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Accommodements raisonnables - Des fenêtres claires munies de stores pour le YMCA du Parc

Alexandre Shields   20 mars 2007  Société
Le YMCA du Parc est au coeur d’une controverse depuis l’installation de fenêtres givrées pour satisfaire la communauté juive hassidique.
Photo : Pascal Ratthé
Le YMCA du Parc est au coeur d’une controverse depuis l’installation de fenêtres givrées pour satisfaire la communauté juive hassidique.
Après moult remous et toute une tempête médiatique, le YMCA de l'avenue du Parc fait en quelque sorte marche arrière, puisqu'il installera des «des fenêtres claires avec des stores» dans la salle d'entraînement dont les vitres donnent sur une école juive orthodoxe. Ce seront les usagers de ladite salle, située au deuxième étage, qui choisiront d'ouvrir ou non les stores.

Cette option a été retenue parce qu'elle a recueilli l'assentiment de 72 % des 302 abonnés sondés par la direction du YMCA montréalais pour trouver une solution de rechange aux controversées vitres givrées, qui avaient été installées l'année dernière à la demande de la communauté juive hassidique. Celle-ci avait alors assumé les coûts de l'installation.

Le directeur du YMCA du Parc, Serge Saint-André, a toutefois admis hier que le retour des fenêtres claires ne faisait pas l'affaire des représentants de la communauté juive hassidique. «C'est sûr que ce n'est pas la solution que eux [les juifs hassidim] souhaitaient, mais c'est la solution à laquelle on est arrivés. Nous sommes convaincus que notre décision est la meilleure possible dans la situation présente», a-t-il souligné.

«Leur demande est toujours la même, que ce qui se passe dans cette salle ne soit pas visible de l'autre côté de la ruelle. Notre réponse a été que le choix va venir de l'intérieur, de nos membres, les utilisateurs de la salle. Ce sont à ces personnes que l'on veut répondre davantage dans cette situation», a ajouté M. Saint-André. Il n'a pas été possible d'obtenir des commentaires de représentants de la communauté juive.

Un tollé

Le directeur du YMCA s'est par ailleurs dit «très surpris» par le tollé soulevé par toute cette affaire, qui avait balayé le Québec et soulevé un débat sur la question des accommodements raisonnables. M. Saint-André a rappelé que la décision d'installer des vitres givrées avait été prise strictement pour des raisons de «bon voisinage». «Cette solution permettait d'offrir plus d'intimité aux abonnés qui le désiraient, tout en satisfaisant la demande du voisinage de limiter la vue qu'elle avait sur cette salle d'entraînement», a-t-il expliqué.

En fait, la première décision de mettre des stores dans les fenêtres de la salle 2B remonte à 1995. À cette époque, le YMCA avait reçu plusieurs demandes de la part de la communauté juive hassidique pour limiter la vue qu'elle avait sur la salle d'entraînement. En mars 2006, les stores brisés devaient être remplacés. C'est alors que le choix des vitres givrées s'est présenté.

C'est la tempête médiatique de l'automne dernier qui a forcé la direction du centre d'activités physiques à se pencher sur sa décision, a avoué Serge Saint-André. Le dépôt d'une pétition de 250 noms d'usagers du YMCA opposés à la présence des vitres givrées y serait aussi pour quelque chose. Quelques-uns des signataires de cette pétition ont profité de la rencontre de presse très courue d'hier pour manifester leur mécontentement, soulignant notamment que l'ampleur que la contestation aurait dû, à elle seule, motiver le retour des fenêtres claires. Bref, que le sondage que la direction a mené était inutilement coûteux.

La personne à l'origine de la pétition, Renée Lavaillante, s'est néanmoins dite satisfaite de la décision prise hier, même si elle considère que les stores sont superflus. «Je n'aurais pas mis de stores parce que je trouve que vouloir fermer les fenêtres pour ne pas être vus des Hassidim, c'est la même question qu'on perpétue. On devrait permettre tout simplement l'ouverture et ne pas faire du tout de ghetto à leur égard», a-t-elle commenté.

Elle juge tout de même que le débat soulevé par cette question est important pour la société québécoise. «Tout le monde a le droit de demander n'importe quoi. C'est à nous de savoir quoi répondre pour rester nous-mêmes et garder nos valeurs», a dit Mme Lavaillante.






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  • Genevieve Fiset
    Abonnée
    mardi 20 mars 2007 03h22
    Une solution équitable
    « Les mesures prises par les responsables du YMCA pour satisfaire la communauté juive assidique démontre leur respect pour les différentes communautés. Ce respect, ne doit toutefois pas être au détriment de sa propre communauté (les usagers du YMCA).

    Si un changement ne peut pas être admissible de la part du YMCA par respect pour ses membres, peut-être alors que la commuauté juive devrait prendre l'initiative de son côté.

    Des fenêtres givrées dans les classes seraient une excellente option. Les élèves se concentraient mieux sur leur travail tout en évitant de rêvasser en regardant aux fenêtres... »

  • Sylvie Provost
    Inscrite
    mardi 20 mars 2007 06h29
    Le respect
    « Je suis d'accord avec Mme Lavaillante. Cependant, la décision de fermer les stores ou non reviendra aux personnes présentes dans la salle et non aux personnes sur le trottoir... D'autre part, depuis quand est-ce qu'une salle de danse d'une cabane à sucre devient-elle un lieu de prière? Nos prêtres catholiques n'y ont jamais dit la messe que je sache. Si des gens d'autres religions veulent dire une prière après le repas, ils peuvent le faire à table, ou ils peuvent le faire au grand air... On respecte qui dans tout ça? Je ne comprends pas qu'on puisse retirer aux québécois l'usage de la piste de danse pour permettre une assemblée de prière. Une cabane à sucre n'est pas une mosquée. Ces personnes qui demandaient un endroit pour prier ne pourraient-elles pas accepter de s'accommoder ou lieu de toujours nous demander à nous de nous tasser? »

  • Alain Bidjerano
    Inscrit
    mardi 20 mars 2007 08h38
    À Madame Crevier
    « Juste une petite précision pour Madame Crevier. Le problème ne provient pas du fait que les fenêtre du YMCA sont visibles des salles de classe mais qu'elles sont visibles de la cour de récréation qui donne sur la ruelle derrière le YMCA. »

  • Roland Berger
    Abonné
    mardi 20 mars 2007 09h36
    Et les trottoirs ?
    « Il s'agit maintenant de demander, comme accommodement raisonnagle, que les femmes des gentils portent des robes noires les couvrant de la tête aux pieds lorsqu'elles déambulent sur les trottoirs. Pourquoi en effet auraient-elles le droit de s'exposer aux regards des Hassidim ? Les non-Juifs n'ont vraiment aucune morale ?
    Roland Berger
    London, Ontario »

  • Pierre Innis
    Abonné
    mardi 20 mars 2007 12h09
    commentaire
    « Nous pouvons trouver comme exemple les fenêtres de certains sites des ateliers de maigrissement CURVES:- des motifs en givré qui maintiennent contact visuelle avec l'extérieur mais rendent difficile la vue de l'intérieur à partir de l'extérieur. »

  • Victor H. Ramos
    Inscrit
    mardi 20 mars 2007 15h07
    Faits déformés et surdimensionnés, préoccupations légitimes
    « Il est difficile de comprendre qu'un journal sérieux comme Le Devoir continue à répandre la confusion qui s'est installée dans l'esprit des gens en relation à la figure légale, pourtant bien précise, qu'est l'« accommodement raisonnable » et les préoccupations légitimes des citoyenEs para rapports à nos institutions civiques, nos valeurs et à notre identité sociale.

    Vous devez savoir que l'accommodement raisonnable est une notion qui est utilisée selon les paramètres bien précis de nos Chartes, québécoise et canadienne. La Commission des droits de la personne le définit comme Obligation judirique découlant du droit à l'égalité, applicable dans une situation de discrimination et consistant à aménager une norme ou une pratique de portée universelle, en accordant un traitement différentiel `a une personne qui, autrement, serait pénalisée par l'application d'une telle norme.

    Il n'y a pas d'obligation d'accommodement en cas de contrainte excessive. (Soulignés par nous) « Contrainte excessive », notion juridique bien énoncée aussi par la jurisprudence de plus de vingt ans d'application. Cette notion née de la pratique met comme limite 16 points concrets à l'accommodement dans le milieu du travail et cinq « éléments essentiels non négociables du système scolaire » dans le milieu de l'enseignement. Pour que quelqu'un puisse demander un « accommodement raisonnable », il faut, d'abord, que sa demande soit comprise dans les 14 cas bien spécifiés de « discriminations interdites » qui figurent dans l'art. 10 de notre charte québécoise. De plus, il faut que la demande ne cause pas de « contrainte excessive ».

    Le cas très médiatisé des vitres givrées du YMCA du Parc est un cas d'entente ou d'accord PRIVÉ et non d'accommodement raisonnable. C'est la situation de la plupart des cas présentés comme s'il s'agissait d'accommodements. D'autre part, sur 4000 plaintes présentées à la Commission des droits de la personne de 2000 à 2005, seulement 85 cas s'appliquaient à la religion (2.16 %)! Et sur ce nombre, moins de 30 étaient des cas de demande d'accommodement raisonnable, dont la majorité était présentée par des membres des religions chrétiennes! Les médias ont contribué à dépeindre une situation qui ne s'ajuste pas à la réalité et qui a servi de prétexte à quelques politiciens sans idées substantielles pour se faire du capital politique facile. Et surtout, cet exercice a servi à dévier l'identification des véritables sources du malaise des citoyenEs en relation aux dangers bien réels qui guettent nos institutions démocratiques et civiques.

    À l'encontre de la réalité, l'accommodement raisonnable et quelques communautés culturelles sont présentés comme Les sources des tous les dangers pour notre culture publique commune. Cependant, le déficit démocratique, la pauvreté et l'exclusion croissante, l'insécurité au travail, les lois « antiterroristes » liberticides qui érodent nos institutions et les fondements mêmes de notre société, dont les causes complexes il faut plutôt les chercher dans les dynamiques déstabilisatrices des valeurs et des actions de l'idéologie mondialiste qui détruit la Cité, espace inclusif, au profit du marché dominé par les transnationales, espace exclusif.

    Devant la situation de confusion, d'une part, il faut un exercice de vulgarisation de l'accommodement raisonnable, sur ses possibilités et limites, de sorte à établir ou à démystifier sa portée réelle sur nos institutions. D'autre part, devant les préoccupations justifiées des citoyenEs, il faut faire une profonde réflexion pour bien identifier les véritables forces centrifuges qui effritent nos droits et nos valeurs collectives.

    Le problème central ne se situe pas entre citoyenEs et citoyenEs selon leurs origines, mais plutôt entre les citoyenEs de toutes les origines qui ont une vie et une destinée communes et la nouvelle élite transnationale sans foyer ni patrie.

    Victor H. Ramos
    INTER-CULTURES »

  • MENARD Marie-Françoise
    Inscrite
    mardi 27 mars 2007 12h04
    Quelle horreur ce communautarisme du monde occidental!
    « Bonjour,
    Intéressée par ce qui se passe chez vous, cousins Québécois, je suis ahurie par ce communautarisme qui sévit dans le monde occidental, chez vous, en France, de plus en plus!
    Je crois qu'être Laïc pour moi,c'est respecter autrui;cela n'empêche pas d'être catholique comme moi, ou autre!
    J'ai l'impression que nous allons sans arrêt à Canossa; que nous régressons pour nous engouffrer dans l'obscurantisme le plus total!
    Cela aussi, c'est un phénomène négatif de la mondialisation!
    Je vais bientôt me sentir, chez moi, à Paris, comme une Indigène Amérindienne chez vous!
    Trop,c'est trop, et pourtant j'ai été élève de l'enseignement privé catholique strict où l'église et activités annexes occupaient une large place, où l'uniforme bleu-marine était de rigueur avec des manches montées etc...nonobstant, rien à
    voir avec ce que certains représentants de religions ou sectes font subir aux femmes et aux filles!
    Diderot et CIE, HELP, vive le Siècle des Lumières , à bas l'obscurantisme et ses dérives dont le terrorisme qu'ont subi Paris, New-York, Londres, Madrid et....
    Après, nous nous étonnons des résultats de l'extrême-droite , ici et là!
    Quand les gouvernements sont incapables de faire respecter les lois du pays et se prêtent à des "Accommodements", c'est la mort lente de la démocratie et de l'état de droit!
    La France vit cela depuis quelque temps; le Québec semble aussi sur cette voie!
    Eh oui, le grand historien français Max Gallo , d'origine italienne,prétend que, naguère, les immigrés venaient en France dans "une Maison structurée" avec des lois établies et
    qu'ils s'adaptaient; aujourd'hui c'est la France qui doit s'adapter aux immigrés dont certains font la loi dans les cités!
    Voilà pourquoi cela va mal et cela fait le lit de l'extrême-droite!
    Bien sûr qu'il faut être respectueux et tolérant avec autrui mais j'ai un sentiment intense, très profond qu'à vouloir être trop accommodant, trop respectueux, on se fait dévorer et on y perd son intégrié et son âme!
    Soyez toujours accueillants mais ne faites comme la France
    qui perd son âme et qui devrait puiser des leçons au Québec pour la Francophonie! »

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