jeudi 26 novembre 2009 Dernière mise à jour 16h25


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Année dérangeante

Denise Bombardier   29 décembre 2007  Société
2007 a été une année douloureuse pour ce qu'on pourrait appeler notre substrat québécois. Les divergences d'idées, trop souvent manifestées, hélas, par des échanges injurieux, se sont exprimées autour d'un thème passionnel et explosif: la religion. On ne cessera pas de s'étonner de la violence que provoque chez plusieurs Québécois, en majorité baby-boomers, une approche distancée, donc nuancée, de la religion et de son rôle dans l'histoire du Québec. Toute tentative de remettre l'apport religieux dans un contexte historique et culturel suscite des levées de boucliers sous forme de réactions épidermiques, de rages aveugles et, dans le meilleur des cas, de rires sardoniques.

Le psychodrame autour des accommodements raisonnables s'est joué avant tout sur la scène d'un passé dont les acteurs principaux n'étaient pas les immigrants mais nous, les «de souche». Et cela, parce que la clé de voûte des accommodements contestés repose sur la religion, ce mot chargé de tant de maux. À ce jour, les bilans qui ont été dressés de la Révolution tranquille ont surtout porté sur les aspects socioéconomiques, voire culturels, de celle-ci.

Peu de gens ont tenté d'analyser les secousses telluriques pour ainsi dire subies par le moi collectif. La décléricalisation et la déchristianisation concomitante ou subséquente, plusieurs intellectuels les ont vécues comme des évolutions naturelles sans douleur. Ils en ont, comme diraient les psychanalystes, scotomisé les retombées. Ce sont donc des immigrants fondamentalistes religieux qui, par leurs demandes, ont involontairement attisé les braises sous lesquelles un feu terrible couvait.

Il fallait être bien naïf ou bien ignorant de l'histoire pour croire qu'un peuple «de foi trempé» pouvait réussir en quelques années à se «libérer» de la religion alors que les rares peuples, dont les Français, qui ont instauré la laïcité ont mis quelques siècles pour y arriver. Et encore. Quand on a grandi dans l'odeur des cierges et de l'encens, entouré de chants grégoriens, d'histoire sainte, de faute originelle et de péchés mortels, on demeure marqué dans sa sensibilité.

La haine — et je pèse mes mots — qu'expriment plusieurs lecteurs envers toute la sphère religieuse révèle l'état d'esprit de ceux qui l'éprouvent. Le sentiment antireligieux à la québécoise repose souvent sur un refus d'analyse, c'est-à-dire de rationalisation. Il ne peut en aucun cas être confondu avec une défense de la laïcité, laquelle n'exclut guère l'appartenance à une foi religieuse. En d'autres termes, un défenseur de la laïcité peut être croyant ou incroyant, et l'incroyant, la plupart du temps, ne sera ni antireligieux ni même un adversaire acharné de l'Église. Par contre, les zélotes antireligieux en ont davantage en commun avec les fondamentalistes religieux qu'ils ne le croient. On s'en surprendra d'autant moins si on se souvient de l'histoire des croisades, de même que de celle des massacres de la Terreur pendant la Révolution française.

Il y a quelque chose d'infiniment dérangeant dans le débat sur la religion qui nous est tombé dessus en 2007. Comment ne pas sentir chez nombre de Québécois ces blessures anciennes à la cicatrisation impossible? Tant de jeunes ont été heurtés, malmenés, scandalisés au sens évangélique («Malheur à celui qui scandalise un de ces petits qui croient en moi»). Il semble impossible pour plusieurs de faire l'économie du ressentiment et de la vengeance. Au point où les excuses du cardinal Ouellet ont été l'occasion pour ces personnes d'exprimer publiquement une rage qui, en fait, camoufle la douleur.

Il faut souhaiter qu'en 2008 s'apaisent ces colères, s'adoucissent nos débats, aussi vigoureux soient-ils. Si les lecteurs me permettent quelques voeux, j'espérerais d'abord que diminuent les injures, que cessent les attaques ad hominem. Rien n'est plus blessant ni plus stérile que ces débordements exprimés entre autres dans les courriels. La laïcité ne se construira pas sans une capacité de faire la part des choses, autre voeu que je formule avec ardeur. Sur le plan humain, rien ne se construit durablement si on fait tabula rasa du passé, des racines, si on coupe le coeur des vaisseaux qui le drainent. Si on s'arrache à la sensibilité de l'enfance. Si on renie la mémoire de ceux qui ont tracé le parcours dans lequel nous nous sommes inscrits.

Je souhaite pour ma part que les lecteurs de ce journal à la fois fort de son indépendance et vulnérable dans son isolement commercial, donc doublement nécessaire, comprennent que le débat recherché par ces chroniques ne contient aucune arrière-pensée malicieuse. Je ne souhaite offenser personne. Plusieurs, Dieu merci, ont compris que mes apparentes affirmations cachent souvent des interrogations et que le plaisir de débattre est à l'opposé de la volonté d'avoir raison, le contraire même du dialogue recherché.

Bonne année à vous tous, chers lecteurs. Souhaitons-nous une année de clairvoyance et de choc des idées, le sourire aux lèvres.

***

denbombardier@videotron.ca






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Michel Lebel
    Inscrit
    samedi 29 décembre 2007 00h19
    Une gande ignorance
    « Ce qui m'a le plus frappé dans ce débat québécois autour de la religion, c'est la grande ignorance, inculture, de bien des personnes des médias et d'ailleurs sur le sujet. Quand on sait que l'ignorance est la mère de tous les préjugés. Cette ignorance est désolante. Notre société forme des diplômés universitaires, sans doute compétents dans leur domaine, mais pourvus d'une très faible culture générale. Dans un tel contexte, je crois que le nouveau cours d'éthique et de culture religieuse me semble tout à fait de mise... Au moins les enfants sauront le nom du bâtiment au coin de la rue ou au centre du village qui s'appelle église, synagogue ou mosquée... »

  • Jean Le May
    Inscrit
    samedi 29 décembre 2007 09h08
    Merci pour ces voeux dont nous avons tant besoin!
    « Je suis un baby-boomer et j'ai donc eu ma part d'enfance à l'eau bénite moi aussi et je fus parmi les premiers aux barricades pour jeter la religion par-dessus bord quand vint l'adolescence. Je me croyais unique et original et nous étions des centaines de milliers à troquer le blaser bleu des collèges classiques pour la chemise carreautée et le blue-jean, sortant d'une religion pour entrer dans une autre plus subtile, celle des sans religion, celle des contre tout ce qui n'est pas nous.

    Je ne nie pas la pluspart des bienfaits de la révolution tranquille et de la modernité mais je crois que nous y avons perdu jusqu'à la notion de l'âme à force de vouloir déloger tout ce qui ressemblait à ce que nous appellions la crédulité.

    Si nous n'avions pas perdu collectivement la foi, nous ne serions pas en train de perdre la social démocratie, cette bonté laique qui fait que nous ayons parfois une pensée pour les autres. Ce n'est pas parce que c'est économiquement dispendieux qu'on a laissé certaines valeurs de côté.C'est parce qu'on a laissé de côté le souci de l'autre en devenant tous individualistes.Etr comme l'autre ne se soucie pas de moi, pourquoi me soucierais-je de lui? Alors tous les moyens sont bons pour que je m'enrichisse, moi et pas l'autre...,que j'aie raison moi et pas l'autre.

    Madame Bombardier, je vous remercie pour vos voeux de discussion saine et d'ouverture. Je crois comme vous que l'intégrisme est du côté de ceux et de celles qui rejettent tout recours à quelque spiritualité que ce soit. Et sans spiritualité, il ne reste que le Matérialisme et les humains ne sont plus que des produits jetables après exploitation. On se rendra vite compte que les véritables maîtres que nous servons servilement nous traiterons pire que des esclaves.

    Jean Le May
    Saint-Jean-sur-Richelieu »

  • Jean-Pierre Audet
    Abonné
    samedi 29 décembre 2007 09h15
    Faire la part des choses
    « Madame Bombardier, votre ténacité vous fait honneur. Lucidité, équilibre, pondération et clarté d'analyse, telles sont les qualités de votre réflexion en ce dernier samedi de l'année 2007. Vous avez entièrement raison : «La laïcité ne se construira pas sans une capacité de faire la part des choses...»

    Et faire la part des choses au pays du Québec éveillé tardivement à la laïcité, c'est prendre conscience que tous ceux qui ont plus de cinquante ans ont baigné dans l'eau bénite, ont processionné avec le «Saint Sacrement» sur les routes de campagne ou dans les rues de Montréal. Le cardinal Léger avait pu prononcer sérieusement la phrase restée célèbre : «Montréal, ô ma ville, tu t'es fait belle pour recevoir ton pasteur et ton prince», prononcée avec cet accent pontifiant inimitable de nos jours. Tout cela se jouait encore il y a moins d'un siècle. C'était presque encore le «crois ou meurs!», du moins ceci : «pratique ta religion ou sois ostracisé» partout dans les villages campagnards.

    Dans mon coin de Gaspésie, le seul qui ait osé cesser la pratique religieuse avant le milieu du siècle dernier avait auparavant été attrapé par le collet et le fond de culotte par un curé bucheron qui l'avait projeté vers l'avant de l'église dans l'allée principale, parce qu'il avait eu l'outrecuidance de se tenir debout à l'arrière de l'église.

    De telles impositions généralisées ne s'effacent pas en un demi-siècle. L'anticléricalisme à la française se joue de façon différente. On ne le proclame plus, on le vit quotidiennement en évitant soigneusement le contact avec tout ce qui autrefois portait soutane. Comme si ces gens d'église avaient la peste. C'est pourtant en 1789 qu'eut lieu la Révolution française. Soyons donc patients ici, il faudra encore quelques décennies de véritable laïcité pour que les rancunes s'apaisent. Beaucoup sont encore vivants, qui ont été abusés par des gens en religion. Les Enfants de Duplessis, entre autres, n'ont pas encore reçu toutes les compensations auxquelles ils s'attendaient. Le cardinal Ouellet, oui, a fait un certain «mea culpa» pour le passé en général, mais l'Église officielle continue de tirer du grand, de tenir les femmes en laisse, de refuser la communion - pas partout heureusement - aux divorcés remariés, de faire de toute contraception un péché, de voir encore le sexe d'un oeil suspicieux tout en prêchant en paroles l'Amour du prochain.

    Le chemin sera encore long avant la grande réconciliation. Ceux qui parlent haut en réponse à vos réflexions pourtant pondérées, Madame Bombardier, ne sont pas les seuls à penser comme ils écrivent. J'ai beaucoup d'amis honorables qui me font en privé le même genre de réflexions. Il faudra bien qu'un jour l'Église d'ici se mette à l'écoute du peuple. Nos évêques n'ont même pas réussi à écouter vraiment les représentants de tous les religieux qui désiraient que l'on transmette à Rome leurs demandes d'un peu plus de respect pour les femmes et les gais, entre autres, dans nos communautés pratiquantes. Ensuite on se demande pourquoi si peu sont restés fidèles à la pratique religieuse. Avec vous, Madame Bombardier, je souhaite pour 2008 que «s'apaisent ces colères, s'adoucissent nos débats, aussi vigoureux soient-ils.» Je crois sincèrement qu'il faudra que l'apaisement vienne des deux côtés. Le geste du cardial Ouellet était isolé. Il faudra quelque chose de plus consistant venant de l'Église officielle du Québec que je me prends à rêver voir devenir apte à se dégager un peu de la tutelle romaine. »

  • Daniel Beaudry
    Abonné
    samedi 29 décembre 2007 09h18
    Commentaire merveilleux
    « Né, comme Mme Bombardier dans l'eau bénite de l'avant révolution tranquille, je me reconnais dans ce texte qui décrit bien la difficulté de passer de la ferveur religieuse à une rationalité sereine en échappant à la ferveur anti-religieuse tout aussi malsaine. La ferveur qui, je crois, s'inspire de l'instinct grégaire se transpose ailleurs. On la retrouve dans la police du français au Québec. C'est un outil merveilleux dans les mains des démagogues et des chefs guerriers. Ils trouveront toujours moyen de mobiliser les fervents contre ceux qui prônent la raison et la tolérance. Pour eux, les pacifistes sont des traîtres.
    Daniel Beaudry »

  • Max Roujeon
    Abonné
    samedi 29 décembre 2007 09h46
    En êtes-vous si sûre que ça?
    « Beau texte, que celui-ci mais, êtes vous sûre de ce que vous avancez?
    Je ne crois pas que la religion «québécoise» soit le problème. Ne serait-ce pas plutôt une réaction face à son rejet par les «autres religions»?
    Parce que, si ça continue, il faudra raser les églises, leur vue et leur présence risquant de choquer les gens de conviction non-catholique qui se promènent sur la rue et passent devant.
    Ceci et moult autres peccadilles du même acabit dans le seul but...d'accommoder.
    Partant de cela, est-il besoin de continuer d'invoquer de faux prétextes aux problèmes que nous avons?
    La «commission des accommodements...» n'était, je pense, qu'une mascarade (coûteuse, certes) dont on espérait qu'elle révèlerait le contraire de ce qu'elle révélât.
    On pourrait parler là, de «l'arroseur arrosé» tant la manoeuvre s'est retourné contre son instigateur.
    C'est bien connu, pour rallier les esprits à une cause, il suffit de démontrer que l'on est marginal de ne pas y «être rallié». En isolant la majorité, et en lui faisant croire qu'elle est en fait, la minorité on fait en sorte de faire accepter à la majorité ce que la minorité pense. CQFD. C'est en fait, la raison qui fait que les sondages sont interdits 48 heures avant le jour d'élection dans certains pays.
    Ça influence les indécis à aller «du bord du gagnant». Mais ça marche pour tout, pas seulement les élections.
    Le problème de l'immigration réussie n'est, je crois, ni la langue ni la religion.
    Je ne me permettrais pas d'avoir une solution (elle ne coûterait rien, donc ne serait pas bonne), mais je dirais ceci:
    Pour faciliter et réussir son intégration dans un pays «étranger», il est nécessaire de parler la langue du pays où l'on désire s'installer et de pouvoir respecter, à défaut d'y adhérer, les us et coutumes de ce pays.
    La Palice n'aurait pas dit mieux, je sais.
    Bonne année à vous, aux lecteurs et au «Devoir». »

  • claire dufour
    Abonnée
    samedi 29 décembre 2007 10h12
    Nos repaires
    « Je suis une femme de 55 ans qui a bien vadrouillé. À l'âge de 49 ans, j'entreprends un cours d'infirmière qui me passionne. Je trouve enfin le don de soi, la compassion et l'aide aux autres.
    J'ai travaillé dans un monastère pendant près d'un an et ce, la nuit. C'est là que j'ai retrouvé mes balises, c'est là que je pouvais exercer le métier d'infirmière dans son sens le plus noble. Et j'adorais ma profession car je recevais beaucoup plus que j'avais l'impression de donner.
    Malheureusement, j'ai subi une rupture d'anévrisme au cerveau ce qui a coupé court à mon travail.
    Tout cela pour dire que nos repaires religieux sont importants. J'abonde dans le même sens que les précédents lecteurs.
    Merci pour vos voeux, Mme Bombardier, et permettez-moi de souhaiter la continuité de vos actions, de vos paroles, de vos réflexions.
    Bonne Année! »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    samedi 29 décembre 2007 10h16
    Les religions, le ciel et l'enfer
    « Les religions ont fait de bonnes choses comme prêcher l'amour du prochain même par les guerres saintes, s'il le fallait. Ils ont construit de magnifiques temples et contribué à produire de la belle musique et toute sortes d'objets d'art.

    Ce que je reproche le plus aux religions c'est d'avoir traduit la bâton et la carotte pour faire avancer leurs fidèles dans la direction souhaitée en cieux délicieux et, principalement, enfer où les impies allaient expier, pour l'éternité dans des souffrances sans nom, un ou des péchés mortels qu'ils n'avaient pas eu le temps de confesser ou de regretter correctement.

    Je demande à l'épiscopat si l'enfer existe encore ou si elle a été fermée ou si elle a été climatisée dernièrement pour réduire les souffrances de ses locataires éternels mais...point de réponse de ce côté là.

    Vous, Mme Bombardier, qui semblez bien connaître l'église catholique, est-ce que vous pourriez nous renseigner sur l'enfer catholique ? Il semble aussi que le ciel des musulmans serait plus accueillant que le nôtre avec ses nombreuses vierges dedans. Est-ce qu'un catholique peut y appliquer ?

    Et, est-ce que les juifs ont aussi ces endroits de délices et ces autres spécialisés en souffrance de toutes sortes, après la mort de leurs adhérents ? »

  • A/s Gilles Beaudet Maison Marie-Victorin
    Abonné
    samedi 29 décembre 2007 11h17
    autre voeu
    « J'approuve entièrement Madame Bombardier dans ses voeux pour une discussion sereine et d'une certaine ouverture. Sur le site KTOTV j'ai suivi entièrement les propos de Nicolas Sarkozy concernant la laïcité ouverte quand il a été reçu chanoine honoraire à St-Jean-de-Latran. Un tel discours, un peu long, comporte des passages extrêmement utiles, par leur contexte d'expérience vécue, pour le duo Bouchard-Taylor et pour les Québécois en général.
    Mon autre voeu serait que les baby-boomers qui ont fait leur cegep dans les années 68 nous disent ce qu'on leur a servi comme cours de philosophie. D'après moi, le culte pour Simone de Beauvoir, pour Sartre, et autres esprits égarés est à la base de la déchristianisation de nos jeunes adultes, sauf de rares exceptions qui ont gardé la tète libre ou qui ont fini par se hisser au-dessus de la mêlée comme en témoigne le rafraîchissant témoignage de M. Lamy que j'ai apprécié. Bonne année aux gens de clairvoyance! »

  • Roland Berger
    Abonné
    samedi 29 décembre 2007 17h50
    Une année dérangeante ?
    « Une année dérangeante, écrit Madame Bombardier. Non pas pour elle. Elle s'obstine à recevoir comme une rage de mauvais aloi toute remise en cause des apports de l'Église à la société québécoise. Certes l'Église a assumé le rôle d'éducation et de dispensatrice de soins de santé en l'absence d'une élite française qui a choisi de retourner en Europe après la Conquête. Mais, aussi utile qu'ait été cette action pour la survie de la civilisation française en Amérique, elle n'en a pas moins été alimentée par le prosélytisme inhérent à toute religion, musulmane ou chrétienne. D'où l'abus de pouvoir que ce prosélytisme a engendré. Et cet abus de pouvoir, les Québécois continueront encore longtemps de le dénoncer. Se faire entrer la religion dans la gorge a provoqué chez nombre d'entre eux une nausée une nausée qui perdurera aussi longtemps qu'il le faudra, n'en déplaise à une certaine élite formée dans l'eau bénite qui prétend avoir le monopole de la sagesse, et qui voit de l'intégrisme dans la défense d'une laïcité salvatrice, si Madame me permet d'emprunter ce mot au vocabulaire des croyants impénitents.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • henri gabrysz
    Inscrit
    samedi 29 décembre 2007 18h03
    ça me dérange
    « bonne année à tous

    ce qui me dérange, c'est l'impossible accès désormais des articles des chroniqueurs

    (jamais discuter de religion ni de politique à table, surtout à la Saint-Sylvestre) »

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    samedi 29 décembre 2007 21h49
    @Roland Berger
    « Il n'y a personne qui vous empêche de vous complaire et de vous vautrer dans votre "laïcité salvatrice"; mais, au-delà de toutes vos frustrations, est-ce qu'il est toujours permis au Québec, pour ceux et celles qui le désirent, de continuer à pratiquer la religion catholique et à respecter ses clercs sans provoquer chez-vous une jaunisse....!!!! »

  • Claude Poulin
    Inscrit
    samedi 29 décembre 2007 22h03
    Ignorance et incuture
    « Ce qui ressort le plus dans les réactions aux réflexions de Mme Bombardier sur la la religion, c'est la violence de certains discours. Mais, c'est aussi comme le dit Michel Lebel, cette large part d'ignorance et surtout d'inculture démontrée par les intervenants. En particulier chez ces gens de la génération des baby-boomers qui n'ont même pas connu cette époque cléricale qu'ils pourfendent et condamnent sans discernement. Le sociologue Jacques Grand'Maison dans son dernier essai : Pour un nouvel humanisme, réussit à bien montrer les causes profondes de cette attitude.. Selon sa thèse, ce phénomène résulterait d'un processus de déracinement culturel développé dans la mouvance de la Révolution tranquille. À ce constat, j'ajouterais que ce déracinement s'expliquerait aussi par la perspective révisionniste qui a marqué l'enseignement de histoire qu'ils ont reçu. Mais, pour revenir à l'ouvrage de Grand-maison, son principal intérêt vient de la qualité de sa réflexion sur les effets de ce déracinement dans la perspective de notre devenir collectif. Pas très réjouissant! Claude Poulin Québec/Sillery »

  • THYS Michel
    Inscrit
    dimanche 30 décembre 2007 05h18
    S'adapter au pluralisme des convictions ...
    « J'ai beaucoup apprécié l'article de Madame Denise BOMBARDIER, avec laquelle je suis quasi d'accord. Elle écrit :
    Il ne s'agit pas de "s'arracher" à la sensibilité de l'enfance. Quand on a grandi dans l'odeur des cierges et de l'encens, entouré de chants grégoriens, d'histoire sainte, de faute originelle et de péchés mortels, on demeure marqué dans sa sensibilité. Elle écrit aussi : "...réussir en quelques années à "se libérer" de la religion, alors que les rares peuples, dont les Français qui ont instauré la laïcité, ont mis quelques siècles pour y arriver. Et encore."
    De fait, le président français SARKOZY est en train de détricoter, lentement mais sûrement, la la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat de 1905 ! Pourquoi est-il inféodé à ce point à la religion ? Il témoigne ainsi d'un fait sociologique que tendent à confirmer des observations récentes (psycho-neuro-physio-éducatives), IRMf à l'appui : une éducation religieuse précoce, renforcée par un milieu unilatéral croyant, sont forcément affectifs puisque fondés sur la confiance,l'exemple des parents et la soumission aux éducateurs. Ils laissent donc des "traces" indélébiles dans le cerveau émotionnel" qui sont susceptibles de perturber l'esprit critique ultérieur, quels que soient l'intellect et l'intelligence, du moins dès qu'il est question de religion.
    Denise BOMBARDIER écrit par ailleurs : "L'incroyant, la plupart du temps, ne sera ni antireligieux" ( d'accord : je suis athée mais je souhaite que l'on puisse choisir de croire ou de ne pas croire), "ni même adversaire acharné de l'Eglise" (là, je suis moins d'accord : elle a certes récupéré les principes et les valeurs humanistes (tolérance,
    ouverture à la différence, autonomie, ..., mais sa volonté de mainmise sur les consciences reste hypocritement présente).
    Il ne s'agit pas de faire "tabula rasa" du passé culturel, mais seulement de ne pas le laisser hypothéquer l'avenir en ne s'adaptant pas à la modernité.... Ainsi, à notre époque de pluralisme des cultures et des convictions, les parents croyants ne devraient-ils pas se demander s'ils ont encore moralement le droit, pourtant légitime et constitutionnel, de continuer à donner à leurs enfants la même éducation que celle qu'ils ont reçue ? Les parents sont-ils infaillibles et bien informés quant aux alternatives non aliénantes ?
    Je déplore d'ailleurs que les deux programmes du nouveau cours d'"éthique et culture religieuse" privilégie la seule découverte de l'expérience religieuse, au travers de sept religions, surtout catholique ..., au détriment d'une information, évidemment non prosélyte, des principes, des valeurs, des fondements et des objectifs de l'humanisme laïques, apparemment ignorés au Québec. L'option laïque serait-elle une abomination ?
    Je suis partisan, par simple honnêteté intellectuelle, de permettre aux jeunes de choisir, aussi librement et tardivement que possible, leurs futures convictions philosophiques ou religieuses. Je l'exprime en deux pages :
    http://atheisme.free.fr/Contributions/Croire_ou_pas_croire.htm
    Michel THYS, Waterloo en Belgique. »

  • Marcel (Fafouin) Blais
    Inscrit
    dimanche 30 décembre 2007 05h51
    Année 2007 ? À relancer "ailleurs et autrement"... chalom !
    « Salutations d'entraide honorable tout le Monde,

    Grands mercis de ce mot qui, dressant un portrait « intimiste » d'une Année dérangeante 2007, donne à penser, à relancer ailleurs et autrement.

    Bien qu'elle ait été « dérangeante », l'Année 2007 aura été « utile » pour la « relance identitaire » du Québec au sein d'une « laïcité » évolutive responsable (espérons-le !) et dynamisante sur les plans de son histoire-mémoire, et de l'avenir par le présent.

    De fait, elle aura été « utile » non seulement pour les assises théoriques et pratiques de la Commission Bouchard-Taylor, mais aussi pour l'élargissement de la « mentalité-culture » québécoises, ce à l'aube du 21ème Siècle.

    « Utile », bien sûr, pour la « religion » qui, soudainement « bouleversée » et de l'aveu du cardinal Ouellet, propose au Québec (l'ensemble des québécoises, québécois) d'honorables EXCUSES comme « sans lendemain » ; des excuses « inachevées », voires « dé-routantes » ou « contestables » pour les unEs et les autres ; des excuses sans EXCUSES ! en ce qui touche à l'Enfance de Duplessis-Léger1, reconnue pourtant par les Décrets 1153-2001 et 1198-2006.

    « Utile » ? Bien sûr que... .

    Qu'en pense-t-on ?

    Au plaisir de nous re-lire... chalom !

    1 Bien que ces personnes soient (ou le demeurent) sans « racines », sans « familles » et que des « blessures » persistent, quelque chose de jolie (celle de la « mutualité » ?) peut « se construire » durablement... chalom ! »

  • Georges Paquet
    Abonné
    dimanche 30 décembre 2007 06h59
    Pour ne pas mourir idiot...
    « Pour alimenter une réflexion saine, il me semble qu'il faudrait commencer par le commencement et se demander comme le fait le philosophe français, André Comte-Sponville, dans deux citations indispensables: "Avez-vous besoin de croire en Dieu pour penser que la sincérité vaut mieux que le mensonge, que la générosité vaut mieux que l'égoïsme, que le courage vaut mieux que la lâcheté, que la douceur et la compassion valent mieux que la violence et la cruauté, que l'amour vaut mieux que la haine?" Et à peu près ceci; "Est-ce plus intelligent de croire en Dieu sans preuve que de ne pas y croire sans preuve?" »

  • Georges Paquet
    Abonné
    dimanche 30 décembre 2007 07h40
    La vie est dérangeante...
    « Chère Madame Bombardier,
    Vous avez trouvé l'année dérangeante. Je crois qu'il faudra vous y habituer.
    Comme la vie serait "plate" s'il n'y avait rien de dérangeant. Ce sont les incertitudes qui sont dérangeantes. Et l'avenir est par définition incertain. Voilà pourquoi les religions ont proposé des certitudes. Mais la vie nous apprend qu'il y a, à certains moments, des failles dans ces certitudes. Et puisqu'on ne peut plus "changer de trottoir" pour ne pas côtoyer les protestants et les incroyants, comme on nous le recommandait autrefois, il faut donc rencontrer et discuer avec d'autres qui n'ont pas les mêmes croyances ni les mêmes certitudes que nous. Comme c'est dérangant !!!... Il faut même s'en accommoder.

    Si tout le monde était comme nous, comme on serait bien... et tranquille et... heureux... pas dérangé...

    Georges Paquet »

  • Daniel Couture
    Inscrit
    dimanche 30 décembre 2007 07h51
    Le sourire au lèvre, mais en distinguant...
    « À 45 ans, père de famille, douzième et dernier enfant d'une famille saguenéenne dont l'unité, l'intelligence et la vitalité auront toujours été assombries par une dynamique interne pleine de ressentiments, nourri assez jeune du pamphlétaire visionnaire ultra-catholique Léon Bloy, formé par quelques grands intellectuels catholiques du XXe s., je peux en dire long sur la religion au Québec.

    Concernant la religion, puisque madame Bombardier en appelle à notre clairvoyance, il faut avant tout rappeler la nécessité absolue de distinguer entre le spirituel et le temporel. Quand et là où cette distinction réaliste n'est pas non seulement proposée, mais pleinement assumée, on emprunte un sentier de guerre, de mort et de mensonge plutôt que la voie de la vérité et de la vie. Que voulez-vous que l'on comprenne proprement au phénomène religieux historique si on ne distingue pas clairement l'essentiel du message de ses accidents historiques. En d'autres termes, un jugement éclairé sur les religions nécessite de distinguer le pouvoir sacré institutionnalisé selon une logique religieuse de sanctification de l'institutionnalisation temporelle du pouvoir religieux selon une logique de privilèges hiérarchiques. L'humble pouvoir bien réel de la vérité ne peut en aucun cas être identifié à la vérité du pouvoir institué. Les innombrables injustices commises par les pouvoirs religieux au cours de l'histoire, au nom même de la vérité divine, ne dispensent aucune conscience de la responsabilité de se prononcer face au vrai ou au faux des doctrines religieuses.

    Je ne vois aucune autre motivation possible à la demande de pardon du cardinal Ouellet que de permettre à la vérité divine de se frayer un chemin vers les consciences malgré les abus de pouvoir des religieux du Québec.

    Il me semble très nécessaire de préciser également que ce n'est pas parce que l'être humain est essentiellement une dualité où corps et esprit sont deux étrangers irréductibles que cette distinction trop négligée entre le temporel et le spirituel est tellement nécessaire. Bien au contraire, c'est parce que le phénomène religieux, la vraie religion, consiste précisément, consiste uniquement à unir en un tout parfait le spirituel et le temporel, l'esprit et le corps, le divin et l'humain, l'incréé et le créé.

    À mon humble et clair avis... c'est seulement à condition de bien faire ces distinctions qu'on pourra se souhaiter à bon droit "une année de clairvoyance et de choc des idées, le sourire aux lèvres".

    Daniel Couture »

  • A/s Gilles Beaudet Maison Marie-Victorin
    Abonné
    dimanche 30 décembre 2007 11h20
    Et ce beau monde était bouddhiste ?
    « Quand j'entends Fernand Falardeau proclamer son totalitarisme à la manière d'un dictateur pire que tous les dirigeants religieux, quand je lis Gabrysz, et la clique des intello-robot-anti-cléricaux, je pense à la lettre d'un certain Duchesne de Québec qui nous présentait une comparaison de la naissance de Buddha (il a eu trois naisssances, le cher Buddha ! et n'est pas devenu Buddha en naissant) et notre Maître Jésus de Nazareth. Pour cette raison je souligne à ces apôtres dénucléés de leur foi, de lire ce qu'ils auraient à faire envers leur clergé, s'ils étaient tout bonnement de bons bouddhistes (consultez le site du Catéchisme bouddhiste, si vous êtes sceptiques). Et voici l'extrait en anglais.

    16. Q. What are the duties to be performed by us towards a Buddhist monk?
    A. 1) To do things for him with affection.
    2) To speak to him with affection.
    3) To think of him with affection.
    4) To be always ready to offer hospitality to him.
    5) To give him the gifts of four kinds: robes, food, furniture and medicine.

    17. Q. What are the duties of a monk towards a layman?
    A. 1) To restrain him from sin
    2) To establish him in charity and virtue.
    3) To teach the Doctrine to him clearly.
    4) To remove doubts about the Doctrine learnt by him.
    5) To show him the right path to beatitude.

    Une bonne année laïque à nos dictateurs idéologiques ! à vous de faire la transposition, toute évidente ! »

  • Raphaella Robitaille
    Inscrite
    lundi 31 décembre 2007 10h26
    Regarder le passé avec sérénité
    « Bonjour Madame Bombardier, »

  • Raphaella Robitaille
    Inscrite
    lundi 31 décembre 2007 10h44
    Regarder le passé avec plus de sérénité.
    « Bonjour Madame Bombardier,
    La réaction des Québécois suite à la lettre de Mgr Ouellet a été en effet chargée d'émotions et souvent peu rationelle. Le refus d'analyse comme vous le dites nous empêche de comprendre et d'accepter notre passé religieux.Je souhaite que l'année 2008 guérisse nos blessures du passé et nous permettre de jeter un regard lucide et plus serein sur notre histoire.On ne peut pas faire table rase du passé, se couper de nos racines. Il n'est pas nécessaire de jeter la maison à terre,changer quelques pierres peuvent suffire à restaurer notre système de valeurs et notre manière de voir la vie.Je souhaite donc à tous les lecteurs et à tous les Québécois de prendre une pose en 2008 et de réfléchir sur le parcours qu'ils désirent suivre en tenant compte de leur histoire et de ceux qui nous ont précédés.
    Bonne Année 2008, Paix, Santé et Sérénité ! »

  • Pierre Jean Jacques
    Inscrit
    mardi 1 janvier 2008 21h38
    Dieu, protège-moi de ceux qui croient en toi...
    « Superstition, quand tu nous tiens! »

  • Guy Fafard
    Inscrit
    mercredi 2 janvier 2008 13h02
    Merci Denise
    « Édition du samedi 29 et du dimanche 30 décembre 2007
    accommodements raisonnables, Religion, Festival et fête, Québec (province)

    Votre analyse objective de la pensée du Québec, parfume nos esprits d'un bouquet de fraicheurs lucides.

    Chère, chère Denise. "Puissions-nous recevoir longtemps le rayonnement chaleureux de vos commentaires éclairants dans la polémique courrante et celles à venir".
    Tel est le voeux que j'émets, madame Bombardier, au nom de tous les québécois. »

  • Hélène Bourgeois
    Abonnée
    mercredi 2 janvier 2008 16h19
    Dieu, protège-moi de ceux qui ne croient pas en toi
    « Scepticisme quand tu nous tiens...

    (Avec humour... rire).

    Hélène
    www.ephata.actifforum.com »

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
23 réactions
0 votes
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009