André Ducharme, un vieil ado responsable
Le cofondateur de RBO et scripteur de Tout le monde en parle, revendique son statut d'adulescent
Q. Des critiques ont reproché au Bye-Bye 2006 présenté à Radio-Canada par Rock & Belles Oreilles de pratiquer un humour adolescent. Que leur répliquez-vous?
R. La plupart des critiques du Bye-Bye étaient positives, heureusement. Un des reproches entendus disait effectivement que les gars de Rock & Belles Oreilles se comportaient comme des adolescents attardés. Moi, franchement, je prends ça comme un compliment. Je trouve ça important de m'émerveiller, de m'amuser et de déconner parfois. En même temps, je suis un adulte éminemment responsable, comme pourront en témoigner tout ceux qui me connaissent. Je suis père de famille et j'assume mes responsabilités. J'ai un adolescent de 15 ans et un autre fils de 18 ans. Je suis avec la même femme depuis 24 ans. Je fais tous les efforts pour que mon couple marche et dure. Je suis aussi très, très consciencieux au travail, et je suis très travaillant. Je veux dire qu'il y a un temps et une place pour chaque chose dans ma vie, et je sais très bien être adulte ou ado quand il le faut.
Q. Des critiques reprochent aussi à Tout le monde en parle d'être «adulescent», un mélange de contenus adolescents dans une forme pour adultes. Comment réagissez-vous?
R. On nous reproche d'être parfois irresponsables et trop irrévérencieux. On nous reproche par exemple de poser certaines questions adolescentes à nos invités. Nous avons reçu Bernard Landry et l'avons installé devant des crottes de fromage et une bière pour une entrevue «chummy», sur le ton: «Heille, mon Berny»... C'est très adolescent comme comportement, juvénile même, de recevoir un ancien premier ministre et de le placer dans ce contexte. Moi, je trouve que c'est juste amusant et que ça dédramatise la situation.
Q. En même temps, cette attitude ado semble imprégner de plus en plus les médias, notamment les fictions. Faites-vous partie d'une nouvelle réalité québécoise?
R. Je ne me reconnais pas dans les personnages des Invincibles. Je ne dis pas qu'ils n'existent pas, je dis seulement qu'ils ne correspondent pas à ma vie réelle. Je crois aussi que ces personnages colorés et complexes existent depuis longtemps dans nos fictions. Le Jean-Paul Belleau de Lise Payette était une sorte d'immature irresponsable. Le Survenant aussi se détachait de ses responsabilités. Il n'y a donc rien de bien nouveau dans ce type de personnage, qui a toujours existé dans l'imaginaire québécois. C'est normal parce que les personnages parfaits et les groupes sans déchirements ne font pas de la bien bonne télé, ni de bons romans ou de bonne pièces de théâtre.
Propos recueillis par Stéphane Baillargeon
Q. Des critiques ont reproché au Bye-Bye 2006 présenté à Radio-Canada par Rock & Belles Oreilles de pratiquer un humour adolescent. Que leur répliquez-vous?
R. La plupart des critiques du Bye-Bye étaient positives, heureusement. Un des reproches entendus disait effectivement que les gars de Rock & Belles Oreilles se comportaient comme des adolescents attardés. Moi, franchement, je prends ça comme un compliment. Je trouve ça important de m'émerveiller, de m'amuser et de déconner parfois. En même temps, je suis un adulte éminemment responsable, comme pourront en témoigner tout ceux qui me connaissent. Je suis père de famille et j'assume mes responsabilités. J'ai un adolescent de 15 ans et un autre fils de 18 ans. Je suis avec la même femme depuis 24 ans. Je fais tous les efforts pour que mon couple marche et dure. Je suis aussi très, très consciencieux au travail, et je suis très travaillant. Je veux dire qu'il y a un temps et une place pour chaque chose dans ma vie, et je sais très bien être adulte ou ado quand il le faut.
Q. Des critiques reprochent aussi à Tout le monde en parle d'être «adulescent», un mélange de contenus adolescents dans une forme pour adultes. Comment réagissez-vous?
R. On nous reproche d'être parfois irresponsables et trop irrévérencieux. On nous reproche par exemple de poser certaines questions adolescentes à nos invités. Nous avons reçu Bernard Landry et l'avons installé devant des crottes de fromage et une bière pour une entrevue «chummy», sur le ton: «Heille, mon Berny»... C'est très adolescent comme comportement, juvénile même, de recevoir un ancien premier ministre et de le placer dans ce contexte. Moi, je trouve que c'est juste amusant et que ça dédramatise la situation.
Q. En même temps, cette attitude ado semble imprégner de plus en plus les médias, notamment les fictions. Faites-vous partie d'une nouvelle réalité québécoise?
R. Je ne me reconnais pas dans les personnages des Invincibles. Je ne dis pas qu'ils n'existent pas, je dis seulement qu'ils ne correspondent pas à ma vie réelle. Je crois aussi que ces personnages colorés et complexes existent depuis longtemps dans nos fictions. Le Jean-Paul Belleau de Lise Payette était une sorte d'immature irresponsable. Le Survenant aussi se détachait de ses responsabilités. Il n'y a donc rien de bien nouveau dans ce type de personnage, qui a toujours existé dans l'imaginaire québécois. C'est normal parce que les personnages parfaits et les groupes sans déchirements ne font pas de la bien bonne télé, ni de bons romans ou de bonne pièces de théâtre.
Propos recueillis par Stéphane Baillargeon
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