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Le nettoyage des rebuts radioactifs de Port Hope a des années de retard

19 août 2007 22h14  Société
Port Hope — Un projet de nettoyage de déchets faiblement radioactifs près des rives du lac Ontario — le plus important projet du genre en Amérique du Nord — a pris des années de retard et a déjà dépassé de plusieurs millions de dollars son budget, ce qui laisse les résidants de Port Hope, dans le sud-est de l’Ontario, inquiets et en colère.

Le gouvernement fédéral s’est engagé en 2001 à retirer plus de 2 millions de mètres cubes de sol contaminé par de l’uranium et du radium, situé sous des maisons, des routes, des écoles, des champs agricoles et le fonds du port local.

Mais des documents que la Presse Canadienne a obtenus grâce à la Loi sur l’accès à l’information sèment le doute sur le temps qu’il faudra pour mener à bien ce projet, et ce qu’il en coûtera.
Selon le rapport du ministère fédéral des Ressources naturelles, c’est «un degré élevé d’intérêt et de participation du public» qui aurait retardé la première phase du projet de trois ans et fait grimper les coûts d’environ 5 à 7 millions $.

800 piscines olympiques
La deuxième phase de l’opération consistera à recueillir les sols contaminés (suffisamment pour remplir 800 piscines de taille olympique) et à les transférer à un autre endroit avant de les entreposer sous d’épaisses couches de glaise, de roc et de terre.
En 1999, le coût de la deuxième phase avait été estimé à 170 millions $, une facture qui devrait grimper, prévoit le rapport.

John Miller, le fondateur d’un groupe local de familles qui luttent contre l’exposition aux radiations, affirme que la facture finale imposée aux contribuables sera substantielle.
Un nettoyage similaire effectué aux États-Unis avait coûté 1000 $ par mètre cube de sol, a dit M. Miller, ce qui porterait les coûts de l’opération de nettoyage de Port Hope à plus de 2 milliards $.

Les déchets radioactifs laissés à Port Hope sont le résultat de décennies de normes dangereusement inadéquates. La raffinerie d’uranium Cameco de Port Hope, qui a déjà abrité une société de la Couronne appelée Eldorado Nucléaire, avait développé des matériaux utilisés dans la fabrication des bombes nucléaires larguées sur le Japon en 1945, selon l’historien canadien réputé Robert Bothwell.






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