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Nouvelle étude - Le cercle d'amis peut inciter des enfants à faire de l'intimidation psychologique

La Presse canadienne   25 février 2008  Société
L'influence d'amis et d'adultes peut amener même le plus doux des enfants à se livrer à du harcèlement psychologique auprès de ses camarades, révèle une étude.

Des observations effectuées auprès de 406 paires de jumeaux âgés de sept ans, de la région de Montréal, indiquent que des facteurs liés au milieu dans lequel se trouvent les enfants sont l'élément moteur d'agressions qui, sans être physiques, sont néanmoins psychologiquement perturbantes.

«Les enfants qui ont des amis socialement agressifs semblent adopter ce comportement même quand ils n'ont aucune prédisposition génétique à l'agressivité sociale», affirme l'auteure de l'étude, qui estime qu'il est très important, pour les parents, de tenter de surveiller le réseau d'amis de leur enfant.

La chercheuse Mara Brendgen décrit l'agression sociale comme un comportement blessant, mais sans contact physique, ce qui inclut le harcèlement et des stratégies moins directes, comme la propagation de rumeurs et l'exclusion sociale.

Toujours selon l'étude, les facteurs à l'origine de tels comportement diffèrent de ceux qui amènent les enfants à se livrer à des agressions physiques, comme bousculer, frapper, mordre. Alors que les enfants physiquement agressifs sont influencés presque également par leur personnalité et leur milieu, l'agressivité psychologique est principalement influencée (dans une proportion de 77 %) par un cercle d'amis, voire par des adultes.

Répercussions sérieuses

Les chercheurs ont étudié des paires de vrais et faux jumeaux pour pouvoir déterminer l'impact des facteurs génétiques et environnementaux (le milieu).

L'étude, qui paraît ce mois-ci dans la publication Child Development, indique aussi que les enfants adoptent facilement des comportements d'agressivité sociale parce qu'ils passent souvent inaperçus auprès des adultes. Selon Mme Brendgen, les parents ne punissent pas leurs enfants aussi sévèrement pour les agressions psychologiques que dans le cas d'agressions physiques. «Plusieurs adultes ne les voient pas toujours, et s'ils s'en aperçoivent, ils ne croient pas que ce soit sérieux.»

Mais les répercussions de telles agressions peuvent être aussi dommageables que les contusions consécutives à une bousculade de cour d'école. Cela «est aussi douloureux», assure Mme Brendgen, qui enseigne en psychologie à l'Université du Québec à Montréal.

«Parfois, pour les filles, cela peut même être plus grave qu'une agression physique, parce qu'elles disent qu'une fois que leur réputation est détruite, c'est très difficile de la reconstruire.»

L'étude, qui impliquait des chercheurs de l'Université Concordia, de l'Université Laval et de l'Université de Montréal, a été financée par des subventions des gouvernements fédéral et québécois.






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