L'usage des biocarburants pourrait-il causer des pénuries de nourriture?
24 octobre 2006
Société
Ottawa — La quantité de céréales nécessaires pour remplir le réservoir à essence d'un véhicule utilitaire sport typique pourrait nourrir une personne pendant un an, affirme un environnementaliste réputé.
Selon Lester Brown, qui dirige l'Earth Policy Institute de Washington (D.C.), la ruée mondiale sur les carburants de remplacement, produits à partir de cultures vivrières, va probablement accentuer la faim dans les pays les plus pauvres.
«Ce qui s'est passé au cours des dernières années, c'est que la hausse effrénée des prix du pétrole a rendu extrêmement rentable la transformation de denrées agricoles en carburant pour les voitures.»
«Presque tout ce que nous mangeons peut être converti en carburant pour les véhicules: blé, maïs, riz, fèves soya, sucre de canne, nommez-en, a-t-il dit à l'occasion d'une conférence prononcée à l'Université d'Ottawa. Il y a eu des moments au cours des derniers mois où le prix de l'éthanol aux États-Unis était le double de son coût de production. C'est une bonne marge.»
L'an dernier, l'industrie américaine de l'éthanol a consommé 55 millions de tonnes de maïs, soit plus que la totalité de la récolte canadienne, a fait remarquer M. Brown. Chaque jour, quelque part dans le monde, on annonce la construction d'au moins une nouvelle usine de biocarburant. Au Canada aussi on assiste à une expansion rapide de l'industrie de l'éthanol, encouragée par le gouvernement fédéral au moyen d'une exemption de la taxe d'accise et d'un engagement à obliger tous les producteurs de carburant pour automobiles à y inclure 5 % d'éthanol.
Bien que l'éthanol soit généralement présenté comme bon pour l'environnement, ses avantages écologiques réels sont sujets à débat, tandis que son impact sur les ressources alimentaires n'a pratiquement pas été abordé.
Selon M. Brown, les priorités de l'agriculture devraient être la nourriture des humains et des animaux, pas le carburant. À son avis, il serait beaucoup plus avantageux de développer l'énergie éolienne comme substitut au pétrole. Les gouvernements pourraient utiliser des incitatifs fiscaux pour promouvoir les véhicules hybrides qui utilisent l'électricité, et fournir l'électricité à ces véhicules à partir de l'énergie éolienne.
Kory Teneycke, qui dirige l'Association canadienne des carburants renouvelables, affirme n'avoir vu aucune preuve que l'expansion des biocarburants puisse aggraver la faim dans le monde. Selon lui, il n'y a pas de pénurie de nourriture sur la planète; la faim a des causes complexes.
Selon Lester Brown, qui dirige l'Earth Policy Institute de Washington (D.C.), la ruée mondiale sur les carburants de remplacement, produits à partir de cultures vivrières, va probablement accentuer la faim dans les pays les plus pauvres.
«Ce qui s'est passé au cours des dernières années, c'est que la hausse effrénée des prix du pétrole a rendu extrêmement rentable la transformation de denrées agricoles en carburant pour les voitures.»
«Presque tout ce que nous mangeons peut être converti en carburant pour les véhicules: blé, maïs, riz, fèves soya, sucre de canne, nommez-en, a-t-il dit à l'occasion d'une conférence prononcée à l'Université d'Ottawa. Il y a eu des moments au cours des derniers mois où le prix de l'éthanol aux États-Unis était le double de son coût de production. C'est une bonne marge.»
L'an dernier, l'industrie américaine de l'éthanol a consommé 55 millions de tonnes de maïs, soit plus que la totalité de la récolte canadienne, a fait remarquer M. Brown. Chaque jour, quelque part dans le monde, on annonce la construction d'au moins une nouvelle usine de biocarburant. Au Canada aussi on assiste à une expansion rapide de l'industrie de l'éthanol, encouragée par le gouvernement fédéral au moyen d'une exemption de la taxe d'accise et d'un engagement à obliger tous les producteurs de carburant pour automobiles à y inclure 5 % d'éthanol.
Bien que l'éthanol soit généralement présenté comme bon pour l'environnement, ses avantages écologiques réels sont sujets à débat, tandis que son impact sur les ressources alimentaires n'a pratiquement pas été abordé.
Selon M. Brown, les priorités de l'agriculture devraient être la nourriture des humains et des animaux, pas le carburant. À son avis, il serait beaucoup plus avantageux de développer l'énergie éolienne comme substitut au pétrole. Les gouvernements pourraient utiliser des incitatifs fiscaux pour promouvoir les véhicules hybrides qui utilisent l'électricité, et fournir l'électricité à ces véhicules à partir de l'énergie éolienne.
Kory Teneycke, qui dirige l'Association canadienne des carburants renouvelables, affirme n'avoir vu aucune preuve que l'expansion des biocarburants puisse aggraver la faim dans le monde. Selon lui, il n'y a pas de pénurie de nourriture sur la planète; la faim a des causes complexes.
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