Commission baleinière internationale - Le Japon au coeur d'une guerre sur la chasse aux cétacés
Les pays membres de la Commission baleinière internationale (CBI) ont beau s'être réunis en mars dernier pour tenter d'atténuer le gouffre qui sépare partisans et opposants à la chasse aux cétacés, la réunion annuelle qui s'ouvre aujourd'hui au Chili sera sans doute marquée par une guerre politique qui pourrait mener, sous peu, à un «éclatement» de l'organisation, selon les mots utilisés par le Japon.
Tokyo, qui multiplie depuis des années les tentatives pour faire approuver un retour à la chasse commerciale, jouera encore cette carte cette année. Le délégué japonais auprès de la CBI, Joji Morishita, a d'ailleurs réaffirmé récemment que, pour son pays, la consommation de chair de baleine était une tradition millénaire qui devrait être respectée par le reste du monde. «C'est la question d'accepter la coexistence de cultures différentes», a-t-il déclaré.
Le Japon souhaite d'ailleurs que quatre de ses communautés côtières obtiennent le droit de chasser le petit rorqual, et ce, dès cette année, selon le même genre de modalités qui permettent aux autochtones de pratiquer une chasse dite de subsistance. Cette demande, réitérée depuis quelques années, a chaque fois été refusée, ce qui exaspère la délégation nippone, qui menace plus que jamais de quitter l'organisation.
Il est vrai que la CBI est profondément divisée entre pays farouchement opposés à la chasse (États-Unis, France, Grande-Bretagne, Australie, Brésil, Nouvelle-Zélande) et les pro-chasse, dont le Japon, la Norvège et l'Islande. Pour l'Australie, par exemple, «toute évolution future de la Commission baleinière devrait inclure la gestion des objectifs et des priorités actuelles au-delà du paradigme de la pêche singulière. Celles-ci devraient englober les nouvelles menaces écologiques aux baleines, et en particulier celles qui sont associées à la santé écologique globale des océans, comme le changement climatique».
Canberra fait aussi valoir que la consommation des produits issus des cétacés n'est pas nécessaire à l'heure actuelle. Toutefois, dans le contexte de la crise alimentaire et la raréfaction annoncée des stocks mondiaux de poissons, la question risque plus que jamais de se poser dans les années à venir. Certains voient dans les cétacés une ressource alimentaire non négligeable.
Le Japon se défend de vouloir de revenir à une exploitation comme celle qui a mené de nombreuses populations au bord de l'extinction. Joji Morishita a ainsi précisé qu'il ne demandait pas l'ouverture de la chasse pour toutes les espèces de baleines, mais seulement celles dont les populations sont abondantes. Le pays tue chaque année environ un millier de petits rorquals, mais aussi quelques dizaines de rorquals communs, deux espèces que l'on rencontre dans les eaux du Saint-Laurent. Il ne s'agit toutefois pas des mêmes populations.
Pour l'instant, Tokyo invoque des motifs «scientifiques» pour pouvoir capturer des cétacés, des arguments rejetés par une majorité de spécialistes de ces géants des mers, mais aussi par des pays comme l'Australie.
Outre cet épineux dossier, les pays membres devraient discuter de la création d'un sanctuaire baleinier dans l'Atlantique-Sud qui irait de la ligne de l'Équateur jusqu'au soixantième parallèle en Antarctique. Cette initiative, soutenue par le Brésil, vise à créer une grande région de protection où l'on interdira pour toujours la chasse à la baleine tout en cherchant à attirer les touristes pour l'observation des cétacés, une activité des plus lucratives. En plus de ce projet de sanctuaire, le Chili pourrait déclarer une zone protégée dans ses eaux territoriales le long de ses 4500 kilomètres de côtes.
Tokyo, qui multiplie depuis des années les tentatives pour faire approuver un retour à la chasse commerciale, jouera encore cette carte cette année. Le délégué japonais auprès de la CBI, Joji Morishita, a d'ailleurs réaffirmé récemment que, pour son pays, la consommation de chair de baleine était une tradition millénaire qui devrait être respectée par le reste du monde. «C'est la question d'accepter la coexistence de cultures différentes», a-t-il déclaré.
Le Japon souhaite d'ailleurs que quatre de ses communautés côtières obtiennent le droit de chasser le petit rorqual, et ce, dès cette année, selon le même genre de modalités qui permettent aux autochtones de pratiquer une chasse dite de subsistance. Cette demande, réitérée depuis quelques années, a chaque fois été refusée, ce qui exaspère la délégation nippone, qui menace plus que jamais de quitter l'organisation.
Il est vrai que la CBI est profondément divisée entre pays farouchement opposés à la chasse (États-Unis, France, Grande-Bretagne, Australie, Brésil, Nouvelle-Zélande) et les pro-chasse, dont le Japon, la Norvège et l'Islande. Pour l'Australie, par exemple, «toute évolution future de la Commission baleinière devrait inclure la gestion des objectifs et des priorités actuelles au-delà du paradigme de la pêche singulière. Celles-ci devraient englober les nouvelles menaces écologiques aux baleines, et en particulier celles qui sont associées à la santé écologique globale des océans, comme le changement climatique».
Canberra fait aussi valoir que la consommation des produits issus des cétacés n'est pas nécessaire à l'heure actuelle. Toutefois, dans le contexte de la crise alimentaire et la raréfaction annoncée des stocks mondiaux de poissons, la question risque plus que jamais de se poser dans les années à venir. Certains voient dans les cétacés une ressource alimentaire non négligeable.
Le Japon se défend de vouloir de revenir à une exploitation comme celle qui a mené de nombreuses populations au bord de l'extinction. Joji Morishita a ainsi précisé qu'il ne demandait pas l'ouverture de la chasse pour toutes les espèces de baleines, mais seulement celles dont les populations sont abondantes. Le pays tue chaque année environ un millier de petits rorquals, mais aussi quelques dizaines de rorquals communs, deux espèces que l'on rencontre dans les eaux du Saint-Laurent. Il ne s'agit toutefois pas des mêmes populations.
Pour l'instant, Tokyo invoque des motifs «scientifiques» pour pouvoir capturer des cétacés, des arguments rejetés par une majorité de spécialistes de ces géants des mers, mais aussi par des pays comme l'Australie.
Outre cet épineux dossier, les pays membres devraient discuter de la création d'un sanctuaire baleinier dans l'Atlantique-Sud qui irait de la ligne de l'Équateur jusqu'au soixantième parallèle en Antarctique. Cette initiative, soutenue par le Brésil, vise à créer une grande région de protection où l'on interdira pour toujours la chasse à la baleine tout en cherchant à attirer les touristes pour l'observation des cétacés, une activité des plus lucratives. En plus de ce projet de sanctuaire, le Chili pourrait déclarer une zone protégée dans ses eaux territoriales le long de ses 4500 kilomètres de côtes.
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