Macadam - La mémoire gravée dans le béton
Photo : Jacques Grenier
À moins de marcher le nez en l’air ou de garder les yeux rivés sur les vitrines, difficile de ne pas remarquer les bustes de ces augustes personnages qui ont fleuri sur le béton de l’avenue du Mont-Royal comme autant de fleurs de macadam.
Ils portent des noms d'un autre temps: Troilus de Mergouez, Sévère Rivard, Édouard-Charles Fabre ou encore Charles-François Tarieu, et ils ont tous pignon sur rue quelque part sur l'avenue du Mont-Royal. Passés maîtres dans l'art de passer inaperçu, ces remarquables oubliés — pour reprendre l'heureuse formule de l'anthropologue Serge Bouchard — s'affichent cet été dans leur tenue d'apparat, chapeau au front, cols froncés et chevelure sagement domptée. À croire que l'espace-temps s'est soudainement rétréci entre les rues Rivard et de Lorimier.
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