Le CRTC force la main de Remstar
Québec — Non convaincu par l'offre de Remstar, le CRTC force ses propriétaires à soumettre un nouveau scénario de relance dans lequel les nouvelles locales et régionales auraient leur place.
Dans un document soumis hier matin, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications (CRTC) demande à TQS «d'explorer une nouvelle proposition» dans laquelle la programmation «inclurait la diffusion de nouvelles locales ou régionales».
Il s'agit d'une exigence majeure puisque les propriétaires de Remstar répètent, depuis le début, qu'il n'est pas question qu'ils maintiennent un service de nouvelles à TQS. Quand même, le Conseil leur donne une certaine latitude sur le plan de la forme et se dit «ouvert à l'idée d'examiner un concept novateur et différent du bulletin de nouvelles traditionnel».
Au total, le CRTC a énoncé six exigences auxquelles Remstar devra se conformer d'ici au 11 juin, date de la prochaine audience à Gatineau. Ces dernières font suite à des questions abordées lors des audiences et auxquelles l'entreprise n'a pas bien répondu au goût de l'organisme.
On veut notamment que les frères Maxime et Julien Rémillard expliquent comment leur plan de relance sera financé, d'où proviendront les fonds et quand ils seront disponibles. Surtout, on exige de consulter les états financiers «personnels» des deux hommes en plus de ceux de leur compagnie. S'ajoutent d'autres exigences concernant la programmation et la part de contenu canadien. Les membres du CRTC n'ont pas non plus été satisfaits par les réponses fournies quant au sous-titrage et exigent de TQS qu'elle soit prête à sous-titrer l'ensemble de ses émissions. Enfin, le conseiller Michel Morin souhaite prolonger la discussion sur les revenus générés par la publicité locale.
TQS, une boîte de Pandore?
À la sortie de la salle, Maxime Rémillard s'est refusé à tout commentaire sur ces demandes et s'est vite engouffré dans un ascenseur. Du côté des employés du secteur de l'information à TQS, l'espoir était revenu. «On a vu que le Conseil n'a pas aimé être confronté à un seul scénario», a déclaré leur porte-parole, Éric Lévesque. Le président du Conseil de presse, Raymond Corriveau, était plus circonspect. «J'ai peur de la sémantique», a-t-il dit, se demandant quel sens Remstar allait donner au mot «nouvelles» dans sa nouvelle offre. «Ils peuvent jouer sur les mots et ne pas embaucher de journalistes ou très peu.»
Mais si Remstar continue de susciter la méfiance, les réserves affichées par le CRTC en ont rassuré plus d'un. «Ils ont peur de faire un précédent au Canada en donnant à un généraliste la possibilité d'avoir une licence sans service de nouvelles traditionnel», interprétait Éric Lévesque.
Plusieurs organismes ont fait valoir, cette semaine, que l'abandon des nouvelles à TQS risquait d'avoir un effet d'entraînement. On imaginait un scénario dans lequel TVA finirait aussi par se départir du service de nouvelles, laissant Radio-Canada avec l'équivalent d'un monopole de l'information. Hier, le vice-président du Syndicat canadien des communications de l'énergie et du papier est même venu dire qu'il craignait que la tendance se répande partout au Canada.
L'hypothèse de la boîte de Pandore n'aurait rien de farfelu d'après le professeur Marc-François Bernier, qui dirige depuis peu la nouvelle chaire en éthique et journalisme de l'Université d'Ottawa. Dans l'éventualité où la formule de télé d'opinion fournie par Remstar serait acceptée, TVA pourrait chercher, selon lui, à se départir du service de nouvelles en invoquant de nouveaux arguments. «TVA ne viendrait pas dire au CRTC qu'il est en faillite, ce ne serait pas crédible. Mais il proposerait de nouveaux arguments», nous disait-il mardi en marge des audiences. «Il pourrait se plaindre d'avoir des concurrents qui font beaucoup de commentaires en lui piquant son information. Il pourrait reprocher au système de le forcer à subventionner la concurrence avec son service de nouvelles.»
***
Avec la collaboration de Paul Cauchon
Dans un document soumis hier matin, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications (CRTC) demande à TQS «d'explorer une nouvelle proposition» dans laquelle la programmation «inclurait la diffusion de nouvelles locales ou régionales».
Il s'agit d'une exigence majeure puisque les propriétaires de Remstar répètent, depuis le début, qu'il n'est pas question qu'ils maintiennent un service de nouvelles à TQS. Quand même, le Conseil leur donne une certaine latitude sur le plan de la forme et se dit «ouvert à l'idée d'examiner un concept novateur et différent du bulletin de nouvelles traditionnel».
Au total, le CRTC a énoncé six exigences auxquelles Remstar devra se conformer d'ici au 11 juin, date de la prochaine audience à Gatineau. Ces dernières font suite à des questions abordées lors des audiences et auxquelles l'entreprise n'a pas bien répondu au goût de l'organisme.
On veut notamment que les frères Maxime et Julien Rémillard expliquent comment leur plan de relance sera financé, d'où proviendront les fonds et quand ils seront disponibles. Surtout, on exige de consulter les états financiers «personnels» des deux hommes en plus de ceux de leur compagnie. S'ajoutent d'autres exigences concernant la programmation et la part de contenu canadien. Les membres du CRTC n'ont pas non plus été satisfaits par les réponses fournies quant au sous-titrage et exigent de TQS qu'elle soit prête à sous-titrer l'ensemble de ses émissions. Enfin, le conseiller Michel Morin souhaite prolonger la discussion sur les revenus générés par la publicité locale.
TQS, une boîte de Pandore?
À la sortie de la salle, Maxime Rémillard s'est refusé à tout commentaire sur ces demandes et s'est vite engouffré dans un ascenseur. Du côté des employés du secteur de l'information à TQS, l'espoir était revenu. «On a vu que le Conseil n'a pas aimé être confronté à un seul scénario», a déclaré leur porte-parole, Éric Lévesque. Le président du Conseil de presse, Raymond Corriveau, était plus circonspect. «J'ai peur de la sémantique», a-t-il dit, se demandant quel sens Remstar allait donner au mot «nouvelles» dans sa nouvelle offre. «Ils peuvent jouer sur les mots et ne pas embaucher de journalistes ou très peu.»
Mais si Remstar continue de susciter la méfiance, les réserves affichées par le CRTC en ont rassuré plus d'un. «Ils ont peur de faire un précédent au Canada en donnant à un généraliste la possibilité d'avoir une licence sans service de nouvelles traditionnel», interprétait Éric Lévesque.
Plusieurs organismes ont fait valoir, cette semaine, que l'abandon des nouvelles à TQS risquait d'avoir un effet d'entraînement. On imaginait un scénario dans lequel TVA finirait aussi par se départir du service de nouvelles, laissant Radio-Canada avec l'équivalent d'un monopole de l'information. Hier, le vice-président du Syndicat canadien des communications de l'énergie et du papier est même venu dire qu'il craignait que la tendance se répande partout au Canada.
L'hypothèse de la boîte de Pandore n'aurait rien de farfelu d'après le professeur Marc-François Bernier, qui dirige depuis peu la nouvelle chaire en éthique et journalisme de l'Université d'Ottawa. Dans l'éventualité où la formule de télé d'opinion fournie par Remstar serait acceptée, TVA pourrait chercher, selon lui, à se départir du service de nouvelles en invoquant de nouveaux arguments. «TVA ne viendrait pas dire au CRTC qu'il est en faillite, ce ne serait pas crédible. Mais il proposerait de nouveaux arguments», nous disait-il mardi en marge des audiences. «Il pourrait se plaindre d'avoir des concurrents qui font beaucoup de commentaires en lui piquant son information. Il pourrait reprocher au système de le forcer à subventionner la concurrence avec son service de nouvelles.»
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Avec la collaboration de Paul Cauchon
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