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Sur les traces de Champlain - 2 - L'enfant de Brouage

Christian Rioux   30 juin 2008  Société
Le mystère des années de jeunesse du fondateur de l'Amérique française se cache quelque part dans les vestiges de Brouage, ville morte devenue le tombeau de la mémoire de Samuel de Champlain.

Brouage — «Ici Champlain a prié et a été exaucé». La plaque vissée à une colonne située entre l'autel et une relique des Saints Martyrs canadiens, dans la petite église de Brouage, ne laisse pas de doute. À défaut de savoir si c'est bien à cet endroit précis que le fondateur de Québec s'agenouilla pour demander à Dieu la libération de la ville des frères Kirke vers 1630, elle montre bien que Brouage n'entend pas se laisser déposséder de son histoire.

Pourtant, les vitraux trop criants offerts par le Québec, l'Ontario, le Nouveau-Brunswick, Montréal et Québec n'ont pas toujours fait la joie des paisibles habitants. Certains se souviennent de la belle austérité de leur église érigée au XVIe siècle après que l'ancienne ville huguenote fut devenue une place forte catholique. Comment imaginer aujourd'hui que la ville natale de Champlain, construite de toutes pièces au milieu du XVIe siècle, a pu accueillir jusqu'à 4000 habitants? Aujourd'hui, la bourgade fortifiée aux rues à angle droit ne compte plus que 120 familles, dont seulement une dizaine d'enfants. S'il y a toujours une école primaire, c'est parce que Brouage a fusionné avec la commune voisine d'Hiers. Les habitants sont pour l'essentiel des retraités qui ont travaillé à la culture des huîtres.

«À l'époque, on trouvait des marins de partout dans cette ville et ça parlait toutes les langues», explique Sophie Besnier, qui a contribué à inventorier tous les lieux qui rappellent la Nouvelle-France dans la région. Un médecin de l'époque, Nicolas Alain, a même écrit que Brouage était une «Babel où l'on parle 20 langues». Rue Champlain, justement, un linteau de porte gravé en néerlandais témoigne encore du décor qui a probablement vu grandir Champlain, entre les soldats du roi, les pêcheurs et les aventuriers.

Une ville morte

Et pourtant, Brouage est aujourd'hui à trois kilomètres de la mer! Comment imaginer que le petit canal qui serpente hors des remparts a pu accueillir jusqu'à 400 navires en même temps? Des navires qui repartaient chargés de sel vers toutes les capitales du monde connu. Les pilotes pouvaient même hisser les voiles à marée basse tant l'estuaire était profond. Après avoir été la place forte catholique destinée à combattre sa rivale protestante de La Rochelle, Brouage s'est progressivement ensablé, à cause notamment de la vingtaine de barges remplies de sable et de pierre qu'y ont coulé les Rochelais en 1586.

Champlain aurait alors eu autour de six ou dix ans, selon les estimations faites par les historiens, qui n'ont jamais retrouvé son extrait de naissance. «Mais il ne fait pas de doute que Champlain vécut dans un milieu de marins et qu'il vit partir de nombreux navires vers Terre-Neuve, dit Marc Séguin, professeur honoraire d'histoire. Il a vécu la vie normale d'un jeune homme de la côte. Son oncle, Guillaume Allène dit le "Provençal", était un habitué de l'Atlantique Nord.» Séguin a étudié les registres des notaires de Bordeaux et de La Rochelle. Il a recensé 150 départs en 30 ans. «Mais il y en a eu beaucoup plus», dit-il. Champlain dira lui-même que c'est sa formation à Brouage qui l'a mené vers le Nouveau Monde.

On a longtemps raconté que sa maison s'élevait sur un terrain de Brouage qui accueillait autrefois des stèles érigées en son honneur. Aujourd'hui, un musée un peu clinquant, bourré d'écrans plasma, a remplacé les stèles. L'examen du cadastre de la ville a montré que ce lieu n'avait rien à voir avec Champlain. Les trois maisons qui ont appartenu à sa famille se situaient plutôt de l'autre côté du village. On n'a des traces de ces maisons que parce que Champlain les a vendues lors d'un de ses séjours en France avant de repartir pour Québec. Certains verront dans cette vente la volonté de rompre avec son pays d'origine pour faire de la Nouvelle-France sa véritable patrie.

C'est la petite église de Brouage qui témoigne le mieux du véritable culte que voue Brouage à son héros. Animé jusque dans les années 80 par le père Maxime Le Grelle, le lieu a vu défiler presque tout ce que le Québec compte de représentants officiels. Le dernier en date se nomme Jean Charest. C'était en mai dernier. Parmi ses illustres prédécesseurs, on trouve Henri Bourassa. Sur le mur, une longue citation du fondateur du Devoir explique que «c'est à Dieu, à Dieu seul» qu'il faut rendre grâce pour le «miracle de la survivance canadienne-française». Rien de surprenant qu'un grand dévot comme Bourassa soit à l'honneur dans cette ancienne capitale catholique destinée à faire contrepoids à La Rochelle la protestante.

Pour Marc Séguin, c'est peut-être aussi à Brouage que Champlain a appris à ne pas trop faire de cas de la religion. Il cite le cas de Guillaume Gousset, un marchand qui vivait du sel et qui fut poursuivi pour ses opinions religieuses. «Il avait compris que son intérêt n'était pas d'aller au bûcher. La Saint-Onge est une patrie de libres-penseurs où l'on a appris à ne pas trop s'en faire avec la religion. C'est pour cela qu'elle a été le foyer des radicaux socialistes après la Révolution.»

Une formation exceptionnelle

L'historien qui s'est le plus attardé aux années de formation de Champlain est Jean Glénisson. À 87 ans, le médiéviste réputé s'est retiré dans sa belle propriété de Jonzac, entre Bordeaux et La Rochelle. Il montre à tous ses visiteurs l'érable qu'il a planté sur son terrain il y a 25 ans. «Je l'ai ramené en cachette dans mes bagages de Sainte-Émélie-de-l'Énergie, avoue-t-il. J'étais peut-être hors-la-loi. Qui sait?»

Glénisson n'a pas élucidé le mystère de la naissance de Champlain, mais il soutient que le marin a reçu une formation exceptionnelle. «Le jeune Champlain a reçu une éducation de haut niveau, dit-il. Il a fait des études avancées telle qu'en faisaient les gens de la marine à cette époque. Il se peut même qu'il ait reçu la formation d'un jeune noble, ce qu'il n'était pourtant pas.» Glénisson juge que Champlain a probablement fréquenté une académie près de Brouage. Il s'agit peut-être de celle que mentionne son collègue Emmanuel Le Roy Ladurie dans un de ses livres (Le Voyage de Thomas Platter, Fayard 2000) et qu'il qualifie d'«académie spéciale». On y donnait «entraînement et enseignement aux jeunes gens de la noblesse et à d'autres seigneurs bien nés pour toutes espèces d'exercices et de jeux cavaliers». Champlain y aurait appris les sciences aussi bien que l'art militaire, même s'il n'était pas noble mais probablement issu d'une famille aisée, estime Glénisson.

Champlain aurait aussi appris son métier auprès du sieur Du Carlo, un ingénieur et un cartographe qui a vécu à Brouage, où il a laissé des plans et des projets de fortification. Contrairement à tous ses associés, comme Dugua de Monts, Chauvin et Dupont-Gravé, Champlain est à la fois un marin, un diplomate, un cartographe, un écrivain et un ethnologue. Pour Séguin et Glénisson, Champlain dépasse d'une tête au moins tous ses rivaux. Glénisson voit dans le découvreur de Québec le précurseur d'une longue tradition d'hommes qui se sont mis au service de la France et de son prestige. Pour Glénisson, le premier voyage de Champlain avec son oncle, qui le mena de Cadix aux colonies espagnoles de l'Amérique du Sud, fut déterminant. Champlain explore alors des terres nouvelles, mais aussi ennemies et normalement interdites aux Français. «Il en tire son premier livre, Des Sauvages, mais il en a probablement fait une relation secrète au roi, dit Glénisson. Ces questions étaient d'une grande importance stratégique.» L'historien n'hésite pas à prononcer le mot «espion».

C'est dans cette éducation inspirée de l'esprit des Lumières que Glénisson voit les racines de la grande ouverture de Champlain à l'égard des Amérindiens. «Les Espagnols pratiquaient une colonisation très dure, alors que les Français avaient pour objectif d'en faire des égaux. Cette idée est apparue très tôt en France. Un esclave qui touchait le sol français devenait libre. Champlain a déjà un esprit universaliste.» Dès les débuts, on trouve dans l'attitude de Champlain, qui noue des alliances politiques avec les peuples autochtones, l'esprit qui mènera en 1701 à la Grande Paix de Montréal. C'est aussi l'opinion de Marc Séguin. «C'est la manie des Français de faire des autres des Français». Surtout quand ils sont peu nombreux sur un immense territoire, ajouteront certains.

Tout se joue à Paris

Glénisson est convaincu que, sans ces talents de diplomate et d'homme d'État, Champlain n'aurait jamais sauvé la colonie. Pour l'historien, le sort de la Nouvelle-France s'est joué plus souvent à Paris qu'à Québec. «Entre 1603 et sa mort en 1635, il passe 11 ans en France. À chaque fois qu'il revient, il sauve la colonie. Il manoeuvre comme un politicien. C'est lui qui recrute les vice-rois qui se succéderont.» Champlain et Dugua de Monts ont fort à faire pour convaincre la cour, où le surintendant des Finances, Sully, juge leur aventure «à grand charge et de peu d'utilité». Elle serait même trop éloignée «à la cervelle des Français». En 1629, après la prise de Québec par les frères Kirke (malgré le traité de Suze qui met fin au conflit franco-anglais), c'est lui qui alerte l'ambassade de la France à Londres et force la restitution de la colonie. Champlain va même jusqu'à insister dans ses récits sur la faune canadienne, dit Glénisson. Pourquoi tant de détails qui peuvent paraître inutiles? «Il sait que le roi est un passionné de chasse!»

Régulièrement, la mémoire du Canada est ranimée en France par les récits de Champlain, dit Glénisson. «S'il n'avait pas été là, elle se serait perdue. Champlain est un intellectuel incomparable, sans aucun rapport avec Pierre Dugua de Monts», qui finance ses entreprises. Séguin renchérit: «Champlain ne se compare à personne sur le plan intellectuel. Il a trouvé tous les points sur lesquels il fallait appuyer pour réussir. Il avait une idée personnelle de ce que devait être la colonie.»

Sur la route du village natal de Champlain, à quelques kilomètres, se trouve la belle église de Saint-Just-Luzac, d'un gothique flamboyant. Dans l'entrée près des escaliers, on peut encore déchiffrer les graffitis des marins qui dessinaient les navires qui circulaient autour de Brouage à l'époque de la naissance de Champlain. Mais le règne de Brouage sera court. La ville ne survivra guère à son héros. Dès 1665, Vauban choisit Rochefort pour accueillir un arsenal. Brouage va progressivement s'ensabler et devenir le tombeau de la mémoire de Champlain. Entre le café Champlain, le square du Nouveau-Bunswick et la rue de Québec, les belles échauguettes qui rythment les remparts règnent sur une ville morte. Une ville devenue au fond le plus grand monument à la mémoire du fondateur de l'Amérique française.






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  • jean claude pomerleau
    Inscrit
    lundi 30 juin 2008 08h41
    M Champlain et le sens a donner au 400 e.
    « Il aura fallu à M. Champlain toutes les qualités exceptionnelles d'homme d'état pour que la fondation et l'édification de ce qui allait devenir l'état du Québec soit possible. Alors que l'on essais de nous faire passer l'Habitation de Québec (cellule souche de l'état du Québec) pour Ma Cabanne au Canada, il serait bon de se le rappeler:http://www.vigile.net/400e-L-Habitation-de-Quebec-ou-ma

    Jean Claude Pomerleau »

  • guy st-onge
    Inscrit
    lundi 30 juin 2008 09h10
    nom de la saintonge
    « vous avez commis une petite erreur;fait écrire , saintonge et non saint-onge »

  • william morris
    Abonné
    lundi 30 juin 2008 09h34
    Honeur à Champlain...
    « Bonjour,
    À ce qu'il semble, Champlain était un homme exceptionnel, par ce qu'il a fait au Canada.
    Il n'est pas resté seulement dans ce qu'on appelle aujourd'hui le Québec. Il est allé explorer dans ce qu'on appelle aujourd'hui l'Ontario et l'on trouve au bord d'un grand lac au nord de Toronto une statue à l'effigie de Champlain, pour marquer son passage à cet endroit.
    Enfin, on oublie parfois qu'il est allé explorer au Cap Cod, y compris la petite rivière appelée Bass River, où Champlain sonda le fond de l'eau avec les moyens de l'époque. Champlain s'intéressait à tout, notait tout. Il avait un cerveau moderne.
    Vive Champlain ! Les Québécois devraient l'imiter au lieu de prendre du pot et de s'intéresser seulement à s'amuser.
    Qu'en pensez-vous ?
    William Morris
    www.lemont.canalblog..com »

  • Doris Veillet
    Inscrite
    lundi 30 juin 2008 10h09
    Merci pour ce texte merveilleux!
    « Bonjour!
    Ayant visité Brouages en 1989, lorsque nous visitions «nos cousins» niortais, les familles Veillet venues en 1988 célébrer le 300e anniversaire de l'arrivée de notre ancêtre commun, Jean Veillet, officier de la Franche Marine, j'ai été impressionnée par la gentillesse des citoyennes et citoyens constamment prêts à nous informer de la vie de Champlain, sauf que le texte d'aujourd'hui ajoute une autre dimension à la connaissance de cet homme dont la vie n'a pas été banale, loin de là!
    Merci pour cette publication!
    Ah! Comme j'aurais aimé lire ce texte avant de quitter le Canada pour la France, en 1989!
    Continuez dans le Devoir à nous instruire comme vous savez le faire si bien, Doris Veillet, 5714, Place Léon-Méthot, Trois-Rivières »

  • Pelletier Diane
    Abonnée
    lundi 30 juin 2008 10h17
    Témoignage sensible !
    « Si les Espagnols pratiquaient une colonisation féroce, les Francais si je comprends bien, bienveillante, comment alors les historiens percoivent-ils la maniere anglaise ? Simple curiosité de ma part... »

  • Pelletier Diane
    Abonnée
    lundi 30 juin 2008 10h18
    Témoignage sensible !
    « Si les Espagnols pratiquaient une colonisation féroce, les Francais si je comprends bien, bienveillante, comment alors les historiens percoivent-ils la maniere anglaise ? Simple curiosité de ma part... »

  • Guy Fafard
    Inscrit
    lundi 30 juin 2008 10h36
    Merci pour ce cours fantastique d'histoire
    « Samuel de Champlain ce grand oublié des fêtes du 400 ième de Québec, alors qu'il est l'artisan suprème du développement de l'Amérique. Dommage qu'il y ait tant d'ignorants à la tête du comité des fêtes. »

  • Jean-François Garneau
    Abonné
    lundi 30 juin 2008 13h44
    Le visage de Champlain
    « Merci pour cet intéressant reportage sur la jeunesse d'un personnage célèbre mais pourtant méconnu : Samuel de Champlain. M. Glénisson possède une connaissance étendue de son sujet. Je me demande cependant s'il a décrit les traits de Champlain, puisqu'ils ne correspondent pas à ceux du portrait familier (à moustache et barbiche), qui serait celui d'un marchand italien. Le sujet est encore en partie tabou, la revue Historia n'y faisant aucune allusion dans son numéro spécial sur Québec et son fondateur, et un historien de l'UQAM ayant dû, il y a une quinzaine d'années, retirer la question du portrait de Champlain de sa thèse de doctorat, sous peine de représailles académiques... Pour ma part, je déduis des voyages effectués avec son oncle que Champlain devait avoir l'air d'un marin bruni par l'air du large plutôt que d'un sédentaire au teint pâlot. Il faut aussi retenir qu'il était accompagné lors de ses rencontres avec les Micmacs d'un interprète d'origine africaine (ou brésilienne?), donc ayant déjà séjourné auprès des autochtones : Mathieu da Costa. Il y a encore beaucoup d'aspects à explorer dans la vie du fameux explorateur... »

  • Yvon Montoya
    Abonné
    lundi 30 juin 2008 14h01
    Une pédagogie à refaire de fond en comble.
    « "À l'époque, on trouvait des marins de partout dans cette ville et ça parlait toutes les langues», explique Sophie Besnier, qui a contribué à inventorier tous les lieux qui rappellent la Nouvelle-France dans la région. Un médecin de l'époque, Nicolas Alain, a même écrit que Brouage était une «Babel où l'on parle 20 langues»." Il faudrait insister sur ce cosmopolitisme d'où est venu Champlain. Comme un conte de fée, il était avec le monde, pas contre le monde. Il faudrait éduquer la jeunesse du Québec de cet héritage comme quoi il aurait été plus proche des "Eux" que des "Nous". En tout cas, il se serait battu contre le nationalisme exclusif. II n'aurait pas aimé l'église catholique de Lionel Groulx : « c'est peut-être aussi à Brouage que Champlain a appris à ne pas trop faire de cas de la religion. » et l'Église ne l'aurait pas aimé non plus (se référait circonstanciellement aux écrit de Vladimir Soloviev pour ce problème éthico-culturel) ; il aurait certainement signé le refus global : «La Saint-Onge est une patrie de libres-penseurs où l'on a appris à ne pas trop s'en faire avec la religion. C'est pour cela qu'elle a été le foyer des radicaux socialistes après la Révolution.» Son éducation ne repose sur aucun document, on laissera passer. Mais « l'esprit des Lumières » aurait pu aider le Québec a s'émanciper s'i on n'ya avait eu des forces sombres qui empêchent encore maintenant de retire les crucifix du parlement. On ne sera pas d'accord avec cette fierté mal placée tout de même et fausse dans la réalité historique : «C'est la manie des Français de faire des autres des Français». La notion de « fondateur » est tirée par les cheveux car comment fonder ce qui existe déjà? Il y avait du monde avant Champlain. Éclairant. À faire lire ce texte et le précédent à tout le monde vivant au Québec. Passionnant et bien mené. Merci. »

  • Gabriel RACLE
    Inscrit
    lundi 30 juin 2008 15h32
    Champlain et les Autochtones
    « Il est un aspect de la vie de Champlain qui mérite de retenir l'attention : c'est la façon dont il se comporte avec les Autochtones, une méthode originale qui ne ressemble en rien à celle des Anglais, fondée plutôt sur une séparation, ni à celle des Espagnoles, beaucoup plus violente. Champlain préconise la négociation, l'association, l'intégration. Il prévoit même que les représentants de sa nation épouseront les filles des habitants locaux, pour former en quelque sorte une nouvelle génération d'habitants. Christian Rioux a insisté avec force, et avec raison, sur ce point dans l'mission « Kiosque », diffusée dimanche 289 juin par TV5 Monde.

    À cet égard, les visiteurs de la région de l'Outaouais cet été ne manqueront pas de passer par le Musée canadien des civilisations à Gatineau. En effet, pour commémorer le 400e anniversaire de la ville de Québec, le musée présente une exposition originale, Jamestown, Québec, Santa Fe -- Trois berceaux nord-américains, qui décrit et explique les trois types de colonisation de l'Amérique du Nord, britannique, française et espagnole. Les comparaisons entre ces modes de colonisation sont facilitées par leur présentation côte à côte selon différents aspects: relations avec les Autochtones, religion, économie, culture. Une leçon d'histoire illustrée.

    Ils pourront compléter leur visite par l'exposition Du coq à l'âme -- L'art populaire au Québec, dans le même musée, qui présente 400 ans de créativité avec 400 pièces anciennes ou contemporaines. »

  • Roland Berger
    Abonné
    lundi 30 juin 2008 17h37
    À monsieur Morris
    « Mettez les freins. À descendre si bas il se pourrait qu'un jour vous ne puissiez remonter à la surface pour respirer l'air de la compréhension.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • Roland Berger
    Abonné
    lundi 30 juin 2008 17h39
    Champlain, un hugenot ?
    « Monsieur Rioux sait-il si la rumeur selon laquelle Champlain ait été un huguenot converti au catholicisme par obligation est fondée ?
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • Guy Fafard
    Inscrit
    mardi 1 juillet 2008 11h36
    Je viens de lire la réaction de Yvon Montoya
    « Je déplore cette réaction, ce la cite en exemple de ce qu'il ne faut pas faire dans le domaine de l'éducation où le principe de la "table rase" devrait plutôt être une amélioration à partir de ce que l'on possède déjà.

    Les livres coûtent très cher à la fois aux parents d'enfants aux études et aux contribuables.
    Tout n'est pas mauvais dans ce qu'on a.
    Les réformes par dessus réformes créent de l'errance chez ceux qui se voient obligés de les appliquer jusqu'à en perdre complètement le Nord.
    Quand au retrait des crucifixs, je suis contre car ils font parti de notre histoire qu'on les aime ou pas. On ne manipule pas l'histoire, on ne renie pas ses origines et on ne jette pas aux Poubelles les bases d'une idéologie chrétienne dont notre pensée est imprégnée. Si nous voulons continuer d'exister en tant que nation, ce souvenir demeure primordial, si non notre début pré-mortel s'amorcera.

    Oui aux Lumière mais Je Me Souviens. »

  • Cyrille Leblanc
    Inscrit
    mardi 1 juillet 2008 15h07
    Champlain fondateur
    « M. Christian Rioux,

    J'ai bien apprécié vos deux articles « Sur les traces de Champlain ».

    Je questionne cependant l'affirmation que Champlain en choisissant Québec comme le site du poste de traite a été le fondateur de l'Amérique française.

    En 2004 les Acadiens ont commémoré le 400e anniversaire de l'arrivée des Français en Acadie la première colonie française dans les Amériques. L'on dit « arrivée des Français » en respect pour les Premières Nations.

    La France avait émis un timbre commémoratif « en cette année 2004 le 400e anniversaire de la présence française en Amérique du Nord».

    Le Gouvernement du Canada avait annoncé « L'année 2004 marque le 400e anniversaire de la fondation de l'Acadie et le début d'une présence française continue en Amérique du Nord.»

    Le gouvernement du Canada a dévoilé le 3 juillet 2007 le buste de Pierre Dugua de Mons et l'on déclare : « La présence du buste de Dugua de Mons en deux lieux différents, ici à Québec et à Annapolis Royal, rappelle symboliquement l'importance de la culture française dans l'identité canadienne ». Le buste original est en Nouvelle-Écosse.

    Je fais référence au gouvernement du Canada parce que l'an dernier le premier ministre du Canada et la gouverneure générale ont eu un blanc de mémoire et ont déclaré que c'est au Québec que tout a commencé.

    Dans un reportage, en tant que pigiste de l'hebdomadaire Le Courrier de la Nouvelle-Écosse, je cite un professeur d'histoire de l'Université Sainte-Anne, Marc Lavoie.

    « Dire que le fait francophone ait débuté à Québec en 1608 n'est pas vrai. Il a débuté à l'Île Sainte-Croix » en Acadie en 2004 affirme le professeur d'histoire.

    Il ajoute que Samuel de Champlain a fondé à Québec en 1608 un poste de traite et non une colonie française. De plus en 1608 il agissait sous les ordres de Pierre Dugua de Mons qui était, peut-on lire dans des livres d'histoire, le lieutenant général « des côtes, terres et confins de l'Acadie, du Canada et autres lieux en Nouvelle-France » par le roi de France Henri IV. Champlain était tout simplement le commandant du poste de traite à Québec.

    Ce n'est qu'en 1636 que Québec aura son gouverneur et lieutenant général dans la personne de Charles-Jacques Huault de Montmagny (c.1583-1653).

    Le professeur Lavoie ajoute que l'on joue avec les mots en décrivant la fondation de Québec et ses 400 ans. Il ajoute que « oui c'est insultant aux Acadiens parce que l'on oublie qu'ils sont installés plus au sud (de Québec) depuis plus longtemps et qu'ils ont vécu les mêmes faits historiques »

    Je ne veux rien enlever à Champlain. Il a d'ailleurs laissé de belles traces dans l'Acadie aussi.

    Cyrille LeBlanc
    Wedgeport (Nouvelle-Écosse) »

  • Pierre-Yves Pau
    Inscrit
    mardi 1 juillet 2008 15h48
    Génial
    « Vivent les marins, et tant pis pour les terriens. »

  • François Caron
    Abonné
    mardi 1 juillet 2008 17h30
    Chapeau bas à Messieurs Rioux, ... Pau, Racle et Montoya !
    « Voilà simplement ce que j'ai à dire, car il n'y en a pas plus à ajouter !

    À moins que de mentionner en passant: pourquoi cette "manie des Français de faire des Autres des Français" nous serait interdite à nous, les Nous, au Québec ?

    Je sais, il faut que l'On se rendre attrayant et désirable pour que l'Autre s'identifie à Nous, et c'est pas qu'une p'tite affaire.

    Nous sommes tout de même des descendants de Français d'Amérique, et non pas des Français EN Amérique, ce qui est un peu différent et pas encore très bien compris de certains de nos cousins en séjour prolongé, n'est-ce pas ?

    En ce jour de la Fête du Dominion, je vous la souhaite belle et bien dernière, foi de CanaFrancoBécois (merci à la Commission Gérard-Charles pour cette belle confusion éclairée), en vue de se retrouver bientôt dans cette terre promise souveraine et indépendante de toute influence turbo-capitaliste anglo-saxonne néfaste, et qu'on se refait un plaisir de nommer La Nouvelle-France.

    Je serai à Québec du 3 au 6 prochain , si Dieu le veut, et vous ?

    P.S.: Pour ce qui est de la question autochtone, il n'est pas interdit de penser qu'une abolition des réserves assortie de leur municipalisation, aisni qu'une représentation avec taxation pourrait être une panacée, sans compter le fait que le ministère de l'Éducation de la Province Of Qwebec devrait OBLIGATOIREMENT entrer dans le cursus du deuxième cycle du secondaire un cours de langue autochtone (p.ex. langue algonquine ou abénaki , qui ont des racines communes avec d'autres langues américano-autochtones), ou moduler celui-çi par région (Innu sur la Côte-Nord, Migmaq en Gaspésie, Algonquin ou Cri en Abitibi, Huron à Québec, etc.) ET un OU deux cours sur les cultures autochtones du Québec, évidemment tributaires de la réussite du D.É.S.

    On a quand même 307 ans à rattrapper sur ce point et ça ne serait que justice. »

  • Yvon Montoya
    Abonné
    mardi 1 juillet 2008 18h30
    @M Fafard.
    « La table rase est le moteur fondateur du « Siècle des Lumières ». Je veux dire qu'il faut changer la perspective de perception sans renier les « origines ». L' « idéologie chrétienne » (quelle exercice bizarre de dire que le résidu du Christ, le catholicisme, serait une idéologie, un mot qui n'existait pas du temps du Christ ni de Saint Paul)est douteuse pour des Champlain car ils étaient bien heureux de quitter l'Europe et leurs guéguerres honteuses dites de religion. Le problème en Amérique du Nord, Québec comme Canada comme USA, c'est de penser en termes européens la nouvelle utopie du Nouveau-Monde. Se référer entre autres aux belles études de Michel Morin, grand philosophe québécois (qu'il faut saluer ici et encore et encore) concernant la problématique de la rupture avec l'Europe. La seule ruine européenne qui persiste ici historiquement, c'est la langue non un château ni un monastère ni une église ni un village. Champlain participe de cette rupture mais elle n'est pas pensée et on refuse de surcroit à la penser. Comme disait le Marquis de Sade aux français, « encore un effort ». La liberté est une rude voie, elle nécessite beaucoup de sacrifice. C'est juste une réflexion non une vérité que je vous propose. »

  • Yvon Montoya
    Abonné
    mercredi 2 juillet 2008 09h27
    @ François Caron.
    « "...nos cousins en séjour prolongé", c'est là où réside le malaise. Séjour, carte de séjour, être admis, toléré à votre bon vouloir et pour combien de temps encore? Même canadien, même québécois, nous serons toujours en "séjour prolongé", ce qui équivaut à dire que vous nous demandez la date de notre retour. Ainsi donc, nous ne pouvons pas devenir québécois alors que vous pensez et je vous cite : « pourquoi cette "manie des Français de faire des Autres des Français" nous serait interdite à nous, les Nous, au Québec ? » Il n'y a pas d'interdiction mais impossibilité due à votre refus que nous devenions tout comme vous, québécois. Vous le dites vous-mêmes et nous réagissons contre cet ostracisme là (malgré que j'adore les Huîtres accompagnées de Champagne et de citron). Je sais que vous êtes américains de langue française mais américains tout de même, il n'y a aucun doute là-dessus, tout aussi américains que l'anglais canadien où États-Unien. Vous participez de la même éthique et de la même esthétique tout de même. Oui, je serai à Québec mais le 20 juillet car Paul McCartney que j'aime beaucoup, vient faire un concert gratuit pour la réconciliation et le dialogue entre peuples. On ne se refait pas dans le combat humaniste sans fin. Merci et bonne fête du Canada. »

  • François Caron
    Abonné
    mercredi 2 juillet 2008 13h01
    @ Mr Montoya
    « Cher Monsieur Montoya,

    Vous connaissez sûrement l'adage "Si le chapeau te fait, mets-le", alors je ne vous croyais pas si sensible à une perception pas toujours fausse au sujet de certains de nos compatriotes d'origine franco-européenne.

    Alors ne vous en faites pas, ce n'est qu'un exercice de style, ne vous sentez surtout pas visé directement car vous contribuez au débat et à dissiper les perceptions erronées.

    Souvenez-vous: est Québécois qui le veut bien, sagit de le ressentir, de le désirer et de vivre en français en Amérique.

    Bonne Fête du Dominion à vous aussi ! »

  • Yvon Montoya
    Abonné
    jeudi 3 juillet 2008 07h17
    @ François Caron.
    « Alors merci de tout coeur car c'est bien d'être québécois et c'est un peuple superbe. Bonne fête. »

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