur commercial de la fraude, mais aussi à garantir au consommateur qu'il en a pour son argent et que ses carottes, ses tomates, son maïs ou ses confitures respectent bel et bien les critères de production qui prévalent dans l'univers du bio. Un univers aux normes sévères où organismes génétiquement modifiés (OGM), pesticides et engrais chimiques n'ont pas droit de cité. Entre autres.

Acquises par les fermes au prix de quelques centaines de dollars par année, de changements d'habitudes de production mais aussi au terme de plusieurs contrôles, dont certains sont «surprise», ces certifications sont un élément central du concept des paniers bios d'Équiterre. Le groupe de pression qui fait la promotion du développement durable, sous toutes ses formes, assure d'ailleurs vérifier chaque année que les membres de son réseau sont en règle, a indiqué au Devoir, Isabelle Joncas, porte-parole de l'organisme. «Nous demandons des photocopies des certificats à tous les membres», a-t-elle dit.

Néanmoins, l'enquête du Devoir révèle que plusieurs exploitations agricoles qui s'affichent pourtant dans la «Liste des fermes 2008», diffusée sur le site Internet d'Équiterre, n'ont plus de certification valide depuis près de deux ans, pour certaines. C'est le cas par exemple d'une ferme de Sherrington, sans certification depuis juillet 2006 et d'une autre de Saint-Chrysostome dont la certification n'est plus valide depuis avril 2007, a confirmé le CARTV sans en expliquer toutefois les raisons. Une autre, de Rivière-Rouge, est tout simplement inconnue des services de contrôle des certifications au Québec, où elle devrait être pourtant dûment enregistrée.

Et elle n'est pas la seule. Six participants au réseau d'ASC se présentent aux consommateurs avec des certifications obtenues auprès d'un des cinq certificateurs autorisés par Québec à faire respecter de bonnes pratiques bios au pays. Québec Vrai et Ecocert Canada sont du nombre. Le hic, le nom de ces fermiers, installés à Sainte-Catherine-de-Hatley, Mirabel ou Lennoxville, par exemple, n'apparaît pas dans les registres des certificateurs en question.

Enfin, une poignée d'autres exploitations agricoles participent à ce réseau de «paniers bios» avec en main une «précertification», seulement. Cela signifie que des démarches sont en cours pour leur permettre d'accéder au marché du biologique, mais que le processus d'évaluation, qui peut prendre plus qu'une année, n'a pas été mené à son terme. «Elles ne peuvent toutefois pas vendre leur produits sous l'appellation biologique dans ces conditions», souligne Yves Gélinas, porte-parole du Conseil des appellations réservées. Les termes «biologique», «écologique», «organique», «biodynamique», «éco» ou «bio» sont réservés en effet aux entreprises certifiées dans les règles de l'art.

Notons que, depuis 2002, le Conseil a mis la main au collet d'une dizaine de fraudeurs à peine dans l'univers du bio. Les contrevenants, ont été condamnés à des amendes allant de 2000 $ à 4000 $ pour avoir usurpé l'identité du bio, et ce, dans le domaine de la boulangerie principalement et de la transformation alimentaire, indiquent les dossiers de l'organisme provincial.

Mis en place en 1996 comme moyen de résistance à la mondialisation et à l'homogénéisation de l'alimentation, le réseau d'agriculture soutenue par la communauté d'Équiterre devrait nourrir cette année près de 11 000 familles au Québec. Avec sa centaine de fermes participantes et ses quelque 350 points de chute de paniers, livrés directement du producteur aux consommateurs sans intermédiaire, ce mode de distribution aurait généré en 2006 des retombées économiques d'environ 3,8 millions de dollars, selon Équiterre qui est le principal porte-étendard de ce modèle commercial au Québec.






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  • JM
    Abonné
    lundi 25 août 2008 06h14
    Règles claires de la certificatin du bio, qu'en est-il de la pollution engendré par certaines entreprises?
    « On parle de certification d'une façon très claire dans le domaine du bio. Une bonne main d'applaudissement pour Le Devoir d'avoir découvert des marchands fautifs. Ces derniers sont tout simplement des marchands sans convictions et irresponsables qui ne demandent qu'à accaparer une part du marché. On braque les feux des projecteurs devant ce qui semble dérisoire en comparaison de la pollution de l'environnement (bruit, air, eau, etc.).

    Maintenant, est-ce que ça serait possible au journal Le Devoir de faire la même chose pour les entreprises qui polluent notre environnement? À moins que dans ce domaine précis, les règles gouvernementales concernant la pollution de l'environnement sont mal définies au point que les entreprises coupables sont impossibles à cerner. Devant ce problème, on peut toujours balayer la poussière sous le tapis. N'est-ce pas ce qu'on cherche à faire?

    JM »

  • andré michaud
    Inscrit
    lundi 25 août 2008 09h08
    ARNAQUE
    « Malheureusement les aliments bio c'est souvent un arnaque pour faire payer trop cher les consommateurs de type granola. Je n'achèterais bio que d'un producteur que je connaitrais personnellement. »

  • Denise Dallaire
    Abonnée
    lundi 25 août 2008 09h22
    Le "Greenwashing" de plus en plus fréquent
    « Le "greenwashing", consistant à verdir l'image d'une marque sans réellement changer ses pratiques, est de plus en plus répandu. Tout cela rentre dans ma définition de fraude intellectuelle. N'importe quoi pour vendre plus! Même mentir et tromper! Le phénomène est aussi politique. Les gouvernements Libéral du Québec et conservateur du Canada, avec Harper et Charest en tête, utilisent éhontément cette pratique. Ils nous servent de la poudre aux yeux. Et après, ils taxent les scientifiques "d'alarmistes" pour les discrédités quand ils dénoncent le réchauffement de la planète, l'effritement des terres arabes ou la multiplication des cyanobactéries... Alors que ceux-ci ne font qu'énoncer des faits. Pourquoi énoncer des faits qui dérangent deviendrait politique? Parce que dans notre société dérangée, on modifie les faits pour servir la politique, alors que logiquement, on devrait adapter nos politiques aux faits. Le politiquement correct tue la vérité!
    Si tout le monde mangeait bio, je n'aurais pas besoin d'acheter mon eau pour éviter de boire de l'atrazine, modulateur oestrogénique dangereux que l'on utilise dans les champs de maïs et interdit en Europe depuis longtemps (pour ne nommer que ce contaminant). Je dépense donc 250$ annuellement pourquoi? Pour que les producteurs de porc de l'Estrie fassent plus de profits. Devrais-je leur envoyer la facture? Mon cousin de Granby est littéralement obligé de boire l'eau en bouteille pour ne pas avoir des troubles intestinaux qui l'empêchaient de vivre avant qu'il ne se rende compte du problème! C'était l'eau qu'il buvait! Quand on parle environnement, il faut parler biologique! David Suzuki affirme dans son livre "Enfin de bonnes nouvelles" qu'il revient plus cher de produire des légumes non-bio, mais que les coûts réel ne sont tout simplement pris en compte. Il faut renforcer les lois sur les certifications reconnues et augmenter les contrôles... Interdir le Greenwashing, dumoins, le limiter avec un arsenal législatif efficace.
    Je suis fatigué de tout ces mensonges, qui, combinés à l'ignorance, nous empoisonnent la vie.

    Patrick Lavoie »

  • Marseillais .
    Inscrit
    lundi 25 août 2008 09h56
    Plus d'infos sur le bio et le mode de vie bio...
    « à lire sur Le Coin Bio, un excellent site d'info sur le mode de vie bio, avec bien des détails sur l'alimentation bio et tout ce qui touche à l'écologie au quotidien:

    http://www.lecoinbio.com »

  • Fernand Trudel
    Abonné
    lundi 25 août 2008 09h56
    Bio, végé et granola
    « La mode bio ne fait que faire monter les prix et permettre à tous de tabler sur la mode pour nous pousser des produits pas toujours bio mais qui sont plus chers.

    Voilà un autre pas vers la décropissance: payer plus cher ses aliments...

    Bio veut dire aussi sans OGM alors que les experts nous disent que le retour aux anciennes méthodes traditionneelles diminue la feretilité de la terre de 40%. Alors que la population mondiale augmente, on préfère produire moins que d'essayer de nourrir tout le monde.

    Je rappelle l'expérience de Norman Borlaug, nobel de la paix 1970 car ses travaux avaient permis de sauver environ un milliard de vies humaines dans le tiers-monde. et je cite des extraits du texte publié par l'Institut Économique Molinari sous le titre «Npourrir la planète, aujourd'hui encore...»

    (Début des extraits)

    Borlaug remarque simplement qu'« il n'est pas possible de construire un monde pacifique avec des estomacs vides et de la misère humaine ». Il a par la suite remporté la Médaille Présidentielle de la Liberté et la Médaille d'Or du Congrès américain.

    En 1985, il a commencé à travailler avec l'ancien président Jimmy Carter pour tenter d'exporter la Révolution Verte à l'Afrique sub-saharienne. Il insista alors sur la nécessité d'utiliser des méthodes d'agriculture intensive moderne et des semences OGM pour réduire la destruction et la combustion des environnements sauvages quand le sol manque de nutriments.
    Il n'apprécie guère « les utopistes bien nourris qui vivent dans les beaux quartiers et viennent dans le Tiers Monde pour y causer de graves dommages » en effrayant les populations et en bloquant l'usage des biotechnologies. Ces militants particulièrement durs ont ainsi persuadé la Zambie de laisser sa population mourir de faim plutôt que de leur permettre de manger du maïs OGM donné par les États-Unis. Ils s'opposent également aux insecticides pour combattre la malaria, aux énergies fossiles, aux barrages hydroélectriques, et à l'énergie nucléaire pour produire une énergie abondante, fiable et peu chère dans les pays pauvres.
    Produire 7 milliards de gallons d'éthanol en 2007 a nécessité une croissance de la culture du maïs sur une surface équivalente à celle de l'Indiana, en plus de grandes quantités d'eau, d'insecticide, d'engrais et de pétrole. C'est la raison principale pour laquelle les coûts du Programme Alimentaire Mondial ont augmenté de 40 % depuis juin 2007, forçant le PAM à rationner l'aide alimentaire, et plongeant dans la faim des millions de personnes. Cette situation est insoutenable, tant au point de vue moral, économique, qu'écologique. (fin des extraits)


    Voilà Équiterre est de ce groupe de militants anti-OGM qui préconisent le contraire de Borlaug. Borlaug les qualifie d'utopistes... En lisant ceci, on se demande pourquoi a t'on nobellisé pour la paix des gens qui affament le monde comme les environnementeurs bio, végé et granola. La mode verte )boio. végé et granola) est en train de tuer le monde pire qu'une guerre conventionnelle. Je me demande si ces gens adeptes de la simplicité volontaire sont bénévoles pour disparaître comme les 2,5 milliards de victimes de leur action anti OMG.

    La mode bio, c'est juste bon pour les petits jardins dans notre cour. Ce ne sera jamais une industrie car les méthodes trtadiotionnelles font partie de la rhétorique de la décroissance économique en payant plus cher et démographique car faisant des victimes affamées. Je vous laisse avec un témoignage venant d'un agriculteur du tiers-monde: « Avec l'ancienne variété de maïs, j'obtiens 100 sacs de céréales avec mes 15 hectares. Avec le maïs Bt, j'en obtiens 1000. »

    Pour lui le bio n'est pas la solution. Pour les bourgeois gentilhommes, oui. »

  • Daniel Deslandes
    Abonné
    lundi 25 août 2008 11h51
    peut-on avoir la liste?
    « Je suis inscrit dans une ferme bio dans le coin de Rougemont, j'aimerais savoir si elle est conforme

    merci »

  • Blandine Philippe
    Inscrite
    lundi 25 août 2008 12h00
    Titre bien ronflant
    « Je suis quelque peu attristée de voir le résultat d'une telle "enquête"...
    Quand je pense au sérieux d'Équiterre et au dévouement indescriptible des centaines de cultivateurs maraîchers qui produisent localement, des produits sains, je regrette qu'un tel article puisse risquer de discréditer le bio.
    Oui, il faut être vigilant, mais également faire attention à sa responsabilité en tant que journaliste:
    Un titre ronflant... pour à peine une dizaine de fermes non officiellement certifiées ?
    Des termes forts et accusateurs sciemment orientés...
    Je me questionne sur le sérieux de l'enquête:
    pourquoi le journaliste n'a-t-il pas cherché à savoir ce qui empêche certaines fermes d'être à jour dans leurs certifications ? Il ne semble pas avoir poussé son enquête ni auprès des cultivateurs eux-mêmes, ni auprès d'Équiterre.
    Savez-vous qu'une simple goutte d'huile qui fuit d'un tracteur peut faire perdre l'accréditation ?
    Pouvez-vous nous dire combien coûte l'accréditation pour des oeufs bio ?
    Ce sont des milliers de dollars...
    Seulement une poignée de ferme non-officiellement en règle ? C'est une très bonne nouvelle face aux centaines de fermes du Québec qui continuent, à grand renfort de subventions, de polluer et d'appauvrir nos terres, nos eaux et nos santés.
    Alors, oui, je continuerai d'acheter mes 12 oeufs "bio" non certifiés à 4 ou 5 $, surtout quand je peux moi-même aller voir sur place et que je constate de visu que le grain donné est bien bio et que les poules ne sont pas empilées les unes sur les autres !
    Mais c'est un autre débat... »

  • Jc Verreault
    Inscrit
    lundi 25 août 2008 14h17
    Le Bio, on s'en balance!
    « L'idée de prendre son alimentation en main fait son chemin au Québec. À preuve tous les nouveaux marché locaux, virtuels, Équiterre etc... Gatineau, Granby, Sherbrooke, Saguenay, Mont-Joli, La Malbaie, Baie St-Paul... Les consommateurs veulent savoir la provenance des aliments qu'ils consomment, que tout ça soit frais, que le producteur local ait une bonne part du marché et que les aliments ne fassent pas trop de kilométrage avant d'arriver sur leur table. Les méthodes de cultures ancestrales ou traditionnelles sont saines et les gens avisés encouragent leurs adeptes. Si un producteur pense vendre ses produits localement, posez-vous la question, est-ce nécessaire de dépenser des milliers de $ pour la certification BIO alors que ses produits sont sains? Par contre il ne devrait pas s'afficher Bio! »

  • Magnan Daniel
    Inscrit
    lundi 25 août 2008 14h31
    Biologique = foutaise!
    « Ahh, la culture biologique! Je vis à côté d'un champ de culture biologique. L'herbe à poux y est plus haute que le soya. Plusieurs dizaines de milliers de plants d'herbe pouvant atteindre facilement cinq à six pieds de hauteur! Depuis plusieurs années que nous endurons ça à Saint-Pie.

    Le chimique, ce sont les voisins du cultivateur biologique qui le paient et l'ingurgitent! Pour vaincre les symptômes des allergies déclenchées par ce champ, on administre du Kénacort Retard qui possède des effets secondaires loin d'être secondaires! Comme le pollen peut dormir dans le sol près de 40 ans et peut voyager, les cultivateurs des alentours auront à utiliser plus de chimiques à cause du cultivateur biologique. Comme nous devons nous enfermer à l'air climatisé avec des purificateurs d'air et faire sécher notre linge à la sécheuse, nous consommons plus d'électricité pour les besoins d'une agriculture biologique.

    L'arrachage est biologique, je le sais, mais encore faudrait-il que les agriculteurs biologiques aient à coeur de réduire la consommation de produits chimiques globalement et non seulement dans leur portefeuille et leur clientèle aisée.

    Depuis que le champ est biologique, je ne le suis plus. Mon corps doit se soumettre quotidiennement à un décongestionnant, des antihistaminiques, un corticostéroïde nasal, une solution ophtalmique antiallergique, etc.

    Dès que je m'éloigne de chez-moi, les symptômes diminuent et deviennent presque inexistants.

    Il ne faudrait pas que les agriculteurs biologiques oublient qu'un jour, je me retrouverai aussi dans le sol et je serai bourré de chimiques. »

  • Nicolas Letarte
    Inscrit
    lundi 25 août 2008 15h09
    SALISSAGE !
    « Facile de taper sur des producteurs maraîchers de bonne foi même en rad de certifications.
    Cette étude aurait dû se concentrer sur les industriels qui usent de l'appellation "Bio" ou "Naturel" ou encore "Équitable" et qui contreviennent aux normes en offrant des produits tout à fait "standards" voir issues des techno Monsanto tout en tassant les "intègres" des tablettes.

    Peut-on avoir plus de détails sur cette étude ? Qui l'a commandée ? Qui apparaît sur cette fameuse liste ? »

  • François Tessier
    Inscrit
    lundi 25 août 2008 21h15
    ÉquiTerre ou... ÉquiTaire?
    « La réaction de Mad. Joncas de l'organisme Équiterre est bien décevante face à vos questions! Cette réponse que vous rapportez est... une photocopie des réponses des politiciens qui patinent en slalom autour des vrais problèmes. Elle balaye les vrais enjeux sous le tapis du "C'EST-PAS-D'MA-FAUTE"!

    Les responsables d'Équiterre vous ont-ils au moins demandés quelles étaient les noms des fermes fautives? Et la question que je me pose aujourd'hui est: Est-ce que ces fermes continuent toujours de nous vendre des légumes sous une étiquette certifiée bio, même après votre article les dénonçant?

    Et aussi, M. Deglise, pourquoi ne nommez-vous pas le nom de ces fermes dans votre article, pour que nous cessions de nous approvisionner auprès d'eux? On a pourtant bien nommé le nom de Mapple Leafe dans le dossier de la viande contaminée qui fait la manchette en ce moment?!? Même s'il ne s'agit pas ici d'un scandale digne des cas de listériose, on est en droit de savoir le nom de ceux qui nous prennent... pour des concombres!

    Équiterre fait preuve ici de naïveté : on ne devrait pas se contenter de demander aux agriculteurs de ne fournir que de vulgaires photocopies de certificats bidons, faciles à falsifier. L'organisme devraient plutôt aller vérifier directement auprès des organismes de certifications, soit le CARTV, Québec Vrai ou Ecocert Canada, le nom des fermes accréditées AVANT de les intégrer dans leur réseau d'agriculture soutenue par la communauté (ASC). Il en va de la réputation même d'Équiterre... qui vient, à mes yeux de dégringoler de haut! Prenez par exemple les banques: elles, ne prennent pas de chance. Votre banquier ne se contente pas de vous demander si vous êtes solvable pour vous accorder un prêt. Il téléphone plutôt à un organisme indépendant, informé et crédible, ÉQUIFAX en l'occurrence, pour connaitre votre cote de crédit. Et ce, AVANT de vous accorder un prêt. Il me semble que c'est élémentaire!

    Ce n'est pas parce qu'on mange des aliments biologiques qu'il faut réfléchir... comme des légumes! »

  • Denis Bouchard
    Inscrit
    mardi 26 août 2008 20h33
    Pas (toujours) besoin de certification
    « J'achète des produits d'une ferme du réseau d'ASC d'Équiterre depuis des années et je me fous de savoir si elle possède une certification BIO en règle. Le système d'agriculture soutenue par la communauté comme son nom l'indique, est basé sur la confiance que les clients développent envers leur producteur.

    Je sais que j'achète des produits de ma région, d'un producteur que j'ai eu l'occasion de connaître et dont j'ai pu visiter la ferme. Je peux vérifier que ses légumes et fruits sont produit naturellement en les regardant, en les sentant et en les mangeant. Je fais ma propre certification BIO.

    Une certification BIO peut être utile pour faire un choix à l'épicerie mais aucune certification ne garantira jamais l'honnêteté de tous les intervenants dans la chaîne de production et de distribution du producteur BIO à l'étalage de l'épicerie. L'agriculture soutenue par la communauté est selon moi ce qui permet la meilleure garantie de qualité des produits que je mange. »

  • Terra Sativa
    Inscrit
    mardi 26 août 2008 23h03
    N'importe quoi!
    « En garantissant d'abord à nos partenaires que nous sommes bel et bien certifiés biologique par Écocert Canada depuis 2005 (2004 ayant été l'année de notre pré-certification) et que la preuve de cette certification est disponible à quiconque en fait la demande.

    Nous sommes à priori fâchés de considérer la possibilité de fraudes dans le milieu des paniers d'ASC. Mais ces fraudes sont-elles réelles? Le CARTV, le Conseil des Appellations Réservées et des Termes Valorisants, qui chapeaute entre autres le bio au Québec, a publié sur son site une réponse à l'article* qui démontre que le journaliste n'est pas allé bien loin dans ses vérifications et que les fermes qu'il dénonce sont en fait bel et bien en processus de certification à l'exception d'une seule. Il semble avoir là manquement à une certaine rigueur, pour ne pas parler de désinformation...

    Faut-il blâmer Équiterre, qui affirme sur son site et dans sa promotion que toutes les fermes affiliées à son réseau sont en processus de certification bio? Nous laisserons l'organisme faire son enquête avant de lui jeter la pierre mais il est certain qu'il y a matière à examen. Et si l'organisme est fautif, il s'agit d'une faute importante qui nuit énormément à toute la crédibilité qu'il peine à construire. Néanmoins les révélations du CARTV tendent à disculper Équiterre.

    Mais ce qui ressort surtout au-dessus de tout ça, c'est un gros, gros, gros soupir de fatigue. D'écoeurement. De voir tellement d'efforts, de travail menacé par de telles allégations. Et d'un certain ras-le-bol d'avoir à sa charge un poids qui devient de plus en plus dur à porter.

    Le journaliste parle dans son article du "privilège" de la certification bio acquis "au prix de quelques centaines de dollars par année". La charge frôle davantage le millier de dollars. Une partie de ces frais vont au certificateur, et une partie non-négligeable qui augmente constamment à chaque année va au CARTV. Cet organisme est aussi financé par les certificateurs, pour qui les frais d'accréditation sont très élevés. Donc, à bien y regarder, les fermes contribuent deux fois au roulement du CARTV. Dans sa défunte forme du CAAQ, l'organisme recevait aussi de l'argent du MAPAQ mais de façon décroissante, dans le but d'en faire un organisme qui s'autogère avec ses propres cotisations dans un modèle de PPP. Maintenant que l'organisme s'occupe en plus du bio de toutes les appellations géographiques et de terroir qui s'en viennent (Savoir-Faire Orléans, Agneau de Charlevoix etc...), de l'argent neuf est venu du Ministère mais je doute fort que le bio y ait gagné au change.

    Ajoutons à cela Équiterre; un organisme dont j'estime le travail mais qui là encore vient chercher sa cotisation chez nous. En plus de majorer les frais des paniers de 15$ pour soutien au réseau, nous devons payer une cotisation annuelle à l'organisme pour apparaître sur sa liste. Ces frais sont normaux, nous ne les critiquons pas, et si nous voulons critiquer leur utilisation Équiterre nous donne le droit de le faire dans les règles de la démocratie participative. Mais c'est pour souligner un autre frais qui nous est imparti pour avoir le "privilège" de faire des paniers bio. Et je ne parle pas de l'UPA!...

    Tout ça s'accumule à d'autres irritants, comme celui d'avoir à gérer en rognant nos terres la dérive des pesticides utilisés par les voisins. D'avoir à fonctionner sans droit à l'assurance agricole. Bref de tout assumer seul, par son travail acharné aux limites du sacerdoce, de faire vivre tous ces gens et organismes qui ne font que nous donner le droit de produire de la nourriture sans empoisonner personne! Nous n'avons pas besoin d'expliquer à nos partenaires à quel point notre ouvrage est exigeant, ils le savent et le comprennent. Trois personnes travaillent à temps plein, sept jour sur sept, et deux autres les font 5 jours semaine chez nous. Pour ces cinq personnes, un seul salaire (qui se détaille sous le seuil de la pauvreté) est payé. Cela signifie qu'il nous faut en plus travailler à l'extérieur pour vivre. Tout ça est affaire de choix; nous avons fait celui de démarrer une entreprise agricole à partir de rien et nous sommes loin de vouloir apparaître misérables. Mais on se tanne parfois de voir nos presque pas de revenus s'envoler en formulaires et droits d'existence pour ensuite voir tant d'efforts ruinés par un article apparemment mal documenté.

    On ne produit pas d'orignal en peluche ou de désodorisant à coffre à gants, on produit de la nourriture! Un bien essentiel! Et pas des moindres; des légumes! l'aliment de base de toute personne souhaitant utiliser l'alimentation comme source de santé! Serait-il possible qu'on nous démontre un peu de respect? Que le gouvernement s'extirpe de ses discours sirupeux pour soutenir directement les fermes bio au lieu de subventionner les satellites qu'on lance sans cesse autour d'eux? Que l'on comprenne qu'il y a un prix à la nourriture que l'on mange et que ce n'est pas du tout celui que l'on paye à l'épicerie! Le prix des légumes n'a pour ainsi dire pas augmenté depuis 30 ans. Croyez-vous que les charges ont aussi stagnées? Ce que le journaliste appelle des "prix forts" en parlant du bio, je serais bien curieux de savoir avec quoi il l'a calculé.

    La ferme Terra Sativa pourrait s'affranchir de tout ça. Cesser sa certification bio, sa participation à Équiterre et mener sa barque seule, en ne donnant à ses partenaires que sa parole et la chance de venir voir par eux-mêmes comment nous travaillons. Nous considérons pour l'instant que notre participation à tout ça fait partie de l'engagement citoyen qui nous anime, un mouvement de plus dans la gesticule effrénée de notre indignation. Face à l'injustice, la pollution, la malhonnêteté, tout ce qui nous décourage parfois d'être descendu d'un arbre un jour pour faire un feu et cuire de la viande... Et il y a des jours, comme le 25 août 2008, où ce découragement est plus aigu.

    En guise de conclusion, je conviendrai qu'il est ardu pour un consommateur de trouver des valeurs sûres, de prendre en main les responsabilités qui vont avec son pouvoir d'achat et de les mettre en pratique. L'ASC est une formule en laquelle nous croyons. Et en attendant que le monde réalise que pendant qu'on s'inquiète de savoir si l'air de notre peau a une allure d'apparence saine, s'il y a des germes sur la clé du congélateur ou si notre Coors Light est vraiment froide, il y a du monde qui travaillent dur à de vraies choses. Ceux qui dénigrent leurs efforts peuvent toujours aller manger un hot-dog lystériose...

    Vos fermiers de famille de Terra Sativa terre de cultures »

  • Blandine Philippe
    Inscrite
    mercredi 27 août 2008 14h28
    Approche éditoriale malhonnête sur 3 jours
    « Tout d'abord, mes félicitations aux propos de Terra Sativa !

    Je me permets ici de soulever la malhonnêteté journalistique, non pas sur un seul texte, mais sur toute la démarche empruntée ces 3 jours:
    Deglise avait visiblement déjà produit d'avance ses 2 textes y compris celui du mardi avant même de prendre connaissance de la réponse d'Équiterre. Il n'a - apparemment - eu besoin que de combler un espace vide pour y intégrer une petite phrase du communiqué (réponse d'Équiterre reçue au Devoir dès le lundi). Comment sinon parler d'une enquête ? Comment aurait-il pu produire son second texte, (mis en ligne dès le lundi soir et paru le mardi), quelques minutes seulement après la réponse d'Équiterre ?
    Confronté à ses erreurs et lacunes (relevées tant par Équiterre, que le CARTV et les lecteurs eux-mêmes) le Devoir décide finalement de corriger le tir le troisième jour... seulement. Elle pouvait le faire dès le mardi. Mais elle a choisi de ne pas le faire.
    Durant ces 2 premières journées, tout le monde s'affole, consommateurs en premier (n'était-ce pas l'effet recherché ?), faisant de surcroît perdre temps et énergies aux organismes concernés. Et durant ces 2 premières journées, Le Devoir met tout cela à sa Une, affiche les 2 articles intégralement et accepte aussi les réactions des lecteurs.
    Curieusement, au matin du 3ième jour, les rétractations du quotidien se font petites, le texte n'est pas accessible en ligne et seuls les abonnés - payant - peuvent réagir.
    La voilà la bonne stratégie... et vous vous demandez pourquoi les journalistes inspirent de moins en moins confiance aux citoyens-nes ?

    Blandine Philippe
    Journaliste
    Membre FPJQ »

  • Lebrun Isabelle
    Inscrite
    vendredi 29 août 2008 07h59
    favoriser les aliments du Québec sans entacher ceux qui le font bien
    « je suis vraiment déçue de voir qu'un journaliste du devoir, qui se veut un journal plus sérieux et crédible, ait si peu poussé sa recherche avant de lancer une telle accusation. Le concept de l'ASC est très positif pour les petites et moyennes fermes du Québec et elle favorise une bonne santé économique pour ces dernières en leur assurant des revenus. Avec les moments difficiles que vivent les différents acteurs de ce milieu, il est rafraîchissant de voir des innovations dans la mise en marché et dans le soutien des consommateurs qui se transforment en partenaires. Malgré les rectifications sur le dossier, le doute sera soulevé chez certains consommateurs. Favoriser l'économie local est déjà énorme dans le marché mondial d'aujourd'hui et il serait préférable de mettre de l'avant les bons aspects des efforts fournis par l'organisme Équiterre qui, à mon sens, fait un excellent travail et apporte des outils pour développer davantage notre conscience et favoriser notre responsabilité responsable. »

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