Sécurité routière: le gouvernement sévira contre les mauvais conducteurs
Photo : Jacques Nadeau
Le gouvernement libéral a annoncé hier une batterie de mesures pour réduire le nombre d’accidents de la route.
Québec — Hausse du nombre de contraventions, premières expériences de photos radar, interdiction d'utiliser des téléphones cellulaires avec combiné: le gouvernement libéral a annoncé hier une batterie de mesures pour réduire le nombre d'accidents de la route, qui ont fait plus de 50 000 victimes, dont 717 décès, en 2006.
Le gouvernement réagissait hier aux 23 recommandations de la Table québécoise de la sécurité routière, présidée par le fondateur de Nez-Rouge, Jean-Marie De Koninck. Créée en 2005, cette instance permanente constituée de 41 intervenants du secteur des transports devait proposer des moyens de limiter le nombre d'accidents, qui a recommencé à augmenter en 2001.
«Nous avons bon espoir de retourner d'ici 2009 à une moyenne de 610 décès par année, ce qui est la meilleure année qu'a connue le Québec, en 2001», a déclaré la ministre des Transports, Julie Boulet, qui était sur tous les fronts hier avec, en plus de ce dossier, celui du viaduc de la Concorde.
Au nombre de six, ces nouvelles mesures visent surtout à lutter contre l'alcool au volant et contre la vitesse, responsables de plus de la moitié des accidents de la route. Le gouvernement cible en particulier les «grands excès de vitesse» (dépassements de 40 km/h de la vitesse permise dans les zones de 30 et 50 km/h, de 50 km/h dans les zones de 70 et 90 km/h ou de 60 km/h dans les zones de 100 km/h) en doublant les amendes et le nombre de points d'inaptitude avec suspension immédiate du permis.
En matière d'alcool au volant, on réduit partiellement le seuil de tolérance de 0,08 à 0,05, un taux d'alcoolémie désormais passible d'une suspension du permis pendant 24 heures. Passé le seuil de 0,08, la durée de la suspension passe de 30 à 90 jours pour une première infraction. Quant aux récidivistes, on les prive de leur voiture pendant 30 jours.
Ceux qui oseront prendre la route avec deux fois la limite autorisée (160 mg d'alcool par 100 ml de sang) feront aussi face à des sanctions particulières (véhicule saisi pour 30 jours, antidémarreur à vie à partir d'une deuxième récidive, etc.).
Le gouvernement ouvre aussi la porte à des photos radar et à des caméras aux feux rouges, un projet-pilote qui se limitera d'abord à 15 sites connus du public. «C'est un projet-pilote. Il reste beaucoup d'éléments à préciser», a souligné la ministre Boulet, qui fait face dans ce dossier aux résistances des industries des camions lourds, du taxi et de la location de véhicules.
Mme Boulet a en outre promis que les amendes perçues grâce à ces technologies ne seront pas versées au fonds consolidé du gouvernement mais serviront à constituer un nouveau fonds qui sera réinvesti dans la sécurité routière. Au dire de M. De Koninck, en France, ce système a été bien accepté en France, principalement pour des raisons «d'équité»: «Que vous soyez juge ou animateur de télévision, vous recevez votre facture par la poste. C'est une machine qui tranche.»
Pas de cellulaires, sauf en mode mains libres
Autre changement, et non des moindres, on ne pourra plus téléphoner en conduisant, sous peine d'une amende de 80 à 100 $ (et trois points d'inaptitude), à moins d'avoir un système de type mains libres. Pourtant, dans son rapport, la Table québécoise de la sécurité routière avait recommandé «l'interdiction complète» du téléphone cellulaire au volant. S'appuyant sur un avis récent de l'Institut de santé publique, les commissaires font valoir que le mode mains libres peut avoir «un effet pervers» en donnant «un faux sentiment de sécurité aux utilisateurs».
Or le gouvernement a voulu ménager certains corps de métier dont la voiture et le téléphone sont les outils de travail (chauffeurs de taxi, compagnies de transport). Il fallait aussi tenir compte de certains problèmes d'application, a noté la ministre Boulet. «Pour les policiers, ce n'est pas évident. Est-ce que la personne chante? Est-ce qu'elle se parle toute seule dans son automobile?»
Le gouvernement limitera aussi l'accès aux routes en imposant le cours de conduite obligatoire aux débutants et des mesures plus sévères en cas d'échec aux examens ou de non-respect du Code de la route. Enfin, les véhicules lourds, impliqués dans 21 % des accidents mortels, devront être équipés de limiteurs de vitesse intégrés qui les empêcheront de dépasser les 105 km/h.
Si le gouvernement n'a pas choisi d'appliquer la totalité des 23 mesures proposées par la Table de la sécurité routière, son plan a été très bien accueilli par M. De Koninck. «Je suis enchanté. [...] Vous savez que, souvent, le risque est que le rapport aboutisse sur une tablette», a-t-il déclaré. «La ministre passe à l'action. Je ne pouvais pas espérer un meilleur scénario.»
Il faudra toutefois attendre quelques mois avant que ces mesures n'entrent en vigueur puisque le gouvernement doit d'abord les soumettre aux deux partis d'opposition à l'automne. Hier, le critique adéquiste en matière de transports, Pierre Gingras, a dit que le Québec manque de policiers pour les appliquer et que ceux-ci manquent de moyens. «C'est bien beau d'adopter des législations, si on ne les fait pas respecter, ça n'apportera pas les résultats escomptés.» Du côté du Parti québécois, les orientations obtiennent un appui plus clair. «Ce sont des mesures que nous avons déjà prônées», a expliqué le porte-parole Éric Gamache. «Au gouvernement, nous avons buté sur l'opposition libérale, qui ne voulait pas de photos radar. Tant mieux s'ils ont changé d'idée.»
Le gouvernement réagissait hier aux 23 recommandations de la Table québécoise de la sécurité routière, présidée par le fondateur de Nez-Rouge, Jean-Marie De Koninck. Créée en 2005, cette instance permanente constituée de 41 intervenants du secteur des transports devait proposer des moyens de limiter le nombre d'accidents, qui a recommencé à augmenter en 2001.
«Nous avons bon espoir de retourner d'ici 2009 à une moyenne de 610 décès par année, ce qui est la meilleure année qu'a connue le Québec, en 2001», a déclaré la ministre des Transports, Julie Boulet, qui était sur tous les fronts hier avec, en plus de ce dossier, celui du viaduc de la Concorde.
Au nombre de six, ces nouvelles mesures visent surtout à lutter contre l'alcool au volant et contre la vitesse, responsables de plus de la moitié des accidents de la route. Le gouvernement cible en particulier les «grands excès de vitesse» (dépassements de 40 km/h de la vitesse permise dans les zones de 30 et 50 km/h, de 50 km/h dans les zones de 70 et 90 km/h ou de 60 km/h dans les zones de 100 km/h) en doublant les amendes et le nombre de points d'inaptitude avec suspension immédiate du permis.
En matière d'alcool au volant, on réduit partiellement le seuil de tolérance de 0,08 à 0,05, un taux d'alcoolémie désormais passible d'une suspension du permis pendant 24 heures. Passé le seuil de 0,08, la durée de la suspension passe de 30 à 90 jours pour une première infraction. Quant aux récidivistes, on les prive de leur voiture pendant 30 jours.
Ceux qui oseront prendre la route avec deux fois la limite autorisée (160 mg d'alcool par 100 ml de sang) feront aussi face à des sanctions particulières (véhicule saisi pour 30 jours, antidémarreur à vie à partir d'une deuxième récidive, etc.).
Le gouvernement ouvre aussi la porte à des photos radar et à des caméras aux feux rouges, un projet-pilote qui se limitera d'abord à 15 sites connus du public. «C'est un projet-pilote. Il reste beaucoup d'éléments à préciser», a souligné la ministre Boulet, qui fait face dans ce dossier aux résistances des industries des camions lourds, du taxi et de la location de véhicules.
Mme Boulet a en outre promis que les amendes perçues grâce à ces technologies ne seront pas versées au fonds consolidé du gouvernement mais serviront à constituer un nouveau fonds qui sera réinvesti dans la sécurité routière. Au dire de M. De Koninck, en France, ce système a été bien accepté en France, principalement pour des raisons «d'équité»: «Que vous soyez juge ou animateur de télévision, vous recevez votre facture par la poste. C'est une machine qui tranche.»
Pas de cellulaires, sauf en mode mains libres
Autre changement, et non des moindres, on ne pourra plus téléphoner en conduisant, sous peine d'une amende de 80 à 100 $ (et trois points d'inaptitude), à moins d'avoir un système de type mains libres. Pourtant, dans son rapport, la Table québécoise de la sécurité routière avait recommandé «l'interdiction complète» du téléphone cellulaire au volant. S'appuyant sur un avis récent de l'Institut de santé publique, les commissaires font valoir que le mode mains libres peut avoir «un effet pervers» en donnant «un faux sentiment de sécurité aux utilisateurs».
Or le gouvernement a voulu ménager certains corps de métier dont la voiture et le téléphone sont les outils de travail (chauffeurs de taxi, compagnies de transport). Il fallait aussi tenir compte de certains problèmes d'application, a noté la ministre Boulet. «Pour les policiers, ce n'est pas évident. Est-ce que la personne chante? Est-ce qu'elle se parle toute seule dans son automobile?»
Le gouvernement limitera aussi l'accès aux routes en imposant le cours de conduite obligatoire aux débutants et des mesures plus sévères en cas d'échec aux examens ou de non-respect du Code de la route. Enfin, les véhicules lourds, impliqués dans 21 % des accidents mortels, devront être équipés de limiteurs de vitesse intégrés qui les empêcheront de dépasser les 105 km/h.
Si le gouvernement n'a pas choisi d'appliquer la totalité des 23 mesures proposées par la Table de la sécurité routière, son plan a été très bien accueilli par M. De Koninck. «Je suis enchanté. [...] Vous savez que, souvent, le risque est que le rapport aboutisse sur une tablette», a-t-il déclaré. «La ministre passe à l'action. Je ne pouvais pas espérer un meilleur scénario.»
Il faudra toutefois attendre quelques mois avant que ces mesures n'entrent en vigueur puisque le gouvernement doit d'abord les soumettre aux deux partis d'opposition à l'automne. Hier, le critique adéquiste en matière de transports, Pierre Gingras, a dit que le Québec manque de policiers pour les appliquer et que ceux-ci manquent de moyens. «C'est bien beau d'adopter des législations, si on ne les fait pas respecter, ça n'apportera pas les résultats escomptés.» Du côté du Parti québécois, les orientations obtiennent un appui plus clair. «Ce sont des mesures que nous avons déjà prônées», a expliqué le porte-parole Éric Gamache. «Au gouvernement, nous avons buté sur l'opposition libérale, qui ne voulait pas de photos radar. Tant mieux s'ils ont changé d'idée.»
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