samedi 21 novembre 2009 Dernière mise à jour 23h40


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Tempête «identitaire» au Québec

Alexandre Shields   16 janvier 2007  Société
Les premiers résultats du sondage de Léger Marketing sur le racisme des Québécois, dévoilés hier, ont fait sursauter: 59 % des Québécois se disent racistes. Des chiffres en apparence ahurissants que le premier ministre Jean Charest s'est empressé de nuancer, jugeant plutôt que le Québec forme «une société qui est fière de sa diversité». Plusieurs estiment du même coup que cette étude ne rend pas compte du phénomène du racisme et qu'elle ne favorise en rien un véritable débat de fond sur les relations interculturelles.

Dans un geste qui se voulait aussi un appel au calme, le premier ministre a rapidement réagi au sondage Léger Marketing en faisant valoir hier que «les Québécois ne sont pas des racistes. Je vois le contraire. Je vois une société qui est fière de sa diversité, fière du fait que nous avons ces courants de culture qui sont présents dans une société à majorité francophone».

Selon lui, «il ne faut pas confondre les questions», mêler le racisme, une certaine incompréhension et des interrogations. «Qu'on se questionne sur l'autre, qu’on puisse avoir des inquiétudes sur cette question de la diversité, c’est une chose. Mais d’aller au point de dire qu’on est raciste, non. Ce n’est pas du tout le cas au Québec», a-t-il tranché.

L’étude, effectuée dans la foulée des débats sur les accommodements raisonnables et réalisée pour le compte de TVA, du Journal de Montréal et du 98,5 FM, confirmerait toutefois le contraire. Elle révèle en effet que 16 % des Québécois se disent «fortement» ou «moyennement» racistes et que 43 % se disent «faiblement» racistes. Et parmi les diverses communautés culturelles, les Arabes et les Juifs auraient la plus «mauvaise réputation».

À l’instar de M. Charest, les experts consultés par Le Devoir ont eux aussi tenu à nuancer les conclusions avancées par l’étude, critiquant la méthodologie utilisée, mais surtout le risque d’exacerber les tensions sociales que représente ce type de document. De plus, ce véritable pavé dans la marre n’aiderait en rien à saisir davantage la complexité des relations interculturelles.

Spécialiste des questions de racisme et auteure d’un «lexique du racisme» réalisé pour le compte de l’UNESCO, Micheline Labelle s’en prend surtout à l’utilisation, selon elle abusive, du mot «raciste», un terme qui possède de multiples significations, qui diffèrent selon les personnes. «Le premier défaut de cette enquête, c’est que pour que les gens se situent, il aurait fallu leur donner une interprétation de ce que signifie le racisme», explique-t-elle.

«La définition du racisme est très problématique, il y a plusieurs formes ou manifestations, plusieurs niveaux de gravité, etc. Et on ne peut pas jouer impunément avec toutes ces définitions», ajoute-t-elle. «Vous, personnellement, à quel point vous considérez-vous raciste?», a simplement demandé Léger Marketing aux sondés. C’est à partir des réponses données à cette question que l’étude conclut que 59 % des Québécois se disent racistes.

Même son de cloche du côté de Claire Durand, spécialiste en méthodologie des sondages et professeure à l’Université de Montréal. «C’est bizarre de demander ouvertement aux gens s’ils se disent racistes. Ce n’est pas une façon de savoir si les gens sont racistes en le leur demandant directement. Il faut plutôt aller chercher la réponse à travers plusieurs autres questions.» Elle juge en outre que le simple fait que les sondages utilisés ont été menés sur Internet discrédite l’étude, ajoutant qu’«il ne s’agit pas d’un échantillon représentatif de la population, même si les résultats sont pondérés».

En clair, «dire que 60 % des Québécois sont racistes, c’est faux. Il y a 16 % des Québécois qui sont racistes», affirme Mme Durand. «Les gens sont honnêtes. Ils admettent donc qu’ils sont un peu racistes et c’est ce que donnent les résultats de l’enquête, soutient-elle, précisant que c’est ce qui explique que 43 % des répondants se disent «faiblement» racistes.

Le moment où a été réalisée l’étude pourrait aussi avoir pesé dans la balance. «Je crois que ce sondage a été très bien préparé par la campagne médiatique autour des accommodements raisonnables, ajoute Maryse Potvin, professeure à la Faculté des sciences de l’éducation de l’UQAM et spécialiste en relations ethniques. Ça a bien préparé l’opinion publique, très variable, en plus d’induire une certaine tendance chez le public. Je pense que dans un autre contexte, les résultats auraient été complètement différents.»

Les réponses obtenues ne signifient donc pas nécessairement que le racisme soit omniprésent au Québec. «Les sondés pourraient interpréter leur refus de certains accommodements raisonnables comme un exemple de racisme, ce qui n’a pas de sens. Il y a une confusion des problématiques qui laisse cours à l’interprétation et c’est dangereux sur le plan politique», croit Mme Labelle.
En effet, elle soutient que «ce genre de conclusion peut être une source de tensions sociales et de conflits politiques. Ici, on alimente une opinion défavorable, avec en toile de fond la question des accommodements raisonnables». «Et parce que cette question du racisme a été exacerbée dans le contexte de l’après 11-Septembre, il faut être d’autant plus prudent avec cela, parce qu’il peut y avoir des implications politiques graves. Pourtant, le sondage n’est pas prudent du tout», poursuit Mme Labelle.

Si cette dernière considère que le racisme est effectivement bien présent au Québec, elle craint surtout que certains progrès puissent être mis à mal par une telle étude. «Le gouvernement du Québec a lancé à l’automne un document de consultation politique de lutte contre le racisme. Ce n’est pas le moment [de publier ce genre d’étude], alors qu’on s’apprête, pour la première fois, à mettre en place une politique publique de lutte contre le racisme, explique Micheline Labelle. Je pense que ça risque de bloquer le débat au lieu de le favoriser. Et le résultat risque d’être une perception négative des Québécois face à eux-mêmes. On pourrait aussi être moins bien perçus à l’extérieur de la province.» «Ils ont eu leur scoop, mais ont-ils aidé à lutter contre le racisme?J’en doute», déplore-t-elle.

Un avis partagé par Maryse Potvin, qui croit que le plus grand risque est l’«ouverture à la banalisation de l’expression de préjugés». «Avec ce sondage, on a pris le prétexte de la question des accommodements raisonnables, qui est un concept juridique balisé, pour y amalgamer un ensemble de facteurs, dit-elle. On a jeté de l’huile sur le feu sans faire d’éducation populaire. Les médias, dans ce contexte, suscitent des dérapages qui ont un effet sur la cohésion sociale. Et est-ce qu’on en apprend plus sur le racisme, les accommodements raisonnables, l’immigration ou encore les rapports entre les différentes communautés? La réponse est non».

«Maintenant, le débat va porter sur des questions qui ne favorisent pas le rapprochement et lacompréhension. On va seulement se demander si nous sommes racistes ou non. Je ne pense pas que ça aide à la compréhension entre les cultures», conclut Gaby Hsab, professeur au département de communication sociale et publique de l’UQAM, spécialiste en images et représentation de l’immigration. Il n’a pas été possible hier de parler à Jean-Marc Léger, qui a coordonné l’étude, pour obtenir ses commentaires.

Dumont attaque
L’étude de Léger Marketing a été en partie publiée le jour même où le chef de l’Action démocratique du Québec (ADQ), Mario Dumont, a choisi de prendre part à cet épineux débat. Il invite ainsi la population québécoise à surmonter son «vieux réflexe de minoritaire» et à cesser de courber l’échine face aux communautés culturelles.

Dans une lettre adressée à «tous les Québécois», le chef de l’ADQ juge que le «silence» et «l’aplaventrisme» ne peuvent tenir lieu de politique d’intégration et propose que le Québec se dote de sa propre constitution afin d’y enchâsser ses «valeurs communes». «Ce geste fort et solennel permettrait à tous les Québécois de dire, dans un geste commun et rassembleur, qui nous sommes. Cela permettrait aussi aux autres nations de par le monde de saisir clairement la véritable nature de l’identité québécoise», écrit-il.

Inspirées «de notre tradition religieuse», les valeurs que partage la majorité des Québécois sont «l’égalité entre les individus, la liberté d’expression, la justice, le respect, la solidarité, la paix et [l’]attachement fondamental envers la démocratie», mentionne M. Dumont. Aux yeux du leader adéquiste, les cas récents d’accommodements controversés consentis aux minorités démontrent à quel point les Québécois de vieille souche ont tendance à «s’effacer» au lieu de défendre leurs valeurs.

«Quand on analyse les décisions prises par des dirigeants d’organisations publiques dans le dossier des accommodements raisonnables, cette tendance à s’effacer collectivement, qui est issue de ce vieux réflexe de minoritaire, n’est jamais bien loin», souligne-t-il. «Les propos de Jean Charest et d’André Boisclair sur ce sujet et leurs appels à la prudence cachaient mal leurs intentions claires de ne pas se mouiller dans ce dossier. Pourtant, n’est-ce pas là l’essence même de la fonction d’un dirigeant politique que de défendre et de promouvoir les valeurs de notre société?», lance le chef de l’ADQ.
***
Avec la Presse canadienne






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Pierre-Yves Pau
    Inscrit
    mardi 16 janvier 2007 01h18
    C'est l'économie, baby
    « Les réactions catastrophées et le tortillage officiel autour des résultats de cette étude sont aussi prévisibles que ridicules.

    Bien sûr qu'il y'a des racistes au Québec. Comme il y'a des écoles, des arbres, des petits monsieurs, des grosses madames, et des gars ben smattes. 20% de gens se disant "ouvertement racistes" dans une société industrialisée qui accueuille une immigration importante... c'est tout à fait NORMAL. Regardez plutôt les scores du Front-National en France et arrêtez de déchirez vos chemises SVP. On peut pas faire de loi contre ça.

    La question qu'il faudrait plutôt se poser, c'est comment le Québec a pu se faire accroire qu'il pouvait être immunisé contre le phénomène. "L'Illusion tranquille" peut-être? Voilà 20 ans que la province traine la patte économiquement, victime de politiques fiscales abracadabrantes - sans parler de la soporifique question nationale. Les grandes entreprises délocalisent, la productivité stagne, la classe moyenne blanche est financièrement laminée, taxée à mort par un État dont la voracité n'a pas de limite, et les immigrants sont des boucs émissaires tout trouvés aux maux de la société. Quand il y'a 10 loups qui se battent pour un même steak, les frictions sont inévitables.

    Cette économie est trop moribonde pour faire usage des compétences des nouveaux immigrants, car pas d'investissements, pas de jobs qualifiées: des directeurs de banque finissent chauffeur de taxi, des PhD livrent des pizzas, des médecins - dont on manque pourtant cruellement - font la plonge.

    C'est d'ailleurs vrai également, à un degré moindre, pour d'autres provinces, car ici comme d'habitude le Québec est champion: champion du chômage, champion du suicide, champion de la faible productivité, champion de la mauvaise gouvernance et de la mauvaise gestion, champion de la faible représentation des minorités visibles dans l'administration.

    Les immigrants ne peuvent évidemment pas s'intégrer dans ces conditions, it's the economy, baby. Les communautés se replient alors sur elles-mêmes, et le préjugé s'installe. Je sens (et vois) beaucoup plus de manifestations de racisme aujourd'hui qu'il y'a 20 ans. Cela signifie t'il qu'il y'a davantage de racistes? Que nenni, cela signifie simplement qu'ils ont davantage de frustrations socio-économiques à défouler sur les communautés ethniques.

    La seule solution, c'est le développement économique. L'assiette fiscale de l'impot sur le revenu stagne depuis plusieurs années, malgré une croissance économique anémique mais tout de même positive, elle va ensuite commencer à se contracter, et à partir de là ce sera downhill drette vers le dépot de bilan. Parce que le Québec n'a pas le courage de se donner les moyens de ses ambitions, aussi grandioses qu'irréalistes en l'état (un p'tit TGV NY-Lévis avec ça?).

    Entre 1986 et 2006, il y'a eu une seule année (2003) ou davantage de personnes sont arrivées au Québec, que de personnes ne l'ont quitté. Plus de 97,000 Québécois ont quitté la province l'année dernière. Ça aussi c'est un signe qui ne trompe pas. À moins d'une réduction drastique des impöts et de la taille de l'État, la situation ne peut qu'empirer, et le racisme itou. Mais à part ça, tout va très bien. »

  • Joseph Giguère
    Abonné
    mardi 16 janvier 2007 02h30
    La source de nos valeurs, Joseph Giguère
    « Loin d'être un adéquiste je suis cependant obligé d'observer que le seul qui ne parle pas approximativement et qui semble avoir les idées claires sur cette question c'est Mario Dumont. Alors que les uns et les autres mentionnent nos valeurs comme si elles nous avaient pénétrés par un processus mystérieux d'osmose avec la modernité ambiante ou par le vaccin de la charte, il ne craint pas d'identifier la source religieuse de celles-ci.

    En fait nos plus belles valeurs comme peuple, les sens de la dignité humaine, la justice, la solidarité avec les pauvres, la compassion, la propension au pardon, le pacifisme, l'accueil, la fraternité, etc, sont un héritage du catholicisme. Le problème c'est que les babyboomers n'ont souvent transmis comme mémoire des origines religieuses de notre culture éthique que les haut le coeur de leur indigestion du catholicisme.

    En conséquence, sûrs d'avoir été brimés par le catholicisme, comme si le Québec au complet d'avant 1960 n'avait été qu'un immense asile d'enfants de Duplessis, c'est comme si nous avions honte de nos nos symboles tout en manifestant un complaisance médusée devant ceux des autres. Déconnectés d'avec nous-même et traumatisés par la crainte du nationalisme facho-ethnique et d'un retour à l'histoire sainte, nous nous comportons trop souvent comme si le Québec historique, français et catholique, n'avait pas été le creuset du peuple québécois d'aujourd'hui et nous tendons beaucoup trop à croire que le dernier réfugié économique arrivé du fond de la Manchourie est plus important pour nous définir qu'un ancrage intelligent et solide dans le sens de notre propre trajectoire collective de quatre siècles.


    Enfin je suis d'accord avec Mario Dumont pour considérer qu'une charte québécoise serait une excellent façon de définir et cristalliser nos valeurs et notre culture publique commune. »

  • François Lesage
    Abonné
    mardi 16 janvier 2007 02h47
    Pour une définition opérationnelle du racisme.
    « Le terme de racisme , faut-il le rappeler est un concept nazi qui supposait une hierarchie des races où une race supposément supérieure devait être préservé de tout croisement. Donner une définition opérationnelle du racisme implique de poser des questions qui sont directement reliée à ce concept. Une première question pourrait être ;''Croyez-vous à la supériorité de la race blanche caucasienne sur toutes les autres races ? ''Un autre question serait : ''Faut-il n'accepter au pays que des immigrants originaires de la race blanche caucasienne ? '' Existe-t-il pour vous une race que l'on pourrait estimer inférieure aux autres races.'' D.après moi , seul une personne répondant par l'affirmative à ces 3 questions pourrait être qualifié de raciste. Si vous voulez-vous amuser à créer un concept de racisme moyen et faible vous le ferez découler d'une réponse positive à deux ou à une de ces 3 questions.

    Refaite vos devoirs messieurs les sondeurs et je vous met au défit de poser ces 3 questions dans le cadre d'un sondage répondant aux règles de l'art. JE suppose que cette définition du racisme est scientifique. Vous devriez avoir honte de présenter votre soit disant recherche sur le racisme des québécois...qui n'a je l'affirme avec force absolument aucune valeur sinon celle d'alimenter la xénophobie des autres canadiens envers les québécois...Tiens un nouveau concept ! Il s'agit de l'hostilité à ce qui est étranger...Par exemple une partie des irakiens semble hostile à la présence de l'armée américaine en Irak...mais sont-ils xénophobes pour autant? Non j'en reviens à ma proposition d'utiliser ces 3 questions pour mesurer le racisme des québécois. »

  • Jean Tremblay
    Inscrit
    mardi 16 janvier 2007 03h51
    Tous les peuples sont racistes...
    « ... mais il ne faut pas en parler ou l'admettre par étiquette politiquement correcte. Si les québécois ne l'admettent pas, ils perdront bientôt toute identité et seront submergés par ce multiculturalisme rampant qui refuse de s'intégrer à notre société et essaie de nous imposer des valeurs complètement opposées à notre culture. »

  • Line Gingras
    Abonné
    mardi 16 janvier 2007 04h20
    Quelle question!
    « Demander à quelqu'un s'il est raciste, n'est-ce pas l'insulter? On n'est pas raciste comme on est fédéraliste ou souverainiste, tout de même. Et pourquoi répondre à une telle question, sinon par nostalgie du confessionnal?

    Le racisme est une maladie honteuse; il ne faudrait pas le banaliser.

    http://chouxdesiam.hautetfort.com »

  • Sylvie Provost
    Inscrite
    mardi 16 janvier 2007 06h12
    Les québécois ne sont pas racistes...
    « On peut faire dire n'importe quoi aux statistiques et aux sondages. Tout dépend comment la question a été posée et comment on interprète les réponses. Pourquoi les arabes et les juifs ont la plus mauvaise réputation? Parce que ce sont eux qui sont intolérants envers leur société d'accueil. On parle d'intégration des immigrants à tous les niveaux de gouvernement mais ce sont justement les arabes et les juifs qui refusent de s'intégrer et qui exigent que nous nous tassions pour leur laisser la place (qu'un papa québécois se fasse refuser l'entrée dans un cours pré-natal parce qu'il y a une musulmane est inadmissible selon moi dans notre société).

    L'intégration doit venir de la personne qui a demandé de vivre dans notre pays. Avant d'arriver, ils doivent connaître nos us et coutumes, nos valeurs et s'ils refusent d'adopter nos valeurs, qu'ils restent chez eux ou qu'ils immigrent dans un pays plus proche de leurs valeurs. Le respect se gagne, il ne se force pas. Et il est réciproque. Qu'un invité me manque de respect chez moi, il n'y remettra plus les pieds, croyez-moi. Et ce n'est pas du racisme, seulement une question de respect.

    Je serais curieuse de lire des statistiques sur le nombre de personnes à la sécurité du revenu et depuis combien de temps, selon l'origine ethnique. Les résultats seraient renversants! Et ce n'est pas du racisme, c'est probablement une question de culture... »

  • Benoît Gagnon
    Abonné
    mardi 16 janvier 2007 06h27
    Moi raciste! par Benoit Gagnon
    « On peut faire condamné un innocent.Alors on peut toujours proclamer une société racisme par un questionnement qui veut le prouver.Je n`aime l`attitude arabes ni juives et je ne les veux pas dans ma maison et je comprends très bien qu`il faut les respecter comme tout être humain.La tolérance est le moteur d`une en société. Benoit gagnon »

  • Michel Bourgault
    Abonné
    mardi 16 janvier 2007 06h32
    Mais, dans quel temps vivons-nous?
    « Tempête identitaire au Québec faisait la Une du Devoir, mardi le 16 janvier 2006. Le jeu de mots frappe au moment où le Québec venait d'essuyer sa première chute de neige importante de l'année. En même temps, le ministre Fournier parle du nouveau programme d'éthique et culture religieuse à l'école, qui fait partie de notre recherche identitaire.

    J'apprécie l'époque que nous vivons présentement. Pour moi, apprécier veut dire juger du bon côté des choses et des événements comme des mauvais. C'est un savoir qui nous permet d'affronter un des besoins trop peu souvent pris en compte dans une vie d'être humain : donner du sens à sa vie, trouver un sens à la vie. Et ce savoir a sa place à l'école.

    Faute de quoi on s'enlise dans la satisfaction aveugle et exagérée d'autres besoins. Quoique importants, essentiels, la sexualité, l'alimentation, la sécurité, la santé, le rêve, le travail, ne doivent pas nous faire oublier le sens de la vie, cette quête des philosophies et des religions.

    Dans l'actualité, les questions ne manquent pas pour nous inviter à affronter cette exigence humaine de sens.

    La mission canadienne en Afganisthan : quelle est sa raison d'être pour les soldats? Leur famille? En a-t-elle pour le citoyen ordinaire et payeur de taxes? Jusqu'à quel point est-il bon d'exporter notre modèle de société? À quelles conditions? Quels rôles respectifs jouent notre désir d'aider ce peuple et nos intérêts économiques et géo-politiques?

    La procréation assistée : qui devrait faire partie d'une commission gouvernementale pour en légiférer la pratique? Pour un couple, est-ce un droit absolu de donner la vie? Quelles ressources personnelles et collectives est il raisonnable d'y consacrer? Reconnaissons-nous à l'enfant issu de cette pratique, le droit de connaître ses antécédents biologiques?

    Ces questions touchent peut-être peu de gens à la fois, mais d'autres, semblables, finissent par nous rejoindre un jour. Ces quelques exemples suffisent à montrer l'importance de prendre sérieusement en considération la place de l'éthique et de la religion à l'école.

    Quelles ressources sommes-nous prêts à mettre pour l'implanter correctement à l'école? Est-il encore approprié de discuter s'il faut reléguer ce savoir dans la sphère privée de la vie? Les parents prendront-ils leur place dans nos écoles - non pas celles du gouvernement ? Saurons-nous y favoriser le dialogue et l'échange, plutôt que le mépris et les affrontements? Et une vie humaine qui fait sens se trouve-t-elle toute entière exprimée dans notre système politique ou ma religion, ou bien doit-on la chercher et la construire ensemble avec nos différences?

    Oui, quelle chance de pouvoir apprécier cette époque de ma vie!
    Michel Bourgault
    Saint-Paul de Joliette
    bourgo@videotron.ca »

  • Roger Lapointe
    Abonné
    mardi 16 janvier 2007 06h43
    Ou vont Québécor et Jean Marc Léger avec ce stupide sondage ?
    « Pourquoi un tel sondage fait de questions innapropriées en cette période de questionnement identitère au Québec?

    Sommes nous racistes comme on se plait à nous le souligner à la moindre occasion au Canada Anglais?Le National de la CBC s'est empressé d'en faire une manchette hier soir sans évidemment aucunes explications sauf de montrer la UNE du Journal de Montréal.Belle démonstration.

    Le type de questions directes amenait le sondé à répondre d'une façon biaisée à la question: êtes-vous racistes?Qui ne l'est pas un peu à l'occasion...surtout en pleine période de recherche d'accommodements dits raisonnables.Québécor et Léger Marketing se complaisent dans le sensationnel au détriment d'une démarche intelligente et mesurée en ces temps de quête d'identité collective.Les souverainistes ont du travail à faire du côté de certains Québécois considérés comme non désirables dans ce pseudo-sondage.
    Il me semble qu'après les sorties théatrales des LUCIDES nous en avions fini avec l'AUTOFLAGELLATION. »

  • Jean-François Couture
    Inscrit
    mardi 16 janvier 2007 07h33
    Les dégénérés racistes : les Québécois ou nos médias ?
    « Les mensonges et la crédulité s'accouplent et engendrent l'opinion." - Paul Valéry

    Dans son excellent Blog, Jean Pierre Cloutier, un des visionnaires de cette forme d'expression, demande que l'on arrête de "Casser du Sucre" sur le dos des Québécois. http://cyberie.qc.ca/jpc/2006/12/casser-du-sucre.html

    Il a bien raison. Son analyse est malheureusement que trop réaliste mais semble pourtant échapper à la majorité des sbires de nos empires médiatiques.

    C'est comme si on cherchait à démontrer que les Québécois seraient incapables de se donner un pays viable tellement ils sont concombres et irresponsables.

    L'opération, rondement menée via nos médias de masse, est constante et pernicieuse. Elle s'opère aveuglément, quitte à jeter le bébé avec l'eau du bain. Nos maîtres se foutent complètement des répercussions négatives de leur campagne.

    L'important est de remettre à sa place la tranche de quelque 60% de francophones qui a déjà démontré sa tendance souverainiste.
    Arrêtons de prendre pour du cash les déblatérations des mercenaires à la solde des pouvoirs économiques et médiatiques tels les retords de L'Institut Économique de Montréal ou du Frazer Institute. Il faut, au contraire les dénoncer pour ce qu'ils sont : de vulgaires potiches politiques sans aucune espèce de crédibilité.

    La mécanique de l'assimilation tel que pratiqué depuis Lord Durham s'applique encore et toujours. Immuablement ! Les outils ont évolué, ils sont moult fois plus efficaces et omniprésents mais le plan demeure intact.

    · Première étape : Démoraliser la nation inféodée · Deuxième étape : Discréditer l'autorité de la nation inféodée · Troisième étape : Neutraliser la nation inféodée

    "Depuis 1763, nous n'avons plus d'Histoire, sinon celle, par réfraction, que nos conquérants veulent bien nous laisser vivre, pour nous calmer. Cette tâche leur est d'autant plus facile que nous secrétons nos propres bourreaux." - Léon Dion / politicologue et papa de Stéphane

    Les "gnochons de Québécois" : plein le cul !
    http://www.centpapiers.com/spip.php?article1075

    La nation et ses naufrageurs
    http://www.centpapiers.com/spip.php?article1028 »

  • Sammy Dalva
    Inscrit
    mardi 16 janvier 2007 07h50
    Absence de politique
    « Malheureusement, le Québec comme le Canada laisse l'immigrant sans encadrement pouvant inciter son intégration. Il est évident que l'immigrant se sentant seul et insécure, va avoir tendance à se regrouper avec ses paires et vivre en getho mais la société d'accueil à le devoir d'élaborer une politique d'intégration concrète pour briser ces getthos.

    Le multiculturalisme à la canadienne c'est un peu comme se marier, toute en gardant une relation avec son ex-blonde.

    Sammy Dalva »

  • Jean-Olthène Tanisma
    Inscrit
    mardi 16 janvier 2007 08h26
    Racisme : non, discrimination institutionnelle : oui !
    « Le Québec constitue actuellement l'une des sociétés les plus tolérantes et sans aucun doute les plus ouvertes de l'hémisphère occidental. Bien que les études statistiques soient un guide de référence important pour confirmer ou infirmer certains postulats, on ne peut pour autant occulter l'observation empirique in situ. À cet effet, il suffit de regarder attentivement la composition du paysage ethno-culturel québécois, en particulier montréalais, lors des grands évènements de cette nature, tels que le festival de jazz, les différents salons et congrès,etc., pour réaliser l'importance de la mixité de la population. De même, en observant, la répartition spatiale des nombreux groupes qui composent cette mosaïque, du West-Island jusqu'à Rivière-des-Prairies, de Ahuntsic jusqu'à la Rive-sud, on se rend compte qu'il n'y a pas de ghéttoïsation réelle, et que les différents groupes se partagent l'espace convivialement même si l'on relève à l'occasion certaines gestes de méfiance de la part de propriétaires qui refusent de louer leur logement à des ressortissants visibles.

    Cependant, le véritable problème réside dans l'intégration professionnelle et économique des communautés non québécoises de souche dans la fonction publique de la Province, notamment dans l'administration montréalaise. En effet, À peine 8% immigrants détiennent un emploi stable dans le gouvernement québécois et, sur les 29 000 emplois de la Ville de Montréal, on ne retrouve qu'à peine 5% des membres des communautés visibles et ethniques.

    Par ailleurs, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec, institution gouvernementale dont le mandat consiste à faire appliquer les dispositions de la Charte des droits de la personne, se révèle incapable depuis quelques années, de remplir sa mission consistant à sévir contre les gestes évidents de discrimination des institutions gouvernementales envers des plaignants victimes.

    Le gouvernement du Québec est bien au courant de cette réalité puisque de nombreuses études en ont fait état. Malgré cela, les politiciens des trois principaux partis continuent de faire la sourde oreille et n'accordent d'intérêt à cette problématique récurrente qu'à l'approche des suffrages, alors que le maire Jean Doré, à la tête du Rassemblement des citoyens de Montréal(RCM), avait déjà sonné l'alarme dans la programme électoral du second mandat du parti en 1990. Rappelons que celui-ci prévoyait l'embauche d'environ 25% des membres des communautés ethniques dans l'administration montréalaise à l'orée de l'an 2000. Depuis, bon an, mal an, ce taux oscille, autour de 4,5% à 5,5%. Peut-on parler de progrès?

    La ministre de l'immigration, Mme Thériault a pris récemment son bâton de pélerin pour sonder la population québécoise en regard de l'immigration et de la tolérance des québécois. Sans prejuger du bien fondé d'une telle démarche, il y aurait lieu d'entreprendre cet exercice au sein de la fonction publique d'abord et de revoir le mode de fonctionnement de la Commission des droits de la personne du Québec, conjointement avec l'Assemblée nationale en vue de rendre cet organisme plus performant.

    Que la poulation du Québec se ravise: il n'y a pas plus de racisme au Québec qu'ailleurs, mais il existe très certainement, un frein à l'épanouissemnt professionnel et économique des communautés ethniques dans la fonction publique. Diverses mesures légales à la fois incitatives et coercitives ont été élaborées dans le passé (dispositions de la charte, programme d'accès à l'égalité etc.). il convient maintenant de renforcer leur application. Le débat est là.

    Jean-Olthène Tanisma
    Montréal »

  • Gilles Néron
    Abonné
    mardi 16 janvier 2007 09h29
    Sondage Léger sur le racisme
    « Bien sûr TVA a sa responsabilité, mais aussi le chef d'antenne au "17hrs", Pierre Bruneau, et son adjoint Paul Larocque ont des choses à se reprocher. Ce n'est pas la première fois qu'ils font preuve de manque de maturité dans la recherche de scoops. Ils ont, entre autre, moussé des levées de fonds pour des enfants malades qui se sont révélées par la suite des histoires embarrassantes.

    Que dire de la firme Léger Léger Marketing? Déjà que son taux de réussite dans les intentions de vote était très bas, ce sondeur accepte n'importe quel mandat et procède hors normes dans ce dossier délicat En effet,le hasard ne joue pas dans un questionnaire par Internet et la principale question est biaisée de deux façons, mauvaise terminologie et orientation voulue. Ça fait bien léger pour une maison qui se dit professionnelle.

    Encore une fois, il va falloir que le gouvernement se mette les nez dans les initiatives des médias pour éviter des abus de démagogie et des détournements de valeurs démocratiques.

    Dire qu'un tel gâchis vient du principal diffuseur de nouvelles au Québec.

    Gilles Néron »

  • Robert C. Paradis
    Inscrit
    mardi 16 janvier 2007 10h21
    L'intolérence ou le racisme?
    « L'utilisation du mot racisme est une exagération. On doit parler plutôt d'INTOLÉRANCE, même si le dictionnaire admet par extension l'usage du mot 'racisme' pour d'autres groupes de gens que ceux de race (les noirs, les jaunes, les ...). De plus, la notion de race, biologiquement parlant, n'existe plus. La biologie moderne nous montre que la couleur de la peau ou d'autres caractéristiques morphologiques, culturelles, et autres des êtres humains ne constituent pas des bases valables, suffisantes pour valider l'existence de race dans l'HUMANITÉ. NOUS SOMMES TOUS FRÈRES ET SOEURS. Les espèces vivantes de races différentes ne peuvent pas, par définition, se reproduire normalement.

    Le soi-disant journal dénommé 'JOURNAL DE MONTRÉAL' quant à lui, doit être dénoncé une fois de plus pour ses manoeuvres approchant la malhonnêteté intellectuelle, la manipulation et la désinformation, POUR CRÉER DE L'INTÉRÊT (ET LA VENTE DE COPIES) PAR DES POLÉMIQUES À CARACTÈRE ÉMOTIONNEL. Donc, toute cette histoire de sondage sur la nature des Québécois, c'est de la bouillie pour les chats, un piège abjecte du capitalisme de type 'REQUIN'.

    Enfin, il n'y a pas de dieu et les religions sont des BUSINESS et des moyens de contrôle de la société. Les bases de la FOI en dieu sont faites d'IGNORANCE, de NAÏVETÉ et de FAIBLESSE. Il nous faut quand même être tolérant (pour les croyants et autres groupes visibles) et pour y arriver je connais un moyen simple: face à quelqu'un d'allure différente, on n'a qu'à se dire à soi-même que 'cet individu est OK', et aussitôt de bons sentiments montent en nous. APRÈS TOUT, IL EST NORMAL DE SURSAUTER FACE AUX DIFFÉRENCES (à l'inconnu) ET IL N'Y A PAS LÀ RAISON SUFFISANTE POUR PARLER DE RACISME. »

  • Mario Girard
    Inscrit
    mardi 16 janvier 2007 10h26
    La desinformation peu importe les conscequences
    « Voila un autre exemple qui demontre que certains medias influencent leur population de facon negative.......l'objectif est simple; accroitre les revenus $$$. On veut vendre des journaux, on veut des cotes d'ecoute. Jusqu'a maintenant, nous avons une bonne relation entre communautes mais ce type de sondage ne fait que laisser un gout amer et n'ameliore en rien les relations. C'est incroyable de faire dire a des resultats de sondage, qui est d'ailleurs tres mal realise, que 60% d<une population est raciste lorsque en realite seulement 14% se disait fortement raciste. Rendez-vous service a partir d'aujourd'hui, ne vous fiez plus qu'a une source. Multipliez-les....

    Toutefois, un autre phenonmene est apparu depuis un certain temps, certains journalistes ecrits sont paresseux, le m[eme article mot-a-mot peu apparaitre dans plusieurs journaux competiteurs »

  • Louis Lapointe
    Abonné
    mardi 16 janvier 2007 11h07
    Racisme ou pauvreté ?
    « Alors que j'étais directeur de l'École du Barreau du Québec, un avocat pratiquant en droit de l'immigration et représentant une association de protection des communautés culturelles est venu me voir pour me parler de l'importance de favoriser l'accès de membres de communautés culturelles à la pratique du droit au Québec.

    Étonné, je lui ai fait remarqué qu'il n'y avait aucun problème d'accès de ces personnes au Barreau du Québec. Il n'avait qu'à se promener dans les couloirs de l'École ou assister à une prestation collective de serment pour s'en convaincre. J'en ai profité pour lui faire remarquer qu'il se trompait de victimes, que s'il y avait de grands absents à l'École du Barreau, c'étaient les pauvres de l'est de Montréal, peu importe leurs races. Le racisme fleurit là où il y a des pauvres et personne n'aime le visage de la pauvreté peu importe sa race, son sexe, sa religion.

    Les pauvres ne savent pas parler, ils sont sales, ils puent, ils ne travaillent pas, ils fument, ils boivent, ils battent leurs enfants, ils jouent à l'argent, ils se prostituent, ils se battent entre eux, détestent les autres races de pauvres et habitent majoritairement l'est de Montréal, ils sont l'objet des pires préjugés. Il faut vivre à Brossard pour comprendre que ce n'est pas l'hétérogénéité des races qui pose surtout problème au Québec (Brossard étant une ville pluriethnique dont la majorité des habitants est riche sans égard à la couleur), c'est la richesse des uns et la pauvreté des autres. Même si ces autres exclus sont majoritairement Canadiens français, les plus visibles sont des immigrants et ont une nombreuse progéniture. Ils coûtent cher.

    J'ajouterai que si les lucides réussissaient à mettre en oeuvre leur plan de hausser tous les tarifs, le visage de la pauvreté à Montréal prendrait encore plus d'ampleur, problème beaucoup plus préoccupant que les nids de poules du maire Tremblay. Il y aurait encore moins de pauvres dans les écoles et les universités et plus de pauvres dans les rues de Montréal à traîner, se battre, se prostituer, vendre de la drogue, voler , tuer. Le racisme n'a pas de couleur, il est surtout pauvre et suscite les pires sentiments chez les plus riches comme chez les plus pauvres entre eux.

    Ce n'est pas en rendant les riches plus riches par des baisses d'impôts et des hausses de tarifs et de frais de scolarité universitaires comme le proposent les Dubuc , Pratte , Bouchard et autres Facal qu'on va diminuer la pauvreté et le racisme qui en découle. C'est en s'occupant des plus pauvres, en leur permettant d'accéder à la richesse qui passe de plus en plus par la formation postsecondaire. L'augmentant des ratios de passage des plus pauvres aux études supérieures aura forcément un effet positif sur les nouvelles inscriptions dans nos cégeps et nos universités, leur financement collectif étant assuré par des subventions gouvernementales per capita provenant de nos impôts qui servent à redistribuer notre richesse collective là où il y a le plus de besoins. Comme la priorité du Québec, c'est la formation des jeunes, c'est là que nous devrions investir massivemen.

    Si la première richesse du Québec ce sont ses enfants, avant de penser à faire plus d'enfants blancs comme le suggère le Grand Lucide, nous devrions peut-être nous occuper de tous ceux qui souffrent chaque jour d'être abandonnés à eux-mêmes et d'être considérés comme des déchets de la société dès leur naissance parce que leurs géniteurs sont des BS ou des immigrants. Quand on suggère de faire plus d'enfants alors que nous ne sommes même pas capables de nous occuper de tous ceux qui en ont besoin, on suggère que les plus pauvres ne comptent pas. Ce ne serait pas ça la vraie discrimination, la vraie souche du racisme ?

    Ce discours des lucides est insidieux, car il suggère que la prospérité ne passe que par l'enrichissement des plus riches qui feront bénéficier les plus pauvres de leur enrichissement. Leur discours encourage les uns à jeter un regard méprisant sur les autres, ces autres qui ne paient pas d'impôts et profitent de nombreux services gratuitement ou à peu de frais. Ces autres qui sont souvent pauvres et surtout visibles !

    Louis Lapointe
    Brossard, le 16 janvier 2007 »

  • karim boujrada
    Inscrit
    mardi 16 janvier 2007 11h18
    De l'irresponsabilité et ses conséquences
    « L'irresponsabilité d'individus qui traitent à la légère des sujets qu'ils ne maitrisent pas et qui sont d'un sérieux et d'une gravité extrême a des conséquences néfaste sur la vie de très nombreuses personnes au Québec ainsi que sur la société dans son ensemble.
    Plusieurs personnes mal informées et pleines de préjugés utilisent les tribunes qui sont à leur porté pour disséminer ce qui s'apparente a un poison pour le corps social québécois.
    L'inconscience des conséquences du geste n'est en rien une excuse car au bout du compte nous sommes tous perdants.

    Le chef de file de ce mouvement est certes Mario Dumont de l'ADQ et ce dernier est suivi par tous les pyromanes (qu'ils soient à la radio ou dans les journaux) qui, motivés en grande parie par la possibilité de récolter des votes, de vendre ou d'obtenir des cotes d'écoutes, soufflent sur la braise.
    En ce sens, la problématique des "accommodements raisonables" constituent vraiment un cas sans pareil d'irresponsabilité. Trois ou quatre cas controversés mais ne relevant nullement d'attitudes criminels et ne constituant nullement une menace pour le bon fonctionnement de notre société ont étés moussés pour devenir le sujet du jour pour les journaux et radios et le nouveau cheval de bataille de l'ADQ.
    Misant sur l'ignorance générale du peuple des autres cultures (ce qui n'est pas une particularité des Québécois: tous les peuples sont généralement ignorants des autres peuples)ont se convaincs tous mutuellement que depuis deux décennies environ, des éléments indésirables infiltrent notre belle et gentille province et que ces derniers ont des objectifs néfastes quidés par leurs religions et leurs cultures inférieures et malsaines(l'Islam, le judaisme et l'hindouisme et les cultures du Sud en général).

    L'irresponsabilité est partout. Depuis des nombreuses lurettes que les médias de masse, guidés par la recherche de la cote d'écoute (fondée sur la prémisse du primat de la rentabilité), ne présentent que les pires évènements de ce qui se passe à l'étranger omettant (ou ignorant tout simplement) que dans notre monde globalisé (pas depuis l'ère Clinton mais depuis au moins la fin du XVIIIe siècle) les actions de nos dirigeants d'ici (en Occident) ont des effets sur ce qui se passe là-bas (le Sud en général).

    Ceci doit être discuté: la raison fondamentale pour quoi les étrangers ont besoin de venir ici et pourquoi nous avons besoin d'eux.

    Omettant aussi que par-delà la nourriture et la musique les cultures non-occidentales sont aussi porteuses de valeurs universelles.

    Bref, la présentation systématique du reste du monde sous un jour négatif aura très certainement réussi a faire créé un lien primaire dans la tête de nos braves concitoyens: étrangers = problèmes.

    En misant toujours sur les évènements négatifs dans l'univers de l'autre ont fouette et crée littéralement de la xénophobie en lieu et place de former des citoyens capables de former des jugements nuancés et relativisés et qui ne se replient pas sur l'idée idéalisée de la tribu nourrie par l'anti-cléricalisme générale de notre société post-révolution tranquille.

    Ceci nous affecte tous. Les communautés se referment sur eux-mêmes par la peur. Les communautés minoritaires et la communauté majoritaire.

    Les valeurs fondamentales de toutes les grandes civilisations sont essentiellement les mêmes et accessibles par la raison. Sur les points de détails ou se situent les divergences ont ne peut raisonablement demandés l'assimilation forcée comme moyen de visant à aplanir le corps social. Il faut oublier la société homogène.

    La peur est compréhensible mais le passage de l'une à l'autre pourrait être beaucoup plus serein si le débat n'était pas vampirisé par les démagogues irreponsables de la peur et de l'exclusion à l'ADQ, dans l'aile droite du PQ et du parti libéral, au Journal de Montréal, à la Presse et dans nombreuses chaînes de radios.
    Ces faiseurs d'opinions ne semblent pas considérer qu'ils créent du racisme: dans la majorité et chez les minorités. Leurs discours, éditoriaux et choix de sujets nous affectent dans nor relations de tous les jours: dans l'autobus, quand on postule un emploi, quand on se fait servir dans un magasin etc.

    Il est absolument impératif que l'on enlève cette porcelaine (la question de l'interculturalisme formatté dans le cadre des accommodements raisonnables) des mains de ce gorille de 800 livres que sont ces ignorants irresponsables. »

  • Marie-Ève Bonneau
    Abonné
    mardi 16 janvier 2007 12h05
    Pas une surprise
    « Après les attentats du 11 septembre, la guerre au Liban de l'été dernier, et dans la foulée du dossier des accomodements raisonnables,il pouvait difficilement y avoir un moment plus propice pour faire dire aux Québécois qu'ils sont plus ou moins racistes. Ajoutez à cela un certain flou qui plane autour de la notion de racisme et un fort penchant pour l'auto-flagellation et la confession hérité de nos racines catholiques qui nous font regretter le moindre jugement porté sur l'autre. Moi je ne vois rien de surprenant dans les résultats de ce sondage.

    Mais est-ce vraiment du racisme que de faire les yeux ronds devant une femme voilée qui doit marcher derrière son mari et de dénoncer intérieurement cette inégalité apparente? »

  • Pierre Faubert
    Inscrit
    mardi 16 janvier 2007 12h05
    Racisme ou mécanisme défense
    « L'être humain a des instincts qui sont là pour assurer sa survie. Les changements sont ce qu'il y a de plus difficile à assumer parce que tout changement peut-être perçu comme menace pouvant aller, dans certains cas, jusqu'au trauma qui paralyse.

    Identifions d'abord nos réactions viscérales plus ou moins conscientes aux différences qui peuvent nous effrayer. Le racisme est le durcissement, en complexe de supériorité, d'une condition dormante en chacun de nous. Nos mécanismes de défense peuvent être exacerbées par des événements perçus subjectivement d'abord et ensuite ressentis comme menaces. Les personnes les plus fragiles et/ou éloignées du réel, pour toutes sortes de raisons, sont les plus susceptibles à développer des attitudes défensives qui peuvent se transformer en racisme.

    Un malaise ou une impatience ne sont pas du racisme. Cependant, de nier systématiquement ce vécu contribue aux ressentiments cumulés qui peuvent, à un moment donné, se cristalliser en raison d'incidents personnels ou d'autres présentés dans les médias.

    Une scène de violence impliquant des personnes de couleurs ou de provenances différentes de la nôtre projetée dans son salon a pratiquement le même effet que si ça se passait chez soi. Les réactions émotives ne discernent pas entre une scène "virtuelle" de celle qui est "réelle". Les médias nous amènent des situations sur lesquelles nous n'avons aucun contrôle. On se sent démunis et frustrés devant cette réalité qui peut faire peur.

    Il y a des catalyseurs qui durcissent nos mécanismes de survie les transformant en réactions offensives. Lorsque le défensif devient offensif devant un objet perçu comme dangereux pour notre intégrité physique et psychique, nous avons là des conditions qui peuvent nous conduire à toutes sortes d'ismes: racisme, sexisme, âgisme, dogmatisme....etc.

    Y a-t-il un mortier dans notre société qui lierait nos briques, qui malgré l'unicité et l'originalité de chacune d'elles, nous permettrait de construire une société ouverte, sans craintes et courageuse pouvant enfin avancer avec des projets prometteurs...

    Pierre Faubert »

  • Benoît Foulon
    Inscrit
    mardi 16 janvier 2007 15h50
    Maudits racisses!
    « Maudits saucisses!
    Maudits féminississes!
    Maudits socialisses!
    Maudits communisses!
    Maudits Castrisses!
    Maudits Bushisses!
    Maudits environnementalisses!
    Maudits gauchisses!
    Maudits droitisses!

    Seigneur, délivrez-nous de tous ces maudits cochons et démons. Ainsi soit-il...Cela est juste et bon. »

  • Marc Gagnon
    Inscrit
    mardi 16 janvier 2007 17h20
    Ce n'est pas du racisme
    « Monsieur, Madame


    <<Dans le contexte d'effondrement des idéologies et de brouillage de visions d'avenir, le refuge dans la vie émotionnelle constitue un remède au désarroi. Il n'y a plus de grands projets capables de nous mobiliser. Nos énergies sont privées de débouchés dans la sphère politique. Alors, faute de pouvoir se répandre à l'extérieur, elles se concentrent dans l'enceinte de l'intériorité, elles y fermentent, et le résultat de cette fermentation, c'est l'émotion.>>
    <<La politique subit à son tour cette contagion de l'émotion. La réprobation indignée, la propension à se scandaliser, les réflexes de compassion jouent un rôle croissant dans le débat public. Les réactions émotives prennent parfois la place du jugement critique, de l'analyse scientifique, du débat d'opinion.>>
    <<Les publicitaires, les médias, les sondeurs, qui auscultent la société mieux que personne, ont compris que l'émotion fait vendre.>>
    Le culte de l'émotion, Michel Lacroix (Flammarion)
    Mais, quand même, il me semble que le débat devrait se situer au niveau du comportement de notre ministère de l'immigration et de sa vision à long terme. Laisser partir 97,000 Québécois (instruits, intégrés, à l'aise financièrement, français fort probablement) en un an me semble plutôt comme une catastrophe. Laisser la porte de l'immigration tout grande ouverte pour tous ceux qui veulent bien immigrer chez nous m'a l'air aussi comme une autre catastrophe à devenir.
    Le Québecois n'est absolument pas raciste. Il se demande pourquoi il se fait engloutir par une mer d'immigrants provenant de différents pays et que leur intégration à notre société semble plutôt tenir du domaine du miracle. Ca serait plutôt au ministère de l'immigration de venir justifier leur modèle auprès de la population.

    M. Gagnon
    Brossard »

  • Nassir 30
    Inscrit
    mercredi 17 janvier 2007 15h44
    Lisez ceci!
    « Pour voir si le racisme existe au Quebec, j'ai procede a ma propre experience il y'a deux ans de ca. Ainsi, je me suis inscrit a un site de rencontre pour la province du Quebec. J'ai mis ma photo, ma description, etc. J'ai choisi un nom a une consonance arabe et j'ai commence a envoyer des messages tres ordinaires (300 environ)aux filles de partout au Quebec. Le pourcentage des reponses que j'ai eu etait d'environ 1%. Ensuite j'ai cree exactement le meme profile mais avec un nom tres populaire au Quebec. Cette fois-ci, le pourcentage etait d'environ 60%. Je vous laisse le loisir d'en retirer la conclusion. »

  • Boulogne Jacques
    Inscrit
    mercredi 17 janvier 2007 15h47
    Prenez du recul, voyez les Français !
    « Pour avoir la chance de pouvoir comparer les deux pays, je vous assure que le Québécois ne me semble pas le plus raciste des "occidentaux" ! Par contre je trouve la démarche des accomodements raisonnables parfaitement ridicule. C'est le meilleur moyen de stigmatiser l'Autre en le figeant dans sa posture d'étranger perpétuel. »

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
23 réactions
0 votes
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009