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Les cols bleus travaillent... leur image

Jeanne Corriveau   6 mai 2008  Société
Les cols bleus de Montréal estiment être victimes de préjugés et c’est pour corriger l’image que plusieurs ont d’eux qu’ils ont investi dans une campagne de publicité les montrant au travail. Sur la photo, des cols bleus profitent de la paus
Photo : Jacques Grenier
Les cols bleus de Montréal estiment être victimes de préjugés et c’est pour corriger l’image que plusieurs ont d’eux qu’ils ont investi dans une campagne de publicité les montrant au travail. Sur la photo, des cols bleus profitent de la paus
Se disant victimes de dénigrement de la part des médias, les cols bleus de Montréal se sont payé une campagne de publicité télévisée au coût de 370 000 $ pour vanter leur travail auprès de la population.

La publicité s'ouvre sur une image de la ville de Montréal. Puis, une voix hors champ déclare: «Les cols bleus de l'île de Montréal, ça travaille pas. Tout le monde vous le dira.» Des photos de cols bleus déneigeant les rues, réparant des nids-de-poule, élaguant des arbres ou brossant un cheval se succèdent à l'écran sur fond de musique rythmée. Une main attrape une étiquette sur laquelle on peut lire: «Ça ne travaille pas.» La publicité se termine avec ce message: «Quand on regarde au-delà des étiquettes, on voit la réalité plus clairement, vous ne trouvez pas? Un message de vos cols bleus, membres du SCFP.»

La diffusion de cette publicité des cols bleus a débuté le 27 avril dernier pendant l'émission Tout le monde en parle de Radio-Canada, soit à une heure de grande écoute, et s'est poursuivie toute la semaine, mais la campagne de publicité, d'une durée de trois semaines, implique trois réseaux de télévision, soit Radio-Canada, TVA et TQS.

«On veut démontrer qu'au-delà des préjugés qui sont véhiculés dans les médias, le travail des cols bleus ne touche pas seulement la voirie. C'est pas mal plus diversifié que ça», explique Michel Parent, président du Syndicat des cols bleus regroupés de Montréal. Les cols bleus ne se contentent pas de déneiger les rues, boucher des nids-de-poule ou ramasser les déchets, dit-il, mais ils occupent 230 fonctions différentes aux quatre coins de la ville, oeuvrant notamment dans les usines d'eau potable et d'eaux usées, au Biodôme, dans les arénas et dans les parcs.

La campagne publicitaire vise un autre objectif, car le syndicat estime être victime, depuis des années, d'une campagne de désinformation de la part des médias. «C'est surtout pour rebalancer ce que j'appellerais "la job sale" de certains médias qui se sont donné comme mission de "basher" sur le dos des cols bleus», résume M. Parent.

C'est la première fois que les cols bleus achètent de la publicité télévisée. Le syndicat a dépensé une somme de 370 000 $ pour cette campagne qui se terminera le 20 mai prochain. «C'est quand même pas si pire que ça», estime M. Parent qui signale que l'on a pu limiter les coûts de production en réduisant le rôle de comédiens à celui de narrateurs.

Le syndicat des cols bleus, qui regroupe plus de 6000 membres, poursuit les négociations avec la Ville de Montréal et les villes défusionnées de l'île pour le renouvellement de leurs contrats de travail. Les réunions se déroulent au rythme d'une journée et demie par semaine, précise M. Parent. «On a un mandat de grève depuis juin dernier et on est sans contrat de travail depuis août, signale-t-il. On a eu le plus gros hiver à Montréal depuis les 25 dernières années. On aurait pu en profiter pour faire des moyens de pression, mais, au contraire, on a voulu démontrer à la population qu'on est des gens très humains. On ne veut pas prendre la population en otage.»






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  • andré michaud
    Inscrit
    mardi 6 mai 2008 08h55
    Et la productivité???
    « Personne ne doute que les cols bleus font un travail essentiel, cependant c'est au niveau de la productivité que se pose les problèmes.

    Des travailleurs du privé réparent 5 fois plus de nids de poule dans le même temps, comme l'a démontré certains reportages télé qui ont suivi les cols bleus et les travailleurs du privé. Donner plus de contrats au privé pour certaines tâches pourrait apporter une saine concurence qui n'existe pas maintenant...

    Les citoyens estiment que les cols bleus ne travaillent pas assez pour la rénumération et les nombreux bénifices marginaux qu'ils recoivent, et que pour les mêmes coûts le privé leur donnerait PLUS de service et plus RAPIDEMENT.Comme ce sont les citoyens qui payent, ils ont le droit de se poser ces questions très légitimes. »

  • Pierre Samuel
    Abonné
    mardi 6 mai 2008 10h35
    "L'étiquette" est collée!!!
    « Encore un peu, et le président du syndicat des cols bleus réussirait à nous faire pleurer: "...on a voulu démontrer à la population qu'on est des gens très humains."(!) Malheureusement, ils ont un sérieux rattrapage à faire et n'ont qu'eux-mêmes à blâmer! Il ne faut pas nier que, comme partout ailleurs, certains "fonctionnaires", à tous les niveaux, "paient" injustement pour le "je m'en foutisme" de leurs confrères, cependant tout Montréalais qui ne souffre pas de cécité peut raconter au moins une " histoire d'horreur" à leur sujet! A partir de l'arrosage des arbres sous la pluie jusqu'à l'arrivée d'une benne escortée de deux camions pour recueillir un matelas usagé(!!!)et combien d'autres situations inimaginables sans compter leur "culture du vandalisme" quand ça ne "fonctionne" pas à leur goût! Bien sûr, tout ça c'est la faute de la Ville, des contremaîtres...et des Montréalais, peut-être? Même sans contrat de travail, ces gens ont des conditions d'emploi exceptionnelles et ça leur prendra plus qu'une campagne de publicité pour effacer en un clin d'oeil des décennies d'abus de toutes sortes envers la métropole et ses citoyens! »

  • Max Roujeon
    Abonné
    mardi 6 mai 2008 14h00
    Ça sent la soupe chaude
    « Mollo! Faut pas nous prendre pour des andouilles. Y'a plus d'argent dans les poches des contribuables, c'est tout! Les gens ont «évolué». Avant les syndicats disaient, «le gouvernement a qu'à payer». Et les payeurs de taxes, Ô surprise, applaudissaient!
    Aujourd'hui, les québécois ont finalement réalisé que l'argent dont dispose le gouvernement, il l'a pris dans leurs poches! Y'a de plus en plus d'immigrants et eux, ils ne se laissent pas faire et avalent pas les couleuvres comme les québécois!
    Ça change pour mieux et c'est tant mieux. »

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