Les régions françaises prennent le relais des fêtes du 400e
Photo : Agence France-Presse
Saint-Malo était à l’honneur la semaine dernière avec l’arrivée de la Transat, remportée par Franck-Yves Escoffier. La ville a fêté le champion aux rythmes du groupe québécois Lost Fingers.
Québec — Alors que les célébrations du 400e font une pause à Québec, les médias français révèlent l'enthousiasme des régions de l'Hexagone pour notre histoire commune. Notre capitale n'a certes pas volé la vedette à Paris cet été, mais elle fait beaucoup parler d'elle sur le plan local.
Il faut lire les articles à saveur généalogique publiés par Sud Ouest pour mesurer l'enthousiasme de nos cousins français. Jeudi, on nous racontait l'histoire d'Alain Bistodeau, «vigneron sans histoire de Listrac» qui s'est découvert des origines québécoises. Son ancêtre, Antoine, avait quitté la Gironde en 1757 pour devenir boucher à Québec. «Le vigneron ne rate aucun documentaire ou film qui lui permet de découvrir la région de son aïeul par écrans interposés. "Chaque fois que j'entends le mot Québec, la petite lumière s'allume".»
Ici et là, on souligne 2008 par des conférences à saveur historique, des feux d'artifice ou encore des concerts. Dinanche soir, dans le Poitou, la Fête des traditions paysannes de Ménigoute recevait le groupe québécois Les Tireux d'Roches. «Cela n'a échappé à personne: 2008 marque l'année des 400 ans du Québec», rapporte le journal local La Nouvelle République du Centre-Ouest. «Des tas de manifestations diverses s'inscrivent dans cette célébration.» En Normandie, le centre d'exposition Juno Beach marque le 400e en dressant le portrait de douze vétérans canadiens qui ont pris part à la Deuxième Guerre mondiale. Tous sont originaires de Normandie.
Mais c'est Saint-Malo qui était à l'honneur la semaine dernière avec l'arrivée de la Transat. Aucune surprise dans la victoire du champion Franck-Yves Escoffier, mais, pour marquer le coup, on a fêté jusqu'à dimanche en compagnie du groupe de Québec Lost Fingers qui connaît un succès littéralement fulgurant avec ses reprises manouches des tubes des années 1980. Un spectacle multimédia sur Jacques Cartier — illustre natif de la ville — devait également être présenté vendredi.
«Pendant que, nous, on reprend notre souffle, eux, ils poursuivent les festivités», de résumer Roxane Saint-Pierre, responsable des relations de presse avec l'étranger pour le 400e. «Ça continue du côté français, notamment grâce à la Transat.»
Même Paris n'est pas complètement indifférent au 400e. En fin de semaine, le festival Les étés de la danse donnait une grande place aux artistes du Québec. «Pour la venue des Grands Ballets canadiens, absents depuis trente ans des scènes parisiennes, et dans le cadre du 400e anniversaire de la ville de Québec, la crème des VJ et DJ canadiens a été sélectionnée pour des after-show», rapportait Le Monde de ce samedi. Au menu: des performances de Patrick Watson, Chocolat, de So Called et de la DJette SoulSista. Des oeuvres de Jocelyne Alloucherie et Nicolas Reeves agrémentaient le décor.
Des géants français aux fêtes de la Nouvelle-France
Comme l'a souvent dit l'ex-premier ministre Raffarin (et président du comité français d'organisation des Fêtes), la mobilisation est particulièrement forte dans les communes.
«Les géants villeneuvois débarquent à Québec, tabernacle!», titrait cette semaine La Voix du Nord près du Pas-de-Calais. «Ils accompagneront trois géants de la commune invités au 400e anniversaire de la fondation de Québec.» Les Fêtes de la Nouvelle-France qui débutent aujourd'hui organisent chaque année des défilés de poupées géantes représentant des personnages marquants de l'histoire.
Une vieille tradition à laquelle les Français sont visiblement encore très attachés dans la commune au nom très bien choisi de Villeneuve. Quarante membres de l'association locale sont du voyage, et 35 géants européens doivent y prendre part.
En Charente-Maritime, région natale de Champlain, c'est une chorale de 23 chanteurs de chants de marins qui prépare sa participation au 400e. On les appelle Le Choeur Marine et les Tambours et Fifres La Fayette. «Forts de l'intérêt qu'on leur porte, les chanteurs et musiciens porteront haut les couleurs de Rochefort et de sa Charente chez nos cousins du Saint-Laurent», écrit le quotidien Sud Ouest à propos des artistes qui se produiront du 6 au 10 août sur la nouvelle promenade Samuel-de-Champlain à Québec avant de migrer vers le Festival des chants de marins de Saint-Jean-Port-Joli.
Le lien avec le 400e est parfois ténu, mais on sent bien que les célébrations ont servi de prétexte à toutes sortes d'échanges et de manifestations. Toujours dans le Sud-Ouest, le château de Laas est depuis vendredi dernier le centre d'une reconstitution historique de dix jours. Il sera question des efforts déployés en 1755 par le régiment de Béarn pour contrecarrer les Anglais. «Les représentants du drapeau frappé des deux vaches se sont imposés comme les ultimes remparts pour préserver un petit bout de royaume de France outre-Atlantique», rappelle-t-on dans Sud Ouest. «Certes, il s'agira de rejouer les dernières heures du Canada français, mais il ne s'agit pas de ressasser l'histoire, mais plus simplement de la faire partager. Une manifestation qui a le bonheur de coïncider avec le 400e anniversaire de Québec.»
De son côté, la commune de Palluau-sur-Indre dans le centre du pays a tenu dimanche 27 juillet une kermesse aux couleurs du 400e. «Parti du foyer de la rue Basse, il traversa une bonne partie du bourg pour arriver sur la plage des rosiers, où un spectacle fut ensuite donné en présence d'un très nombreux public», rapportait La Nouvelle République. Plus tôt la semaine dernière, l'un de ces journalistes déplorait même que l'on n'ait pas organisé davantage de festivités pour le 400e, «alors que Palluau compte parmi ses enfants deux bâtisseurs de la Nouvelle-France (le cartographe Jean-Baptiste-Louis Franquelin et le gouverneur Louis de Buade de Frontenac)». Et d'ajouter ceci: «Ils ont pourtant marqué de leur empreinte l'histoire de la Nouvelle-France. Mais l'ancienne, imperturbable, est encore trop occupée à se regarder le nombril pour s'en préoccuper.» Ah oui?
Il faut lire les articles à saveur généalogique publiés par Sud Ouest pour mesurer l'enthousiasme de nos cousins français. Jeudi, on nous racontait l'histoire d'Alain Bistodeau, «vigneron sans histoire de Listrac» qui s'est découvert des origines québécoises. Son ancêtre, Antoine, avait quitté la Gironde en 1757 pour devenir boucher à Québec. «Le vigneron ne rate aucun documentaire ou film qui lui permet de découvrir la région de son aïeul par écrans interposés. "Chaque fois que j'entends le mot Québec, la petite lumière s'allume".»
Ici et là, on souligne 2008 par des conférences à saveur historique, des feux d'artifice ou encore des concerts. Dinanche soir, dans le Poitou, la Fête des traditions paysannes de Ménigoute recevait le groupe québécois Les Tireux d'Roches. «Cela n'a échappé à personne: 2008 marque l'année des 400 ans du Québec», rapporte le journal local La Nouvelle République du Centre-Ouest. «Des tas de manifestations diverses s'inscrivent dans cette célébration.» En Normandie, le centre d'exposition Juno Beach marque le 400e en dressant le portrait de douze vétérans canadiens qui ont pris part à la Deuxième Guerre mondiale. Tous sont originaires de Normandie.
Mais c'est Saint-Malo qui était à l'honneur la semaine dernière avec l'arrivée de la Transat. Aucune surprise dans la victoire du champion Franck-Yves Escoffier, mais, pour marquer le coup, on a fêté jusqu'à dimanche en compagnie du groupe de Québec Lost Fingers qui connaît un succès littéralement fulgurant avec ses reprises manouches des tubes des années 1980. Un spectacle multimédia sur Jacques Cartier — illustre natif de la ville — devait également être présenté vendredi.
«Pendant que, nous, on reprend notre souffle, eux, ils poursuivent les festivités», de résumer Roxane Saint-Pierre, responsable des relations de presse avec l'étranger pour le 400e. «Ça continue du côté français, notamment grâce à la Transat.»
Même Paris n'est pas complètement indifférent au 400e. En fin de semaine, le festival Les étés de la danse donnait une grande place aux artistes du Québec. «Pour la venue des Grands Ballets canadiens, absents depuis trente ans des scènes parisiennes, et dans le cadre du 400e anniversaire de la ville de Québec, la crème des VJ et DJ canadiens a été sélectionnée pour des after-show», rapportait Le Monde de ce samedi. Au menu: des performances de Patrick Watson, Chocolat, de So Called et de la DJette SoulSista. Des oeuvres de Jocelyne Alloucherie et Nicolas Reeves agrémentaient le décor.
Des géants français aux fêtes de la Nouvelle-France
Comme l'a souvent dit l'ex-premier ministre Raffarin (et président du comité français d'organisation des Fêtes), la mobilisation est particulièrement forte dans les communes.
«Les géants villeneuvois débarquent à Québec, tabernacle!», titrait cette semaine La Voix du Nord près du Pas-de-Calais. «Ils accompagneront trois géants de la commune invités au 400e anniversaire de la fondation de Québec.» Les Fêtes de la Nouvelle-France qui débutent aujourd'hui organisent chaque année des défilés de poupées géantes représentant des personnages marquants de l'histoire.
Une vieille tradition à laquelle les Français sont visiblement encore très attachés dans la commune au nom très bien choisi de Villeneuve. Quarante membres de l'association locale sont du voyage, et 35 géants européens doivent y prendre part.
En Charente-Maritime, région natale de Champlain, c'est une chorale de 23 chanteurs de chants de marins qui prépare sa participation au 400e. On les appelle Le Choeur Marine et les Tambours et Fifres La Fayette. «Forts de l'intérêt qu'on leur porte, les chanteurs et musiciens porteront haut les couleurs de Rochefort et de sa Charente chez nos cousins du Saint-Laurent», écrit le quotidien Sud Ouest à propos des artistes qui se produiront du 6 au 10 août sur la nouvelle promenade Samuel-de-Champlain à Québec avant de migrer vers le Festival des chants de marins de Saint-Jean-Port-Joli.
Le lien avec le 400e est parfois ténu, mais on sent bien que les célébrations ont servi de prétexte à toutes sortes d'échanges et de manifestations. Toujours dans le Sud-Ouest, le château de Laas est depuis vendredi dernier le centre d'une reconstitution historique de dix jours. Il sera question des efforts déployés en 1755 par le régiment de Béarn pour contrecarrer les Anglais. «Les représentants du drapeau frappé des deux vaches se sont imposés comme les ultimes remparts pour préserver un petit bout de royaume de France outre-Atlantique», rappelle-t-on dans Sud Ouest. «Certes, il s'agira de rejouer les dernières heures du Canada français, mais il ne s'agit pas de ressasser l'histoire, mais plus simplement de la faire partager. Une manifestation qui a le bonheur de coïncider avec le 400e anniversaire de Québec.»
De son côté, la commune de Palluau-sur-Indre dans le centre du pays a tenu dimanche 27 juillet une kermesse aux couleurs du 400e. «Parti du foyer de la rue Basse, il traversa une bonne partie du bourg pour arriver sur la plage des rosiers, où un spectacle fut ensuite donné en présence d'un très nombreux public», rapportait La Nouvelle République. Plus tôt la semaine dernière, l'un de ces journalistes déplorait même que l'on n'ait pas organisé davantage de festivités pour le 400e, «alors que Palluau compte parmi ses enfants deux bâtisseurs de la Nouvelle-France (le cartographe Jean-Baptiste-Louis Franquelin et le gouverneur Louis de Buade de Frontenac)». Et d'ajouter ceci: «Ils ont pourtant marqué de leur empreinte l'histoire de la Nouvelle-France. Mais l'ancienne, imperturbable, est encore trop occupée à se regarder le nombril pour s'en préoccuper.» Ah oui?
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