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Sociétés sous surveillance

Brian Myles   27 septembre 2007  Société
Photo : Agence Reuters
Le secrétaire à la Sécurité intérieure des États-Unis, Michael Chertoff, estime que le droit à la vie privée ne souffre aucunement du filet de protection érigé au nom de la lutte contre le terrorisme.

Au contraire, le droit à la vie privée et la sécurité vont «de pair», a dit M. Chertoff hier lors d'un bref passage à Montréal. «Je rejette la prémisse selon laquelle la vie privée doit être sacrifiée au profit de la sécurité. [...] Plusieurs des mesures que nous prenons servent la cause de ces deux droits», a dit M. Chertoff. «Si nous tenons à notre liberté et à notre vie, nous devons assurer la sécurité de notre pays», a-t-il ajouté lors de la 29e conférence des commissaires à la vie privée, qui se déroule jusqu'à demain à Montréal.

Les participants à cette réunion internationale sont loin d'adhérer à cette rhétorique enthousiaste. La plupart d'entre eux ont dépeint un portrait pessimiste des chances de survie du droit à la vie privée dans un XXIe siècle caractérisé par le recours à des technologies de plus en plus puissantes et de plus en plus envahissantes pour tout savoir à propos de tout un chacun.

L'Association américaine des libertés civiles (ACLU) a même inauguré une horloge de la «société de la surveillance» (calquée sur l'horloge de l'holocauste nucléaire). Ainsi, cet organisme estime qu'il est maintenant minuit moins six avant la venue définitive d'une société de surveillance.

Barry Steinhardt, directeur du programme «technologies et liberté» à l'ACLU, en avait long à dire à ce sujet. Il a notamment cité l'exemple du fiasco entourant la préparation de la «liste noire» des passagers interdits de vol aux États-Unis. Plus de 720 000 personnes figurent maintenant sur cette liste bourrée d'erreurs, comme l'a récemment constaté le Washington Post. Le programme d'écoute électronique de l'Agence de la sécurité nationale, qui a permis d'épier des millions d'Américains n'ayant aucun lien avec des groupes terroristes, constitue aussi, selon M. Steinhardt, «une autre affaire grandiose qui n'a pas contribué à rendre notre pays plus sûr».

De son côté, Michael Chertoff s'est attardé aux bons coups de la lutte contre le terrorisme. Il a évoqué la récente décision de l'Union européenne (UE) de consentir au transfert légal des registres de réservations au département de la Sécurité intérieure. Ces registres contiennent les itinéraires de voyage de tout passager (nom, dates de départ et de retour, destinations, détails sur la réservation, etc.).

Bon an, mal an, environ 80 millions de personnes se rendent en avion aux États-Unis. Les agents frontaliers ne peuvent pas recourir à la discrimination raciale ou religieuse pour débusquer les menaces. Afin de distinguer les voyageurs à risque de ceux qui ne le sont pas, les agents ont besoin d'un minimum de renseignements, estime Michael Chertoff, d'où l'importance capitale de ces registres.

L'Union européenne a accepté de transférer ces données en juillet, bien que l'accord suscite des grincements de dents. «Cette entente laisse bien des questions en plan. Il y a beaucoup trop d'échappatoires pour des raisons d'urgence [en ce qui a trait à l'utilisation des données]. Et la nécessité de transférer les registres de réservations [au département américain de la Sécurité intérieure] n'a jamais été démontrée, pas plus que son efficacité pour épingler des terroristes», a notamment déclaré Jacob Kohnstamm, président de l'Autorité néerlandaise de protection des données.

Les registres de réservations ont «une importance capitale» pour prévenir le terrorisme, estime au contraire Michael Chertoff. Il a mentionné le cas véridique de deux passagers dont les itinéraires de voyage ont piqué la curiosité des autorités, en avril 2006, à l'aéroport Logan, à Boston. Après avoir interrogé les deux individus en question, les agents ont découvert que l'un d'eux faisait des affaires avec un groupe lié à al-Qaïda et traînait dans sa valise des photos de moudjahidines armés. Les deux hommes ont évidemment été expulsés.

Autre exemple des bienfaits d'une sécurité resserrée: en juin 2003, les agents frontaliers de l'aéroport O'Hare, à Chicago, ont interrogé un passager au comportement suspect, à qui ils ont finalement refusé l'accès au sol américain. Ils ont pris ses empreintes au préalable et les ont conservées dans une base de données. Les empreintes digitales de cet homme ont refait surface quelque temps après... sur le volant d'une voiture piégée qui a explosé en Irak, faisant 132 morts.

C'est d'ailleurs en Irak que les États-Unis s'emploient à ériger les plus hautes barrières à la vie privée, comme le révèle le rapport annuel d'un centre d'information sur le respect de la vie privée (EPIC). Les soldats américains font du porte-à-porte avec des scanners portatifs et recueillent des empreintes digitales, des données biométriques et autres renseignements du même genre pour constituer une base de données gérée par l'armée et portant sur plus de 700 000 Irakiens. «Je ne vois pas ce qui empêcherait le gouvernement américain d'adopter un système similaire à l'échelle nationale», déplore Marc Rotenberg, l'auteur du rapport.

Un dragon parmi tant d'autres

La conférence des commissaires à la vie privée rassemble 600 personnes en provenance d'une cinquantaine de pays. Au fil des ans, cette réunion est devenue «la principale rencontre internationale dans le domaine de la protection de la vie privée», a souligné Jennifer Stoddart, commissaire à la vie privée du Canada. La conférence, intitulée «Terra incognita» («terre inconnue»), assimile les problèmes contemporains en matière de vie privée à des «dragons» qu'il faudra tôt ou tard affronter et liquider.

Bruce Schneier, auteur à succès et spécialiste des technologies de sécurité, a vite désigné Michael Chertoff comme un de ces dragons à terrasser à tout prix. L'intrusion du gouvernement dans la vie privée des citoyens au nom de la sécurité est une plus grande menace que le terrorisme, estime M. Schneier, que la revue britannique The Economist a qualifié de «gourou de la sécurité».

«La plus grande menace à la vie privée, c'est que tout ce que nous faisons est sauvegardé et peut être acheté ou vendu. Ces données sont la pollution de l'âge de l'information», résume-t-il. À partir du moment où les agences gouvernementales et les entreprises se mettent à recueillir des données personnelles qui seront conservées de façon indéfinie dans la plupart des cas, la sécurité des citoyens est compromise, estime M. Schneier, simplement parce que ces données seront accessibles des années après leur création. Qu'arrivera-t-il de cette photo salace que votre ado aura prise de lui-même lors d'une fête anodine et qu'il aura transférée sur un réseau social comme Facebook? Risque-t-elle de remonter à la surface dans 20 ans pour le hanter? C'est le type de questions que se pose Bruce Schneier.

Selon lui, seules des lois musclées et opérantes interdisant la collecte et la conservation des renseignements permettront de protéger le droit à la vie privée des citoyens dans les sociétés occidentales. «Le droit à la vie privée ne s'obtiendra pas avec l'aide des technologies mais avec l'aide des lois. Le problème, c'est que les lois évoluent plus lentement que les technologies», constate Bruce Schneier.






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  • Serge Charbonneau
    Abonné
    jeudi 27 septembre 2007 06h21
    Ce n'est plus de la fiction!
    « 1984, George Orwell. Un écrit de 1948.
    Un roman de fiction (pléonasme volontaire) qui coupait le souffle.
    Heureusement, se disait-on, ce n'est qu'un roman!

    Aujoutd'hui, la réalité rejoint la fiction. On se demande même si la réalité ne la dépasse pas.
    Le roman de Orwell parlait d'une technologie, qui, de nos jours, est bien dépassée.

    C'est à vous couper le souffle. Hier, dans mon commentaire (http://www.ledevoir.com/2007/09/26/commentaires/0709261013699.html) de la chronique de Mme Cornellier, "La mémoire est une faculté qui oublie!" j'évoquais cette intrusion abusive dans nos vies, jadis, privée. Je disais avoir l'impression d'être en crise de paranoïa. Ce matin, ma paranoïa (sic), malheureusement, se justifie!

    Cette collecte de renseignements sur nos vies privées, est directement associée aux services «secrets». Paradoxalement, notre vie personnelle est de moins en moins privée, mais ces services de renseignements sont, de plus en plus, secrets.

    Comme dans l'affaire Maher Arar, qui fut totalement innocenté (quoique, je crois que dans la tête de bien de ses concitoyens, il demeure un doute... c'est un Arabe après tout!), tous les renseignements à son sujet sont gardés secrets. Comme dans bien d'autres cas, qui sont, disons-le franchement, pour ces cerveaux des services de renseignement, aussi des «Arabes-malgré-tout», les renseignements les concernant sont gardés secrets. Même l'inculpé ne peut connaître pourquoi on le détient. INCROYABLE!

    Le danger avec ces collecteurs de renseignements, c'est leur nature humaine. Dans la nature humaine, il arrive fréquemment d'être «Arabes-malgré-tout», un immigré, un Chinois, un ci, un ça! Oui, c'est comme ça, et c'est là un des grands dangers. Si vous tombez dans un groupe suspect, tout renseignement peut devenir louche et vous inculper. Rappelons-nous seulement octobre 70 (à revoir le film, Les Ordres, de Michel Brault). Ceux listés par la GRC comme étant des terroristes potentiels, ont été arrêtés, en pleine nuit, sans mandat. On les a détenus, on les a torturés, on les a relâchés plusieurs jours après, sans jamais leur dire pourquoi cet acte dictatorial, sans qu'il sache pourquoi cette «erreur», comme dans le cas de M. Arar. INCROYABLE!

    Dans des pays qui prônent la liberté et la démocratie !!!

    Il faut rappeler que la liberté comporte des risques. Ne pas les assumer équivaut à la faire disparaître.

    On nous parle de dictature au Myammar. On nous dit aussi, du même souffle, qu'on relève empreintes et données biométriques sur l'ensemble de la population irakienne.

    À voir la façon dont le monde évolue (sic), nous ne sommes pas loin de l'implantation obligatoire dans le cerveau des nouveau-nés, d'une puce émettrice, donnant la position constante de tout individu, ses pensées, ses émotions, ses envies.

    Bon, voilà que je retombe en crise de paranoïa aiguë !
    Vite, une autre nouvelle, pour que je puisse m'enfouir la tête dans le sable et oublier!


    Serge Charbonneau
    Québec »

  • Mario Tremblay
    Abonné
    jeudi 27 septembre 2007 08h32
    Si je cromprends bien ...
    « en gros, M. Chertoff a du espionner 80,000,000 de citoyens pour trouver 3 terroristes ? »

  • Michel Lauzon
    Inscrit
    jeudi 27 septembre 2007 10h18
    Big Brother existe
    « On tente de nous faire gober le besoin de surveillance sous prétexte de terrorrisme sauf que le terrorrisme est créé de toute pièce par l'état dans le seul but de réduire les droits constitutionnels et de pouvoir surveiller.

    La machine à fric décide : la FED est le coeur du problème. La FED est une compagnie PRIVÉE depuis sa création en 1913 (la guerre de 1914, le crash de 1929, la 2e guerre mondiale, la guerre froide, la mort de JFK, le 11 sept 2001, l'Irak, l'Afghanistan et sous peu l'Iran ne sont que des décisions de ce cartel).

    La FED est un cartel de banques privées connues dont les CA sont inconnus. Parmis ce groupe on retrouve des Rockfeller, des Rostchild et autres juifs banquiers. Ce groupe couche avec le CFR (Counsel on Foreign Relations qui n'a rien de gouvernemental). Harper a fait un discour devant le CFR cette semaine. Le patron du CFR c'est Rockfeller, les membres sont du genre Kissinger, Paul Desmarais, plein de banquiers ou de haut placés dans l'administration de Bush (la majorité de ces derniers ont une double nationalité et un passeport Israëlien).

    La clique de la FED, du CFR et du clan Builderberg décident de tout. Montébello servais à officialiser le partenariat pour la sécurité et la prospérité, ça sonne tellement beau et nécessaire :) mais en fait un résultat immédiat c'est le droit donné à des flics américains de traverser la frontière armés sans s'inscrire aux douanes et d'arrêter n'importe qui au QUébec (je crois qu'ils n'ont même pas besoin de mandat pour la simple raison que les journalistes n'ont même pas mentionné ce point).

    Eux ils veulent faire disparaitre le Canada, c'est en marche car on ne choisit plus nos guerres. Ils veulent l'eau, les sables bitumineux, les ressources naturelles, le passage du nord pour les bateaux etc. Ils visent un seul pays, un seul gouvernement, une seule armée qui servira aussi de police.

    Leur arme : l'information du système ECHELON (espionnage illégal de toutes les télécoms de la planète) trillée par le NSA et utilisée par le CIA, le Pentagone, le Dept of Commerce et l'administration Bush.

    Avec la puissance d'ECHELON il est facile de diriger le Canada, de décider des élections et des guerres. Pourquoi le Bloc approuve la guerre ?

    ECHELON c'est Big Brother en 2007. Le NSA est la plus grande force informatique au monde ainsi que le plus grand employeur de mathématiciens. C'est l'entonnoir de tout les réseaux d'espionnages américains.

    C'est le NSA qui forme des "economic hitman" qui tenteront de corrompre des élus dans d'autres pays. Si il ne réussit pas on enverra des équipes de la CIA pour déstabiliser le pays et/ou tuer le récalcitrant. Un exemple pratique : le renversement de Allende et son exécution par Pinochet.

    ECHELON est aussi la raison pour laquelle Zaccardelli a été obligé de démissionner de la GRC pour avoir livré un ingénieur en électronique spécialisé en télécom à la CIA qui l'a torturé durant 1 an. Ça prenais un coupable pour ne plus qu'on se demande pourquoi La GRC et le SCRS ont tout fait pour que Maher Arar se fasse tuer car en se posant cette question on prends conscience qu'ils obéissent aux USA et mentent aux élus.

    Prédiction : les USA avec Israël vont attaquer l'Iran quelques mois avant la fin du mandat de Bush. On risque de voir des opérations "false flags" du genre Pearl Harbour ou World Trade Center pour justifier cette nouvelle guerre, comme d'habitude.

    Faîtes une recherche pour des vidéos avec les mots clefs "FIAT money" pour comprendre l'arnaque de la FED. Il y en existe d'excellents et hyper crédibles de 2 heures. Leurs conclusions font aussi peur que mon texte.

    Ce qu'ils visent : New World Order. Full surveillance et on injectera une capsule sous-cutanée avec une puce RFID, ça contiens une bobine qui capte une interrogation radio et se sert de l'énergie pour s'alimenter et transmettre votre numéro de série à la police ou au tiroir caisse.

    La clique de la FED pourra se payer les meilleurs médecins et chirurgiens afin de prolonger leur vie. Ils auront une protection incroyable pour respirer quand on étouffera.

    Notre seul espoir c'est la démocratie ou DIEU car oui cela ressemble trop à la Bible. Moi je propose de faire une pétition pour abolir les partis politiques.

    Signeriez vous une pétition qui demande cela afin d'effacer le mot "pouvoir" du language des politiciens pour le remplacer par démocratie ? »

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