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La FTQ s'inquiète du recul du français au travail

Stéphane Baillargeon   31 mars 2007  Société
Environ la moitié des Québécois francophones qui travaillent dans les deux langues dans le secteur privé communiquent principalement en anglais avec leurs supérieurs, leurs collègues et leurs subordonnés anglophones. L'usage du français décroît encore avec les allophones arrivés récemment au pays. Plus de la moitié des quelque 40 000 immigrants reçus ici chaque année n'ont d'ailleurs aucune connaissance du français.

«Il faut qu'un sérieux coup de barre soit donné dans ce dossier», dit au Devoir René Roy, secrétaire général et responsable du dossier de la francisation à la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ). «L'immigration non francophone a fait reculer la francisation dans certains milieux de travail depuis 1995. Il faut pousser sur le ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles pour donner plus de formation.»

Une centaine de membres des comités de francisation de la fédération se sont réunis hier dans un hôtel de Montréal pour faire le point sur l'avancement du français comme langue de travail, alors que 2007 marque le 30e anniversaire de l'adoption de la Charte de la langue française au Québec. «La FTQ est la seule centrale à avoir bâti un réseau de militants dans les milieux de travail», dit fièrement M. Roy.

Louise Beaudoin, ex-ministre responsable de la Charte, a prononcé une conférence sur le thème. L'un des objectifs de la mesure législative visait précisément la francisation massive des milieux de travail.

«Nous participons à l'application de la loi 101, dit le secrétaire général. Environ 80 % des entreprises ont obtenu leurs certificats de francisation. Les communications écrites et parlées avec les employés se font beaucoup en français, comme l'affichage des postes. Mais il reste du travail à faire. Par exemple, les manuels des outils sont souvent en anglais, même quand les outils viennent d'Asie ou d'Europe. L'anglais est la langue de la mondialisation.»

La journée de discussion a également débouché sur l'identification de certaines zones plus fragiles, dans la partie ouest de l'île de Montréal, évidemment, mais aussi dans la partie ouest du Québec, à la frontière de l'Ontario. «Il faut que l'Office de la langue française intervienne davantage en Outaouais», résume M. Roy.

Finalement, les délégués ont déploré l'absence de considération pour la langue et la francisation pendant la toute récente campagne électorale. «Nos gens sont inquiets, conclut le secrétaire général de la FTQ. Nous allons nous bagarrer et organiser des manifs pour remettre cette question à l'ordre du jour.»






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  • Sylvie Provost
    Inscrite
    samedi 31 mars 2007 06h33
    Étonnant?
    « La loi 101 n'est pas appliquée. Allez sur Freecycle, la communauté yahoo d'échange d'objets gratuitement. Vous serez étonné de constater le nombre d'anglophones qui vivent à Montréal sans connaître un traître mot de français. C'est comme si Québec avait abdiqué et laissé Montréal aux allophones et anglophones. Welcome in Canada! Après ça, on se demande pourquoi les québécois des régions réagissent aussi fort quand on parle d'accommodements raisonnables. Est-ce que les immigrants veulent s'intégrer à notre communauté ou au Canada anglais? S'ils veulent s'intégrer au Canada anglais, ils devraient aller s'installer à Toronto. La société d'accueil au Québec est francophone. »

  • léon CHARLES
    Inscrit
    samedi 31 mars 2007 07h53
    C'est un résultat et non un fait !!!
    « De 1966 à 1971 (j'avais avec ma femme 22 ans ) nous sommes venus émmigré dans la belle province pour travailler et y faire notre vie .Il en a résulté que nous avons eu trois beau CANADIENS Québécois ,mais tout comme moi ils étaient des "Maudits Français" qui venaient pour manger le pain des Québécois , alors fatigué d'entendre cela tous les jours nous sommes retournés en France ,et bien entendu nous avons dit comment les Français étaient reçu au QUEBEC ,aprés il ne faut pas s'étonner que le Français se meur !!!!! »

  • Guy Chicoine
    Abonné
    samedi 31 mars 2007 08h27
    Pas seulement chez les enseignants ...
    « Le français, langue de travail, est important partout au Québec.
    Une attention spéciale devrait être portée par les commissions scolaires francophones du Québec lors de l'engagement du personnel. Il arrive que, malgré que l'exigence de la maîtrise du français parlé, écrit soit requis dans l'affichage d'un concours à un poste de direction d'école ... que la personne nommée officiellement dans une école française à Québec ne maîtrise ni la langue parlée, ni la langue écrite ! Aberration accommodante ?

    Guy Chicoine
    Québec »

  • Roland Berger
    Abonné
    dimanche 1 avril 2007 15h37
    Le Québec se suicide
    « Aidé voire poussé par les Charest fédéralistes et les Dumont autonomistes, le Québec se suicide lentement mais sûrement. Après tout, pourquoi serait-ce si important que le Québec demeure français de langue et de culture ? Mais qu'est-ce qu'ils peuvent bien vouloir ces « fatigants » qui font reculer l'emploi en obligeant les entreprises à travailler en français ? Refuseront-ils toujours de passer à l'ère de la mondialisation dans laquelle l'anglais est la langue universelle ? Pourquoi s'obstiner ? S'il était plus « lucide », Jean-Marc Fournier introduirait l'enseignement au primaire moitié en français moitié en anglais. Deux générations et l'on pourrait abandonner toute forme d'enseignement du français. Voyons, un peu de courage !
    Roland Berger
    London. Ontario »

  • Marc Lavallée
    Inscrite
    dimanche 1 avril 2007 22h33
    L'informatique est préférée en anglais même lorsque disponible en français
    « Je travaille dans un milieu bilingue, mais surtout en français. Je travaille exclusivement avec des outils informatiques, et je m'évertue à utiliser les versions françaises des logiciels, ce qui m'est facilité par l'utilisation de logiciels dits "libres" (sous "Linux", pas Windows), parce toutes les communautés linguistiques du monde entier sont en mesure de traduire (et créer) eux-mêmes leurs outils informatiques.

    Pour faire une histoire courte, en vingt ans de pratique, la plupart de mes collègues informaticiens utilisent encore leur clavier et des logiciels en anglais, et comprennent leur métier d'abord en anglais. Pourtant, ils sont francophones. Pourtant, presque tout ce qu'ils ont besoin est disponible en français. Malgré le fait que les français (en France) travaillent leur informatique en français, malgré que les chinois travaillent avec des ordinateurs en chinois, le francophone québécois aime à croire que l'informatique est un outil qui fonctionne mieux en anglais. C'est quoi son problème?

    Le québécois francophone est encore (excusez l'expression fort bien utilisée à une certaine époque où il se faisait "brasser le canayen"), un "osti de colonisé"... »

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