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Reparlons d'aide sociale

Jean-Robert Sansfaçon   20 mars 2008  Société
Faisons d'abord amende honorable: dans notre éditorial publié hier, des données erronées nous ont fait écrire que le nombre de prestataires de la sécurité sociale n'avait pas diminué depuis dix ans. Ce constat est faux... et nous fournit l'occasion de revenir sur un enjeu peu traité depuis que le chômage a atteint un niveau plancher.

Ce que nous disent les vrais chiffres, c'est que le nombre de prestataires, adultes et enfants confondus, a chuté du tiers depuis 1998, glissant de 733 446 à 488 013. Alors que le taux de dépendance dépassait 10 % de la population totale du Québec il y a dix ans, il s'établit aujourd'hui à moins de 7 %.

Il va sans dire que ces données forcent aussi à revenir sur l'analyse de la situation. Hier, nous nous demandions pour quelle raison le nombre de prestataires n'avait pas baissé, malgré la conjoncture favorable, pour conclure qu'il fallait plus que des mesures d'accompagnement pour faire bouger les choses. Les données permettent aujourd'hui de confirmer ce que la théorie a toujours prétendu, à savoir que l'amélioration des conditions économiques constitue le facteur déterminant dans l'évolution du nombre d'assistés sociaux aptes au travail.

En revanche, les mêmes données confirment que les programmes d'incitation volontaire ont leurs limites. Ainsi, le nombre de prestataires adultes «sans contraintes sévères à l'emploi», qui s'établit à 230 000, a probablement atteint un niveau plancher. Au moindre ralentissement économique, ce nombre explosera, et rien ne pourra être fait pour briser le noyau dur d'assistés sociaux chroniques, qu'on peut évaluer à plus ou moins 100 000 adultes.

À l'heure actuelle, 26 000 prestataires ont moins de 25 ans, 41 000 sont des familles monoparentales et 61 000 sont des immigrants, un groupe dont l'importance continue de croître par rapport à l'ensemble. Malgré tous les programmes créés depuis la réforme Harel, à la fin des années 90, la durée moyenne cumulative du séjour à l'aide sociale pour l'ensemble de la clientèle apte au travail reste de... neuf années de prestations!

Chaque catégorie de prestataires présente des difficultés particulières qui appellent une intervention spécifique. C'est d'ailleurs à cela que la réforme d'il y a dix ans et le pacte de l'emploi présenté cette semaine veulent s'attaquer. Tout a été tenté, sauf la limitation de l'aide dans le temps pour ceux qui refusent de s'inscrire à une formation ou à un programme de recherche d'emploi.

Dans le cas des immigrants, le problème est plus complexe compte tenu des obstacles de la langue, du racisme et des difficultés d'intégration à la société d'accueil. Mais là encore, la facilité avec laquelle on a accès aux programmes de soutien public atténue parfois le sentiment d'urgence. L'aide de dernier recours est un droit, certes, mais celui-ci comporte l'obligation de tout faire pour s'en libérer quand on possède la capacité physique et mentale d'agir.

***

j-rsansfacon@ledevoir.com






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  • Yves Poitras
    Inscrit
    jeudi 20 mars 2008 05h50
    Et lorsqu'on ne la possède pas...
    « il nous faut apprendre à vivre avec 10 224$ par année et subir tout ce qui vient avec.

    On dirait que les gens n'y pensent pas : quel est mon revenu disponible avec ce montant?

    Mettons minimalement $9000 pour le logis, l'électricité, le transport, l'Internet, les vêtements et la bouffe. Sans compter les imprévus. Mettons donc 9000$ avec beaucoup d'aide charitable. Il reste donc 1200$ de revenu disponible.

    Si vous gagnez 40 000$ par année, vos revenus ne sont peut-être que quatre fois les miens, mais votre revenu disponible est de trente fois supérieur au mien.

    En résumé, vous êtes 30 fois plus riches que ceux qui ne peuvent travailler en raison de contraintes sévères.

    De là vient l'exclusion sociale, essentiellement. »

  • jacques noel
    Inscrit
    jeudi 20 mars 2008 07h51
    "61 000 sont des immigrants"
    « Dans la mythologie populaire, un BS c'est un Bougon, c'est Rémy Girard en camisole sur son balcon, en train de boire une bière. La réalité est bien différente. Plus d'un assisté social sur quatre, apte au travail, est maintenant né à l'étranger. Et la situation ne cesse d'empirer

    En un an seulement, le % d'assistés sociaux immigrants est passé de 25,7% à 26,8%. LE QUÉBEC IMPORTE DES BS!

    Il y a maintenant plus d'immigrants sur le BS (62,072) qu'il y a d'assistés sociaux dans toute l'Abitibi-Témiscamingue (6,843), la Mauricie (17,995), l'Estrie (15,800), le Saguenay-Lac-St-Jean (13,868), la Cote-Nord (3,642) et la Gaspésie-Les-Iles (6,723) RÉUNIS

    http://www.mess.gouv.qc.ca/statistiques/aide-sociale/index.asp

    Le nombre de revendicateurs du statut de réfugiés sur le BS a bondi de 79% en trois ans, passant de 5574 à 9982! C'est la grande passoire à Lacolle.

    Avez-vs vu un seul reportage sur le sujet? Non. La cassette qu'on nous sert c'est: "on vieillit, on fait plus d'enfants, on va disparaitre, il va y avoir 700,000 emplois créés dans les trois prochaines années, ça nous prend plus d'immigrants, les immigrants sont diplomés et parlent bien français (par opposition aux Québécois, drop-out scolaires et semi-illettrés), les immigrants ont deux pis trois jobs et leurs enfants sont premiers de classe". Ca c'est le discours débile qu'on nous fournit mur à mur, depuis des années.

    La réalité est bien différente. Le Québec compte 300,000 chomeurs (dont 50,000 immigrants) et 240,000 assistés sociaux (dont 61,000 immigrants), bref, 540,000 personnes sur le carreau (dont 111,000 immigrants) pour environ 50,000 emplois disponibles dont la moitié va être comblée par des gens qui travaillent présentement.

    Jadis, les immigrants mettaient 10 ans à gagner autant que les Canadiens. Comme on n'arrête pas le progrès Statistiques Canada nous a appris l'an passé qu' on est maintenant rendu à 20 ans .
    http://www.statcan.ca/Daily/Francais/030619/q030619a.htm

    Comme les nouveaux arrivants ont de faibles revenus, ils paient peu d'impôts tout en bénéficiant des programmes sociaux, mur à mur et même plus (90% des Québécois n'ont pas droit à l'Aide juridique alors que n'importe qui qui débarque sans papier à Trudeau y a droit). Une étude du Fraser Institute montre que les immigrants, arrivés au Canada entre 1990 et 2002, ont coûté, pour la seule année 2002, 18,3 milliards$ aux contribuables canadiens. Une fois et demie le budget de la Défense. Pour le Québec, c'est un fardeau de 4 milliards$, l'équivalent de trois années d'entretien de nos routes!

    L'étude montre que l'immigrant, la première année, gagne en moyenne 63% de ce que gagne un Canadien. La cinquième année, il est à 77% et la dixième il est à 80%. Eh oui, même après 10 ans il gagne toujours moins. Comme il gagne moins, il paie beaucoup moins d'impôt puisque le taux d'imposition est progressif. Il paie aussi moins de taxes puisqu'il a moins d'argent à dépenser.

    La première année, l'immigrant paie seulement 968$ d'impôt contre 4,543$ pour le Canadien (il s'agit d'une moyenne et c'est PER CAPITA, donc ca comprend les bébés comme les vieillards). En additionnant les taxes directes et indirectes, le Canadien paie 12,220$ par année contre seulement 4,706$ pour le nouvel immigrant. En retour, le Canadien reçoit 11,508$ en programmes et services contre 10,288$ pour l'immigrant. Alors que le Canadien paie 712$ de plus qu'il ne reçoit, l'immigrant coûte 5582$ à la société canadienne.

    En bout de ligne, ceux arrivés en 1990 ont coûté, en 2002, 1,2 milliard de dollars. En additionnant tous ceux arrivés entre 1990 et 2001, la note monte à 18,3 milliards pour 2002 seulement.

    http://www.fraserinstitute.ca/admin/books/files/Immigration.pdf


    Dans les années 60 le Canada était le 2e pays le plus riche au monde. Aujourd'hui il est à peine parmi les 20 premiers.Entre temps le Canada est le pays qui a accueilli le plus d'immigrants au monde per capita avec l'Australie. Si l'immgration enrichissait un pays ça se saurait!
    Les immigrants ne créent pas la richesse. C'est la richesse qui attire les immigrants ce qui n'est pas du tout la même chose.
    Rien dans la démographie québécoise et la richesse de la société québécoise ne justifie les taux actuels d'immigrantion »

  • martin grenier
    Inscrit
    jeudi 20 mars 2008 08h09
    le bien etre oh oh
    « il y en a une gang qui travail et qui veule etre payer (cash)
    exemple entretien des maisons des particuliers ok
    grenier.martin@videotron.ca »

  • Beaudin Guy
    Inscrite
    jeudi 20 mars 2008 08h48
    ceux qui sont aptes
    « Que feront ceux qui sont aptes puisque notre gouvernement ne fait rien pour protéger les emplois à long termes. Ils laissent les compagnies s'établir à coup de subvention et les laissent aussi partir lorsque les subventions sont épuisées. quelles lois protègent les employés? J'ai encore vu cette semaine une compagnie fermée et des employés perdent leur dernière semaine de salaire et leur vacance.
    Nos gouvernements devrient obliger toutes les compagnies à fournir une assurance salaire et médicament aux employés ainsi que de débourser une garantie en cas de fermeture. Ils devraient par la suite faire en sorte qu'emploi-québec fasse son travail: trouver des places durables et rentables pour tous les travailleurs. »

  • Michel Chayer
    Inscrit
    jeudi 20 mars 2008 09h09
    Le Pérou...
    « 545 $ par mois - 400 $ de loyer = (manger + se laver + s'habiller) mensuellement ;

    Autrement dit, personne ne va me faire croire que les prestataires chroniques sans contrainte se plaisent à vivre dans un tel état de dénuement.

    Je crois que certains prestataires chroniques sans contraintes sévères sont simplement des prestataires dont la sévérité de la contrainte les empêche d'entreprendre la démarche administrative nécessaire pour démontrer la sévérité de leur contrainte... »

  • marie-claude leclerc
    Inscrite
    jeudi 20 mars 2008 09h30
    et les monoparentales ?
    « Malgré la bonne volonté, les diplômes universitaires,des expériences multiples.
    Il est parfois assez difficile de "concilier" en solo travail-famille si le revenu offert est minimal et que la petite pension alimentaire permise rentre au compte-gouttes ou pas du tout.
    C'est fou mais c'est la réalité, le stress engendré par la précarité rend souvent malade ou simplement moins apte à se nourrir convenablement et la dégringolade morale s'en suit.
    Les yeux cernés par l'anxiété et l'estime au minimum n'aident pas à se rendre à une entrevue sans compter les petites dépenses pour y aller, se présenter, faire garder etc.
    pour dire : Bonjour, j'existe et je suis la candidate idéale.

    Je commence à peine à sortir du "bonheur social" pour devenir travailleur autonome et déjà je calcule mes sous en prévision du fait qu'il y aura sans doute absence de pension pour ma fille, une assurance-médicament pour une maladie due au stress et que je porterais toute ma vie en plus des dépenses plus lourdes pour ma fille pré-adolescente. Une récession annoncée en bonus. Bref, je suis heureuse de redevenir une "citoyenne normale" peu à peu et d'avoir tenu le coup en montant mon projet peu à peu en élevant ma fille. La petite misère est parfois une bonne école pour braver la vie et l'apprécier à sa juste valeur.
    La cour des miracles quoi ! Il y a des chômeurs chroniques oui mais il y a aussi ceux et celles qui naviguent du mieux qu'ils peuvent et s'isolent immanquablement faute de moyens raisonnables pour s'en sortir. Entre une pinte de lait et un billet d'autobus pour une entrevue pour un emploi précaire. On finit par marcher 2 heures et acheter la pinte au retour.
    La vie sociale oubliez ça quand vous êtes un ou une bs sauf du bénévolat où on a l'impression d'exister pour quelques heures.
    Une petite sortie, le budget explose et le réseau social s'effrite de plus en plus.
    Souvent les chiffres sont faussés. Un emploi à temps partiel au salaire minimum et sans avantages sociaux n'est pas à mon avis une vraie job !

    Marie-Claude Leclerc »

  • Paul Lafrance
    Inscrit
    jeudi 20 mars 2008 10h32
    Les prestations trop élevées?
    « Est-ce que c'est parce que les prestations de bien -être social sont trop généreuses qu'il est impossible de trouver quelqu'un pour pelleter, souffler et vider nos toitures à $8.00 hre?
    Paul Lafrance
    Québec »

  • Jean-Michel Leblanc
    Inscrit
    jeudi 20 mars 2008 11h36
    Sur le salaire minimum @M. Lafrance
    « Est-ce parce que le salaire minimum est trop bas que vous ne trouver personne pour faire ces travaux?
    A temps plein au salaire minimum on reste pauvre.
    Et on est en situation beaucoup plus pércaire avec l'aide sociale. Je vous recommende de lire le commentaire de M.Poitras »

  • Patrick Lépine
    Inscrit
    jeudi 20 mars 2008 11h56
    @Monsieur Lafrance
    « C'est probablement parceque nous n'avons pas de rechanges pour pouvoir vaquer normalement à nos autres occupations que nous ne pouvons nous "offrir" de travailler pour aussi peu. Que voulez-vous, les tuques et mitaines faites en Chine, ne sont pas aussi bonnnes que celles "made in Québec", elles se mouillent vite et sèchent lentement!

    Peut-être qu'en important des mexicains peu informés... Mais ne comptez pas sur eux l'année suivante! ;) »

  • Michaël Lessard
    Inscrit
    jeudi 20 mars 2008 12h55
    Lesdits « aptes » sont parfois souffrants (et savoir compter)
    « Tout d'abord, brève réponse à une personne qui croit que l'assistance sociale est trop élevée:
    * 8$/heure, à 30 heures/semaine, cela donne 960$/mois.
    * L'assistance sociale, c'est environ 570$/mois.
    * Un logement moyen? Au moins entre 350 et 450$.

    Parmi les personnes dites aptes, certains sont simplement celles que des psychiatres n'ont pas considérées comme ayant une « maladie mentale » officielle. Certaines ont néanmoins des troubles de personnalité, des souffrances psychologiques qui monopolisent leurs énergies ou des problèmes sociaux qui les empêchent réellement de «compétitionner contre» les autres pour les emplois. Parce que c'est la réalité du marché, tu es en compétition «contre» des gens parfois plus dynamiques, plus stables ou plus sociables.

    À mon avis, c'est difficile pour presque tout le monde de gagner lors des entrevues d'emploi (si tu t'y rends), alors imaginer pour une personne souffrante, mais dites aptes.

    Une personne dite en santé par un psychiatre, peut souffrir simplement de la croyance qu'elle n'a aucune chance, ne vaut rien, etc. Un cours classique n'est pas nécessaire pour comprendre que c'est assez pour être un problème majeur.

    J'ai deux maîtrises, je suis en santé avec un CV dans des domaines socio-communautaires, je ne trouve pas facile de me prouver en entrevues dans un monde où les meilleurs vendeurs, menteurs et d'hypocrites gagnent. BREF, je ne vois pas pourquoi je voudrais dénigrer ou insulter les personnes défavorisées par rapport à moi.


    Si le gouvernement offre vraiment des emplois décents aux gens, même aux personnes qui ne sont pas de taille dans le marché de l'emploi, tant mieux,

    Solidairement »

  • Roland Berger
    Abonné
    jeudi 20 mars 2008 14h26
    Noyer le poisson
    « Loin d'enrichir le Québec, l'augmentation du nombre d'immigrants ne fait qu'augmenter le nombre d'assistés sociaux. Il est à se demander si la politique d'immigration du gouvernement Charest ne vise pas finalement à noyer le poisson, le Québécois francophone qui s'obstine à ne pas voter libéral.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • Pierre François Gagnon
    Inscrit
    jeudi 20 mars 2008 14h51
    Tout a été tenté, sauf...
    « L'impôt négatif... de l'économiste prix Nobel et très néolibéral et tout ce qu'on voudra, une référence qui devrait être inattaquable aux yeux des conservateurs, et pourtant, aucune mesure de "gauche" ne s'est jamais montrée aussi innovatrice et réaliste ni aucune n'a été autant dédaignée! Allons savoir pourquoi! Il ne manque plus que la volonté sociale et politique d'abolir la pauvreté et l'exclusion. Et surtout, arrêter de nous bercer d'illusions avec le mythe du plein emploi! »

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    jeudi 20 mars 2008 18h22
    À M. Noel
    « Pour la référence:
    Grubel, Herbert . Immigration and the Welfare State in Canada: Growing Conflicts,
    Constructive Solutions. Public Policy Sources no. 84. Vancouver: The Fraser Institute, 2005

    l'adresse internet est plutôt :
    http://www.fraserinstitute.org/Commerce.Web/product_files/Immigration.pdf »

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    jeudi 20 mars 2008 18h32
    La plaie du travail au noir et M. Lafrance
    « Je crois que c'est la plaie du travail au noir qui fait que tant de gens (pas tous) restent assistés sociaux : au minimum qu'ils reçoivent des gouvernements s'ajoutent les revenus au noir, ce qui fait des revenus acceptables non imposés.

    Et dans ce domaine, tous sont coupables : ceux qui emploient des gens au noir, ceux qui travaillent au noir, et le gouvernement qui laisse faire tout cela ... »

  • Denis Beaulé
    Abonné
    vendredi 21 mars 2008 11h24
    « Si quelqu'un ne veut pas travailler, qu'il ne mange pas non plus »
    « « L'aide de dernier recours est un droit, certes, mais celui-ci comporte l'obligation de tout faire pour s'en libérer quand on possède la capacité physique et mentale d'agir ». Exact. « Si quelqu'un ne veut pas travailler, qu'il ne mange pas non plus » (2 Th 3, 10)
    Si quelqu'un ne VEUT pas travailler, non s'il ne PEUT pas. Ou si on ne veut pas le faire ou le laisser travailler, ou encore si on ne veut pas le rémunérer pour ce qu'il fait... Car « l'ouvrier mérite [aussi] son salaire ». Or, il est plein de travail, aussi valable qu'utile ou valeureux, non payé à ses ouvriers. Pendant qu'il se fait plein de travail, pendant qu'existent plein de «travailleurs» rémunérés, qui ne devraient pas l'être ou qui devraient l'être moins, et ce au détriment d'autres ne l'étant point, soit parce que ce qui est fait n'est pas véritablement utile à la communauté, soit parce que c'est par trop médiocre ou parce que c'est carrément contre-productif.

    Il y a donc nécessité de reconnaissance, d'une part, de tout apport, utile ou positif, de chacun ; et, d'autre part, obligation morale ou sociale de rémunération de cet apport pour ce qu'il vaut ou mérite, par l'effort et le labeur constructifs, féconds, «productifs» qui sont siens. »

  • Denis Beaulé
    Abonné
    lundi 31 mars 2008 15h00
    BS, or et fierté : de Cléopâtre à Jambe-de-bois
    « Au temps où il était ministre à la Solidarité sociale, M. Pierre Paradis avait osé dire haut et fort qu'il ne faudrait pas appréhender de réformer le système d'aide aux véritables défavorisés de la société (tels les handicapés), de manière à ce qu'on en vienne à «être fiers» [sic] de nos assistés sociaux. Rien de moins.

    Comme s'il avait entendu ce noble discours du ministre québécois d'alors (et/ou comme s'il voulait évoquer la Cléopâtre d'Astérix prête à couvrir d'or l'architecte de son palais?), un Français aura rappelé, presque mot pour mot, ou en tout cas suivant le même esprit, au cours du week-end dernier, l'honorable intention du bienveillamment disposé ministre québécois à la Solidarité d'alors, en suggérant qu'on couvre d'or les personnes handicapées, afin qu'on passe envers elles du coup d'oeil gêné à un regard envieux [de leur condition] (voir ci-dessous).

    Ne serait-ce pas merveilleux ? Les aînés d'entre nous se souviendront certes de Jambe-de-bois, le quêteux dans Séraphin, qui incarnait justement on ne peut mieux cette image d'une personne devant solliciter la générosité de tout un chacun pour pouvoir subsister. Or, le tout se faisait dans le plus grand honneur et la plus grande dignité. Ou dans l'estime et la fierté réciproques, pour reprendre le mot de Pierre Paradis (qui doit peut-être son nom à ce genre de pensée transcendante ou d'esprit éminemment évangélique?).

    Voilà, donc, comment on pourrait dépasser l'impasse actuelle au chapitre de la solidarité sociale : en pensant et en organisant la chose, en manoeuvrant de telle sorte, au chapitre de la redistribution des biens et avoirs, qu'on en soit tous fiers. Il y a du chemin et tout un (re)cheminement à faire pour y arriver. Mais faisons-le donc. On en sera ensuite tellement tous fiers !...


    http://www.liberation.fr/actualite/societe/318321.FR.php?rss=true&xtor=RSS-450

    marcus
    donnons notre or.
    Il faut couvrir d'or les personnes handicapées, un regard envieux les changera du coup d'oeil gêné que nous leur jetons habituellement. Dimanche 30 Mars 2008 - 21:07 »

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