Québec au temps du scorbut - Les repas à Québec au milieu du XVIIIe siècle
À quelques égards, les repas ne sont pas les mêmes en Canada que dans les provinces anglaises. Cela dépend peut-être de la différence des coutumes, des goûts et de la religion, entre les deux nations. On fait ici trois repas par jour, le déjeuner, le dîner et le souper. Le déjeuner se prend généralement entre sept et huit heures; on est très matineux dans ce pays, à commencer par le gouverneur général, qui donne audience dès sept heures, à son lever.
Les uns se contentent d'un morceau de pain trempé dans de l'eau-de-vie, d'autres commencent par le petit verre et mangent un croûton ensuite ou avalent une tasse de chocolat; beaucoup de dames prennent du café. Il ne manque pas de gens qui ne déjeunent qu'à midi. Je n'ai jamais vu faire usage de thé ici; on peut se procurer le café et le chocolat des colonies françaises de l'Amérique du Sud, tandis que pour le thé il faut le faire venir de la Chine, et je suppose qu'on ne trouve pas que ce breuvage vaille l'argent qu'il faudrait débourser pour se le procurer.
Midi est l'heure du dîner, repas où l'on sert une grande variété de mets chez les gens de qualité et aussi chez les bourgeois, quand ils reçoivent des étrangers à leur table. Le pain, de forme ovale, est fait de farine de froment. Le couvert de chaque personne se compose d'une serviette, d'une cuiller et d'une fourchette. On donne des couteaux quelquefois, mais en général on les omet, chaque dame et monsieur ayant soin d'apporter son propre couteau. Les cuillers et les fourchettes sont en argent et les assiettes en porcelaine de Hollande.
Le repas commence par une soupe qui se mange avec beaucoup de pain, puis viennent les viandes fraîches de toutes sortes, bouillies et rôties, le gibier, les volailles, fricassées ou en ragoûts, et diverses espèces de salades. On boit généralement du bordeaux, mêlé d'eau, au dîner. La bière d'épinette est aussi très en vogue. Les dames doivent de l'eau, rarement du vin.
Après le dîner vient le dessert, qui comprend une grande variété de fruits, des noix de France ou du Canada au naturel ou confites, des amandes, du raisin, des noisettes, plusieurs espèces de baies qui viennent à maturité dans la saison d'été, comme les groseilles et les gadelles, des atocas confits dans de la mélasse, des conserves, en sucre, de fraises, de framboises, de mûres et d'autres fruits de ronces. Le fromage entre aussi dans le dessert, ainsi que le lait que l'on prend, à la fin, avec du sucre.
Le vendredi et le samedi on s'abstient de viande, suivant les règlements de l'Église catholique romaine, ce qui ne veut pas dire qu'on se laisse mourir de faim. Ce jour-là, on fait bouillir toutes sortes d'herbes culinaires et de fruits, on sert du lait, du poisson, des oeufs apprêtés de différentes manières.
Le concombre coupé en tranches et mangé avec de la crème est un met excellent. Quelquefois on le sert au naturel; chaque convive s'empare d'un de ces rafraîchissants cucumis, le pèle, le coupe en morceaux et le mange à la croque au sel comme on fait des raves. Le melon est en abondance ici et on l'offre toujours avec du sucre, mais non le vin ou l'eau-de-vie. Les Français et les Anglais, qui ont de si belles plantations de cannes à sucre dans leurs possessions des Indes occidentales, ne consomment pas la moitié autant de sucre que les Suédois.
Les Français ne disent de grâces ni avant ni après les repas, mais ils font le signe de la croix, pas tous cependant. Immédiatement après le dîner, ils prennent une tasse de café sans crème.
Le souper se donne ordinairement entre sept et huit heures du soir et il se compose des mêmes mets que le dîner. Le pudding est inconnu ici; on sait préparer le punch, mais il n'est pas d'usage de le passer.
Source: Peter Kalm, Voyage dans l'Amérique Septentrionale..
Les uns se contentent d'un morceau de pain trempé dans de l'eau-de-vie, d'autres commencent par le petit verre et mangent un croûton ensuite ou avalent une tasse de chocolat; beaucoup de dames prennent du café. Il ne manque pas de gens qui ne déjeunent qu'à midi. Je n'ai jamais vu faire usage de thé ici; on peut se procurer le café et le chocolat des colonies françaises de l'Amérique du Sud, tandis que pour le thé il faut le faire venir de la Chine, et je suppose qu'on ne trouve pas que ce breuvage vaille l'argent qu'il faudrait débourser pour se le procurer.
Midi est l'heure du dîner, repas où l'on sert une grande variété de mets chez les gens de qualité et aussi chez les bourgeois, quand ils reçoivent des étrangers à leur table. Le pain, de forme ovale, est fait de farine de froment. Le couvert de chaque personne se compose d'une serviette, d'une cuiller et d'une fourchette. On donne des couteaux quelquefois, mais en général on les omet, chaque dame et monsieur ayant soin d'apporter son propre couteau. Les cuillers et les fourchettes sont en argent et les assiettes en porcelaine de Hollande.
Le repas commence par une soupe qui se mange avec beaucoup de pain, puis viennent les viandes fraîches de toutes sortes, bouillies et rôties, le gibier, les volailles, fricassées ou en ragoûts, et diverses espèces de salades. On boit généralement du bordeaux, mêlé d'eau, au dîner. La bière d'épinette est aussi très en vogue. Les dames doivent de l'eau, rarement du vin.
Après le dîner vient le dessert, qui comprend une grande variété de fruits, des noix de France ou du Canada au naturel ou confites, des amandes, du raisin, des noisettes, plusieurs espèces de baies qui viennent à maturité dans la saison d'été, comme les groseilles et les gadelles, des atocas confits dans de la mélasse, des conserves, en sucre, de fraises, de framboises, de mûres et d'autres fruits de ronces. Le fromage entre aussi dans le dessert, ainsi que le lait que l'on prend, à la fin, avec du sucre.
Le vendredi et le samedi on s'abstient de viande, suivant les règlements de l'Église catholique romaine, ce qui ne veut pas dire qu'on se laisse mourir de faim. Ce jour-là, on fait bouillir toutes sortes d'herbes culinaires et de fruits, on sert du lait, du poisson, des oeufs apprêtés de différentes manières.
Le concombre coupé en tranches et mangé avec de la crème est un met excellent. Quelquefois on le sert au naturel; chaque convive s'empare d'un de ces rafraîchissants cucumis, le pèle, le coupe en morceaux et le mange à la croque au sel comme on fait des raves. Le melon est en abondance ici et on l'offre toujours avec du sucre, mais non le vin ou l'eau-de-vie. Les Français et les Anglais, qui ont de si belles plantations de cannes à sucre dans leurs possessions des Indes occidentales, ne consomment pas la moitié autant de sucre que les Suédois.
Les Français ne disent de grâces ni avant ni après les repas, mais ils font le signe de la croix, pas tous cependant. Immédiatement après le dîner, ils prennent une tasse de café sans crème.
Le souper se donne ordinairement entre sept et huit heures du soir et il se compose des mêmes mets que le dîner. Le pudding est inconnu ici; on sait préparer le punch, mais il n'est pas d'usage de le passer.
Source: Peter Kalm, Voyage dans l'Amérique Septentrionale..
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