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La contamination du site Lavo est plus grave qu'on le croyait

François Cardinal   9 novembre 2002  Société
Le chantier de décontamination des terrains de l'ancienne usine Lavo est passé à un cheveu d'être arrêté. Une contamination «majeure, exceptionnelle et imprévue» a donné des maux de tête aux firmes de décontamination et à la Ville de Montréal, laquelle a été obligée de gratter ses fonds de tiroirs afin que se poursuivent normalement les travaux en vue d'une importante construction résidentielle.

L'administration Tremblay n'a eu d'autre choix, cette semaine, que de débloquer une somme additionnelle de 30 000 $ pour que la surveillance des travaux de décontamination du terrain situé dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve continue comme si de rien n'était. Le problème: au moment de l'exécution des travaux de démolition et de décontamination du premier des sept îlots de terrain (entre les rues Chambly et Nicolet), une quantité imprévue de sols contaminés a été trouvée.

«Cette contamination majeure, exceptionnelle et imprévue occasionne des dépassements de coûts dont l'ampleur justifiera l'arrêt du chantier de décontamination avant la fin des travaux prévus initialement», ont écrit les fonctionnaires municipaux dans un document présenté aux membres du comité exécutif il y a quelques jours.

Les études environnementales n'avaient pas décelé la présence dans le sol de deux réservoirs perforés et d'une conduite non étanche de produits pétroliers. «La quantité de matériaux souillés retrouvée sur cet îlot de terrain sera au moins deux fois plus considérable que ce que les études de caractérisation environnementale avaient estimé auparavant», précisent les fonctionnaires du Service environnement, voirie et réseaux.

D'ores et déjà, il est à prévoir d'autres augmentations de coûts lors de la phase 2 qui sera entamée au printemps 2003. En plus des éventuels imprévus, les tarifs d'élimination des sols contaminés ont récemment connu une importante hausse à Montréal.

Bien que la Ville ait à assumer ces dépassements lorsqu'ils surviennent, c'est ultimement le gouvernement du Québec qui paye puisque les coûts de la décontamination en question font partie intégrante d'une entente entre la Ville de Montréal et le ministère des Affaires municipales et de la Métropole qui prévoit que ce dernier remboursera l'intégralité des coûts des travaux.

En 1999, la Ville de Montréal annonçait, à la suite de cette entente, qu'elle allait se porter acquéreur de la bâtisse, décontaminer le sol et finalement vendre les terrains en procédant à un appel public de propositions. D'une superficie de 15 255 mètres carrés, les terrains pourront accueillir de 100 à 150 unités d'habitation de type maison de ville ou appartement.

Le Groupe Lavo, pour sa part, a déménagé ses pénates sur le boulevard Saint-Jean-Baptiste, à Rivière-des-Prairies.






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