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Climat: le coût humain sera lourd

Le Devoir   12 mars 2007  Société
Des femmes tentent de recueillir dans une faille l’eau de l’aqueduc à l’aide de sacs de plastique, sur cette photo prise samedi à Hyderabad, en Inde. La pénurie d’eau, déjà tragique pour des millions de personnes, s’accentuera considérabl
Photo : Agence France-Presse
Des femmes tentent de recueillir dans une faille l’eau de l’aqueduc à l’aide de sacs de plastique, sur cette photo prise samedi à Hyderabad, en Inde. La pénurie d’eau, déjà tragique pour des millions de personnes, s’accentuera considérabl
Washington — D'ici deux décennies, des centaines de millions d'êtres humains n'auront plus d'eau, tandis que des dizaines de millions d'autres seront chassés de chez eux chaque année par des inondations meurtrières... Ce sont là quelques-unes des sombres projections qui devraient être contenues dans un nouveau rapport sur les conséquences du réchauffement climatique, que les spécialistes du GIEC doivent présenter le mois prochain en Belgique. Selon le projet dont l'Associated Press a obtenu des extraits, les maladies tropicales comme le paludisme se répandront. D'ici à 2050, on ne trouvera plus d'ours polaires que dans les zoos, leur habitat naturel ayant totalement disparu.

Et si, dans un premier temps, il y aura abondance de vivres en raison de saisons de cultures à rallonge dans les régions du nord, d'ici à 2080, des centaines de millions de personnes seront en revanche menacées par la famine.

Ce nouveau rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), qui doit être rendu public à Bruxelles le mois prochain, est le deuxième d'une série de quatre qui doivent être publiés cette année.

Selon certains chercheurs, ce nouveau rapport est le «coeur émotionnel» de la recherche en matière de changement climatique, le plus évocateur, qui décrit «l'histoire, la manière dont ça va affecter les gens, vous, moi, le voisin», explique Andrew Weaver, climatologue de l'Université de Victoria.

Extinction de masse

S'il offre une lueur d'espoir, dans le cas où les pays prendraient des mesures radicales pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, le rapport note que ce qui se passe aujourd'hui n'est pas encourageant: «les changements climatiques affectent aujourd'hui les systèmes physiques et biologiques sur tous les continents»: modification des habitats naturels, mort des récifs coralliens, acidification des océans, augmentation des pollens à allergies... En Amérique du Nord, note le rapport, «on ressent d'ores et déjà des dérèglements écologiques, sociaux et culturels, notamment des ouragans et des feux de forêts».

Mais le présent n'est rien comparé à l'avenir. Bientôt, le réchauffement climatique «influera sur la vie de chacun [...] et ce sont les plus pauvres qui seront le plus touchés», note Patricia Romero Lankao, du Centre national de recherches atmosphériques de Boulder, au Colorado. «Les choses se passent plus rapidement que nous l'avions cru au départ», ajoute-t-elle. «Nous sommes véritablement à la limite de l'extinction de masse» de nombre d'espèces, renchérit son collègue Terry Root de Stanford University.

Des centaines de millions d'Africains, des dizaines de millions d'habitants d'Amérique latine connaîtront des pénuries d'eau dans moins de 20 ans. D'ici à 2050, plus d'un milliard de personnes en Asie pourraient se trouver dans la même situation. Et d'ici à 2080, ces pénuries risquent de menacer entre 1,1 milliard et 3,2 milliards de gens, en fonction des niveaux de gaz à effet de serre.

La mortalité liée au réchauffement, entre diarrhées et malnutrition, devrait grimper d'ici à 2030, avec l'augmentation des cas de paludisme ou de dengue.

En Europe, les petits glaciers disparaîtront, les grands auront considérablement réduit d'ici à 2050. Et la moitié des espèces végétales d'Europe pourraient être vulnérables, en danger, ou tout bonnement avoir disparu d'ici à 2100. Aux États-Unis, le smog urbain va devenir un problème de plus en plus important et «les décès liés à cette pollution vont augmenter de 4,5 % d'ici à 2050», créant ainsi un risque substantiel pour la santé humaine.

D'ici à 2080, entre 200 et 600 millions de personnes pourraient souffrir de la faim, et 100 millions d'autres pourraient être victimes d'inondations chaque année en raison de la montée du niveau des océans.

Les continents frappés le plus durement seraient sans doute l'Afrique et l'Asie, ainsi que les îles et les pôles. L'Amérique du Nord, l'Europe et l'Australie seraient les plus épargnés.

Mais partout, «les styles de vie seront susceptibles de changer à cause du changement climatique», prédit le projet. Nombre de ces effets pourront être évités si le monde ralentit ses émissions de CO2: «la plupart des impacts majeurs sur le bien-être humain pourraient être évités, mais certaines conséquences majeures sur les écosystèmes sont susceptibles d'avoir lieu».

Hausse des températures garantie

Un premier rapport du GIEC, présenté à Paris à la fin janvier, avait confirmé l'accroissement considérable des GES dans l'atmosphère terrestre depuis l'ère préindustrielle, au point que cette hausse dépasse toutes les variations naturelles depuis 650 000 ans. Ce constat a amené les scientifiques à prédire une hausse moyenne de la température terrestre de 3 °C d'ici à la fin du siècle, dans une fourchette allant de 2 à 4,5 °C. La hausse maximale serait atteinte si les concentrations de CO2 passaient de 379 parties par million, comme c'est le cas à l'heure actuelle, à 750 ppm.

Les chercheurs ont aussi révisé leurs calculs sur la hausse réelle de la température de la planète depuis 100 ans. Elle atteint désormais 0,74 °C et non pas 0,6 °C, comme on le pensait jusqu'ici. Cette très forte hausse — près de 25 % de plus que les chiffres du dernier rapport, en 2001 — s'explique par le fait que 11 des 12 dernières années ont été les plus chaudes depuis 1850. Ce dernier siècle a en fait été le plus chaud dans l'hémisphère Nord depuis 1300 ans.

Le bilan définitif du GIEC a par ailleurs confirmé que si on ramenait immédiatement les concentrations de dioxyde de carbone (CO2) au niveau de l'an 2000, la température du globe augmenterait néanmoins de 0,1 °C pendant les deux prochaines décennies. Mais comme un tel scénario est purement théorique, la réalité sera fort différente: les 23 modèles mathématiques mis à contribution prévoient une hausse moyenne de 0,2 °C pour chacune des deux prochaines décennies (total: 0,4 °C), soit une augmentation de près de 50 % en 20 ans par rapport à celle survenue au cours des 250 dernières années (0,7 °C).

Ce document résumait les conclusions de 600 auteurs répartis dans 40 pays et des travaux qu'ils ont menés depuis six ans. Ces travaux ont été soumis à 600 examinateurs au cours de la dernière année et le bilan qu'en a tiré le GIEC a été passé à la loupe par les gouvernements signataires de la Convention sur les changements climatiques, dont les États-Unis et le Canada. Les 300 spécialistes dépêchés à Paris par les gouvernements ont finalement approuvé — à l'unanimité — la version finale de la synthèse scientifique. Cette synthèse constitue le squelette du bilan scientifique final — près de 400 pages — qui sera publié en mai.

Auparavant, un troisième rapport désignera les mesures possibles de contrôle ou de mitigation du mégaphénomène et certains moyens d'en atténuer les séquelles pour l'humanité et les écosystèmes.

***

Avec Le Devoir






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  • Roger Rousseau
    Abonné
    dimanche 11 mars 2007 22h05
    Le climat.
    « Ma première réaction à ls suite de ce que je viens de lire, serait d'éviter toute nouvelle naissance à l'avenir. »

  • Benoît Gagnon
    Abonné
    lundi 12 mars 2007 01h04
    "L espoir luit comme un grain de paille". par Benoît Gagnon
    « L`expertise que nous bous soumettez est fondé des études crédibles certainement, mais mais il me semble que les modèles soient à l`exemple des modèles des assurances sur les prévision des accidents. On peut donc avoir certaines réserves sur les conclusions mais on ne peut pas ne pas être inquiet. »

  • Bernard Gilbert
    Abonné
    lundi 12 mars 2007 04h16
    La solution finale
    « Vivement la disparition de l'espèce humaine... Avant d'exporter notre capacité de détruire hors de notre planète. »

  • André Fauteux
    Abonné
    lundi 12 mars 2007 06h34
    Le Québec dort au gaz
    « Autre confirmation qu'il faut absolument que nous changions nos comportements
    de consommateurs, nous qui gaspillons tellement l'eau et l'énergie, notamment.
    Qu'avons-nous faits pour nous préparer à la prochaine grande crise du verglas?
    André Fauteux, éditeur
    Magazine La Maison du 21e siècle »

  • Daniel Fortin
    Inscrit
    lundi 12 mars 2007 08h25
    L'urgence de faire le virage Vert
    « Oui, nous avons besoin de faire des changements radicaux si l'on veut limiter la catastrophe planétaire qui nous pend au bout du nez.

    Je suis convaincu que plusieurs d'entre vous, tout comme moi, font déjà un maximum d'efforts au quotidien pour réduire notre empreinte écologique, et plus particulièrement nos rejets de GES. Ces gestes sont hyper-importants, mais ne suffiront visiblement pas.

    Nous devons amorcer dans nos sociétés une révolution environnementale, un peu comme le Québec a accompli la révolution tranquille il y a quarante ans. Dans un cas comme dans l'autre, il est essentiel que nos gouvernements soient partie prenante, voire au-devant, pro-actifs et décidés, comme le fut le gouvernement de Jean Lesage losrqu'est venu le temps de changer la face de la société.

    Nous aurons la chance dans deux semaines de faire entendre nos préoccupations par l'élection d'un gouvernement à Québec. C'est une occasion qui ne se présente qu'une fois tous les cinq ans. Il ne faudrait pas manquer celle-ci, l'urgence environnementale est trop importante.

    La meilleure façon de faire savoir au prochain gouvernement que nous exigeons le virage vert, c'est d'appuyer le parti qui porte la préoccupation environnementale au coeur de son programme, soit le Parti Vert du Québec. Plus l'appui au PVQ sera important, plus le message sera reçu efficacement par le prochain gouvernement, quelqu'en soit la couleur. Il faut voir la présence des Verts sur le bulletin de vote du 26 mars comme un « bouton vert », et j'invite tous ceux qui exigent des gestes concrets à appuyer sur ce bouton et à envoyer le signal.

    Les grands partis ne sont pas insensibles aux points de pourcentage qui leur échappent, surtout s'il s'ajoutent à ceux des petits partis qui n'ont à court terme pas de chance de former le gouvernement. Le message y est ainsi doublement fort : « J'ai décidé d'appuyer le parti qui porte mes convictions les plus profondes, même en sachant qu'il ne sera pas élu ». Je vous jure que ce message sera pris en compte.

    L'appel est lancé plus particulièrement aux électeurs de Bourget, où le chef des Verts, Scott Mckay, pourrait devenir le premier député Vert de l'assemblée nationale. Les partis verts sont présents dans les paysages politiques de presque toutes les sociétés occidentales, et plusieurs députés verts y sont élus et participent aux gouvernements. Il s'agit d'une mouvance mondiale et le Québec est trop important pour ne pas en faire partie.

    Ne manquons pas le bateau, ne le laissons pas couler non plus!


    Daniel Fortin
    Candidat du Parti Vert du Québec dans Chicoutimi

    courriel : danielfortin@pvq.qc.ca

    Site du parti : www.pvq.qc.ca »

  • Pierre Marchand
    Inscrit
    lundi 12 mars 2007 08h32
    De la fatalité à l'éveil et l'action
    « Quand je lis cette article et les commentaires des lecteurs ce qui me sautent aux yeux est le fatalisme en trame de fond. Quant à moi quand je lis cette article je sens d'abord cette fatalité qui ne dure que quelques secondes et qui est remplacé complètement par le positivisme qui transpire d'entre ce type de nouvelles....Et si nous étions la solution, tout un chacun et si grâce aux minuscules petits geste de chacun nous avions les ressources nécessaires pour faire basculer cette tendance....je crois et dis que OUI nous sommes à ce point important et centrale dans ce jeu de vie et de mort qui se déroule. Chacune de ces nouvelles doit nous inspirer tous et chacun à nous dépasser, à poser des gestes concrets individuellement afin de ne pas en rajouter, afin d'influencer le cours de cette histoire dont nous avons chacun de nous le principal rôle. Il est temps que les gens arrêtent de s'assoeir sur leurs fesses et se retroussent les manches et agissent plutôt que d'attendre que le voisin le fasse ..ou pire encore que le gouvernement le fasse à sa place. C'est une occasion magnifique pour chaque citoyen d'entrer dans l'action, dans le mouvement d'agir plutôt qu'encore une fois regarder passer la parade en se disant que l'on pourrait faire mieux...Faisons mieux dès maintenant individuellement et l'action deviendra par entrainement collective ! Nous pouvons y arriver et nous en avons les forces et ressources au fond de chacun de nous, DEBOUT ET AGISSONS ! »

  • pascale bourguignon
    Inscrite
    lundi 12 mars 2007 09h01
    Les vacances à Cuba
    « Et les élections, ça sert à quoi ? Il serait peut-être tout bonnement temps de voter pour un parti conséquent qui s'engage réellement à combattre par tous les moyens le réchauffement climatique.
    L'honneteté des partis est proportionelle aux mesures qu'ils prendront. On parle bien d'avenir et de bien être des populations futures, non ? À moins que les Québécois bien au frais dans leur glace ne se sentent pas concernés.
    Si c'est le cas, pensez aux vacances à Cuba ! Les virus, l'eau qui monte, les populations rendues extrémement agressives... fini les tout-compris !
    Convaincus ? »

  • Mathieu Dupuis
    Inscrit
    lundi 12 mars 2007 13h34
    Réveillez-vous!!
    « Je dois avouer que ce dernier article sur le réchauffement donne froid dans le dos, même si les frissons étaient bien présent depuis belle lurette. Les gouvernements frileux de peur de bouleverser l'économie, prennent des mesures bien peu féroces pour affronter cette bête pernicieuse en latence de montrer toute sa force et sa violence. Bien MESIEURS les ministres vous avez bien raison. Engrangez bien ces sommes d'argent qui vous seront Ò combien précieuse quand viendra le temps de soigner ces épidémies, de payer ces reconstructions, ces déportations, ces morts par million, ces famines, ces souffrances, cette désolation. Vos milliards nous seront bien utiles à ce temps. Vous vous croyez à l'abris dans vos pays industrialisés? La faim et la soif viendront cognez à votre porte. Votre surabondance de vivre, votre gaspillage, vos excès qui sont si fièrement étallés sur la place publique ne feront qu'alors jeter de l'huile sur un feu déjà grandissant. »

  • André Duchastel de Montrouge
    Abonné
    lundi 12 mars 2007 14h03
    Le retour...
    « Comme disent les Earth First: "Back to the Pleistocene!" »

  • Sara Trottier
    Abonnée
    lundi 12 mars 2007 20h00
    Ce sont encore les plus pauvres qui payent
    « Vous ne trouvez pas ironique que l'Afrique et l'Asie soient encore les premiers à payer pour notre voracité? Selon l'article, notre continent subira moins rapidement et dans une moindre mesure qu'au sud les effets des changements climatiques. Je pense que ça explique en partie notre inaction. On ne sent pas encore assez concernés. Quel égoïsme. Continuons donc à extraire le pétrole des sables bitumineux (un des plus grands désastres écologique de tous les temps), à faire rouler nos chars, à nous acheter le plus de bébelles possible, à faire de beaux voyages tout inclus en regardant les «pauvres» mourir de soif.
    Chacun d'entre nous doit s'impliquer et inciter les autres à le faire: acheter moins, exiger plus de qualité, utiliser son auto le moins possible: on peut tous le faire. »

  • Yvon Dionne
    Inscrit
    lundi 12 mars 2007 22h24
    Ça fa dur !
    « Ouais, je pense qu'il faudrait que l'on change le mandat du GIEC, pour qu'il ne s'occupe plus du climat. Si ça continue, son prochain soi-disant rapport va nous annoncer la fin du monde.

    De toutes façons il y a surpopulation dans plusieurs régions et c'est peut-être le temps d'investir dans des compagnies de croque-morts...

    Cordialement,

    Yvon Dionne
    St-Damase-de-L'Islet
    http://www.yvondionne.org »

  • Fernand Trudel
    Abonné
    mardi 13 mars 2007 16h59
    Quand ca sera fini...
    « Le réchauffement médiatique est à son comble. Les continents frappés le plus durement seraient sans doute l'Afrique et l'Asie, ainsi que les îles et les pôles. L'Amérique du Nord, l'Europe et l'Australie seraient les plus épargnés.

    Or ce sont tous les pays qui n'ont pas signé le protocole de Kyoto qui vont y gôuter. On nous fit carrément que nous serons épargnez. Mais du mpême coup on nous laisse sous entendre que l'on doit transférer nos épargnes vers l'Asie, l'Afrique et l'Amérique latine.

    Il est paradoxal que les pays en émergence ne se sentent pas concernés. Devons-nous être solidaires et vider encore nos petits cochons comme on le faisait dans notre enfance pour aider les même pays à s'en sortir. Sommes-nous les dindons de la farce ???

    Le GIEC est en train de nous dire que le phénomène dépasse l'humain. Alors le parti vert avec ses tramways parout au Québec peut se rhabiller.

    Ceux qui pensent que l'on doit tout bouleverser pour renverser cette tendance se trompent. Quand ce sera fini, ils me réveilleront, si je suis encore de ce monde... »

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