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Étude conjointe de l'UQAM et de l'Université de Montréal - La pauvreté nuit au développement des enfants

26 novembre 2002  Société
Québec — Des chercheurs montréalais tirent la sonnette d'alarme pour rappeler l'importance de s'attaquer au problème de la pauvreté chez les jeunes enfants. Car la pauvreté, surtout si elle est liée à la monoparentalité et au manque d'instruction des parents, nuit au développement des enfants d'âge préscolaire, conclut une équipe de chercheurs de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) et de l'Université de Montréal.

Selon les auteurs de la recherche, rendue publique hier et intitulée Conditions de vie, milieux, parentage et développement des enfants, il est possible de prédire quel sera le développement cognitif d'un enfant et son état de santé en examinant son environnement familial actuel.

L'étude a été menée dans la grande région de Montréal entre 1998 et 2001 auprès d'un millier de familles ayant un enfant âgé entre 20 et 42 mois. «Si les conditions ne changent pas, leur retard risque de s'accentuer avec le temps. Lors de l'entrée à l'école, ces enfants n'auront pas acquis les habiletés qui leur permettent de bien s'adapter. Ils ont de fortes chances de se retrouver sur une trajectoire d'échec», peut-on lire dans le document.

Les huit chercheurs — parmi lesquels on retrouve l'auteur du rapport Un Québec fou de ses enfants, Camil Bouchard — insistent beaucoup dans leur étude sur «l'importance des interactions parent-enfant», comme de faire régulièrement la lecture à son enfant, de parler et jouer avec lui.

«La précarité du revenu, la sous-scolarisation des parents, la monoparentalité et les divers facteurs de stress associés à ces conditions rendent difficiles la vie familiale et la possibilité pour les parents d'offrir à l'enfant un milieu de vie stimulant», disent les auteurs de l'étude.

En point de presse, M. Bouchard, qui est chercheur au département de psychologie de l'UQAM, a dit qu'il comptait notamment sur le projet de loi 112 de lutte contre la pauvreté et à l'exclusion sociale, présentement à l'étude à l'Assemblée nationale, pour offrir de meilleures conditions de vie aux familles démunies. «Les politiques de protection sociale devraient être enrichies et améliorées», croit-il, se disant soucieux de l'importance de réduire l'écart entre les familles riches et les familles pauvres.

Il constate que le sentiment d'être un parent incompétent est directement proportionnel au manque d'instruction et de moyens. Les mères, en particulier, se sentent souvent démunies, dépassées par les événements et isolées. «Plus stressées, elles se montrent plus contrôlantes et trouvent plus de problèmes avec leurs enfants», dit-on.

Par voie de conséquence, dans les faits, «pour les enfants, cela se traduit par la fréquentation quotidienne d'environnements moins stimulants, moins sécuritaires et sans doute moins stables», peut-on lire en conclusion de l'étude.

Les enfants de familles dont les parents proviennent de pays en voie de développement éprouvent encore plus de difficultés que les autres.

«Il faut tout mettre en oeuvre pour contrer la pauvreté, la sous-scolarisation et l'isolement des parents de jeunes enfants», peut-on lire dans le communiqué préparé par les auteurs, qui encouragent tous les parents — même ceux qui ne travaillent pas — à utiliser les services des Centres de la petite enfance afin que leurs enfants obtiennent toute la stimulation nécessaire à leur plein développement.






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