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Les squeegees veulent travailler en paix

Guillaume Bourgault-Côté   8 septembre 2007  Société
Des squeegees nettoient le pare-brise d’une automobile, chose formellement interdite à Montréal.
Photo : Jacques Nadeau
Des squeegees nettoient le pare-brise d’une automobile, chose formellement interdite à Montréal.
Le jeune Sovannak, squeegee itinérant, cherche la logique: il lave les pare-brise des voitures pour gagner un peu d'argent, mais les policiers lui collent régulièrement des amendes — jusqu'à 120 $ — parce que le «squeegisme» est interdit à Montréal. Et pour payer son amende, Sovannak n'a que le squeegee à portée de main. Alors, les factures s'accumulent.

Au bout du processus, les probabilités que ce jeune se retrouve en prison quelques jours, faute d'avoir pu payer ses amendes, sont de 72 %. Ce sont des situations de ce type que veulent empêcher les organismes Anonyme, Gangs de rue (parrainé par Dan Bigras) et le Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), qui ont lancé hier un appel pour que Montréal décriminalise l'activité du squeegee. Des tracts explicatifs ont été distribués à l'angle des rues Iberville et Ontario, pendant que des squeegees s'activaient sous l'oeil des caméras.

«Il faut promouvoir une approche plus positive de ce travail, dit Pierre Gaudreau, coordonnateur du RAPSIM. Plutôt que la répression, on doit explorer la tolérance.» Le «Projet squeegee» s'articule autour de l'idée que les squeegees font un travail «comme un autre, comme celui d'un vendeur de journaux au coin de la rue ou d'un musicien de rue», comme l'indique Nicole McNeil, directrice de l'Anonyme.

«On ne sort jamais quelqu'un de la rue en l'envoyant en prison, dit pour sa part Dan Bigras. C'est ridicule, ça tue tous les efforts [d'aide et de réinsertion] qu'on fait avec les jeunes.» Il relève aussi «qu'on n'envoie pas les jeunes en prison parce qu'ils font du squeegee mais parce qu'ils ne peuvent pas payer leurs amendes. Parce qu'ils essaient de survivre. C'est un drôle de message».

À la Ville de Montréal, la responsable du développement social et communautaire, Marie-Andrée Beaudoin, réplique que le règlement est là pour protéger les jeunes qui doivent se mouvoir entre les véhicules. «C'est une question de sécurité. Mais nous ne fermons pas la porte à la possibilité de changer d'approche si on trouve une solution», dit-elle.

Le Ville travaille depuis 2004 avec la Commission des droits de la personne et quelques organismes pour encadrer différemment l'itinérance. Le RAPSIM milite d'ailleurs activement pour déjudiciariser toute cette question. «Il y a des moyens de développer des zones de tolérance et de cohabitation dans une ville», pense Pierre Gaudreau.

La Ville de Québec en a fourni un exemple l'an dernier en adoucissant sa politique anti-squeegee. Un protocole d'intervention avec un organisme d'aide est maintenant mis en place, et les jeunes ont le choix entre une «consultation» avec un intervenant ou une amende lorsqu'ils sont arrêtés en train de laver un pare-brise.






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  • Claude Archambault
    Inscrit
    vendredi 7 septembre 2007 23h28
    ils veulent travailler en paix......
    « mais qu'en est il des automobiliste qui veullent la paix et qui se font insulter quand ils refuse. Je n'ai rien contre ce travail. Mais il devrait être encadré. Méthodes sécuritaires, endroit désigné et permis. »

  • Michel Handfield Societas Criticus
    Abonné
    samedi 8 septembre 2007 00h13
    C'est du vrai!
    « On n'a de cesse de nous parler du libre marché et de ses vertus.

    Le libre marché, c'est la négociation entre le vendeur et l'acheteur. Essayez de négocier chez un grand marchand ou un fournisseur de service, c'est impossible sauf de rares exceptions.

    Avec les squeegees, c'est encore possible, car ils ne sont pas encore corporatistes. C'est le véritable libre-marché. C'est pour cela qu'on les interdit justement, de peur qu'ils rappellent aux consommateurs le vrai sens du libre marché, ce qui nuirait à plusieurs qui ne donnent plus au client ce qu'il veut, mais plutôt ce qui leur rapporte le plus au détriment du client et de l'économie locale. Pensez juste aux fruits et légumes venus d'ailleurs - et à quel coût écologique? - que l'on retrouve actuellement dans les supermarchés alors que nos producteurs d'ici en ont justement à vendre et que les consommateurs seraient près à les acheter si on leurs offraient. Mais le libre marché ne marche pas, sauf pour les squeegees où il n'y a pas encore d'intermédiaure entre eux les clients. A quand les squeegees du fruit et légume d'ici, vendant sur le coin de la rue ce que l'agriculteur lui aura apporté?

    Michel Handfield, éditeur de Societas Criticus
    www.societascriticus.com »

  • Gilles Delisle
    Abonné
    samedi 8 septembre 2007 07h51
    Non à la légalisation de cette activité!
    « Il faut cesser d'encourager les jeunes à pratiquer cette activité dégradante et dévalorisante pour les jeunes, et harcelante pour les citoyens qui se promènent dans le centre-ville. Je crois que les "vedettes" qui défendent ces jeunes devraient plutôt les encourager à se trouver des emplois de réinsertion, et qu'on ne vienne pas nous dire qu'il n'y a pas d'emploi! Ce qu'il manque parfois, c'est la volonté et le courage de s'en sortir! Il est tout à fait inacceptable d'encourager les jeunes dans cette voie! »

  • André Desaulniers
    Abonné
    samedi 8 septembre 2007 08h35
    Les squeegees veulent travailler en paix
    « Et nous désirons qu'ils nous laissent la paix. »

  • Aurélie Paquet
    Inscrite
    samedi 8 septembre 2007 10h40
    Sécurité???
    « "À la Ville de Montréal, la responsable du développement social et communautaire, Marie-Andrée Beaudoin, réplique que le règlement est là pour protéger les jeunes qui doivent se mouvoir entre les véhicules."

    Excusez-moi, mais je ne me souviens pas d'voir reçu une contravention lorsque je me permets de marcher sur une lumière rouge, lors uen je décide de couper une voiture parce que je nai pas envie d'attendre sur le coin d'une rue ou bien même lorsque je me balade entre les voitures en vélo pendant les heures de pointe!

    C'est toujours et encore un prétexte pour faire disparaître ceux et celles qui ne sont pas pareil, ceux et celles qui ne sont pas dans la norme... même chose pour l'article sur le burka maintenant accepté lors des élections "oh, c'est un scandal monsieur le président des élections!!!" Mais non! Putain quand est-ce que les québécois et québécoises seront enfin ouvert d'esprit??? »

  • Valdor Lagacé-Gallant
    Inscrit
    samedi 8 septembre 2007 13h03
    On a mis quelqu'un au monde...
    « On se questionne toujours à savoir pourquoi on continue à mettre des enfants au monde...Est-ce que la vie est vraiment si belle pour nous ? Si c'est réel, pourquoi ne les guidons-nous pas vers cette dimension ?

    Les animaux font ce qu'ils ont à faire partout sur cette planète. Ils ont été mis là pour notre plaisir. Faut voir ce qu'on leur fait subir.

    Ces amours d'humains que vous avez mis au monde peuvent faire ce qu'ils veulent sur cette planète si on a la volonté de faire appel à leur Intelligence.

    Laissez-les squeeger vos peurs liées à vos croyances qui viennent mourir au cimetière de votre champ d'illusions. Ils paient de leurs corps et de leurs esprits votre manque de volonté à le faire.

    Cessez de les faire par habitudes, faites-les par amour en leur transmettant cette dimension de la vie que vous trouvez tant belle. Sans relâche, pour les Grands que nous sommes et qu'ils sont.

    Valdor Lagacé-Gallant »

  • Louis bourque
    Inscrit
    samedi 8 septembre 2007 14h28
    L'espace de tolérance: un espace citoyen
    « Il me semble que le développement d'espaces de tolérance entre gens «centraux» et jeunes marginaux soit fonction de la capacité des deux groupes de s'apprécier sur un plan économique culturel, pour donner ensuite accès à l'humain.

    Il en faut bien peu pour que cet espace de tolérance soit un espace d'expression civique profitable à tous et toutes. La sécurité des personnes serait un des facteurs de création d'un tel espace et, comme me le rappelais un policier questionné sur la rédaction d'un constat d'infraction à un jeune «squeedge», la perception mutuelle, entre jeune et conducteur pose un problème de sensation de sécurité.

    Ce discours policier indique que la sécurité est précisément le fait d'un environnement solidaire, égalitaire et rempli d'égards. Ainsi, pourrions-nous questionner et réagir à l'évolution du parc automobile, des comportements routiers qui normalisent la brutalité, sinon la militarisation de la ville?

    Surtout, il importe qu'élus et urbanistes accentuent le caractère public de l'espace urbain, par un traitement qui dépasse l'équilibre entre support médiatique, agrément et reconnaissance culturelle. L'espace public est un espace citoyen réel, c'est-à-dire d'expression immédiate, spontanée ou organisée. Cela, en se rappelant que toute démocratie est d'abord une démocratie de production, de répartition étendue et large des moyens de «produire la richesse», de façon autodéterminée.

    Ce serait d'ailleurs de cette qualité démocratique que naîtrait le malaise entourant le «squeedge», activité qui représente l'essence de notre système économique, mais entretenue par des jeunes qui en vivent et questionnent les limites.

    Au lieu de punir, il semble donc plus convenable d'identifier les menaces réelles à la création d'un espace urbain solidaire et rempli d'égards, comme d'accueillir lucidement le questionnement posé à notre système économique. Il conviendrait alors de polariser l'autodétermination apparente des jeunes par des propositions culturelles mutuellement pertinentes, que les jeunes intègrent dans leur économie. Si c'est à cela que peuvent servir les «agents», bien, probablement. »

  • claude dumoulin
    Inscrit
    samedi 8 septembre 2007 17h05
    j'en ai marre!!
    « Y en a marre de me faire stresser par des jeunes qui se placent devant ma voiture sans que j'ai demandé quoique ce soit.La conduite d'une auto est une chose sérieuse,si mon pare-brise est sale, je peux le laver moi-même.Si ces jeunes veulent un emploi il y en d'autres qui n'emmerdent pas les gens en plein traffic. »

  • Richard Dupuis
    Inscrit
    dimanche 9 septembre 2007 12h33
    Deux poids, deux mesures
    « Les pauvres "squeegees" veulent faire leur job en toute légalité? Eh bien soit! Ils n'ont alors qu'à déclarer leurs revenus, à payer taxes et impôts, et à se soumettre à tous les réglements et lois de nos chers gouvernements. C'est ce que doit faire tout le monde, du chef d'entreprise à l'employé au salaire minimum, en passant par le travailleur autonome. Ce serait certainement une belle façon de les intégrer, non?

    Si des comptables fréquentent ce site, ils pourraient peut-être nous informer, tout en respectant le secret professionnel, bien entendu, du taux d'imposition de leur clientèle squeegee. Un coup parti, pourquoi Henri Massé ne va-t-il pas les rencontrer pour les syndiquer? Ils ont bien des droits, après tout, les squeegees, en plus qu'il faut bien les faire payer, ces ignobles pollueurs d'automobilistes. En fait, s'il y a tant de squeegees aux coins des rues, c'est certainement à cause des frais de scolarité trop élevés chez nous. Mieux encore; offrons-leur une formation reconnue par le Ministère de l'éducation, comme pour tous les autres métiers, afin qu'ils deviennent des squeegees diplômés. On pourrait aussi les subventionner pour l'achat de leurs "outils de travail", lesquels pourraient aussi comprendre les tatouages, les piercings et le gel à cheveux; il faut bien les aider à sauvegarder leur image.

    Pendant ce temps, dans notre société où il est si difficile de faire son chemin, et de se trouver un emploi, il y a plein d'entreprises qui affichent, en grosses lettres, "Nous embauchons". Ces sales exploiteurs doivent sûrement faire cela pour piéger les honnêtes gens...

    Je pourrais continuer longtemps dans cette veine, mais dans les faits, qu'en est-il? Offrir la légalité aux squeegees, c'est la même chose que de fournir les seringues aux junkies, ou encore de donner la combinaison du coffre-fort au voleurs de banques; c'est encourager ceux qui veulent vivre impunément au crochet d'une société qui leur fournit pourtant déjà tous les outils pour réussir. Encore faut-il que les jeunes, qu'ils soient squeegees, junkies ou membres de gangs de rue, aient en eux le DÉSIR de réussir. On recherche des solutions collectives à un problème individuel, c'est pour cela que ça ne fonctionne pas. »

  • Carole La Grenade
    Abonnée
    dimanche 9 septembre 2007 20h30
    Pas inutiles
    « Moi, j'aime bien ces squeegees qui nous rendent service pour quelques pièces. Il faut dire que la différence ne me fait pas peur, contrairement à d'autres...C.La Grenade »

  • Philippe Champagne
    Inscrit
    lundi 10 septembre 2007 01h41
    BRAVO QUÉBEC!
    « Merci, monsieur Côté, de nous avoir renseigné à ce sujet.

    Pour une fois que Québec dame le pion à Montréal, j'exhorte le maire Tremblay à suivre l'exemple de la capitale pour décriminaliser nos "squeegees". J'aime parler en leur nom, rares étant ceux parmi eux, je suppose, à lire le Devoir. »

  • Lucie Brault
    Abonnée
    lundi 10 septembre 2007 14h05
    Moi j'ai besoin des squeegees
    « les jeunes squeegees de mon voisinage font bien mon affaire.
    Ils sont polis, souriants et ils nettoient bien mes vitres d'auto, seulement quand je leur fais signe.

    Je préfère de loin les supporter financièrement(bien peu à vrai dire) en échange d'un petit service, que de les voir tendre un verre pour quêter une obole.

    J'ai donc été ahurie de savoir qu'on les harcelait avec des amendes. »

  • Ghyslain Dion
    Inscrit
    mardi 27 novembre 2007 12h21
    Que dire d'un chansonnier itinérant ?
    « Ayant émis un bruit en t'en que musicien ambulant la nuit !

    100$ le 28 juillet 2006 Je viens de recevoir le billet et avec les frais c'est 191$ que je dois payer!

    Qui dira que je ne paye pas d'impots sur mes revenues?

    En plus je sais pas si vous savez mais la rue Ste-Catherine c'est pas un lieu de repos l'été pandant le tourisme.

    Que voulez-vous nous vivons au royaume de la bêtise humaine!

    Aidez-moi quelqu'un ! »

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