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12 % d'OGM de plus sur la planète

Fabien Deglise   14 février 2008  Société
Les saisons des récoltes se suivent et les organismes génétiquement modifiés (OGM) se portent de mieux en mieux.

En 2007, le Canada a une fois de plus donné des ailes à ces plantes en mettant en terre 15 % d'OGM de plus que l'année précédente, pour une superficie totale de sept millions d'hectares. Et cette tendance à la hausse se fait sentir partout sur la planète où, 12 ans après le début de leur commercialisation, ces organismes issus du génie génétique ont connu l'an dernier une autre année exceptionnelle de croissance depuis 2002, a indiqué hier l'International Service for the Acquisition of Agribiotech Applications (ISAAA) dans son rapport annuel sur l'état mondial des cultures d'OGM.

Les chiffres sont sans équivoque. Avec 114,3 millions d'hectares, la superficie des cultures biotechnologiques a crû de 12 % l'an dernier partout sur la planète. Et ce, malgré les mouvements d'opposition qui continuent de s'exprimer dans les pays développés. La plupart de ces organismes ont été cultivés aux États-Unis, en Argentine, au Brésil et au Canada qui, ensemble, se partagent 86 % de ce marché prolifique, révèle le rapport de cette association dont le budget de fonctionnement est alimenté à 40 % par l'industrie du transgène. Ses analyses sont toutefois des documents de référence, tant pour les groupes en faveur des OGM que pour ceux qui s'y opposent vertement.

Selon l'ISAAA, les OGM ont toujours le vent dans les voiles. Et ce n'est pas fini. «Les cultures biotechnologiques vont jouer un rôle encore plus important au cours des prochaines années», a indiqué hier Clive James, président de cet organisme, lors d'une conférence de presse téléphonique, «et tout particulièrement dans les pays en développement qui ont le plus besoin de cette technologie. En 12 ans, ces cultures ont démontré leurs bienfaits sur le plan économique, environnemental et social. Pour ces raisons, d'autres croissances sont à prévoir».

Douze millions de cultivateurs

Au total, 23 pays sont aujourd'hui engagés dans ce processus de multiplication des OGM, contre 22 en 2006, indique le rapport, qui souligne au passage que 12 millions d'agriculteurs ont désormais succombé aux transgènes, soit deux millions de plus que l'année précédente.

«Ce n'est pas étonnant», a commenté hier Benoît Legault, directeur général de la Fédération des producteurs de cultures commerciales du Québec, qui représente les producteurs d'OGM d'ici. «Il y a effectivement un engouement pour ce type de semences dans le monde agricole, non seulement ici mais aussi et surtout dans les pays en développement» où, en raison d'un climat souvent chaud et humide, les transgènes font sensation. Développés pour résister à des ravageurs ou faciliter la lutte contre eux, les OGM limiteraient les pertes et accroîtraient du même coup les rendements, selon l'ISAAA.

Ceci expliquant cela, c'est en Inde (+63 %) que ces semences ont connu la plus forte croissance en 2007, indique l'organisme international. La Chine, le Brésil et l'Afrique du Sud font également partie des pays où les OGM semblent vouloir prendre de plus en plus de place.

Comme par le passé, le soya, le canola et le maïs sont toujours les catégories d'OGM les plus cultivées à travers le monde. Ce sont aussi les seuls transgènes utilisés à des fins commerciales au Canada et au Québec.

«Nous constatons d'ailleurs une certaine stabilisation des cultures biotechnologiques [au Québec], résume M. Legault. D'ailleurs, la croissance n'est peut-être pas à prévoir en 2008 puisque les primes accordées aux agriculteurs pour des cultures sans OGM [destinées aux marchés d'exportation] devraient être assez élevées.» Notons qu'en 2005, 41 % du soya, 44 % du maïs et 95 % du canola cultivés au Québec étaient issus du génie génétique.

De nouvelles espèces

Au-delà de ce trio de tête, d'autres espèces végétales génétiquement modifiées semblent trouver leur place dans ce marché en pleine croissance, révèle le rapport annuel de l'ISAAA. C'est par exemple le cas du coton, de la courge, de la papaye et de la luzerne génétiquement modifiés, qui poussent désormais aux États-Unis. La Colombie expérimente également des catégories d'oeillets génétiquement modifiés alors que la Chine se lance quant à elle dans des cultures de peupliers, de pétunias, de tomates et de poivrons doux dont la structure génétique a été modifiée, peut-on lire. «Et je suis convaincu que les variétés de plantes biotechnologiques vont continuer à se développer», a indiqué M. James, disant estimer qu'en 2008, l'Inde pourrait approuver une autre venue dans le bal des OGM: l'aubergine génétiquement modifiée.

«Tout ça est assez désespérant», a commenté hier Isabelle Côté, de l'organisme environnementaliste Les Amis de la Terre, «surtout quand on voit que de plus en plus d'études questionnent l'impact négatif de ces plantes sur la biodiversité et sur la souveraineté alimentaire. Ce qui est aussi navrant, c'est de voir que malgré le travail des mouvements d'opposition, les OGM continuent de progresser parce que les forces économiques en présence sont puissantes et que la volonté politique n'est pas là pour les arrêter.»

Selon l'ISAAA, les cultures d'OGM à travers le monde ont généré des revenus de 6,9 milliards de dollars en 2007, soit 800 millions de plus que l'année précédente. En 2008, cette industrie espère d'ailleurs faire entrer 7,5 milliards dans ses coffres. Et les perspectives de croissance sont toujours très prometteuses puisque les transgènes ne représentent qu'un cinquième du marché des semences. Pour le moment.






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  • lise jacques
    Abonnée
    jeudi 14 février 2008 09h18
    Dangereux! Manger ces aliments c'est jouer à la roulette russe avec notre santé...
    « Quand on prend le temps d'aller au fond des choses on voit clairement qu'une collusion politique américaine avec des manipulations de l'industrie ... non des études sérieuses scientifiques ont laissé ces dangereux aliments génétiquement modifiés envahir nos marchés.

    OGM

    Qu'arrive-t-il, lorsque l'on dit la vérité?

    Connaissez-vous la chanson de Guy Béart: "Il a dit la vérité, il doit être exécuté!"?

    Un même refrain pour de nombreux couplets...

    Nouveau couplet:

    OGM

    Qu'arrive-t-il, lorsque l'on dit la vérité?

    La vie périlleuse des scientifiques critiques des OGM et il n,y a pas que Christian Velot...

    Pas facile d'être simultanément un scientifique en génétique et microbiologie et critique des OGM ! Le chercheur en France, Christian Vélot de l'institut de génétique et microbiologie à l'université d'Orsay (Paris-Sud) l'a appris à ses dépens car il va perdre, à terme, son emploi [Libération, Rue89 - entrevue vidéo]. Comme quoi avoir des opinions scientifiques différentes de celles que les industriels des OGM véhiculent peut-être dangereux ! La science a été fondée sur le principe de transparence et la possibilité de contre-vérification par des pairs provenant de la communauté scientifique. Bref, ce type de chantage à l'emploi n'encourage pas beaucoup les Gilles-Éric Séralini ou les Jean-Jacques Solomon de ce monde. Pas surprenant dans ce cas que les scientifiques publiquement critiques des OGM soient rares. Même lorsque la plus haute instance scientifique au Canada, la Société royale du Canada, fait des recommandations sur les OGM, elle est largement ignorée par le gouvernement fédéral ou par le gouvernement du Québec....pas surprenant que les gens se posent des questions...


    Groupe d'experts sur l'avenir de la biotechnologie alimentaire
    Éléments de précaution : recommandations pour la réglementation de la biotechnologie alimentaire au Canada, 2001 .C'est écrit noir sur blanc


    et sur ce lien le vidéo de l'entrevue de M,.Christian Vélot.
    http://artdevivrenaturel.over-blog.com/article-16139750.html

    Il y a plusieurs journalistes et scientifiques français et américains qui ont écrit des livres sur ce sujet très nébuleux et qui traitent des résultats de recherches et des histoires de congédiements...pour avoir publier les résultats de leur recherche...

    Lire; les livres "Seeds of Deception" Jeffrey Smith
    et le scientifique français; Gilles Éric Séralini; "Ces OGM qui changent le monde"

    Professeur des universités et chercheur en biologie moléculaire, Gilles-Eric Séralini étudie les effets des pesticides sur la santé. Il est expert pour l'Union européenne consultant pour le moratoire sur les OGM qui oppose les Etats-Unis à l'Europe ; en France, il siège au sein de deux commissions gouvernementales chargées d'évaluer les Organismes Génétiquement Modifiés, OGM, avant et après leur commercialisation.

    Lise Jacques »

  • Dominic Pageau
    Abonné
    jeudi 14 février 2008 14h27
    Dans les pays en développement, les gens sont sous influence
    « Il y a énormément de publicité, les semences non OGM se rarrifient et plusieurs prêteurs ne vont prêter de l'argent que si le cultivateur utilise des semences. De plus, dans ces pays, c'est démontré que les semences OGM ne produisent pas plus que les autres, au contraire même. Pour la simple et bonne raison que les semences ont été sélectionnées pour leur résistance aux maladies locales et au climat local. Mais bon, il ne faut pas s'attendre à de l'objectivité de l'industrie Frankenstein »

  • coté carol
    Inscrit
    jeudi 14 février 2008 19h42
    Avoir le choix
    « Oui nous faisons face a la roulette russe,c'est pouquoi il faut exiger l'affichage que les aliments que nous consommons contient des OGM,nous pourrons avoir un choix réfléchi.Les OGM ont mauvaisse presse et il le savent tres bien et le pire nous pend au nez car il se produit une mutation (article publié par le journal de québec)génétique chez les insectes pour contrer OGM BT ainsi les produits chimiques que l'on utilisait pour éliminer c'est ravageurs ne seront d'aucune utilité et on fait place a tout ce que nous pouvons imaginer. »

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