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Réduction des gaz à effet de serre - Les Albertains veulent un véritable effort des compagnies pétrolières

Alec Castonguay   7 mai 2007  Société
Ottawa — Une majorité écrasante d'Albertains estime que les compagnies pétrolières devraient réduire les gaz à effet de serre dans chacune de leurs installations. De plus, ils sont 70 % à rejeter l'idée d'une réduction basée sur l'intensité des émissions, comme le plan vert du gouvernement Harper et le plan vert de leur propre province le prévoient pourtant. Même dans le fief pétrolier, les Albertains jugent que les compagnies doivent réduire de manière absolue les émissions de gaz à effet de serre (GES), même si le coût est plus élevé pour les entreprises.

C'est ce qui se dégage d'un nouveau sondage commandé par l'Institut Pembina et transmis au Devoir. L'organisme spécialisé en environnement a demandé à la firme Probe Reseach de mener un sondage téléphonique auprès de 500 adultes en Alberta. Le sondage a été mené du 3 au 16 avril et la marge d'erreur est de 4,4 % 19 fois sur 20. L'enquête d'opinion sera rendue publique demain.

Selon Matthew Bramley, de l'Institut Pembina, les conclusions du coup de sonde démontrent de façon éclatante que le gouvernement Harper va à contre-courant de l'opinion publique, même dans la très conservatrice Alberta. «Le gouvernement Harper est déconnecté de la réalité. Non seulement les cibles basées sur l'intensité sont incompatibles avec la science des changements climatiques, mais, en plus, c'est contre la volonté de la population. Même les Albertains jugent qu'il faut avoir des cibles absolues, quitte à faire payer davantage les pétrolières», a affirmé Matthew Bramley au Devoir.

La première question du sondage était la suivante: «Est-ce que les compagnies qui oeuvrent dans les sables bitumineux devraient réduire leurs émissions de gaz à effet de serre dans chacune de leurs installations?» 70 % des répondants se sont dits «fortement en accord», alors que 22 % se sont dits «en accord», pour un total de 92 %.

Mais la partie la plus intéressante concerne la manière de réduire les GES. Le plan Harper et le plan du gouvernement de l'Alberta misent tous deux sur des réductions basées sur l'intensité des émissions, c'est-à-dire une efficacité accrue par unité de production (par exemple, il s'agit de produire moins de GES par baril de pétrole). Par contre, si l'on produit plus, les émissions totales de GES vont continuer d'augmenter. Or, c'est le total dans l'atmosphère qui contribue au réchauffement de la planète.

Les Albertains rejettent cette approche. La question était la suivante: «On vous demande de comparer deux approches pour réduire les gaz à effet de serre. Pensez-vous que les cibles devraient réduire le total des émissions de GES sous le niveau actuel, même si cela coûte plus cher à l'industrie? Ou pensez-vous que les cibles de réductions doivent diminuer les émissions de GES par baril de pétrole produit, même si le total des GES continue d'augmenter?» 70 % des 500 répondants ont choisi la première option plus contraignante, alors que 20 % ont choisi la deuxième option basée sur l'intensité des émissions. 9 % ont choisi les deux ou se sont abstenus de répondre.

Matthew Bramley juge ces réponses d'autant plus intéressantes que les Albertains sont aux premières loges de la croissance pétrolière du pays. D'après l'Association canadienne des producteurs de pétrole (ACPP), la production de barils de pétrole devrait quadrupler entre 2005 et 2020, passant de un à quatre millions de barils par jour. Une croissance qui démontre que la réduction basée sur l'intensité, même si elle atteint 25 à 33 %, comme le veut le gouvernement Harper, ne sera pas suffisante pour compenser la hausse de production. «Les émissions absolues de GES dans le secteur des sables bitumineux vont au moins tripler durant cette période, même avec le plan Baird», avance Matthew Bramley.






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  • Roland Berger
    Abonné
    lundi 7 mai 2007 10h00
    Bravo !
    « Me voici en bonne partie réconciliés avec les Albertains. Je m'étais demandé jusqu'à maintenant si Harper avait l'appui de la population albertaine pour son plan «vert» ou s'il ne représentait en fait que les compagnies d'exploitation des sables bitumineux? Ce sondage répond à ma question.
    Roland Berger
    London, Ontario »

  • Fernand Trudel
    Abonné
    lundi 7 mai 2007 10h55
    Harper agi au lieu de crier
    « Le 12 mars dernier le gouvernement Harper démontrait sa ferme volonté à s'attaquer aux émissions des pétrolières. Mais le lobby kyotiste utilise toute la place médiatique pour conspuer le gouvernement en place sans lui laisser la chance d'annoncer ses interventions dans ce sens. Le discours négatif des kyotistes n'aura pas le pas sur les interventions positives de ce gouvernement car les écolos ne sont pas au pouvoir.

    Ainsi le communiqué officiel d'Ottawa se lisait comme suit:

    Le nouveau gouvernement du Canada investit dans la recherche sur la capture du carbone et produit des résultats concrets sur les réductions des gaz à effet de serre Le 12 mars 2007

    CALGARY - Le ministre des Ressources naturelles, l'honorable Gary Lunn, de concert avec les partenaires d'Innoventures Canada (I-CAN), a annoncé aujourd'hui, à l'Economic Club de Calgary, le financement d'un projet de création du Centre I-CAN pour la conversion du dioxyde de carbone (CO2).

    Sous la direction de l'Alberta Research Council, du Saskatchewan Research Council, de l'Industrial Technology Centre du Manitoba et du Centre de recherche industrielle du Québec, le Centre I-CAN pour la conversion du dioxyde de carbone (CO2) permettra de mettre au point des réseaux de microalgues qui auraient la capacité de capter jusqu'à 100 millions de tonnes de CO2 provenant des industries, telles que les usines alimentées au charbon et les projets d'exploitation des sables bitumineux. L'algue, une source précieuse de biomasse, pourra ainsi être transformée en une gamme de produits industriels et de sous-produits comme le gaz naturel renouvelable, l'hydrogène et les biocombustibles.

    « Ce projet est un exemple probant de l'engagement de notre gouvernement à trouver des nouveaux projets prometteurs qui aideront le Canada à acquérir une meilleure compréhension de la capture, du stockage et de l'utilisation du carbone, de déclarer le ministre Lunn. Il prend appui sur nos initiatives écoÉNERGIE, dont le Groupe de travail annoncé par le premier ministre la semaine dernière. Nous sommes résolus à fournir des résultats concrets aux Canadiens et à réduire les émissions de gaz à effet de serre. »

    Ressources naturelles Canada (RNCan) verse des fonds de 100 000 $ pour la première phase du projet. Le financement de RNCan appuiera les principales fonctions de recherche et développement et les études de définition, contribuant ainsi à l'élaboration d'une analyse de rentabilisation pour une installation pilote intégrée.

    « En réunissant un groupe important d'experts venant de partout au Canada, I-CAN est le véhicule choisi pour entreprendre des projets complexes de grande envergure qui aideront l'économie canadienne à innover, à se développer et à prospérer, d'affirmer John McDougall, président-directeur général de l'Alberta Research Council et président du conseil d'administration d'I-CAN. Nous sommes très heureux de voir le gouvernement fédéral se joindre à nous dans cet important projet, qui constituera un progrès de plus pour trouver des façons innovantes de réduire les émissions de gaz à effet de serre. »

    I-CAN est le mécanisme qui allie les ressources de l'industrie, des gouvernements et des organismes de recherche pour diriger de grands projets de recherche et développement au Canada. Les partenaires financiers d'I-CAN pour ce projet comprennent : Shell Canada Limitée, Epcor Utilities Inc., Graymont, RNCan et le gouvernement de l'Alberta.

    Je rappelle les paroles du président international de Deutch-Shell, Jeroen Van Der Veer, à Dubaï devant le panel pétrolier.

    «M. Van Der Veer a affirmé que les sociétés d'énergie seraient prêtes à travailler de concert avec les gouvernements afin de résoudre cette problématique, à la condition qu'il y ait une structure mondiale de réglementation pour obliger les gouvernements à respecter les mêmes normes. Il a déclaré que le protocole de Kyoto, qui concerne 35 pays industrialisés, constituait un bon départ.

    M. Van Der Veer a déclaré qu'il fallait uniformiser les règles du jeu au point de vue du respect de l'environnement et s'assurer que tous les pays les suivent. Sinon, des compagnies comme Shell auraient peu d'intérêt à investir dans des mesures dispendieuses de réduction d'émissions polluantes, puisqu'elles pourraient tout simplement déménager dans un pays voisin qui n'a pas adopté des normes aussi sévères.»


    Personnellement, je crois que le gouvernement actuel a une approche plus réaliste du problème que les alarmistes qui tirent dans toutes les directions du moment qu'ils rabaissent les efforts de ce gouvernement. Cette attitude des kyotistes est celle du crois ou meurs ou autrement dit si ce n'est pas LEUR solution, ce n'est pas la bonne.

    Travailler de concert avec les pétrolières, comme I-CAN le fait, est la seule façon d'arriver à des résultats concrets et rapiides. Les kyotistes eux préfèrent l'affrontement et la contrainte, jeu dangereux économiquement et improductif car pendant qu'on s'obstine, rien n'avance. Pourtant les pétrolières sont pressées d,arriver à des résultats car la production mondiale loin de diminuer va connaitre un boum tel que décrit dans cet autre extrait du discours de Monsieur Van Der Veer à Dubaï.

    «L'urgence de réduire les émissions de CO2 pourrait bientôt devenir plus manifeste. La tête dirigeante de Shell a déclaré que la consommation d'énergie augmentera de 50 % d'ici les 25 prochaines années, à cause surtout de la demande accrue pour le pétrole et le gaz naturel en Chine et en Inde, mais aussi dans le monde occidental.»

    La lutte dogmatique de Kyopto a atteint son but de conscientiser les parties à faire des efforts pour nettoyer leurs dégats sans savoir si ceux-ci vont influencer le climat.Je suis encore sceptique mais l'heure est à l'action, nous n'avons plus le temps de savoir qui a tort ou raison.

    Messieurs les écolos à table avec les pétrolières et le gouvernement Harper, ca urge! I-CAN vous attend... »

  • jacques noel
    Inscrit
    lundi 7 mai 2007 11h47
    Le fédéralisme rentable...
    « Non seulement on paie le prix international pour notre pétrole
    Non seulement nos PME sont lourdement touchées par la piasse à 90 cennes, dopée par le maudit pétrole
    Mais, la cerise sur le gâteau, on va devoir payer 2 à 3 milliards par année pour acheter des crédits de dépollution!
    Pendant ce temps c'est la guerre au PQ... »

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