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Demain, l'apocalypse...

Stéphane Baillargeon   4 août 2007  Société
Photo : Agence France-Presse
L'avenir n'est plus ce qu'il était. L'Apocalypse non plus. Aux grandes peurs nucléaires ou totalitaires (le péril rouge ou jaune) des dernières décennies du XXe siècle se substituent maintenant des inquiétudes quant au sort du monde, de la vie et de l'humanité tout entière.

Les nouveaux Cassandre soufflent de grands nuages de désespoir. En mai dernier, dans une entrevue accordée au magazine Enjeux- Les Échos (n° 235), le biophysicien britannique James Lovelock, père de l'hypothèse Gaia faisant de la Terre un organisme autorégulé, prophétisait rien de moins que la disparition possible et rapide de 80 % de la population mondiale.
«J'évalue à deux milliards d'individus le nombre de ceux qui, d'ici la fin de ce siècle, pourront survivre dans ce nouvel environnement», a dit l'octogénaire (il est né en 1919) en jugeant des nouvelles conditions climatiques. «Faute d'eau et de nourriture, leur nombre devrait ensuite continuer à décroître pour se stabiliser entre un milliard et 500 millions.»

Le monde reviendrait donc bientôt à la population du début du siècle des Lumières parce que, selon le scientifique éclairé Lovelock, notre planète semble sur le point de se débarrasser de l'espèce humaine. Un peu comme une tête soumise à un shampooing thérapeutique peut venir à bout d'une infection de poux. L'humanité disparaîtra, bon débarras (Arthaud), dit le titre d'un récent essai d'Yves Paccalet.

Les milieux scientifiques multiplient les avertissements cauchemardesques depuis quelque temps. Comme si aux grandes peurs fin de siècle avait succédé une culture de la décadence et de la déchéance inéluctables alimentée par la climatologie, l'écologie, l'astronomie, la biologie, les nanotechnologies ou la génétique.

Plus tôt cette année, le Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat (GIEC) a prévu une perte de 20 à 30 % de la biodiversité du monde d'ici l'an 2100, soit la plus grande extinction massive du vivant depuis la disparition des dinosaures. Dans Our Final Hour (2003), l'astronome royal sir Martin Rees, titulaire de la chaire d'Isaac Newton à Cambridge, donne à l'humanité une chance sur deux de survivre au siècle actuel en raison des menaces climatiques, écologiques, mais aussi nucléaires et génétiques. Faut-il vraiment citer le film An Inconvenient Truth de l'ex-vice-président américain Al Gore?

Mais que valent les prophéties de malheurs?

Alors qu'était formulée la Gaia Hypothesis à la fin des années 1960, une association internationale de scientifiques, d'humanistes, d'économistes mais aussi d'industriels d'une cinquantaine de pays fondait le Club de Rome. Une première étude intitulée Halte à la croissance (1972), de Donnela et Dennis Meadows, implorait l'abandon rapide du modèle traditionnel au profit d'une stagnation, voire d'une décroissance dans la production. Les auteurs envisageaient sérieusement l'épuisement total des ressources pétrolières en 1992...

Les fausses idées noires

Les bibliothèques universitaires et les revues savantes regorgent de prophéties stériles, infructueuses, inexactes. Le firmament des fausses idées noires s'avère particulièrement encombré. La question de la surpopulation et de la famine obsède les savants depuis le pasteur anglican Thomas Malthus (1766-1834). Plus près de nous, en 1968, dans The Population Bomb, Paul Ehrlich démontrait avec la même certitude scientifique la croissance incontrôlable du nombre d'humains et l'impossibilité de les nourrir en raison des dommages déjà causés à l'environnement. Dans les faits, en 40 ans, l'humanité de plus en plus nombreuse a vu diminuer la malnutrition.

«Comme disait un humoriste, l'anticipation est un art difficile, surtout quand il s'agit de l'avenir», commente en rigolant l'auteur François-Bernard Huyghe. Il s'y connaît d'autant plus qu'il a publié Les Experts ou l'art de se tromper (Plon, 1996), dans lequel il multiplie les exemples de fausses promesses pour l'an 2000, de Jules Verne à Bill Gates. «Dire que les gens se sont trompés en ricanant, c'est facile. On ne serait pas plus malins. Ce qui semble donc plus intéressant, c'est de se questionner sur les prédictions récurrentes et les tendances lourdes des prédictions pendant tout le XXe siècle.»

En effet. L'auteur note par exemple la persistance obstinée de l'utopie communicationnelle. Dès l'invention du cinéma, des analystes prophétisent que les peuples se comprendront mieux à force de se voir et que cette technologie va libérer des vieilles structures d'autorité. Le même optimisme jovialiste accompagne le développement d'Internet. Alvin Toffler, le gourou américain de l'avenir, a même élaboré toute une théorie de l'histoire selon laquelle l'humanité serait passée par trois phases, celle de la matière, puis celle de l'énergie et maintenant celle de l'information.

Seulement, l'implacable réalité a vite fait craquer l'optimisme délirant. «Les capitalistes aussi croient au sens de l'histoire et tentent d'identifier les tendances lourdes, poursuit M. Huyghe, au téléphone. Après la chute du communisme, on croyait que le modèle du marché, de la démocratie représentative et du mode de vie américain allait triompher. Le 11-Septembre a été un réveil extrêmement brutal. On se retrouve globalement dans un univers renversé, pessimiste. Nous, Occidentaux, semblons obsédés collectivement par la catastrophe et la société du risque. Nous sommes plus riches, nous vivons plus vieux et en meilleure santé que nos ancêtres, et en même temps nous sommes obsédés par le risque et le principe de précaution: on demande des preuves aux machines, aux médicaments, aux innovations. On ne parle que du sida, de la vache folle, de la guerre et des attentats. Au fond, l'an 2000 nous a déçus et nous a noirci la perspective.»

Ou serait-ce plutôt le présent? Car comme les théories du complot (voir autre texte en page A 5), le futur planifié, projeté et fantasmé n'est jamais que le miroir de nos obsessions, de nos espoirs comme de nos peurs. «Je suis surtout étonné par la capacité amnésique de nos sociétés, par ailleurs obsédées de futurologie, poursuit-il alors. Nos dirigeants et nos experts se trompent constamment et cela n'a aucune importance. Comme le disait un autre humoriste, les promesses n'engagent que les imbéciles qui y croient... »

Homo catastrophus

Le philosophe Jean-Pierre Dupuy, lui, ne cherche pas à dégriser le discours alarmiste, bien au contraire. Professeur de philosophie sociale et politique à l'École polytechnique de Paris et à l'Université de Stantford en Californie, il a publié plusieurs essais sur les théories du futur et des catastrophes aux titres éloquents: La Panique (2003), Pour un catastrophisme éclairé (2004) Petite métaphysique des tsunamis (2005) et Retour de Tchernobyl (2006).

«Je suis loin d'être isolé dans mes intérêts et ma démarche, explique-t-il en entrevue par courriel. Depuis quelques années, il y a en France une grande attention portée aux écrits de penseurs qui, comme Hannah Arendt, Gûnther Anders, Hans Jonas ou Ivan Illich, anticipaient dès la fin des années 50 que de grands malheurs frapperaient l'humanité si elle continuait dans la même voie. Étant juifs, et, pour les trois premiers d'entre eux, anciens élèves de Heidegger, ils jugeaient que la catastrophe pour eux était derrière: la shoah, à quoi Anders ne craignait pas d'associer Hiroshima. Ce qui est tout à fait remarquable, c'est le regain de faveur que connaissent ces penseurs de la catastrophe aujourd'hui.»

Envisager le pire

Pour le philosophe Dupuy, il s'agit maintenant de penser à la fois l'éventualité de la catastrophe et la responsabilité «peut-être cosmique» qui échoit à l'humanité pour l'éviter. D'où l'importance de constamment envisager le pire et d'y faire face.

«Comment justifier, c'est-à-dire rendre rationnelle, cette attitude "catastrophiste" qui consiste à mettre l'accent sur le scénario du pire? demande-t-il lui-même. Tout simplement en remarquant que ce qui nous empêche d'agir devant une catastrophe, c'est précisément la grande difficulté où nous sommes de croire que le pire va arriver. La catastrophe a ceci de terrible que non seulement on ne croit pas qu'elle va se produire, alors même qu'on a toutes les raisons de savoir qu'elle va se produire, mais une fois produite, elle apparaît comme relevant de l'ordre normal des choses. Sa réalité même la rend banale. Elle n'était pas jugée possible avant qu'elle se réalise; la voici intégrée sans autre forme de procès dans le "mobilier ontologique" du monde, pour parler le jargon des philosophes.»

Dans son maître ouvrage Pour un catastrophisme éclairé, le spécialiste des problèmes du risque rappelle que nous avons franchi un nouveau seuil dans la capacité de nous détruire, non pas par ignorance des dangers mais en ne les envisageant pas franchement comme réels et possibles. Il en appelle donc à une sorte de lucidité aussi tragique que prudente, adaptée aux nouveaux temps apocalyptiques. Cette attitude toute jonassienne consiste à se projeter dans l'après-catastrophe et à voir rétrospectivement en celle-ci un événement tout à la fois nécessaire et improbable.

La menace d'un système

«Ce qui nous menace est un système, dit-il en élargissant finalement le débat. Je fais pleinement mien le constat de Günther Anders: nous sommes entrés sans retour possible dans une ère dont l'horizon est l'autodestruction de l'humanité. Peu importe les instruments de celle-ci: on peut faire confiance à l'ingéniosité et à la folie des hommes pour mener la tragicomédie que fut leur histoire jusqu'à son terme. Les "gestionnaires du risque" et autres économistes de l'assurance s'effarouchent qu'on puisse mêler dans une sorte de grand cocktail catastrophiste la pollution de l'environnement, la dégradation du climat, l'épuisement des ressources fossiles, les risques liés aux technologies avancées, les inégalités croissantes, la tiers-mondisation de la planète, le terrorisme, la guerre, les armes de destruction massive et j'en passe. Chaque problème doit être selon eux isolé, décortiqué, analysé pour lui-même, en pesant les coûts et les avantages. Ils ont les yeux tellement rivés sur leurs microscopes qu'ils ne sentent pas que le plancher s'effondre sous leurs pieds. Il faut dire haut et fort qu'une "rationalité" de spécialistes ou d'experts dont le sérieux se mesure à l'épaisseur de leurs oeillères n'est pas différente de l'absence de pensée ou de la courte vue dont parlait Hannah Arendt à propos d'Eichmann.»






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  • Sylvain Racine
    Abonné
    samedi 4 août 2007 07h05
    Un grand vide admirable
    « Franchement, ce texte me rassure et me conforte au plus haut point car il justifie mon jovialisme niais et mes procrastinations récurrentes. Mais qu'est-ce qu'on fait maintenant? Et bien, il ne reste qu'à faire comme une certaine génération a déjà fait auparavant, aller "sur la route". C'est ce que je fais, mais je ne vous cacherai pas que je ne fais pas de l'auto-stop, que j'ai plus qu'un t-shirt, qu'une paire de jeans et qu'un petit baluchon. Aujourd'hui, on peut prendre l'avion pour 100.00$ entre Gõteborg et Malaga, apporter son ordinateur portable, son téléphone cellulaire avec soi et pouvoir se dire que l'apocalypse, si elle arrive, et bien qu'elle arrive. Moi je fais la vie de bohème qui ne nécessite pas de simplicité volontaire. Moi j'ai rien fait de mal. Je prends l'avion, je trouve le passage des douanes un peu ennuyant et frustrant, mais je sais que nos bons soldats sont en Afghanistan à me sauver de l'apocalypse et de Bin Labine, alors j'ai pris mon mal en patience en écoutant un peu de musique avec mon IPOD super cool.

    Tellement facile de se déculpabiliser de la situation actuelle. Et voilà que je me retrouve à Ronda pour un mois, dans une ville où se mélange l'histoire arabe et romaine, le style gothique, classique et celui de la Renaissance, où les montagnes tout autour semblent me protéger du monde extérieur et finalement où un pont magnifique relit deux civilisations avec un grand vide au-dessous, mais un vide . Bref, la seule chose dont je n'avait pas de besoin, c'est bien des ondes d'Internet sans-fil autour de mon appartement. Enfin, ça m'aura convaincu de remettre ma soirée d'hier à ce soir et ainsi de suite... Manger des tapas, boire de la sangria et de l'Oloroso de Cadiz au prix de la Renaissance en me disant, demain ce sera peut-être l'apocalypse. »

  • François Lafontaine
    Inscrit
    samedi 4 août 2007 08h25
    Le monde devient fou
    « Ce qui me frappe, c'est de voir à quel point le discours pseudo-scientifique est toujours empreint d'éléments religieux. Eschatologie des temps modernes, l'apocalypse de la nature n'est ni plus ni moins qu'un délire collectif fondé sur une méconnaissance de la logique de la découverte scientifique. Solution: relire Nietzsche pour se défaire de l'emprise de cette morale qui voudrait que l'homme ne doit pas s'inscrire dans le monde (contre cette foutue maxime : la terre ne nous appartient pas, nous l'empruntons à nos enfants. Foutaise!) Et relire Popper: pour savoir ce qui distingue la science de la non science. »

  • Jean-Philippe Delorme
    Abonné
    samedi 4 août 2007 10h02
    Tout ce que je sais
    « D'aucuns prfèrent croire que l'humanité saura trouver les réponses en temps opportun; d'autres qu'il est déjà trop tard. En fait nous n'en savons rien. Il faut constater que l'essentiel des choses nous échappe encore et toujours.
    Cela étant dit ça constitue un faux problème: Mourrir de la grippe espagnole, d'une catastrophe climatique ou d'une fluxion de poitrine...
    Pour ce qui est de réagir adéquatement aux dérangements climatiques, ça serait bien la première fois que les humains parviendraient à coopérer à une telle échelle. Vous y croyez? À 500 millions d'habitants peut-être; à sept milliards, jamais! Dommage pour la diversité des espèces... »

  • JM
    Abonné
    samedi 4 août 2007 10h07
    Ne pas croire les expliations officielles, c'est ne pas croire en fait ceux qui les émettent.
    « Peut-on croire vraiment que les versions officielles sont toujours les vraies explications. Avec le temps, quand les cendres des intérêts en jeu sont tombés, l'histoire cherche à remettre les pendules à l'heure.

    Cependant, qu'on y croit ou non, les théories du complot de toutes sortes foisonnent et sont d'autant plus populaires parce que, fort probablement, de plus en plus de gens croient de moins en moins en nos classes dirigeantes ou envers ceux qui émettent des explications qui sèment des doutes. »

  • Claude Stordeur
    Abonné
    samedi 4 août 2007 11h05
    L'accident du Minnesota, relativisé...
    « Cet incident a fait en tout moins de 20 victimes et sur un pont sur 1 million minimum en Amérique du nord, sans parler du reste du monde. On a plus de chance de gagner à la loterie que de passer sur un pont défectueux. C'est sur que pour les gens concerner c'est un deuil difficilement concevable et pour ceux qui ont peur d'avance de tout c'est une catastrophe.. Et pourtant, la même semaine 20 millions de personnes déplacées aux Inde et Bangladesh, combien de mort par accident sur les routes des USA le même jour? Combien de tuer par balle dans ce pays ou tout est permis sans permis? Et je ne vous parlerai pas des accidents d'avions, le moyen de transport le plus sécuritaire... »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    samedi 4 août 2007 11h20
    Il resterait encore une arche
    « Ça va commencer par la fonte de nos 2 pôles et tout ce qu'il y a autour ce qui va faire monter l'océan qui va faire disparaître une grande partie des terres sous l'eau.

    On espère qu'il en restera encore un peu pour faire vivre le milliard d'humains qui ne seront pas encore morts. Autrement, on devra faire comme Noë, se bâtir un grande arche avec beaucoup de manger et quelques anuimaux pour nous accompagner sur les flots à manger du poisson à tous les repas jusqu'à la nouvelle ère glacière.

    Mautadit que ça va être long ! »

  • Luc Falardeau
    Abonné
    samedi 4 août 2007 19h47
    Cassandre a raison !
    « La prophétie de malheur est faite pour éviter qu'elle ne se réalise... »

  • Christian Tallon
    Inscrit
    dimanche 5 août 2007 13h59
    On va dans le mur peu importe lequel
    « Mur financier, climatique, de la misère, d'une pandémie, de la guerre. Les canadiens sont un peu victimes d'une illusion d'optique : peu peuplés, riches, aux ressources abondantes, ils peuvent s'imaginer que le reste du monde pourra s'effondrer pendant que l'on continuera à rouler en voiture et à être les plus gros consommateurs d'énergie par habitant. Hum ! Je suis TRES sceptique !
    "Les bibliothèques universitaires et les revues savantes regorgent de prophéties stériles, infructueuses, inexactes. Le firmament des fausses idées noires s'avère particulièrement encombré." dit l'auteur de l'article. Oui, mais jamais il y a eu un tel sentiment global de "bout du rouleau" d'un système qui pille la richesse et ne la distribue pas. Les scientifiques diront qu'il existe des effets de seuil pour le choléra par exemple. L'état sanitaire d'une population est GENERAL et ne peut pas être des ilots de gens capables de payer. Des personnes licenciées polluent les rivières dans des actes de désespoir. Qui les empêchera ? Qu'ont-ils à perdre ? Ils n'ont plus rien ! Des milliers d'africains tentent le tout pour le tout pour être balayeur dans un pays riche plutôt que de travailler dans des plantations de café "équitable" (voire la destruction des terres vivrières en Afrique, vietnam, Brésil etc ...). La peste finira bien par réapparaître à ce stade là. Des Tchernobyls II, III, IV sont loin d'être impossibles (qui est capable de piloter une centrale atomique ? ) Pas moi en tout cas ! Tout se tient : cupidité, absence de lien social, exploitation, misère, technologies sous contrôle jusqu'au jour où elles ne le sont plus, ventes d'armes, pandémies, malnutrition.

    Reculez votre nez de quelques centimètres de vos activités quotidiennes et vous verrez bien que quelque-chose ne va plus du tout ! La terre ne tourne plus rond du tout.

    Une seule solution : décroissance, solidarité, plus de liens et moins de biens !

    Cuba, la Tanzanie et la Lybie ont en leur temps essayé de limiter la casse. Ils ont tous été ostracisés. Le grand fossoyeur de la planète s'appelle le FMI et la banque mondiale. Nous mourrons à cause d'eux.

    Ce que disent les scientifiques est une chose très classique : l'ajustement brutal des ressources et de la population par catastrophe (pandémie, famines ou guerres).

    Quand les scientifiques disent un siècle, ils sont encore optimistes ! Pour moi, c'est l'affaire d'une génération.

    Il est possible de prendre un virage à 180 ° en lisant "la décroissance". Casseurs de pub. Le journal de l'environnement mental. www.ladecroissance.net www.casseursdepub.org »

  • Christian Tallon
    Inscrit
    dimanche 5 août 2007 14h11
    François Lafontaine semble déjà bien lobotomisé
    « L'espèce homo sapiens "sapiens" n'a pas le droit d'exterminer tout sauf ses parasites. Au nom de quoi ? On extermine les indiens, les animaux, les plantes et on met des plantes trangéniques. On plante des centaines de millers d'hectares pour faire de l'éthanol au détriment des cultures vivrières et on exporte toute cette saleté transgénique dans toute la planète. Gardez tout ça pour vous M. Lafontaine, votre esprit étroit et vos saletés agricoles. Relisez Nietsche avant d'en parler (sans manger une tonne de pop corn). Relisez même Descartes si vous le voulez (ou le pouvez car il faut un apprentissage cartésien) qui n'a jamais exonéré l'Homme de ses responsabilités. Vous ressemblez plus au dernier homme de Nietsche qu'à autre chose ! Allez, prenez votre voiture pour aller acheter une canette bien fraiche et faites bien marcher le climatiseur en revenant ! Bonjour chez vous ! »

  • Christian Tallon
    Inscrit
    dimanche 5 août 2007 14h16
    Après moi le déluge ?
    « Les joviaux gais qui écrivent au second degré sont des cyniques, c'est à dire éthymologiquement des chiens. Après tout, pourquoi pas à condition de ne pas enfanter car là, il y a une sacré responsabilité. Sommes-nous en mesure de croire raisonnablement qu'avoir des enfant n'est pas les condamner à une mort atroce. Mais c'est vrai qu'on peut là encore être cynique ! Pas mon problème ! J'ai un avion à prendre et un soda à siroter !!! »

  • Christian Tallon
    Inscrit
    dimanche 5 août 2007 14h31
    Réponse à Jean-Philippe Delorme
    « Coopérer à 7 000 000 000 certainement pas mais forcer 250 grands acteurs internationaux à se mettre d'accord sous la pression résolu de l'opinion publique mondiale, s'appercevant pour la première fois qu'elle dispose d'une foce considérable, certainement. Dans le dernier homme, il y a aussi le renoncement. C'est un symptôme.

    Vous êtes bien trop américanisés et gavés de propagande hyper libérale pour voir que l'Amérique du Sud en a marre de votre modèle, que l'Union Européenne fait doucement faillite, que l'Empire américain est complètement endetté et embourbé et que le Canada risque de s'écrouler avec. Une branche tombe sur une ligne à haute tension et des milliers de foyers sont coupés d'électricité. Multipliez les branches, rajoutez les actes de sabotage, quelques accidents, un peu de paranoïa américaine, mettez une puissance de 10 supérieure et faitez revenir à feu vif !
    Bonne chance ! »

  • Christian Tallon
    Inscrit
    dimanche 5 août 2007 14h48
    Réponse à claude Camps
    « Tout à fait d'accord. Lire l'article : l'auto ou la vie. La décroissance. Paris. 2 € "Les médias vivent de la manne publicitaire fournie notamment par les constructeurs automobiles.. C'est ainsi que la firme FORD a pu passer sous silence le passé nazi d'Henri Ford. ... L'OMS dénombre 1,2 millions de morts par ans à cause de la voiture. On a trente fois plus de chance de mourir d'un "accident" (homicide) de circulation que d'un meurtre. Aujourd'hui 20 % des humains utilisent une voiture. A eux seuls, ils ont réussi à faire exploser le climat. "Chaque fois que nous produisons une voiture, nous le faisons au prix d'une baisse du nombre de vies à venir" (Nicholas Georgescu-Roegen).
    Les biocarburants opposent 800 millions d'automobilistes à 2 MILLIARDS de paysans pauvres (L'écologiste n°22)
    Un énorme portrait de Ford trônait dans le bureau du Führer dans les années 30.
    L'organisation économique des camps de concentration nazis reflétaient le stade ultime du capitalisme. Elimination des femmes et enfants non susceptibles de travailler. Travail forcé jusqu'à épuisement de la main d'oeuvre servile, toujours renouvelée, désagrégation finale de ce capitalisme "final" par les maladies, le typhus etc .. entrainant la baisse de productivité.

    La désagrégation finale de la main-d-oeuvre capitaliste se fait sur des cartons sur les trottoirs des grandes villes des pays développés. La planète sera évidemment détruite, mais en laissant le temps aux hommes de perdre leur humanité entre temps.

    Beau résultat ! »

  • Christian Tallon
    Inscrit
    dimanche 5 août 2007 14h52
    Réponse à L Falardeau
    « Tout dépend des choix du rédacteur en chef qui décide souverainement de l'information digne de figurer dans le journal ! Si le journal vit de la publicité, il est probable que l'information ne sera pas contre les annonceurs ! »

  • Michel Thibault
    Abonné
    lundi 6 août 2007 14h05
    Un peu d'humilité
    « Il est difficile d'anticiper l'avenir. Même devant le peu probable, on préfère croire que la fatalité est réservée aux autres. Que le malheur ne nous arrivera pas.

    C'est notre orgueil qui parle.

    La témérité peut aussi nous être fatale.

    Devant l'incertitude, disons-nous que tout peut arriver même la catastrophe. Dès lors, notre attitude changera.

    Nous partageons aussi la perception de Tofler quant à l'ère actuelle de l'information.

    La quantité d'informations qui peut être analysée d'un simple clic est si énorme qu'on croirait que le phénomène relève de la pensée magique alors que la simple logique (l'informatique) est en cause.

    Même chose pour Internet qui rend tout (ou presque) à la portée de la main.

    Dans ce contexte, comment prédire l'avenir avec justesse ? D'où la nécessité que soit appliqué le principe de précaution, surtout face aux méga phénomènes qui dépassent notre compréhension des choses et qui peuvent affecter l'humanité. »

  • Christian Tallon
    Inscrit
    lundi 6 août 2007 15h45
    Le village planétaire brûle t-il ?
    « Encore une maladie bovine en Angleterre, des forêts incendiées (par un garde forestier qui voulait garder son travail - je souligne -), des cyber mafias, la prostitution organisée à l'échelle mondiale, des génocides tous les deux à trois ans en Afrique, des américains endettés jusqu'au cou, l'esclavage en Chine, les sans-abris dans les villes développées, des hommes esclaves de leur auto, des ponts qui s'effondrent. Des rats qui commencent à faire leur réapparition à Paris. Soit j'ai un coup de blues et je dois aller me reposer, soit il y a quelque chose qui ne va vraiment pas dans ce monde ! C'est le moment d'être solidaire. Le darwinisme social et la lutte entre les nations nous condamne tous, riches, pauvres, blancs, noirs, hommes, femmes, jaunes, jeunes, vieux, malades, en bonne santé. Il n'y a pas d'autre solution que la solidarité et que la fraternité. C'est tellement bête et évident que j'ai honte de l'écrire ! Mais visiblement personne ne veut l'admettre ! »

  • Luc Falardeau
    Abonné
    lundi 6 août 2007 22h57
    Les Cassandres des temps modernes
    « Dans la mythologie grecque, Cassandre avait prédit en vain la chute de Troie. Elle avait aussi prédit que le fameux cheval utilisé par les Grecs était un subterfuge qui conduira Troie à sa perte. Apollon lui avait accordé le don de prophétie ; mais lorsqu'elle repoussa le dieu, il la condamna à ne jamais être crue.

    Stéphane Baillargeon mentionne (tardivement dans son article) le coté utile de ce genre de prévisions en citant le philosophe Dupuy dans ses essais sur les théories du futur et des catastrophes. En somme, on peut prédire l'avenir pour qu'il ne se produise pas... La prophétie de malheur est faite pour éviter qu'elle ne se réalise !

    Aussi, certaines idées noires peuvent se révéler fausses suite aux moyens d'actions entrepris pour lutter contre ces scénarios noirs... Les idées noires peuvent donc servir de catalyseur et entraîner des changement positifs !

    Il appert cependant que le prophète de malheur n'aura jamais le crédit de sa prédiction si les choses tournent pour le mieux, car si la prophétie de malheur ne se réalise pas, il y aura toujours des gens pour dire que cela ne serait pas arrivé.

    Le commentaire de Christian Tallon sur les rédacteurs en chef des journaux et les annonceurs nous rappelle que les personnages Cassandre et Apollon sont toujours d'actualité. On ne peut réfuter que les rédacteurs en chef et annonceurs peuvent être tenté de jouer à Apollon... et condamner le prophète à ne jamais être cru...

    Cassandre a encore raison... mais sera-t-elle crue cette fois-ci ? »

  • Gabriel RACLE
    Inscrit
    mercredi 15 août 2007 07h35
    Les peurs
    « Qu'est-ce au fond que le catastrophisme, sinon une peur nourrie par la crainte d'une de ces innombrables catastrophes possibles venant de la nature ou de l'homo catastrophicus de Haris Katsoulis. Et puisque c'est une peur, elle est de nature émotionnelle, une réaction de notre cerveau chaud (système limbique) et non de notre cerveau froid (cortex), pour reprendre une terminologie simplifiée et vulgarisée. Et s'il en est bien ainsi, les peurs existent depuis que l'humanité existe, à titre de réflexe de défense primaire d'abord, comme instrument de contrôle, de manipulation ou de pouvoir dans d'autres cas. Comme moteur d'action, parfois.
    Dans son livre, La Peur en Occident, xiv e - xviii e siècles, une cité assiégée (Paris, Fayard), Jean Delumeau s'intéresse à deux types de peurs : les «peurs spontanées, ressenties par de larges fractions de la population» et les «peurs réfléchies découlant d'une interrogation sur le malheur conduite par les directeurs de conscience de la collectivité, c'est-à-dire avant tout par les hommes d'Église» (p. 22). On a pu les classer en trois grandes catégories: les peurs eschatologiques qui se rapportent aux fins dernières de l'homme, au diable et à ses suppôts, les peurs apocalyptiques et les peurs ordinaires, celle de tous les jours.
    Des peurs eschatologiques, qui concernent ce qui doit suivre la vie terrestre, la fin du monde, le jugement dernier, le paradis et l'enfer, le diable et les démons, il ne reste pas grand chose, si ce n'est encore parfois les reliquats de la dévalorisation religieuse du statut de la femme, source de tous les maux parce qu'elle a fait chasser Adam du Paradis. Les peurs apocalyptiques, s'ajoutant aux précédentes, comportaient les trois cavaliers de l'Apocalypse : la guerre, la famine et la peste. N'en subsisterait-il pas quelques traces avec les craintes d'un manque de ressources alimentaires pour une population croissante, celles de maladies animales comme la vache folle ou la grippe aviaire ou de maladies humaines comme le sida?
    Passons sur les peurs de l'an 100 dont Patrick Girard a montré dans Raoul GLABER (985-1047), l'homme qui inventa l'an mil (L'Événement du Jeudi, 16 au 22 décembre 1999, p.71-73) que les Histoires, rédigées par ce moine bourguignon du XIe siècle sont à l'origine du «mythe des terreurs de l'an mil» . « Raoul Glaber a tant insisté sur le passage du nouveau millénaire, au besoin en exagérant phénomènes inquiétants et catastrophes, c'est parce que en bon moine clunisien il entendait imposer le calendrier chrétien établi au VIe siècle par Denys l'Ancien et adopté par les élites cultivées - et elles seules - à la faveur de la renaissance carolingienne.» Déjà un bel exemple de manipulation par la peur.
    Quant aux peurs ordinaires, elles sont innombrables, mais l'une est peut-être marquante, c'est la peur de l'avenir, de ses incertitudes et de ses menaces. L'astrologie en était le remède, qui permettait de prévoir la guerre, la paix, la prospérité, etc. Inutile de dire que de nos jours, elle est toujours en vogue et le sera, même si les astronomes en ont démontré la vacuité, puisqu'elle est d'ordre émotionnel et donc irrationnel.
    Bien entendu, toutes ces peurs ont existé bien avant le XIVe siècle et quelque historien pourrait nous en brosser le tableau. De nos jours, à leurs traces rampantes, s'ajoutent les peurs modernes. Lors d'une de ses conférences, le professeur Louis Malassis, président d'Agropolis, en a donné une liste: «Le réchauffement de la planète fait craindre des changements de climats et de véritables catastrophes. On sait que l'accumulation dans la haute atmosphère de certains gaz, carbonique en particulier, piège la chaleur et produit "l'effet de serre". On redoute les effets extrêmes tels que sécheresse, inondations et cyclones. Dans leur dernier rapport publié à Genève le 19 février dernier, les experts du groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat (I.P.C.C.), attirent l'attention sur l'urgence de prendre des mesures en vue de réduire le réchauffement de la planète. On craint la montée des eaux, l'érosion des sols, la baisse des ressources en eau potable, la disparition et les migrations d'espèces vivantes, une recrudescence du paludisme et du choléra, une baisse des récoltes dans les zones tropicales et subtropicales.» La peur nucléaire de la guerre froide s'est estompée, remplace par celle du terrorisme, avec son utilisation politique souvent abusive et ses conséquences préjudiciables pour le reste du monde. «Tout ce que fait l'Amérique est susceptible d'alimenter l'idée d'une conspiration partout dans le monde. Mieux, l'Amérique se suspecte elle-même depuis toujours», de dire le professeur britannique Alastair Spark, spécialiste de cette question (Le Devoir, Paranoïa made in USA).

    Mais ce serait maintenant le «sort du monde, de la vie et de l'humanité tout entière» qui serait en jeu, du fait de ces changements climatiques que les médias ressassent de façon pléthorique: l'apocalypse moderne en quelque sorte. Là encore, il faut se garder de la manipulation. On parle «d'écologisme industriel», qui alimenterait les profits des industries qui s'en occupent en exagérant les menaces, «d'écologisme politique» de partis utilisant une stratégie identique pour susciter un électorat. Et ainsi de suite. Il existe incontestablement un terrain propice à un catastrophisme de masse. «Faire peur aux masses a toujours été un instrument de pouvoir extrêmement puissant. Ça fait oublier les actualités plus importantes, et surtout, de nos jours, ça fait vendre! » (Les yeux ouverts)

    Il faut traiter objectivement et scientifiquement un danger réel, en évitant précisément le catastrophisme de la peur. L'humanité, en constante évolution, a connu de difficiles et dangereuses périodes climatiques. Les hommes de la préhistoire ont connu les grandes glaciations, dont la dernière a commencé il y a quelque 110_000 ans, jusqu'à atteindre son point culminant il y a 20_000 ans, avant de disparaître il y a 10_000 ans. Le niveau moyen de la mer était inférieur de 100 m au niveau actuel, du fait de l'importante quantité d'eau immobilisée dans les glaciers. Ces hommes ont survécu, même s'il n'avait pas les moyens dont nous disposons - ou peut-être parce qu'ils ne les avaient pas?

    Il y a eu un épisode chaud entre 900 et 1000 touchant l'Europe du Nord, le Canada et sans doute une partie de l'Asie : c'est l'époque de la conquête du Groenland (le «pays vert», où les Vikings cultivaient des céréales). Et puis, a succédé le «petit âge glaciaire», qui a marqué l'Europe occidentale entre 1550 et 1850, avec une extension de la banquise Arctique et des glaciers des montagnes.

    Certes «l'histoire de l'humanité se présente comme une succession - un processus sans fin et sans finalité - de créations et de disparitions de mondes. Naquirent puis disparurent : les mondes premiers, le monde égyptien, le monde aztèque, le monde grec, le monde romain, le monde chrétien (encore trop souvent appelé Moyen Âge), le monde soviétique, etc. L'exploration de l'histoire humaine nous apprend que les humains ne sont pas prisonniers d'un monde (de certaines croyances, d'un certain type d'organisation politique ou économique, d'une certaine esthétique, d'un certain rapport au temps ou encore à l'au-delà, etc.). L'Homme est un animal « ouvert », c'est-à-dire doté d'une « capacité créatrice de monde », infinie. Les humains sont des « créateurs de monde »., écrit Andreu Solé dans Créateurs de monde (Éditions du Rocher, Monaco)

    Alors, un catastrophisme pessimiste n'est pas de mise. Nous avons besoin d'un équilibre entre ce qui existe et peut nous menacer et ce qui s'ensuivra dans l'avenir. Un équilibre comme celui dont parlait Alber Camus: «L'homme n'est pas entièrement coupable: il n'a pas commencé l'histoire; ni tout à fait innocent, puisqu'il la continue.» Ou, pour suivre le grand poète René Char, dont 2007 célèbre le centenaire de naissance, nous ne pouvons vivre que dans «l'entrouvert, exactement sur la ligne hermétique de partage de l'ombre et de la lumière», entre le présent et l'avenir, loin des battages médiatiques ou politiques, mais dans la réalité d'un monde qui connaît son présent sans connaître son avenir. Comme l'a dit le grand poète allemand Hölderlin et après lui Rimbaud, ce n'est qu'« en poète que l'homme habite cette terre ». En cette période troublée, c'est peut-être la voix de la sagesse. »

  • Christian Tallon
    Inscrit
    jeudi 2 octobre 2008 14h54
    L'effondrement financier a commencé
    « Relire un article avec un peu de recul permet aux Cassandre de voir qu'ils avaient raison, non pour en tirer un plaisir malsain (on aimerait tant se tromper) mais pour valider à postériori un mode de décodage des signes perdus parmi des milliers d'autres.
    Maintenant que le système financier mondial s'effondre at à l'heure où certains disent "on renfloue" et d'autres disent "on ne renfloue surtout pas mais on sauve ce qui peut l'être", le témoignage un peu prophétique de La Rouche refait surface. Et ses analyses historiques dont j'aimerais bien savoir si elles sont justes.
    L'histoire est tellement constellée d'erreurs tragiques d'experts et de puissants qu'il faudrait peut être aller demander à l'homme un peu décentré du brouhaha quotidien ce qu'il en pense.

    Pour La Rouche, le stade ultérieur est, si on continue de financer le système avec les impôts donc le travail, le fascisme économique et politique et la paupérisation sans fin des gens. On appréciera la langue crue de cet économiste mais on ferait bien de le prendre au sérieux. Les prophètes peuvent être virulents et parfois en transe !!

    http://larouchepac.com/firewall »

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