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Docteurs ès taxis

Stéphane Baillargeon   25 septembre 2009 06h37  Société
Au Québec, seul un immigrant du Moyen-Orient sur trois réussit à travailler dans son domaine de formation et d’expérience, souvent faute de reconnaissance de ses compétences. L’Ontario vient de s’attaquer à ce genre de discrimination en créant un commissaire à l’équité.

Comme enseignant, Madjid Assad passerait parfaitement inaperçu au collège Édouard-Montpetit. Avec ses «cinquante printemps» et son look décontracté, il ferait très «vieux-jeune» prof et n’aurait finalement pas à se plaindre.
Seulement, voilà: au collège, M. Assad ne donne pas la formation, il la reçoit. À Alger, dans son pays natal, il avait son propre cabinet de dentiste. Ici, à Longueuil, où il a émigré il y a un peu plus de deux ans, il étudie pour obtenir un DEC en technique d’hygiène dentaire. Pour obtenir son droit de passage, M. Assad a signé une déclaration dans laquelle il reconnaissait ne pas être automatiquement reconnu professionnellement au Canada.
Diplômé en deçà de l’Atlas, moins que rien au-delà. L’Algérie fournit maintenant un immigrant sur dix au Québec.
Sitôt arrivé, il a entrepris des démarches pour intégrer son ordre professionnel. Il affirme avoir vite compris l’ampleur de la tâche pour retrouver son titre professionnel. «On m’a expliqué que bien peu de candidats réussissaient. J’ai renoncé», résumait Madjid Assad, rencontré il y a quelques jours dans le bureau de son prof de français.

La fierté lui a par contre interdit de replier bagages pour rentrer au pays. «Nous, les Berbères, quand on a pris une décision, on fonce, dit-il. Il faut aussi comprendre d’où l’on vient, notre substrat culturel. Dans ma culture, on ne peut tout simplement pas accepter de devenir la risée de la communauté.» Il veut aussi offrir à ses deux enfants la chance de vivre dans un pays prospère, sécuritaire et surtout laïque à souhait. «En Algérie, les islamistes contrôlent les écoles.»

Djamal Boubchir, dans la quarantaine, se retrouve dans une position semblable, au même cégep. Agronome de formation, il a exercé cette profession pendant cinq ans puis a enseigné pendant deux ans avant de se résigner à l’émigration. Sitôt arrivé au Québec, il n’a même pas cherché à se placer comme agronome. Il a plutôt opté pour une formation en technique de soins infirmiers. «Il y a du travail dans ce domaine et je veux travailler.»

Ici comme ailleurs
Deux cas, une seule et même triste mesure de la réalité de certains immigrants au Québec. Ce problème de la reconnaissance des formations et des expériences a été mis en évidence par les récentes audiences de la commission Bouchard-Taylor. La critique a durement frappé les ordres professionnels, montrés du doigt pour leur supposé corporatisme bouchant l’accès des nouveaux arrivants aux emplois lucratifs. Le Conseil interprofessionnel du Québec, représentant 45 ordres (dont celui des agronomes et des dentistes) a répliqué vivement en expliquant avoir accepté 84 % des candidats étrangers, avec ou sans formation d’appoint, au cours de la dernière décennie.

Une étude récente de Marie-Thérèse Chicha et Éric Charest, préparée pour l’Institut de recherche en politiques publique (IRPP), rappelle que le phénomène du «déclassement professionnel» semble en fait relativement élevé pour l’ensemble de la population canadienne mais qu’il frappe particulièrement les personnes nées à l’extérieur du pays et encore plus les femmes. «Au Québec, 65 % des immigrants en provenance de l’Europe de l’Ouest occupent un emploi correspondant beaucoup ou tout à fait à leur niveau de formation», expliquait la professeure Chicha, de l’École de relations industrielles de l’UdeM, lors d’une conférence prononcée il y a quelques jours à Montréal. «Ce taux tombe à environ 35 % pour les immigrants en provenance de l’Asie et du Moyen-Orient. [...] Les immigrés qualifiés désireux de faire reconnaître leurs compétences sont confrontés à une multitude d’acteurs, dont les instances gouvernementales, les universités, les ordres professionnels et les employeurs, qui s’appuient sur des critères variables. La complexité et l’incertitude du résultat final en découragent plusieurs qui ne s’engagent même pas dans le processus de reconnaissance.»

Le casse-tête se complexifie avec la croissance des flux migratoires et les exigences de plus en plus poussées des économies du savoir. L’Europe a décidé d’attaquer le problème à la racine en tentant d’uniformiser les formations offertes sur tout le continent. Avec le «processus de Bologne», amorcé en 1999, les systèmes nationaux diversifiés d’enseignement supérieur doivent se conformer à un cadre commun d’ici 2010. La nouvelle norme imposera notamment un système uniforme de licence, puis de maîtrise — comme ici quoi —, avec un système continental de transfert et d’accumulation de crédits.
Le monde des métiers a son propre cadre général de qualification, défini par un autre «processus», celui de Copenhague. Avec ces deux outils, l’Union européenne a l’ambition de devenir «l’espace économique du savoir le plus compétitif et le plus dynamique au monde».

Ce qui laisserait le Canada sur le carreau? Bien au contraire, selon Yves E. Beaudin, coordonateur du Centre d’information canadien sur les diplômes internationaux, mis en place en 1990. «Moi, je suis très, très optimiste, dit-il. Quand je regarde ce qui se fait ici et ce qui se prépare, j’ai très confiance: les mentalités changent, les actions s’ajustent et tout le monde participe finalement à l’amélioration des méthodes pour mieux intégrer les immigrants sur le marché du travail.»

Les preuves s’accumulent sur le site du Centre (www.cicic.ca). Le pays a progressé magistralement dans la reconnaissance des métiers et des professions, d’abord pour les émigrants à l’intérieur des frontières. Le métier de boulanger est, par exemple, un métier désigné «sceau rouge», en ce sens qu’il bénéficie de normes interprovinciales de certification (sauf au Québec, en Saskatchewan et au Nunavut). «On a une tendance à l’autoflagellation», poursuit M. Beaudin, qui enchaîne avec une anecdote concernant la tendance à mêler les cartes à grands coups de simplification. «Je voyage beaucoup. Je prends beaucoup de taxis. Parfois, un chauffeur se dit ingénieur, alors qu’en parlant avec lui, je comprends qu’il n’a reçu qu’une formation de technicien dans son pays d’origine. Il y a des gens déclassés, mais il ne faut pas tous les mettre dans la même catégorie.»

Pendant ce temps, en Ontario
À compter de 2011, aussi bien dire demain matin, les nouveaux immigrants compteront pour toute la croissance nette de la main-d’oeuvre au pays. L’Ontario vient de prendre une longueur d’avance pour faire face à cet immense défi en adoptant un plan général d’intégration des «nouveaux arrivants» comprenant une loi sur l’accès équitable aux professions réglementées, entrée en vigueur le 1er mars dernier. Un Bureau du commissaire à l’équité contrôle maintenant les 38 organismes de réglementation des professions de la province.

«Il y a beaucoup de mythes et de vérités autour des reconnaissances de diplômes», dit Jean Augustine, première titulaire du poste. Née en Grenade, membre du parlement fédéral de 1993 à 2005, première femme noire au cabinet, elle a cédé son comté libéral à Michael Ignatieff. «Trop de personnes qualifiées ne trouvent pas de travail dans leur domaine. On a tous entendu parler d’un chauffeur de taxi détenant un doctorat. Mon bureau doit garantir des modalités transparentes, objectives, impartiales et équitables pour l’inscription et la délivrance de licences et de permis aux professionnels formés hors de la province.»
Mme Augustine va émettre un rapport annuel, comme une vérificatrice générale. Elle va y juger les différentes pratiques et émettre des recommandations. «Je pose toutes sortes de questions aux ordres. Combien de travailleurs étrangers sont venus vous voir au cours des derniers six mois? Combien en avez-vous rejetés ou certifiés? Qui s’occupe de cette tâche au sein de votre organisme? Est-ce possible de faire appel? Qui détermine les examens? Combien faut-il payer pour les passer? Les ordres devront aussi se présenter en audiences à tous les trois ans et le Bureau est complètement indépendant du gouvernement.»

Les coprésidents Gérard Bouchard et Charles Taylor s’inspireront-ils de cet exemple tout simple et tout proche? Leur rapport est attendu fin mars.

En attendant, M. Assad ne comprend pas les exigences qui lui sont imposées dans sa province d’adoption. Il refait maintenant ses classes, le B.A.-BA et tout le tralala, y compris pour le nombre de dents et les nerfs rattachés à chacune. «Pourquoi suis-je obligé de refaire presque tous les cours?», demande-t-il en affichant toujours le même air résigné. Cette reformation exige beaucoup d’abnégation, retarde de presque trois ans son entrée sur le marché du travail et son accès à une vie plus confortable. Il vit avec une bourse (715 $ par mois). Son fils, sa femme et sa fille sont aussi aux études. «On est dans la simplicité involontaire... »






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  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    vendredi 21 décembre 2007 08h09
    Honte !
    « On a un peu honte pour nos corporations professionnelles qui ne fournissent pas à la tâche et pour les autres aussi même s'ils sont moins pires qu'avant à ce chapitre. »

  • Yvon Montoya
    Abonné
    vendredi 21 décembre 2007 09h42
    Partir ou rester?
    « On refait les cours car on a besoin aussi d'étudiants/clients dans les universités. J ai la même expérience et après 13 ans au Québec, je subis encore la même déconfiture professionnelle qu'à mon arrivée. Oui, je peux partir demain en Ontario parce que là-bas on m'attend avec plein de proposition mais que voulez vous, j'ai décidé de rester au Québec pour sa culture, le parler français, la grande qualité d'accueil des québécois que j'adore et estime énormément. Aussi, on est un peu fier de participer à la sauvegarde de la culture francophone en Amérique du Nord. Je ne sui pas le seul, je ne suis pas le dernier mais pour combien de temps? J'en connais beaucoup qui sont déjà parti. Ça permet de visiter les autres Provinces en allant les visiter.
    Alors, on baisse la tête, on garde le sourire, on espère. Le fil est ténu, il ne va pas tarder à se casser et là, effectivement, on sera obliger de partir. On apprendra mieux l'anglais mais au moins on sera accueilli avec un travail correspondant à ses compétences et ce dans la dignité. »

  • André Doré
    Abonné
    vendredi 21 décembre 2007 10h14
    La santé est malade...
    « Le problème de la non-reconnaissance des diplômes étrangers dans le domaine de la médecine relève du scandale. Les corporations professionnelles ont l'obligation de protéger le public... c'est leur rôle. Cependant, il arrive qu'elles défendent plus leurs membres que le public... J'en ai pour exemple, une plainte que j'ai actuellement devant la Chambre des notaires dont le traitement, jusqu'à date, me laisse assez perplexe... mais je vais laisser encore un peu de temps au système pour une seconde réflexion... avant de porter jugement...

    Le Collège des Médecins reconnaît la formation de quelque 200 médecins diplômés à l'étranger, ayant révisé leur curriculum et leur ayant fait passer une batterie de tests... mais les universités et les hôpitaux n'acceptent pas de les recevoir...!!! Il y avait récemment 85 places disponibles en résidence dans les hôpitaux et qui sont restées vacantes. Pendant ce temps, des médecins étrangers, dont la formation a été reconnue équivalente par le Collège des Médecins, à celle donnée au Québec, "poirottent" chez eux, dans des taxis, font parfois des ménages en maisons privées ou travaillent comme préposé(e)s aux bénéficiaires...!!!

    Le docteur Hébert, Doyen de la faculté de médecine de l'Université de Sherbrooke et président de la Conférence des doyens des facultés de médecine du Québec nous a déjà dit à la télévision que le problème avec les médecins diplômés à étrangers, c'est que le taux d'échecs de leurs stages en résidence est plus élevé que ceux des diplômés québécois... et qu'il y a une étude qui vient appuyer en quelque sorte, la décision des universités de ne pas leur offrir les places disponibles...!!! En mai 2007, ma fille a demandé une copie de cette étude au docteur Hébert. Elle attend toujours la réponse du docteur...!!!

    Entre temps... un autre médecin, Ministre de la santé, ne semble pas capable de civiliser ces universités et hôpitaux récalcitrants qui privent nos vieux, nos enfants, nos cancéreux, d'un accès à un médecin de famille qui pourrait les faire entrer dans le système. Je ne dis pas que les médecins étrangers sont aussi confortables avec le fonctionnement de notre système de santé et nos équipements que ce qu'ils ont connu dans leur pays d'origine, mais pourquoi ne fait-on pas comme en Ontario, par exemple, et que l'on ne leur offre pas une période d'acclimatation à nos milieux hospitaliers pour qu'ils s'adaptent plus facilement à notre situation ainsi qu'à notre technologie? Après tout, contrairement à nos diplômés d'ici, qui nous ont coûté une fortune jusqu'à leur entrée en résidence, ces médecins étrangers sont une manne gratuite qui n'ont encore rien coûté à la société...!!! Le docteur Hébert est aussi diplômé en épidémiologie... les notions qu'il a apprises à Cambridge ne pourraient-elles pas lui être utiles pour comprendre la problématique des quelques échecs dont sont parfois VICTIMES les médecins venus d'ailleurs dans leurs stages comme résidents... et, pour ensuite les aider à pallier leurs quelques lacunes techniques? Puis... devant l'espèce d'incapacité du docteur Couillard à agir à ce niveau... est-ce que nous devrions exiger que le titulaire du poste de Ministre de la santé soit interdit à un médecin pour éviter tout conflit d'intérêts?

    J'ai un frère qui, depuis quelques mois, a une lésion inquiétante qu'on a traité comme il y a 50 ans: "Essaye-ça... et si ça ne fonctionne pas... tu reviendras...!!!" Aucune biopsie... seulement un traitement topique et une médication systémique... Il y a plus de 25 ans, alors que je pratiquais en médecine vétérinaire, sur un patient canin ou félin, il y a belle lurette que la biopsie aurait été analysée... mais en 2007, en médecine humaine... niet... rien... nada...!!! Est-ce normal, ça? Il y a manque de médecins pour le voir... et à l'hôpital, on lui a conseillé d'aller au privé... Entre temps... le processus pathologique suit son cours... Un peu plus, et il se faisait la biopsie lui-même... et apportait le tissu excisé au médecin pour envoi au laboratoire...!!! C'est ça notre système de santé?

    C'est désolant...!!! Je pourrais continuer car il y a plus... mais je vais m'arrêter ici... C'est assez pour une même journée... n'est-ce pas??? »

  • Jorge Fontecilla
    Inscrit
    vendredi 21 décembre 2007 10h19
    Et les entreprises?
    « La question de l'intégration socio-professionnelle des immigrants qualifiés a été abordée à de nombreuses reprises, à peu près toujours sous l'angle de la reconnaissance des diplômes. C'est peut-être vrai que les ordres professionnels constituent une barrière à l'emploi professionnel, mais l'essentiel de la résistance se trouve dans les entreprises québécoises.
    Au Québec, l'essentiel de l'emploi est fourni par des PME qui me semblent parfaitement étanches à l'égard des professionnels nés à l'étranger, surtout dans des régions du monde où la peau brune prédomine. Nous avons tous entendu parler de ces professionnels mahgrébins qui sont convoqués en entrevue quand ils présentent leur CV sous un nom "québécois de souche" mais qui ne sont jamais convoqués sous leur véritable identité.
    Si les décideurs et les formateurs d'opinion jugent que l'exclusion de ces professionnels est un problème grave il serait temps qu'ils posent la question en termes susceptibles de mener à une solution. N'interrogez plus les immigrants, ni les responsables de la reconnaissance de leurs diplômes. Questionnez à la place des patrons d'entreprise, des recruteurs et des "spécialistes en ressources humaines". On risque d'y faire d'amères découvertes. »

  • Roland Berger
    Abonné
    vendredi 21 décembre 2007 10h45
    Et les Québécois non-immigrants ?
    « Sait-on combien de diplômés québécois sont incapables de mettre à profit une formation qui ne correspond pas aux exigences du marché ?
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • jacques noel
    Inscrit
    vendredi 21 décembre 2007 11h20
    Le mythe du médecin chauffeur de taxi
    « Maman Bougon a popularisé une vieille légende montréalaise qui veut que si tu as besoin d'un médecin, tu appelle un taxi!

    Le Journal de Montréal a fait le printemps dernier un excellent dossier sur les médecins-immigrants. Sur les milliers de chauffeurs de taxi immigrants qu'on trouve à Montréal, le journaliste en a trouvé...DEUX! Un Algérien de 53 ans qui a échoué ses examens pratiques et un Indien de 56 ans qui a échoué aussi aux États-Unis. Deux sur des milliers de chauffeurs!!!

    Rappelons que sur le 19,067 médecins qui pratiquent au Québec, 2167 sont diplomés en dehors du Canada, soit 11,3%, (Les immigrants font 12% de la population du Québec, un quart ne parle pas un mot de français)


    D'autre part, tous les "médecins" ont bien été informés AVANT leur départ, à l'ambassade du Canada ou à la Délégation du Québec, qu'il sera compliqué, voire impossible, de pratiquer au Québec.

    http://www.cmq.org/CmsPages/PageCmsSimpleSplit.aspx?
    PageID=33673f17-316a-46b4-b854-7b0cf3e512a8#766 »

  • Lois Lois
    Inscrit
    vendredi 21 décembre 2007 11h30
    Déformation et déclassement !!
    « Que de mots (maux) nouveaux, pernicieux et tendancieux !! Être en déformation ... ou est-ce de la désinformation dont il s'agit vraiment... de mythes avoués de toutes sortes d'ingénieurs « sans papier », issus de cultures où tout fonctionne au PISTON, et ici on fait dans la simplicité involontaire... SI TOUS NOS ÉTUDIANTS DES UNIVERSITÉS AVAIENT LEUR PLACE AUTOMATIQUE DANS LE RÉSEAU DU TRAVAIL, LEURS PARENTS NE SE SERAIENT PAS SACRIFIÉS POUR INSTRUIRE LEURS ENFANTS PENDANT DE NOMBREUSES ANNÉES SOUVENT POUR RIEN, MAIS CE N'EST PAS LE CAS, CAR ILS NE SONT PAS TOUS ADMIS PAR LES ORDRES PROFESSIONNELS NON PLUS. Beaucoup d'appelés, mais peu d'élus... »

  • Jacques Fontaine
    Abonné
    vendredi 21 décembre 2007 11h50
    Les corporations professionnelles minent le Québec francophone
    « Tous ces immigrants francophones ou fraîchement francisés (j'enseigne en francisation) et enthousiastes de pouvoir vivre et fonctionner en Amérique du Nord en français et qui se butent à des portes closes qui refusent obstinément de s'ouvrir à eux. Certains se résignent à refaire leurs études (quel courage et quelle détermination !) ou à occuper des postes bien en deçà de leurs capacités (quelle humiliation !), mais beaucoup aussi, amèrement déçus et aigris, finissent par plier bagage et vont grossir les rangs du Canada anglophone, non par conviction mais par nécessité. C'est ainsi que le Québec a perdu 12 000 de ses nouveaux arrivants au détriment des autres provinces du Canada en 2006 ! Et pendant ce temps, le poids démographique relatif du Québec à l'intérieur de la confédération canadienne ne cesse de diminuer. Réveillez-vous bande de caves ! »

  • André Doré
    Abonné
    vendredi 21 décembre 2007 12h23
    Il y a de ces répliques...
    « M. Noël apporte souvent un éclairage dont il ne faut pas se passer... mais souvent, M. Noël, vous manquez d'envergure... vous n'ouvrez pas suffisamment votre esprit... Vous apportez des statistiques qui "n'ont pas rapport" comme disent les jeunes...

    Vous devriez être assez intelligent pour comprendre que l'image du médecin "chauffeur de taxi" est justement une image... Et que cette image englobe toutes les autres "jobbines" que doivent effectuer des professionnels qualifiés qui travaillent en-dessous de leurs compétences, et pas seulement les médecins... et pas seulement le travail de chauffeur de taxi... Nous rappeler la petite enquête du Journal de Montréal, c'est... disons... un peu enfantin...

    Ensuite... vous devriez être capable de reconnaître qu'avec autant de vos concitoyens qui n'ont pas de médecins de famille, et qu'avec un surplus d'immigrants pourtant qualifiés au niveau des connaissances, par le Collège des médecins du Québec, que nous pourrions faire beaucoup mieux, au lieu de nous servir de stupides statistiques comme vous le faites souvent... et qui aujourd'hui, nous amènent à penser que nous ne devrions pas avoir plus de médecins que le pourcentage d'immigrants... Pauvre M. Noël... Que diriez-vous si Cuba nous offrait, demain, 10,000 médecins pour désengorger nos urgences...??? Que cela nuirait à nos statistiques?

    Vous parlez aussi de la proportion de ces professionnels qui ne parlent pas français... Vous devriez savoir (je sais que vous le savez... mais...) que ces professionnels étrangers, comme tous les autres, doivent passer le test de français de l'Office de la langue française avant d'être admis à l'exercice de leur profession, et que tous ces professionnels diplômés d'ailleurs parlent souvent mieux le français que vous et moi... ou du moins, que la majorité des québécois...!!!

    Finalement... vous nous dites que les médecins étrangers sont bien informés AVANT leur départ qu'il sera compliqué, voire impossible, de pratiquer au Québec... Et vous croyez que ça, c'est une justification raisonnable pour les empêcher de soigner vos enfants, vous-même, le jour où vous en aurez besoin, vos petits-enfants, vos parents ou grand-parents...??? Il y a quelque chose qui cloche dans ce raisonnement...!!!

    Je sens bien, que contrairement à moi, vous n'avez pas suivi le cheminement de personnes HAUTEMENT qualifiées et qui se voient dans l'impossibilité d'exercer leur profession ici, malgré leurs compétences incontestées... ou qui doivent passer par le système hautement protectionniste de nos corporations professionnelles...

    Je ne vous convaincrai pas... ça c'est certain... mais si mon commentaire pouvait éclairer quelques lanternes... ça me suffira...!!! »

  • Parti Pris
    Inscrit
    vendredi 21 décembre 2007 12h51
    Un petit effort ?
    « Un petit effort Monsieur Baillargeon ? Autant d'erreurs dans un même texte ? Ça ne vous ressemble pas.

    http://partipris.blogspot.com/2007/12/le-devoir_21.html »

  • jacques noel
    Inscrit
    vendredi 21 décembre 2007 15h18
    @andré Doré
    « Seulement 4000 immigrants sont touchés par les corporations professionnelles.

    84% des demandes sont acceptées, sous conditions de recyclage évidemment

    Bref, seulement 640 immigrants (tous informés avant le départ comme le montre bien l'article ci-haut) voient leur demande rejetée sur les quelque 44,000 immigrants qu'on reçoit chaque année, soit à peine 1,5% des immigrants.

    Bref, faudrait arrêter de charrier avec le mythe du médecin-immigrant chauffeur de taxi victime de nos méchantes corporations professionnelles.

    PS: Libre à vous de vous faire soigner par un médecin diplomé de Tombouctou. Moi je préfère fréquenter ceux diplomés ici. »

  • André Doré
    Abonné
    vendredi 21 décembre 2007 16h15
    Dire n'importe quoi... (je ne peux laisser passer...)
    « Avez-vous lu l'expérience de la docteure Viorika Tozlovanu-Paskal, sur le site suggéré par M. Jacques Noël?
    http://www.cmq.org/DocumentLibrary/UploadedContents/
    CmsDocuments/Dossier-bulletin-05hiver-rencontre.pdf

    La docteure, diplômée à l'étranger, raconte qu'elle a d'abord été "admise" à passer les examens... Ceci signifie que son dossier académique a été jugé valable pour lui permettre de se confronter aux exigences des tests du Collège des Médecins... Puis... elle a échoué au test pratique... mais elle a poursuivi et réussi l'examen de reprise...

    Elle dit plus loin: "Puis s'ensuit la résidence." Et on lit dans l'article: "Certains médecins formés à l'étranger considèrent comme superflue cette étape imposée; le Dr Tozlovanu-Paskal n'est pas de ceux-là."

    (N'oublions pas ici que nous sommes sur le site du Collège des Médecins du Québec (CMQ)...!!!)

    Ce que le texte ne dit pas, c'est que la très grande majorité des médecins diplômés à l'étranger reconnaissent, au contraire, tout comme la docteure Tozlovanu-Paskal, la légitimité et la pertinence des exigences du Québec ou de tout autre pays d'accueil pour l'admission à l'exercice, de même que l'utilité de stages pratiques. Ce que les médecins d'ailleurs ne comprennent pas, par contre, c'est qu'après s'être conformés à toutes les exigences, on leur refuse tout de même l'accès à la résidence, comme en ont fait foi les nombreuses places laissées vacantes dans les facultés de médecine du Québec malgré les évaluations du Collège des Médecins. La docteure Tozlovanu-Paskal parle cependant, remarquez-le bien, et surtout, de la différence entre la façon de procéder ici en comparaison de la façon de pratiquer la médecine dans le pays d'origine. Ceci n'a rien à voir avec les connaissances médicales: ces notions ou cette façon de faire, c'est de la technique...!!! Pourquoi devrait-on se priver de l'intelligence et des connaissances médicales de ces médecins parce qu'il ne savent pas tout à fait bien comment remplir les fonctions administratives, qui, de l'avis-même de l'un des collègues de la docteure est "... une bureaucratie bien plus lourde qu'en pays communiste" ? Et la docteure termine en riant...!!! (Voyez le texte...!!!) Mais il n'y a pas de quoi rire...!!! Croyez-moi...!!!

    Vous remarquerez que tout au long de l'article, la docteure citée en exemple parle de "spécificité québécoise"... elle parle de relation "médecin-patient"... non pas de connaissances et d'expertise... Il faut savoir lire entre les lignes... Mais... selon toute évidence, tout le monde n'est pas capable de cet exercice... n'est-ce pas?

    Comme épidémiologiste... je sais plus que tout autre qu'on peut faire dire bien des choses aux statistiques... surtout entre les mains d'amateurs... »

  • Albert Descôteaux
    Abonné
    vendredi 21 décembre 2007 16h43
    Chomeurs instruits
    « On semble oublier qu'au Québec, l'expression "chomeur instruit" ne date pas d'hier. Ceux et celles qui ont terminé leurs études universitaires dans les années 80 se souviennent bien de la grande difficulté qu'ont eu de nombreux diplomés à se trouver un emploi dans leur domaine de spécialisation. Oui, il y a un problème avec la reconnaissance des diplômes étrangers dans certains domaines. Par contre, il ne faudrait pas verser dans l'excès contraire et donner, par exemple, le droit de pratique en médecine à des gens qui n'ont pas réussi les mêmes examens nationaux auxquels nos étudiants formés ici doivent se soumettre. Le cas de l'agronome est intéressant, mais il faut voir que l'agriculture pratiquée au Maghreb n'a rien à voir avec ce qu'on connait au Canada. C'est comme si on permettait à un avocat formé en Égypte de pratiquer ici sans aucune connaissance de nos codes de lois. »

  • Laurence Morel
    Inscrite
    vendredi 21 décembre 2007 18h50
    Parlons des réussites !
    « Pourquoi ne pas parler des immigrants qui réussissent ! Il y en a beaucoup aussi mais ils ne sont peut-être pas ingénieurs ou médecins ou dentistes. En revanche, ils sont bilingues (anglais et français) au minimum et ils sont battants. Et oui parfois ils leur faut partir du Québec mais Toronto est si proche quand on vient de faire 10 000 km.

    Une femme immigrante invisible, catégorie Europe de l'Ouest, déclassée mais reclassée. »

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