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Une maladie a dévasté la production de pommes de terre à Saint-Amable

8 décembre 2006  Société
Québec — Les producteurs de pommes de terre de Saint-Amable attendaient beaucoup du gouvernement fédéral pour sortir de la crise du nématode doré, mais l'offre qui leur a été présentée hier les a laissés sur leur faim.

Le ministre fédéral de l'Agriculture, Chuck Strahl, s'est adressé aux producteurs agricoles réunis à l'occasion du congrès annuel de l'Union des producteurs agricoles (UPA) hier en leur annonçant un programme d'aide de 5,4 millions destiné aux 28 producteurs de pommes de terre de Saint-Amable, en Montérégie, aux prises avec un parasite destructeur.

Ce petit ver blanc s'est attaqué à leurs récoltes en août dernier et, depuis, les producteurs attendent impatiemment l'aide d'Ottawa.

Le programme rendu public hier se décline ainsi: deux millions puisés dans le programme d'aide en cas de catastrophe et 3,4 millions provenant du programme de stabilisation du revenu agricole. En moyenne, chaque producteur touché pourrait avoir droit jusqu'à 70 000 $.

Mais loin d'applaudir, les producteurs présents se sont montrés très sceptiques, peu convaincus que l'annonce faite par M. Strahl constituera la solution rêvée.

Chose certaine, aux yeux du président de l'UPA, Laurent Pellerin, «le problème n'est pas réglé».

«Ce que je décode à première vue du programme, c'est qu'il n'y a pas d'argent neuf là-dedans, a-t-il déclaré en point de presse. C'est du recyclage d'argent qui existe déjà.»

M. Pellerin reproche surtout au ministre Strahl d'être demeuré muet sur la question, pourtant centrale, des inventaires de pommes de terre contaminées, stockées dans les entrepôts des producteurs, qui représentent une perte d'une valeur totale de 9,1 millions.

«Ces inventaires, il faut qu'ils soient compensés. On ne peut pas ordonner à des gens de remiser leurs récoltes, d'attendre le cadre pour les détruire et dire: "Vous allez les détruire, mais on ne paiera pas pour." Il y a une limite», a-t-il dit.

Les producteurs directement visés ne sautaient pas de joie non plus. «Est-ce que ça va combler nos besoins? Il faut analyser. Il faut vérifier vraiment les chiffres», a déclaré le porte-parole des producteurs de pommes de terre de Saint-Amable, Philippe Gemme.

Mais M. Strahl s'est montré persuadé que sa solution était la bonne. Selon ses calculs, si Québec y va de 2,2 millions, l'aide aux producteurs touchés par le parasite atteindrait 7,6 millions. Ainsi, selon lui, 90 % des pertes subies par ces producteurs seraient compensées.

Pour obtenir de l'aide financière, ces producteurs doivent remplir un formulaire et devraient toucher un chèque deux semaines plus tard, a promis le ministre.

Vérification faite, le ministre québécois de l'Agriculture, Yvon Vallières, n'a pas été consulté par son homologue fédéral sur le contenu de l'aide fédérale annoncée hier et s'est refusé à tout commentaire.

Par ailleurs, les malheurs des producteurs de pommes de terre ne sont pas terminés puisqu'ils devront se recycler dans d'autres cultures, ce qui entraînera des coûts supplémentaires.






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