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Les Québécois plus «solidaires» que «lucides»

Alexandre Shields   11 janvier 2007  Société
À peine un citoyen sur trois serait favorable à une augmentation des frais de scolarité des étudiants universitaires.
Photo : Jacques Nadeau
À peine un citoyen sur trois serait favorable à une augmentation des frais de scolarité des étudiants universitaires.
Non seulement les Québécois n'ont pas adhéré aux thèses avancées par le groupe des «lucides» au sujet du péril que représentent la dette et le choc démographique, mais la génération qui est aujourd'hui dans la vingtaine s'avère encore plus attachée que ses aînés au modèle social-démocrate qui prévaut ici. C'est ce qui ressort d'un sondage CROP dont les résultats ont été dévoilés hier. Le président de cette maison de sondage, Alain Giguère, a du même coup invité les lucides à redoubler d'efforts pour vendre leurs idées à la population.

Règle générale, les citoyens refusent qu'on sabre les services sociaux, jugeant plutôt «que le Québec se doit d'être le plus généreux possible dans ses programmes sociaux». En fait, seulement 36 % de la population est convaincue que le fameux modèle québécois est «trop généreux». Une majorité (57 %) est plutôt d'avis contraire, estimant que l'État a aussi un rôle prépondérant à jouer pour faciliter «l'accès aux services», pour «la répartition de la richesse et pour l'encadrement de l'économie», selon les conclusions de ce sondage.

En ce qui a trait aux solutions avancées par les «lucides» pour «permettre au Québec d'avoir les moyens financiers nécessaires pour se développer davantage», «payer ses dettes» et «laisser aux jeunes une société plus prospère», les Québécois diffèrent aussi d'avis. Ainsi, 83 % de la population est opposée à une hausse des tarifs d'électricité. Et à peine un citoyen sur trois serait favorable à une augmentation des frais de scolarité des étudiants universitaires.

L'imposition de frais lors d'une visite chez le médecin (le ticket modérateur) ne recueille pas non plus une majorité de voix puisque 53 % des Québécois y sont opposés. Ils sont cependant ouverts à l'idée de l'existence des cliniques privées dans une proportion de 66 %. Ils sont également d'accord pour «permettre l'existence d'assurances privées de santé afin de donner la possibilité aux citoyens qui le désirent de se payer des soins de santé en dehors du système public de santé». En fait, ce sont ces deux options «lucides» qui recueillent le plus l'assentiment des citoyens pour faire face aux défis du remboursement de la dette et du choc démographique.

Plusieurs sondages ont servi de base à l'étude de CROP, dont les échantillons comptaient plus de 1000 personnes et avaient une marge d'erreur de 3 %. Présentée hier devant le Cercle canadien de Montréal, cette étude tend en outre à démontrer que le Québec est la province canadienne où la plus forte proportion de la population (49 %) considère que la société se porterait mieux si les gouvernements jouaient un rôle plus important. Sans le Québec, la moyenne au pays se situe à 28 %.

Sans surprise, «plus le niveau socioéconomique des Québécois est élevé, plus ils ont tendance à considérer que nous sommes trop généreux et que certains services devraient être revus ou tarifés à la hausse, conclut aussi l'étude. Les revenus élevés ayant une incidence limitée au Québec, la majorité aura donc tendance à appuyer la générosité sociale». «Donc, sur le plan politique, ils ne voteront pas pour des gens qui vont se présenter et dire "on va mettre le pays sur ses rails"», a dit Alain Giguère.

«On veut voir le gouvernement très impliqué dans l'économie, dans la réglementation, dans le partage de la richesse. Les services rendus à la population, on aime ça, ils ont remplacé l'Église [...]», a d'ailleurs lancé M. Giguère hier, provoquant des rires dans l'assistance. Et, selon lui, «le travail des "lucides" n'est certainement pas terminé. Il y a encore beaucoup de millage à faire avant que cette conscientisation passe auprès du public». «Il y a quelqu'un qui va devoir expliquer ça aux Québécois parce qu'ils ne le savent pas», a-t-il ajouté.

Jeunes solidaires

Heureux constat pour le camp des solidaires, les jeunes Québécois de 15-24 ans, qui ont grandi avec la mondialisation économique en toile de fond, sont encore plus sociaux-démocrates que leurs aînés. «Contrairement à nos hypothèses de départ, les jeunes générations ne semblent pas particulièrement enclines à vouloir réduire les services de l'État pour réduire la dette qui leur reviendra», conclut d'ailleurs l'étude.

Et le phénomène étonne M. Giguère, qui croyait plutôt qu'il constaterait le contraire. «Ce qui surprend, c'est que sur plusieurs questions, ils [les jeunes] sont encore plus attachés à notre social-démocratie, à notre modèle de répartition de la richesse, que la population en général, a-t-il expliqué hier. Donc, demain matin, quand on va dire qu'il faudrait réduire les services ou encore augmenter les frais de scolarité à l'université parce que les universités n'ont plus les moyens, ce discours-là, il ne passera pas.»

En matière de dette, que les «lucides» perçoivent comme une véritable épée de Damoclès, les jeunes ne voient tout simplement pas le péril, selon le président de CROP. «Les jeunes ont tendance à minimiser le problème, croit M. Giguère. Quand on essaie de leur dire: "c'est vous qui allez payer la facture", on a beau essayer de leur expliquer ça, ils ne considèrent pas que le problème est si grave que ça.» On se dirige donc vers un «schisme de générations. Les jeunes ne voudront pas payer les factures des baby-boomers. Eh bien, quelqu'un va devoir leur expliquer ça, parce qu'ils n'ont pas compris».

De plus, «ceux qui nous disent qu'il faut améliorer les programmes sociaux, ce sont les jeunes. Donc, on a beau tout faire, il y a une limite à ce qu'on peut biaiser notre questionnaire pour dire "réveillez-vous"», a soutenu M. Giguère, ajoutant que les 15-24 ans sont plus portés à vouloir «augmenter les impôts».

Dans ce contexte, comment convaincre les jeunes de faire preuve de «lucidité»? «C'est la question que je pose, a lancé Alain Giguère après sa conférence. On vit en démocratie, donc il faut vendre ces réformes à la population, mais il n'y a pas d'acheteur.» Selon lui, «il y a certainement un blocage» chez les Québécois, à l'exception d'une «seule petite ouverture» en santé. «Fondamentalement, dans nos valeurs, notre social-démocratie est quelque chose d'extrêmement important. Ce qu'on appelle le modèle québécois, notre partage de la richesse, c'est très enraciné. Changer ça, ça va prendre beaucoup d'efforts politiques», juge-t-il.

«Il y a aussi le problème de la crédibilité. Malheureusement, les politiciens n'ont pas la crédibilité qu'ils pourraient avoir. Jean Charest a bien essayé de convaincre les Québécois qu'il fallait réduire notre train de vie, mais il paye cher les réformes qu'il a essayé de faire», estime le président de CROP. Pourtant, «la cause nécessite un sang nouveau».

André Pratte, cosignataire du manifeste Pour un Québec lucide et éditorialiste au journal La Presse, s'est pour sa part dit «déprimé» par les résultats de cette étude. «Au Québec, les francophones ont été libérés par l'État au cours de la Révolution tranquille et il n'y a rien de plus ardu que de se libérer de notre libérateur», croit-il. Ainsi, «s'en détacher, réduire son rôle, ça nous inquiète beaucoup». «On demande aux gens de faire des choix difficiles. Et ma grande crainte, c'est qu'un jour les choix qu'on a à faire nous soient imposés par d'autres, comme les marchés financiers ou les marchés étrangers», a-t-il prévenu.

Porte-parole de Québec solidaire, Françoise David s'est quant à elle dite heureuse des résultats du sondage, ajoutant que ceux-ci reflètent plutôt la lucidité des citoyens. «La population comprend très bien que l'augmentation des tarifs d'électricité ainsi que des frais de scolarité, en plus de la réduction des services, ça ne règle rien. Ça fait seulement en sorte qu'on se retrouve dans une société de plus en plus injuste», a-t-elle fait valoir.

La solidarité dont font preuve les jeunes ne l'étonne pas. Selon elle, ils considèrent que «la première étape vers une véritable équité intergénérationnelle est de léguer aux générations futures une planète habitable». Mme David juge également que les «lucides» accordent une «importance démesurée» à la question du choc démographique pour justifier leurs idées, sans tenir compte du «rôle de l'État» dans la répartition de la richesse et, en définitive, de la «justice sociale».






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Vos réactions

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  • Alexandre Boulerice
    Inscrit
    jeudi 11 janvier 2007 01h19
    Confusion des genres chez CROP
    « M. Giguère devrait être viré sur le champ. Est-il un sondeur objectif ou un partisan de la droite ou des "lucides"? Comment le président d'une firme reconnue de sondages peut affirmer sans sourciller: "Donc, on a beau tout faire, il y a une limite à ce qu'on peut biaiser notre questionnaire pour dire "réveillez-vous"», a soutenu M. Giguère". Qu'il le pense c'est une chose, c'est son droit. Mais qu'il nous bassine avec des "Les jeunes ne voudront pas payer les factures des baby-boomers.

    Eh bien, quelqu'un va devoir leur expliquer ça, parce qu'ils n'ont pas compris».", ce n'est ni honnête, ni juste, ni - surtout- son rôle de nous livrer son opinion.

    C'est notre opinion qui compte pour un sondeur, pas la sienne. S'il croit dans le programme des lucides, du PLQ ou de l'ADQ (ou du PQ depuis quelques années...) qu'il fasse de la politique, on saura alors clairement à qui on a affaire. Sinon, ses commentaires sont déplacés et inacceptables. »

  • Roger Lapointe
    Abonné
    jeudi 11 janvier 2007 06h47
    Les lucides et les solidaires :courants irréconciliables?
    « Ce sondage montre et démontre que les Québécois sont au contraire très lucides dans leur analyse de la situation politico-économique.Lucides dans le bon sens du terme c'est à dire capables de comprendre que l'État est leur propiété et quand diminuant son pouvoir on leur enlève aussi un certain rapport de force.Les sondeurs oublient ou omettent toujours la dimension fraudes fiscales,évasions fiscales, blanchiment d'argent et surtout paradis fiscaux qui permettent avec le laxisme du système fiscal ,le transfert de milliards de dollars à l'échelle pan-canadienne.Voilà où se trouvent les milliards manquants pour financer ou améliorer les services sociaux auxquels nous avons droit.

    J'ai même entendu la vérificatrice du gouvernement fédéral,Mme Fraser, affirmer devant les médias que les fonctionnaires-cadres de l'agence fédérale qui perçoit les impots sont récompensés selon leur rendement dans la perception des impots (bons dossiers) en d'autres termes, les gros dossiers délinquants sont tout simplement jetés à la poubelle pour ne pas priver les cadres de leurs bonis.Belle mentalité! »

  • Eric Blais
    Inscrit
    jeudi 11 janvier 2007 07h03
    Analyse biaisée!
    « Ce sondage énonce la volonté de solidarité de la population québécoise. Mais en rien il semble vouloir la comprendre. M. Giguère considère avec arrogance que le néolibéralisme dit lucide est la bonne façon de penser et croit qu'il faut enseigner aux jeunes la bonne parole des saintes écritures économiques. Pour lui, la démocratie provient des lucides, surtout ceux qui possèdent plus de sous, on doit propager ces idées au reste de la population jusqu'à ce qu'elle les avale.

    Mais la démocratie logiquement, n'est-ce pas d'écouter, et de tenter de comprendre, la population, plutôt que de lui parler sans cesse en gardant les oreilles fermées? Mais en politique, les intérêts ont souvent priorité sur la logique malheureusement... »

  • Gilles Delisle
    Abonné
    jeudi 11 janvier 2007 08h12
    Non seulement solidaires, mais bien plus lucides qu'on ne le croient ces jeunes!
    « Les jeunes comprennent très bien que ce pays est immensément riche et que c'est encore une fois la distribution de cette richesse qui cause problème. Ils ont vu eux aussi les subventions au privé comme on l'a vu récemment chez Alcan ou Intrawest, comme la construction de deux mégas-hôpitaux, trop chers pour nos moyens, comme les PPP, comme la nouvelle loi de la santé pour favoriser le privé, comme toutes ces privatisasions à la mode libérale ou conservatrice. Ils savent très bien qu'avec nos gouvernements à la petite semaine, on veut favoriser le privé de mille et une façon différente et diminuer la participation publique dans toutes les sphères de notre société. Ce n'est pas quelques haut-parleurs des faux-pensants de notre société qui va les empêcher de réfléchir sur la manière de concevoir cette société pour favoriser le plus grand nombre. »

  • Roland Berger
    Abonné
    jeudi 11 janvier 2007 09h06
    Ça va mal « à shop » !
    « Les jeunes Québécois en sont rendus à croire que l'État doit assurer la justice sociale, c'est-à-dire une plus juste répartition des richesses. Ça va mal « à shop ». Les « lucides » pensaient pourtant les avoir convaincu du bien-fondé de l'ordre social actuel, lequel, comme par hasard, les favorisent en tout point. Meilleure chance la prochaine fois ! »

  • loiselet
    Abonné
    jeudi 11 janvier 2007 09h08
    Le socialisme mènerait-il à la ruine?
    « Les réactions de messieurs Blais, Lapointe, Boulerice et autres sont très pertinentes.

    Et notre bon maître Bouchard s'en frottera les yeux d'étonnement à l'écoute de ce sondage, lui qui passe plusieurs soirées au salon des Desmarais à vanter et à essayer de protéger les intérêts de ces lucides.

    Et puis ne nous inquiétons pas, notre comédien Boisclair est déjà à la cour de Versailles d'où il nous reviendra avec une ribambelle de géniales solutions pour venir à la rescousse de ses pairs.

    J'ai remarqué que la grande majorité des réponse québecoises aux sondages sont marquées au sceau du gros bon sens.

    Bouchard et compagnie s'imposeraient-ils en tant que néo-colonialisme au service du peuple? »

  • Jasette
    Abonné
    jeudi 11 janvier 2007 09h12
    Les irréconciliables en effet
    « Bravo pour la réaction de monsieur Roger Lapointe ici présent. Même s'il parle surtout du laxisme au point de vue de la fiscalité. J'aime bien aussi son point de vue sur la lucidité. En effet, tout dépend de quelle réalité on tient compte quand on parle de lucidité.

    L'éloquence de monsieur Bouchard et ses «lucides» peuvent bien essayer d'aller à la pêche en eau trouble. S'il y a confusion selon leur point de vue, ce n'est pas là où ils pensent.

    Je retiens aussi les propos de madame Françoise David. La lucidité, elle est là sussi. Les gens sont de plus en plus conscient de vivre beaucoup d'injuustice au quotidien. Pour donner un exemple, monsieur Charest veut rehausser le salaire minimum autour de huit dollars l'heure, un politicien sort pour crier au scandale. Pendant ce temps, un pdg obtient un bonis de $182 millions pour sa retraite. De ce point de vue, on doit donner justice aux médias, nous sommes bien informés. »

  • Élodie Gagné
    Abonné
    jeudi 11 janvier 2007 09h41
    Les Québécois plus solidaires que lucides
    « Il est grand temps que nous apprenions que rien ne nous est jamais donné et que si nous voulons des services il faut participer à ses coûts. Je blâme les politiciens et en particulier le PQ, qui pour être élus promettent ciel et terre. Rien ne nous es dû. Il est grand temps qu'on le reconnaisse. »

  • coté carol
    Inscrit
    jeudi 11 janvier 2007 09h49
    les solidaires
    « Bravo pour les solidaires lucides,on n'a pas oublié dans le Québec moderne ce qui nous tenais ensemble,ce qui fesais notre identité en tant que peuple,affaiblisons la portée de nos programes sociaux et nous ne parlerons plus du Québec dans une mondialisation qui étouffe la planète de plus en plus. »

  • coté carol
    Inscrit
    jeudi 11 janvier 2007 09h51
    Les solidaires
    « Bravo pour les solidaires lucides,on n'a pas oublié dans le Québec moderne ce qui nous tenais ensemble,ce qui fesais notre identité en tant que peuple,affaiblisons la portée de nos programes sociaux et nous ne parlerons plus du Québec dans une mondialisation qui étouffe la planète de plus en plus. »

  • Jacques Gagnon
    Abonné
    jeudi 11 janvier 2007 10h20
    Gauche, droite ou ambidextre
    « Quelle perte de temps que ces débats byzantins des solidaires contre les lucides, des sociaux-démocrates contre les droitistes et des rouges contres les bleus tant qu'à y être.

    C'est la prospérité qui compte et on ne doit pas s'enfarger dans des considérations idéologiques pour y arriver. Prenez l'exemple des chinois qui ont compris, malgré leur idéologie communiste, et ne se gênent pas pour aller chercher de la «business» à tout pris pour augmenter leur niveau de vie. Les américains font de même. Pendant ce temps, qui s'accélère sur ce plan, nous taponnons avec nos idéologies. »

  • Jacques Brown
    Abonné
    jeudi 11 janvier 2007 10h25
    Un Québec solidaire... Oui Merci !
    « Enfin ! Avec des résultats comme ceux la, il est bon de savoir que tout est encore possible; NOTRE vision d'une société juste et équitable est la bonne et elle est partagé par la majorité. Néolibérales, VOTRE modèle ne nous convient pas... Est-ce enfin clair !
    Jacques »

  • Robert Parenteau
    Inscrit
    jeudi 11 janvier 2007 11h21
    Les Québécois plus solidaires que lucides
    « Le "fameux système québécois" qui en est un de solidarité, de coopération et d'entraide ne cadre pas avec une philosophie, un courant mondial de pensée néo-libérale individualiste. Notre mode de pensée coopérative, communaitaire bien encadrée et enracinée grâce et en corrélation avec le mouvement coopératif Desjardins, favorise bien plus une justice sociale que le laisser-aller chacun pour soi.

    Alors, entre ces deux modes de pensée, il n'est pas surprenant que la majorité des Québécoises et Québécois penchent pour la pensée solidaire parce que la pensée lucide est présentée et représente la pensée de ceux et celles qui ont le plus de richesse, qui ont des moyens et revenus supérieurs à la moyenne et par corollaire -peut-être un peu simpliste mais vrai- ceux et celles qui perdraient le plus dans une répartition un peu plus équitable et juste de la richesse. »

  • Pierre-Yves Pau
    Inscrit
    jeudi 11 janvier 2007 12h05
    Un débat mal parti
    « Le débat est mal parti. À peine engagé, les arguments portent déja essentiellement sur l'inféodation supposée des intervenants à tel ou tel groupe de pression, plutôt que sur la valeur intrinsèque de leurs propositions . Certes tout est loin d'être parfait dans les propositions des Lucides. En particulier, le rôle de la piètre gouvernance de certains décideurs québécois aurait du être mentionné, mais cela aurait sans doute fait de la peine à certains amis de Mr. Lucien Bouchard. D'un coté des "lucides" dont la crédibilité est affectée par une certaine myopie à l'égard de leur propre caste, de l'autre des "solidaires" qui se cramponnent aveuglément à un modèle qui ne peut plus fonctionner...


    Car pendant ce temps le Québec ressemble de plus en plus au Titanic, sur le pont duquel les élites de première classe sablent le champagne pendant que le vaisseau coule, sachant fort bien qu'ils sauront toujours se trouver une place dans un canot de sauvetage, pendant que l'océan de la faillite engloutira les moins biens pourvus.


    Le succès du documentaire de Joanne Marcotte « L'illusion tranquille », démontre amplement que les idées des lucides sont partagés par beaucoup de Québécois, citoyens, décideurs et intellectuels. Malheureusement, les médias noyautés par une couple de groupes inféodés à de puissants intérêts financiers, tels Québécor ou Power Corporation, qui ont partie liée avec les syndicats, ne leur accordent pour l'instant que rarement voix au chapitre, et caricaturent systématiquement leur message dans le but évident de disqualifier ces partisans de la réforme.


    Car paradoxalement, le statu-quo bénéficie AUSSI à l'élite financière québécoise qui elle, ne paie pratiquement aucun impôt, pendant que la classe moyenne salariée se fait littéralement laminer - jusqu'au jour ou il n'en restera plus de classe moyenne, et ou le bateau coulera. Le livre de Brigitte Alepin, « ces riches qui ne paient pas d'impôts », est très éloquent sur le sujet.


    Économiquement, le Québec est actuellement une des sociétés les plus mal gérées d'Amérique du Nord, rappelant la Nouvelle-Zélande des années 70 ou la Suède des années 80, et semble avoir du mal à négocier le virage du 21ième siècle. Or, les causes de cette détérioration économique préoccupante sont à chercher principalement dans la médiocrité de la gouvernance provinciale, ce n'est certainement pas un problème de compétences, d'énergie au travail de ceux (de plus en plus rares) qui trouvent encore un intérêt à travailler, de savoir-faire ou même de moyens financiers.


    En fait, l'establishment québécois (qu'il soit séparatiste ou fédéraliste) semble avoir hérité du paternalisme de l'Église catholique, et considérer encore le Québec comme une colonie qu'il a le mandat d'exploiter à son profit exclusif, une colonie émancipée certes, mais une colonie tout de même; ça ne marche pas assez bien pour assurer le bien-être du plus grand nombre, mais juste assez pour garantir la position dominante de certains. Une dizaine de grandes familles dominent le paysage economique et politique, dont le pouvoir est d'autant plus redoutable qu'il est discret, et collegial: n'a t'on pas coutume de dire que les trois pouvoirs au Quebec sont la haute finance, les syndicats et le crime organise? Blague à part, ces gens là savent y faire quand il s'agit de torpiller une initiative qui risquerait de mettre du désordre dans leurs petites affaires.


    Le Québec a également ceci de particulier que l'idéologie y prend souvent le pas sur le simple bon sens. Depuis la fin des années 90 se fait inexorablement sentir l'effet de la dégradation progressive de l'économie québécoise, avec une productivité et des taux de croissance à la traîne du continent Nord-Américain (1.5% à Montréal en 2006), un chômage élevé, et une stagnation des investissements privés depuis le début de la décennie (on parle même d'un recul pour ces deux dernières années).


    L'économie québécoise se trouve confronté à un certain nombre de culs-de-sac d'origine politique (et fiscale, donc politique), mais dont les gouvernements de Québec semblent incapables de se dépêtrer. Des milliers de jeunes Québécois, souvent qualifiés, prennent d'ailleurs chaque année la route des provinces de l'Ouest canadien, ou des États-Unis, souvent pour ne plus revenir.


    Notre province traverse donc une véritable crise d'adolescence, qui malheureusement s'éternise. Pris isolément, aucun de ses problèmes n'est insoluble ou catastrophique. C'est l'accumulation de signaux d'alarme sur le tableau de bord, et l'absence de volonté politique de réforme (en particulier sur le plan économique et fiscal), qui augurent très mal du futur prochain de la seule société francophone d'Amérique du Nord.


    Jusqu'ou cette société devra t'elle descendre pour trouver enfin le sursaut salvateur? Bien malin qui pourrait répondre à cette question à l'heure actuelle, les descendants de Jacques Cartier semblent avoir tout... sauf de l'ambition. Provincialisme quétaine, pétage de broue et refus obstiné de la réalité constituent le credo des décideurs politiques québécois, à droite comme à gauche. Des réformes URGENTES, telles l'indexation des tables d'impots et des tarifs publics, le dégel des frais de scolarité, l'abolition de la taxe sur le capital, l'alignement des tarifs d'électicité sur ceux du marché, étudiées et ré-étudiées, dorment sur les tablettes sans qu'aucun gouvernement n'aie le courage de s'attaquer à ces chantiers. L'immobilisme de la classe politique confine à la catatonie, sa démagogie au racolage de licenciés-ès-trottoir.


    Par exemple, serait-il donc tellement difficile pour le gouvernement Charest d'expliquer à la population que le ballon d'oxygène espéré du règlement du déséquilibre fiscal devrai servir, en priorité, à financer la transition d'une fiscalité qui pénalise absurdement le travail à un système reposant davantage sur les tarifs et taxes, autrement dit la taxation de la consommation? Oui, ce ne sont pas des décisions faciles, des mesures énergiques seront requises pour en atténuer l'impact sur les plus démunis, mais elle sont nécéssaires, et il est minuit Docteur Schweitzer. Il faut re-valoriser le travail, responsabiliser la consommation, cesser de pousser à l'exode les éléments les plus productifs de la société, et généraliser le principe de l'utilisateur-payeur, c'est aussi simple que ça. »

  • Gabriel Dumouchel
    Inscrit
    jeudi 11 janvier 2007 12h40
    Lieu de la conférence: Canadian Club de Montréal, d'où le biais pro-lucide
    « C'est normal que M. Giguère ait présenté les résultats de son sondage de manière biaisée puisqu'il le faisait devant le Canadian Club de Montréal, "le « Rendez-vous avec nos PDG »" qui "regroupe des gens visionnaires qui souhaitent l'émergence d'idées nouvelles, qui ne craignent pas la controverse et qui savent se démarquer", un club d'élite qui invite des confériencers qui viennent leur "transmettre leur passion, leur vision et leurs valeurs" aux dires de la présidente Francine Cléroux (
    http://www.canadianclub-montreal.ca/fr/).

    M. Giguère a dit ça dans le cadre d'une conférence aux objectifs biaisés. Ce n'était pas une simple transmission de résultats à l'ensemble du Québec. Il avait un public bien précis qui assistait à une présentation tournant autour de ses valeurs propres.

    Son opinion pro-lucide doit donc être mise en contexte, ce que l'article ne fait pas vraiment. On sait seulement que la conférence a eu lieu au Cercle Canadien, un nom qui ne dit pas grand chose à bon nombre de francophones qui connaissent plutôt ce club de richissimes québécois sous l'appellation du Canadian Club (qui n'a pas une très bonne image auprès de la population ordinaire de surcroît).

    Auprès des membres de ce club, les propos de M. Giguère ne sont donc pas arrogants. Mais quand de pareils propos élitistes sont diffusés hors des cercles élitistes, c'est normal que des dents grincent. On a des oreilles là où la majorité ne pourrait même pas se payer un verre d'eau, un resto du genre "apportez votre vingt".

    Par ailleurs, on peut se demander si M. Giguère est membre de ce club ou simple conférencier? Il faudrait vérifier, ce que je ne suis pas en mesure de faire. Ça pourrait donner une indication additionnelle du degré de biais de ce dernier dans son analyse des résultats. Sans oublier le client qui a commandé l'étude (la Sun Life commandite la conférence, mais je ne sais pas si elle a commandé l'étude).

    Mais devant le fait que les hypothèses de départ étaient pro-lucides et que M. Giguère avoue avoir biaisé son sondage en affirmant: "on a beau tout faire, il y a une limite à ce qu'on peut biaiser notre questionnaire pour dire "réveillez-vous"», le sondage et l'analyse de M. Giguère démontrent que la maison CROP a fait ici un exercice de propagande envers les citoyens du Québec.

    Les sondages ne font pas que prendre le poul de la population; ils influencent l'opinion publique en leur transmettant les résultats sur ce que pense la majorité. C'est navrant de voir qu'en plus de tondre les moutons que nous sommes, on nous dirige indirectement par des chiffres qu'on manipule selon des intérêts bien précis.

    Et comme d'habitude, on souligne le pourcentage d'erreur dans les journaux sans développer sur la tournure des questions ou les choix disponibles, comme si la validité de l'échantillon avait plus de valeur que le contenu des questions et des choix de réponse dans un sondage. Pourtant, ces derniers sont beaucoup plus importants dans l'analyse objective des résultats.

    En somme, que les jeunes Québécois soient lucides ou solidaires ou un mélange des deux, il faudra avant tout qu'ils soient critiques face aux informations qu'on leur donnera sur les choix à faire et au miroir de leur propre opinion (comme le démontre ce sondage biaisé).

    Mercredi, le 10 janvier 2007
    Club Saint-James de Montréal
    Alain Giguère
    Président
    CROP
    Commanditaire: Financière Sun Life
    Les choix de société du Québec:
    Qu'en pense l'ensemble des Québécois?
    Qu'en pensent les générations X et Y?
    (http://www.canadianclub-montreal.ca/fr/events/) »

  • Louis Lapointe
    Abonné
    jeudi 11 janvier 2007 13h11
    Vide ou limpide, la pensée des lucides ?
    « " L'étendue et l'énormité du mensonge inhérent au mot travail sont évidentes. Pourtant, on n'entend guère de critiques ou de mises au point émanant des institutions savantes. Dans toutes les universités réputées, les professeurs limitent leur nombre d'heures d'enseignement, sollicitent et obtiennent du temps pour la recherche, l'écriture ou une réflexion enrichissante pendant leurs années sabbatiques. Éviter de travailler - car c'est bien de cela qu'il s'agit pour certains - n'inspire ici aucun sentiment de culpabilité." J.K.GALBRAITH p. 37, Les Mensonges de l'économie, Grasset.

    On nous martèle depuis des années que de tous les Nords-Américains, ce sont les Québécois qui payent le plus d'impôts. Or, aux dernières élections provinciales, le PLQ nous avait promis de les baisser, répondant en cela à l'appel de plusieurs lucides dont c'était à l'époque le credo. Ces fameuses baisses d'impôts ne sont jamais venues, par contre, les taxes scolaires et municipales ont augmenté de façon dramatique suivis à moindre échelle par les tarifs d'électricité. Ces mêmes lucides voudraient maintenant nous faire croire que les services que nos impôts supportent coûtent trop chers et que nous vivons au-dessus de nos moyens, alors qu'hier ils prétendaient haut et fort que nous payions trop d'impôts. Il se trouve même de brillants analystes qui affirment que les Québécois sont moins généreux que les Albertains parce qu'ils ne consacrent pas la même proportion de leurs revenus aux dons de charité. Si ces savants comptables considéraient, dans leurs calculs, la part de nos impôts consacrés à nos garderies, aux prêts et bourses pour les études postsecondaires et aux nombreux programmes sociaux qui sont offerts aux moins nantis du Québec et qui n'existent pas ailleurs au Canada, ils arriveraient probablement à une conclusion différente. Quand on parle de déficit fiscal au Québec, c'est du coût de ces services qui n'existent pas ailleurs au Canada dont il est question. On voudrait maintenant nous en faire payer le prix en tarifant à la hausse tout ce qui peut l'être : l'eau, l'électricité, les routes, la santé, les études, le transport en commun, le coût de l'éloignement des régionaux et j'en passe. Autre aberration : nous sommes ceux qui polluent le moins au Canada et qui payent notre essence la plus chère. Nos voitures seraient les moins énergivores parce que plus petites, pourtant notre gouvernement a trouvé le moyen de nous ajouter une nouvelle taxe. Nos joyeux analystes lucides nous disent que les études universitaires devraient coûter plus cher parce que les frais de scolarité sont plus élevés ailleurs au Canada, particulièrement en Alberta. Encore là, ont-ils regardé la proportion d'impôts que ces gens payent sur leurs revenus ? Moins que les Québécois.

    L'EXEMPLE DES UNIVERSITÉS
    Depuis des années on demande aux gestionnaires du système de santé du Québec de rationaliser leurs services. Ils sont aujourd'hui les moins chers per capita au Canada. Par ailleurs, avez-vous déjà entendu parler d'un gouvernement qui a demandé une quelconque reddition de compte aux universités québécoises ? Des gels de subvention : oui, un état complet de la situation : non. Personne ne s'inquiète du fait que la moyenne de cours donnée par un professeur d'université au Québec est de 2.75, soit moins d'un cours par session qui en compte trois par année. Ce qui veut dire que les professeurs qui coûtent en moyenne 100,000$ par année en salaire et avantages sociaux n'enseignent même pas trois heures de cours par semaine. Plusieurs d'entre eux sont payés pour de la recherche qu'ils n'effectuent pas. Nombreux sont ceux qui sont en situation de double emploi, qui utilisent le matériel de l'université pour gagner un revenu extérieur parfois supérieur à celui qu'ils gagnent à l'université, cela au nom du rayonnement universitaire qui leur sert de prétexte pour recruter des clients. Nos brillants analystes confondent le coût de l'enseignement et celui de la recherche qui ne sont pas supportés par les mêmes sources de financement. On voudrait augmenter les frais de scolarité des étudiants de premier cycle, pour supporter le coût de la recherche effectuée au niveau du deuxième et troisième cycle. D'autres beaux esprits, peut-être les mêmes, ont suggéré d'abolir les Cegeps, où les professeurs donnent en moyenne dix cours par année pour la moitié du salaire d'un professeur d'université qui enseigne trois fois moins pendant la même période. Si les Cegeps coûtent si chers selon certains, imaginez un seul instant ce qu'il en coûterait si on transférait la deuxième année collégiale au secteur universitaire comme cela se fait dans les autres provinces : les frais de scolarité deviendraient aussi élevé qu'ailleurs au Canada, sans augmentation d'efficacité ! Comme dans le domaine de la santé, il n'y a pas de corrélation entre coûts élevés et efficacité. L'efficacité est plutôt tributaire de la responsabilité des gestionnaires et de la qualité des services. Les universités devraient rendre compte de leur gestion et cesser de se cacher derrière " l'indépendance institutionnelle et la liberté académique " pour justifier leurs dépassements de coûts. Ce sont les universités qui devraient s'inspirer du modèle collégial pour l'enseignement au premier cycle. Ainsi, certains professeurs de premier cycle enseigneraient un peu plus, gagneraient un peu moins et ne seraient plus payés pour de la recherche qu'ils n'effectuent pas. Enfin, on devrait interdire le double emploi à ceux qui ne font pas de recherche. S'ils n'ont pas le temps de chercher, ils ne devraient pas se chercher de clients sur leur temps d'emploi à l'université sous prétexte du rayonnement universitaire. De plus, les meilleurs salaires devraient être versés aux meilleurs chercheurs et professeurs qui consacrent tout leur temps à la poursuite de la vraie mission universitaire, peu importe leur âge ou l'avancement de leur carrière. Beaucoup de jeunes professeurs se plaignent que plusieurs titulaires enseignent les mêmes cours depuis des décennies, ne cherchent plus, passent plus de temps dans leur emploi extérieur et ne sont pas dans leurs officines pour effectuer un encadrement adéquat de leurs étudiants, pendant qu'eux, s'échinent à construire de nouveaux cours, faire progresser la recherche de pointe et à encadrer la relève dans les domaines qu'ils sont les seuls à maîtriser, et cela, pour la moitié du salaire de leurs aînés. Un professeur ne devrait pas continuer à gravir les 36 ou 40 échelons des échelles de salaire universitaires s'il ne consacre plus le temps requis à sa tâche universitaire en particulier à la recherche.

    MIEUX GÉRER
    Si les lucides savaient compter , ils seraient un peu plus solidaires de ceux qui payent leurs impôts plutôt que de leur suggérer de payer encore plus de taxes et de frais supplémentaires pour recevoir moins de services comme cela est les cas dans plusieurs municipalités du Québec, particulièrement sur la Rive-Sud de Montréal où l'on paît une prime à la lourdeur bureaucratique du système. Mieux, ils devraient s'informer avant de parler ! Les fusions municipales forcées du "Grand Lucide" ont fait mal à la grande région de Montréal et les défusions de son successeur libéral ont aggravé la situation. Ce ne sont pas des baisses d'impôts que les Québécois souhaitent, c'est une meilleure gestion de l'argent qu'ils versent chaque année au trésor québécois pour offrir des services aux mieux nantis comme aux plus pauvres ! À voir aller nos gouvernants dans les dossiers le l'acquisition de Vidéotron par la CDP et Québécor où une perte de 2 milliards a été radié aux livres de la CDP, et de la Gaspésia où on a fermé un chantier après y avoir englouti 500 millions de l'argent de nos impôts sans avoir créé aucun emploi créé en Gaspésie. Que dire du peu d'empressement des gouvernements à enquêter et faire la lumière dans les scandales de Nortel qui ont coûté 400 milliards aux actionnaires et contribuables et de Norbourg à moindre échelle. Qui se souvient de John Roth qui présidait Nortel lors de sa magistrale déconfiture. Y a-t-il eu seulement une enquête digne de ce nom dans son cas ? Dans le cas d'Enron aux États-Unis, un scandale de 40 milliards, 10 fois moins grand, on a trouvé les coupables et mit les comptables au banc des accusés.

    UNE ÉTHIQUE ?
    Pendant ce temps, au Québec, loin de se préoccuper des problèmes éthiques reconnus dans Enron et soulevés par les nouvelles comptabilités inventées par les avocats et les comptables de Nortel, nos gouvernants votent une loi autorisant la multidisciplinarité pour permettre aux comptables et aux avocats de travailler ensemble pour les mêmes clients, sous un unique voile corporatif. La nouvelle consanguinité des professionnels sera-t-elle un frein à ce genre de scandale ou un catalyseur ? Toujours selon nos savants analystes, une partie de la solution serait dans la rémunération des administrateurs des sociétés d'État ! Pourtant dans les scandales de Enron,. Nortel et Norbourg, les administrateurs étaient tous rémunérés. Cela ne les a pas rendus plus lucides !

    Voici ce que nous dit J.K.Galbraith au sujet de la rémunération des administrateurs dans
    " Alors que le capitalisme a cédé la place au système du " management plus bureaucratie ", on monte de toutes pièces un simulacre de puissance pour les propriétaires. C'est de l'escroquerie. Ce mensonge s'accompagne de tout un cérémonial : un conseil d'administration choisi par les directeurs et qui leur est entièrement dévoué, mais que l'on considère comme le porte-parole des actionnaires. Les hommes qui le composent, avec la présence nécessaire d'une ou deux femmes, n'ont besoin que d'une connaissance superficielle de l'entreprise. À de rares exception près, on peut compter sur eux pour acquiescer. On donne à ces administrateurs un jeton de présence et un peu à manger, et les directeurs les informent régulièrement des décisions qu'ils ont prises ou de ce que chacun sait déjà. On postule que le conseil d'administration approuvera tout, y compris les rémunérations fixées par eux-mêmes. J.K.Galbraith, p.44. Les mensonges de l'économie, 2004, Grasset "

    À force de défendre tout et son contraire, les lucides ont perdus toute crédibilité face au public. Ce n'est pas en nous martelant de leur credo néo-libéral qu'ils vont nous convaincre de la justesse de leurs propos, mais en cessant de défendre leurs chasses gardées qui leur permet de profiter des largesses de l'État. Qu'ils soient avocats, comptables, professeurs d'universités, directeur d'entreprise de Presse, nous savons tous qu'ils seront les premiers appelés pour siéger sur les nouveaux CA rémunérés des sociétés d'État afin de promouvoir leur pensée magique qui ne convainc plus personne.

    Louis Lapointe
    Brossard
    11 janvier 2007 »

  • Gilles Marcouiller
    Inscrit
    jeudi 11 janvier 2007 13h54
    Seront-ils longtemps solidaires ?
    « Je n'ai pas une très longue intervention à faire. Je me demande seulement si les jeunes seront aussi solidaires dans quelques années devant la facture de la sociale démocratie qu'ils auront à payer. Ils sont toujours bénéficièrent de conditions plus que gagnantes. Ils sont sûrement la dernière génération à hériter des généreux avantages du système qui, soit dit en passant, à besoin d'une mise à jour importante si nous voulon éviter un tsunami économique.

    Il ne faudrait pas leurrer les jeunes en leur faisant croire que la soit dite option "solidaire" en opposition à la soit dite option "lucide" est la seule possible. Je n'en reviens pas comment les discours publics se polarisent autour de mots qui ne sont même pas définis et dénués de contenus.

    J'aimerais que nous leur laissions des matériaux réels et plus solides pour faire face aux défis auxquels ils auront à faire face. Il faut mettre un frein à la culture d'enchantement et de désanchentement dans laquelle nous verson tous. Soyons ni solidaires, ni lucides mais soyons intelligents.

    Gilles
    de Québec »

  • Jasette
    Abonné
    jeudi 11 janvier 2007 14h00
    Monsieur Gagnon, la prospérité?
    « À propos de la prospérité dont parle monsieur Jacques Gagnon dans ce forum, n'est-elle pas aussi une idéologie d'un certain point de vue? Quant à la Chine qui a décidé de s'inspirer du modèle capitaliste de la société occidentale, pas sûre qu'elle a pris une bonne décison à long terme?

    D'autant plus que la consommation en énergie de la Chine, de l'Inde et du Brésil, ensemble réunis vont faire que nos besoins énergétiques planétaire vont s'accroître d'une façon exponentielle. Suggestion peut-être : essayer de trouver du pétrole sur d'autres planètes. C'est vrai, j'oubliais, la science trouve toujours une solution. Mais de quel genre de solution s'agira-t-il? »

  • Marcel Duhaime
    Abonné
    jeudi 11 janvier 2007 14h24
    Hayek a commencé ça en 1947!
    « F. Hayek, inspirateur et mentor de M. Friedman disait déjà, en février 1947 (tel que cité par S. Halimi dans Manière de Voir no. 72 (déc.03-janv.04))" Notre effort diffère d'une tâche politique: il doit essentiellement viser le long terme et non pas ce qui pourrait être immédiatement praticable". Halimi commente ainsi: " Il s'agit....d'inverser le sens des vagues...Ce n'était pas les ministères qui les intéressaient, mais le pouvoir".

    C'est la même voie que souhaitent maintenant M. Alain Giguère et Crop: "...le travail de lucides n'est pas terminé. Il y encore beaucoup de millage à faire avant que cette conscentisation (sic!) passe (resic!) auprès du public....Changer ça, ça va prendre beaucoup d'efforts politiques..."

    Heureusement, nous savons aujourdh'hui où les ministères de Pinochet, Tatcher, Reagan, Bush et autres amants des peuples et de la démocratie ont conduit sour la direction éclairée des Chicago Boys. C'est pour cela que les pâles imitateurs que sont M. J. Charest et Mme M. J-Forget font face à une résistance aussi efficace malgré les dégats qu'ils ont déjà réussi à commettre. "Il y a un blocage", se désole M. Giguère

    Il faut souhaiter que les "bloqueurs" ne baissent pas la garde car l'offensive de londue halêne lancée par les soi-disant lucides est constamment réactivée et ne se relâchera certainement pas car elle ne manque pas de moyens, ni de media, pour faire "beaucoup d'efforts...."

    Vivement que nous élisions des représentantEs du bien nommé Québec Solidaire afin la voix de la solidarité Soit enfin entendue à l'Assemblée Nationale et que des politiques d'authentique solidarité puissent être proposées là où elles se décident. »

  • Mathieu Fontaine
    Abonné
    jeudi 11 janvier 2007 14h56
    Attendez qu'ils payent de l'impot a leur tour...
    « A 15 ans, tu es anarchiste. A 20 ans, tu es socialiste. Quand tu commence a payer de l'impot, tu deviens liberal. Avec le temps, tu deviens conservateur. Rare sont les gens qui ne passent pas par la.

    L'appui au programmes sociaux baisse naturellement au fur et a mesure que les gens commencent a devoir payer leurs impots. Je ne crois pas que ca soit tres surprenant. Rares sont les jeunes de 15 a 25 ans qui financent les programmes sociaux... »

  • Roger Lapointe
    Abonné
    jeudi 11 janvier 2007 16h13
    Bravo à Louis Lapointe pour son intervention très étoffé.
    « Aucun lien de parenté soit dit en passant.
    Les lucides vont surement s'étouffer dans leur clichés et lieux communs très éculés. »

  • Catherine Lapierre
    Abonné
    jeudi 11 janvier 2007 16h42
    Et s'il n'y a pas de lune...
    « Pauvre M. Giguère! Béat d'incompréhension face aux jeunes!! Solidaire de M. Pratte et son ami M. Desmarais. Laissez-moi vous résumer la situation: avant de rembourser la dette de leurs dirigeants, les jeunes vont descendre dans la rue et faire sauter les banques.

    Petite histoire de la dette:

    Afin de résoudre une crise économique due à une sur-production des entreprises et une sous-consommation de la population, un certain économiste britannique (M. Keynes) avait eu la brillante idée de suggérer aux états d'emprunter aux banques et d'investir cet argent dans ces entreprises afin qu'elles redonnent à la population un meilleur pouvoir d'achat, ce qui en bout de ligne permettait à la roue de mieux tourner et par le fait même, aux entreprises de retrouver la rentabilité.

    Malheureusement, on a beau prêcher par l'exemple, donner aux riches ne semble pas les convaincre pour autant de partager. Après quelques années, les entreprises ont investi dans les nouvelles technologies, sabré dans les emplois et ont «partagé» les restes avec leurs actionnaires. Et nous voici aux prises avec une dette que nos dirigeants ont contracté auprès des plus grands voleurs de l'histoire de l'humanité.

    «Nous aurons tout ce qui nous manque
    Des feux d'argent aux portes des banques
    Des abattoirs de millionnaires
    Des réservoirs d'années-lumières»

    Comprenez-vous ça? »

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